Partie supérieure du poêle
Gaz oxyde de carbone.
2,38 1 en volumes.
Expérie?ices de M. Marié-Davy .
Gaz acide
Gaz oxyde
carbonique.
de carbone.
Petite vitesse, charge-
Petite vitesse, chauffe
Refoulement par ob ■
Refoulement par à-
en volumes.
Le matin, non remué.
chargement
Le matin, non remué,
Grande vitesse, char-
Grande vit., chauffe.
Le D'- Brouardel cita d'autres nombres, obtenus avec le poêle Choubersky. Les voici :
Acide carbonique.
Prise de midi, petite marche avec agitation toutes les heures 12
Prise de quatre heures, petite marche avec agitation toutes les heures. 14
Prise à huit heures du matin, le poêle étant en grande marche et non agité depuis minuit 13
Oxvde de carbone.
en volumes.
Il résulte de ces derniers chiffres, que la proportion de l'acide carbonique et de l'oxyde de carbone n'est pas plus grande, dans les bons poêles mobiles mis en marche rapide, que dans les cheminées ordinaires.
Pour M. Brouardel, la mobilité des appareils est plus à incriminer que leur construction même. Il arrive souvent, en effet, qu'une cheminée dans laquelle on introduit le tuyau d'un poêle mobile, est très froide, et que le tirage s'y fait alors de l'extérieur à l'intérieur, c'est-à-dire que les produits
s. T. II.
de la combustion refluent dans la pièce. Il faut, en effet, un temps assez long pour échauffer le tuyau d'une cheminée froide où l'on porte un poêle mobile, et quand on place un de ces poêles dans une cheminée
froide, on s'expose à des refoulements de fumée et de gaz, à moins qu'on ne produise un feu clair et rapide dans ladite cheminée, avant d'y introduire le tuyau du poêle mobile.
M. G. Colin (d'Alfort) n'a pas constaté sur lui-même d'inconvénients aux poêles à combustion lente, quand ils sont chauffés par le bois; mais il croit qu'il n'en saurait être de même si le combustible employé est le coke ou le charbon de terre maigre, cassé en morceaux, que l'on vend sous le nom d'anthracite.
Les poêles à combustion lente, alimentés par le coke ou l anthracite, lui parais-
sent redoutables, à un triple point de vue :
1° Parce que le coke et le charbon de terre qui les alimentent, dégagent une énorme proportion d'oxyde de carbone, comme on peut en juger par l'ampleur des flammes bleuâtres aux forges des ateliers, même lorsque la combustion est suractivée par .l'insufflation ;
2° En raison de l'extrême lenteur de la combustion, lenteur qui a pour conséquence, inévitable, avec de tels combustibles, de porter à son maximum la production de l'oxyde de carbone ;
3° Ils le sont, enfin, à cause de l'insuffisance du tirage, due à ce que la colonne d'air et de gaz échappés du poêle, n'est pas ou ne se maintient pas assez échauffée, en se déversant dans une cheminée ample et à parois froides, pour s'élever au dehors.
« Sur ces poêles, dit M. Colin (d'Alfort), on pourrait faire graver l'étiquette : toxique, comme on le fait sur les flacons des officines contenant des substances vénéneuses. »
De son côté, le Dr Léon Colin fit ressortir les dangers de laisser un poêle mobile dans une chambre à coucher, ou dans une pièce adjacente.
Les dangers de l'entraînement du gaz oxyde de carbone, tiennent souvent aux deux causes suivantes :
1° Imperfection de nos demeures, comme en tant de maisons où des fissures accidentelles font communiquer les différents tuyaux de fumée ; sans parler de celles où un noyau unique dessert les cheminées des appartements superposés. Ce dernier type d'insalubrité tend à disparaître de Paris, où, depuis 1875, il est interdit de l'appliquer aux maisons nouvelles ; mais aujourd'hui encore, au dire de M. Bunel, architecte de la préfecture, on le retrouverait peut-être dans plus de 2500 maisons. Ce n'est qu'en cas d'incendie survenu en ces maisons, qu'il est obligatoirement remplacé par le système de tuyaux séparés. Les habitants
des vieux quartiers de Paris sont donc particulièrement en droit de se demander, si pareil défaut n'impose pas à toute la population de l'immeuble une redoutable solidarité, en cas d'introduction d'un poêle mobile dans un appartement.
2° La négligence ou l'ignorance des personnes auxquelles est confié le soin de l'appareil : négligence et ignorance atteignant parfois des proportions étonnantes, comme chez ce malheureux, asphyxié, 50, rue Château-Landon, qui s'était couché et endormi sans fermer son poêle Choubersky, dont le couvercle se trouva sur une table voisine. (Rapport de M. Michel Lévy).
Ces considérations, témoignant d'inconvénients étrangers à la construction même des appareils, exonèrent jusqu'à un certain point, dit le Dr Léon Colin, l'industrie des poêles mobiles; mais si, de ce fait, on doit renoncer à supprimer ou à réglementer cette industrie, et écarter également toute proposition d'enquête domiciliaire chez les particuliers, il n'en est plus de même sur le terrain de la médecine publique. Là, l'Académie est dans son rôle, en signalant au gouvernement les collectivités qu'il a le droit et la mission de protéger. Elle peut, par exemple, à l'occasion, appuyer son veto sur la quatrième conclusion de V Instruction du Conseil de salubrité de la Seine : «. L'emploi de ces appareils est dangereux, est-il dit dans cette Instruction, dans toutes les pièces où des personnes se tiennent en permanence et dont la ventilation n'est pas largement assurée par des orifices constamment et directement ouverts à l'air libre. »
Cet article signifie : interdiction de ces appareils dans toutes les pièces occupées par des réunions d'individus soumis au bénéfice d'une surveillance sanitaire. On peut en prendre texte, s'il est nécessaire, pour réclamer l'interdiction ou la suppression des poêles mobiles dans les casernes, les hôpi-
SUPPLÉMENT A L'ART DU CHAUFFAGE
taux, les écoles militaires, absolument comme on devrait en prendre texte pour les exclure, en vertu d'un droit analogue de surveillance, des ministères, des ateliers, des lycées, des écoles, et surtout de certaines écoles privées, où, paraît-il, le poêle économique aurait fait son apparition. Si, en pareilles conditions, c'est-à-dire durant des réunions de jour, on court moins de risques d'asphyxie que pendant la nuit, on subit, en revanche, tous les dangers de l'intoxication chronique.
C'est ici qu'il ne faut même pas compter, autant qu'on le fait, sur les orifices d'aération qui, on peut en être sûr, s'ils sont accessibles, seront soigneusement obstrués par les personnes placées au voisinage de ces orifices, absolument comme, dans nos casernes, le soldat s'évertue à clore hermétiquement les ouvertures de ventilation qu'on a pu laisser à sa portée.
Comptera- 1- on davantage, pour enlever alors tout danger à l'appareil, sur la suppression de la clef régulatrice, sur le fonctionnement constant du poêle en grande marche? Il est à craindre, dit le Dr Colin, que le jour où la petite marche sera supprimée, le fabricant ne nous fournisse des poêles à tirage, invariable, il est vrai, mais, par économie pour l'acquéreur, ce tirage sera invariablement réduit à celui d'une ouverture aussi étroite peut-être que celle du plus faible tirage d'aujourd'hui.
M. Léon Colin crut devoir rappeler, à propos de cette discussion, l'existence d'une Instruction, selon lui fort complète, qui avait été rédigée en 1880, par le Conseil de salubrité de la Seine, Instruction dont voici les termes :
Il a lieu de proscrire formellement l'emploi des appareils et poêles économiques à faible tirage, dits poêles mobiles, dans les chambres à coucher et les pièces adjacentes. L'emploi de ces appareils est dangereux dans toutes les pièces dans lesquelles des personnes se tiennent d'une façon permanente et dont la ventilation n'est pas assurée par des
orifices constamment et directement ouverts à l'air libre. Dans tous les cas, le tirage doit être convenablement garanti par des tuyaux ou cheminées d'une section utile et d'une hauteur suffisante, convenablement étanches, ne présentant aucune fissure ou communication avec les appartements contigus, et débouchant au-dessus des fenêtres voisines.
Il est inutile que ces cheminées ou tuyaux soient munis d'appareils sensibles indiquant que le tirage s'effectue dans le sens normal.
Les orifices de chargement doivent être clos d'une façon hermétique, et il est nécessaire de ventiler largement le local, chaque fois qu'il vient d'être procédé à un chargement de combustible.
Le Dr Laborde insista sur les inconvénients des poêles mobiles, tout en repoussant les mesures administratives qui interdiraient ces appareils.
Tout le monde, dit le Dr Ferréol, est d'accord sur ce point que les poêles à combustion lente font courir des dangers sérieux à la santé publique. Je m'empresse cependant de reconnaître que ces appareils ne sont pas seulement commodes et économiques, mais qu'ils chauffent très bien.
Le Dr Ferréol proposa d'approuver l'instruction rédigée par le Conseil de salubrité de la Seine, que nous venons de citer, en y ajoutant d'autres recommandations, qui consistent surtout à éloigner les poêles mobiles des chambres habitées la nuit.
Dans la séance du 16 avril, le professeur Vemeuil communiqua à l'Académie de médecine, une observation qui mettait nettement en évidence les dangers des poêles à combustion lente.
Il s'agit d'un empoisonnement causé par un poêle mobile, placé dans un cabinet de toilette, voisin de la chambre à coucher.
M. X..., âgé de quarante-cinq ans environ, et sa femme, de deux ans plus jeune, jouissant tous deux d'une santé satisfaisante, rentraient chez eux le samedi 21 janvier 1888, à dix heures du soir. Ils transportèrent un poêle mobile, situé dans le salon, dans un cabinet de toilette, en communica-
tion avec leur chambre à coucher, laissèrent la porte ouverte, mettant le poêle « à la petite marche », et se couchèrent ensuite.
Le poêle était bien ajusté dans la cheminée de ce dernier, dont le foyer était hermétiquement bouché par une plaque spéciale.
Tout paraissait donc disposé comme les jours précédents.
Les époux X... s'endorment. Par suite de circonstances spéciales, on les croit à la campagne, et c'est seulement le lundi, à midi, c'est-à-dire après trente-huit heures, que, soupçonnant un accident, on se décide à enfoncer la porte. M. le Dr Guinard, chef de clinique de M. Verneuil, d'abord appelé en toute hâte, trouve M. et Mmc X... étendus dans leur lit, et ne donnant plus signe de vie. Cependant la respiration artificielle et la flagellation firent reparaître le pouls, et quelques faibles mouvements respiratoires.
Grâce à une bonne médication, le danger immédiat paraissait conjuré, quand, à trois heures et demie, M. Verneuil vit les deux asphyxiés, qui étaient encore sans connaissance et clans un état complet de résolution et d'insensibilité. M™-" X.... reprit ses sens le même jour, vers cinq heures. M. X...., au contraire, resta dans le coma jusqu'au lendemain matin ; mais il est à remarquer que son lit était beaucoup plus rapproché du poêle et sur le trajet de communication des deux pièces. Lorsqu'on pénétra dans la chambre, le lundi, le poêle était complètement vide, tout ' le charbon était consumé.
Les deux malades échappèrent à la mort, mais le rétablissement fut lent, et traversé par divers accidents.
Tout porte à croire que si les secours énergiques et prolongés avaient tardé davantage à se produire, les époux X.... auraient péri tous les deux.
Après la lecture de cette observation de M. Verneuil, le Dr Lancereaux, rapporteur
de la commission, crut devoir résumer la discussion, et faire connaître de nouvelles observations d'accidents d'empoisonnement, dus aux mêmes causes.
Le Dr Lancereaux commence par établir que tous les membres de l'Académie paraissent d'accord pour reconnaître les dangers que présentent les poêles mobiles. Le seul point sur lequel les opinions diffèrent, est celui de savoir si l'industrie des poêles à combustion lente doit être abandonnée à l'initiative privée, ou soumise à une réglementation administrative.
Dans un Etat civilisé, dit le Dr Lancereaux, le devoir de l'administration supérieure est de s'occuper du bien général, même au détriment des intérêts particuliers, et de garantir, dans la mesure du possible, la santé publique. Or, le poêle mobile est dangereux, non seulement pour les personnes qui l'emploient, mais encore, dans une même maison, pour le reste des habitants.
Il ne s'agit donc pas ici d'un simple danger privé, mais, dans quelques circonstances, au moins, d'un véritable danger public.
S'il en est ainsi, n'y a-t-il pas lieu d'exiger, pour la construction et la pose d'un poêle mobile, des mesures telles qu'il ne puisse nuire aux personnes qui ont eu le bon esprit de s'en priver? L'administration n'intervient-elle pas, chaque jour, et avec raison, dans des questions d'hygiène, qui, comme celle qui nous occupe, appartiennent tout autant au domaine de l'hygiène privée qu'à celui de l'hygiène publique?
Après une liberté, pour ainsi dire abso lue, accordée à la construction des cheminées, l'administration n'a-t-elle pas cr: devoir réglementer, il y quatorze ans, cette même construction, prescrire le systèm unitaire, et exiger que chaque cheminée ait son conduit distinct, tant pour éviter les dangers d'incendie, que ceux pouvant résulter du refoulement des gaz d'une che-
SUPPLÉMENT A L'ART DU CHAUFFAGE
minée dans une autre? On ne voit pas en quoi des mesures appliquées à la construction des poêles, seraient plus abusives que celles qui concernent la réglementation des cheminées. D'un autre côté, personne n'oserait trouver mauvaises les mesures que prend aujourd'hui l'administration, contre l'insalubrité et l'insuffisance des logements?
Or, une chambre dans laquelle brûle en permanence un poêle à combustion lente n'est-elle pas un logement insalubre et dangereux, au premier chef ? « En conséquence, dit le Dr Lancereaux, je ne vois, pour mon compte, rien d'exclusif à ce que les poêles mobiles soient soumis à certaines mesures de police sanitaire. »
Les analyses de M. le Dr Dujardin-Beaumetz et du Dr J. de Saint-Martin ne modifient en rien ce que nous savons des dangers des poêles mobiles; car ce qu'il importe de connaître en pareil cas, ce n'est pas la quantité proportionnelle des gaz qui s'échappent par le tuyau d'un poêle ou d'une cheminée, mais bien la proportion des substances délétères qui se répandent dans la pièce où brûle ce poêle, en un mot, dans l'air que nous respirons.
MM. Le Roy de Méricourt et Ferréol, très partisans de la douce chaleur des poêles mobiles, se consolent assez facilement, dit le Dr Lancereaux, des accidents que déterminent ces appareils, lorsqu'ils viennent nous dire que les progrès réalisés dans les sciences appliquées ayant été, à leur début, achetés par quelques dangers, il est naturel qu'il en soit de même pour les poêles mobiles.
Il semble un peu osé de comparer l'invention de ces poêles à une découverte scientifique : c'est, et ce sera toujours, dit le Dr Lancereaux, une invention malheureuse, car malgré les meilleurs conseils, on n'arrivera jamais à faire comprendre au public toutes les causes du danger et à
les lui faire éviter. Après cette discussion, les accidents pourront être moins fréquents et moins désastreux qu'autrefois, uniquement parce qu'on évitera de se servir des poêles mobiles, et non parce qu'on s'en servira avec plus de précautions.
Ces accidents, d'ailleurs, sont, à l'heure actuelle, des plus communs. H y a quel- J ques jours, on a pu lire dans la plupart des journaux qu'un officier distingué de notre armée succombait, asphyxié par un poêle mobile placé la nuit dans sa chambre à coucher, et qu'il avait oublié de fermer.
M. Lancereaux cite d'autres faits du même genre.
Le 7 février 1890, mourait, rue Legen- | dre, n° 89, une jeune femme de vingt- ■ neuf ans, qui, après avoir transporté son ' poêle roulant dans la pièce où elle se trouvait, n'avait pas, par inattention, engagé le tuyau dans l'ouverture ménagée dans le tablier de la cheminée.
Le 18 février, une dame, âgée de cinquante-neuf ans, succombait, rue Chàteau- Landon, à une asphyxie du même genre, produite par un poêle Choubersky : elle avait oublié d'y apposer le couvercle.
Le professeur Potain a envoyé à une commission instituée au Comeil de salubrité de la Seine dans le but de rechercher les moyens propres à éviter les dangers des poêles mobiles, plusieurs observations, très curieuses et très intéressantes, en ce sens que, dans la plupart des cas il s'agit d'empoisonnement à distance.
M. le D'' Poulet, médecin principal, a, de son côté, rapporté le fait de l'empoisonnement général de la famille du Dr Mussat, son gendre, médecin-major au 44e régiment de ligne. Il s'agissait encore d'un poêle Choubersky, que l'on plaçait dans une niche de salle à manger. Tout l'hiver 1887-1888, ce poêle avait été allumé, sans produire d'autres accidents que des vertiges et de la tendance aux lipothymies. C'est en
MERVEILLES DE Lk SCIENCE.
octobre 1888, lorsque ce poêle fut allumé pour la première fois, que survint l'empoisonnement de toute la famille, bien qu'elle ne séjournât dans la salle à manger qu'au moment des repas.
Rien ne pouvait faire prévoir le défaut de tirage du poêle mobile, qui, jusqu'alors, n'avait occasionné aucun accident sérieux. Voilà précisément un des grands dangers de ce système : c'est qu'on est pris, tout à coup et à l'improviste, par un fonctionnement accidentellement vicieux de l'appareil, et cela même lorsqu'il se trouve entre les mains de gens instruits. Il est digne de remarque, en effet, que les victimes du poêle toxique, pour me servir de l'expression de notre collègue, M. Gabriel Colin, ne sont pas toujours des personnes ignorantes du danger, mais souvent des personnes le connaissant parfaitement, comme des ingénieurs, des médecins, des pharmaciens, etc.
Un cas, observé par les Drs Margerin (de Valenciennes) et Wannebroucq de (Lille), mérite d'attirer d'autant plus l'attention, que le poêle mobile, cause de la catastrophe, se trouvait loin de la pièce occupée par les victimes.
Le \ 6 décembre 1888, au matin, une jeune enfant était trouvée asphyxiée dans une chambre du premier étage; la bonne, qui couchait dans la même pièce, respirait encore, mais ne tardait pas à succomber également. Les symptômes observés donnaient aux médecins traitants la certitude que cette double asphyxie avait été causée par l'invasion dans la chambre d'une quantité notable d'oxyde de carbone.
La chambre en question était isolée des deux côtés par un double corridor traversant toute la maison, avec jour par deux fenêtres donnant sur un jardin, sans communication directe, par conséquent, avec des chambres voisines. Le feu de la cheminée de cette chambre
n'avait pas été allumé. La mère, en rentrant le soir, vers dix heures, était allée voir son enfant. Trouvant la chambre un peu froide, elle avait été sur le point de faire allumer le feu, mais elle s'était contentée de bien fermer la porte, qui avait été garnie récemment (ainsi que les fenêtres) de bourrelets, afin d'empêcher l'accès de l'air extérieur. Nulle autre cause possible d'intoxication qu'un poêle mobile placé dans le vestibule du rez-de-chaussée, et dont la conduite de fumée venait déboucher dans un tuyau de cheminée qui avait été établi spécialement pour le service de cet appareil, tuyau contigu avec celui desservant la cheminée du salon situé au rez-de-chaussée, au-dessous de ladite chambre.
Nous passons sur d'autres observations du même genre, citées par le D1 Lancereaux, pour dire qu'à côté des accidents aigus, il existe des accidents chroniques, beaucoup plus fréquents et moins bien connus.
Une personne âgée de trente ans, brodeuse, vint consulter le Dr Lancereaux pour une céphalée et vertiges, de la tendance aux lipothymies, un anéantissement général, et un désordre de la sensibilité tactile qui l'empêchaient de diriger son aiguille, et lui faisaient croire qu'elle marchait sur du feutre. Elle avait, en outre, du tremblement de la langue, de la myodopsie, des rêves nocturnes, une diminution notable de la mémoire, de mauvaises digestions et une décoloration manifeste des téguments. Cette dame se chauffait, depuis trois ans, à l'aide d'un poêle Choubersky, marchant toujours en petite vitesse, et placé dans la cheminée de la salle à manger. Ce renseignement mit le Dr Lancereaux sur la voie du vrai diagnostic : la malade lui affirma, en efièt, que les accidents dont elle se plaignait se manifestaient, depuis trois ans, pendant la saison de l'hiver, à partir du moment où elle commençait à allumer son poêle, dans la salle à manger, malgré son habitude de
SUPPLÉMENT A L'A
RT DU CHAUFFAGE
travailler clans une chambre voisine de la salle à manger.
Ce fait mon tre tout à la fois les difficultés d'un diagnostic précis, en pareil cas, et l'ignorance où l'on est encore de tous les accidents pouvant résulter de l'empoisonnement lent par l'oxyde de carbone, empoisonnement qui ne manque jamais de se produire chez les personnes qui séjournent dans des pièces chauffées par un poêle mobile, alors môme qu'il marche aussi bien que possible.
Aussi, d'accord avec le Dr Léon Colin, M. Lancereaux serait-il d'avis de proscrire le poêle à combustion lente partout où il y a agglomération de personnes, surtout si ces personnes sont jeunes : particulièrement dans les crèches, les écoles, les pensionnats, les lycées, les ateliers, les casernes et les hôpitaux.
On dit souvent que les poêles mobiles sont des appareils délicats, exigeant, de la part de ceux qui les emploient, une cei*taine attention, mais qu'ils ne présentent, finalement, pour des gens soigneux et attentifs, aucun danger ; et que, par conséquent, il suffit, pour éviter tout accident, d'adresser au public quelques instructions sur leurs inconvénients. On ne peut nier pourtant que ces poêles ne soient des producteurs puissants d'oxyde de carbone, c'est-à-dire d'un gaz éminemment nuisible à la santé et insidieusement toxique, même à très faible dose. S'il en est ainsi, les faits rapportés plus haut, desquels il résulte que des cheminées construites d'après le système unitaire, détériorées, ou présentant un vice de construction ignoré jusque-là, et même bien construites, mais soumises tout à coup à un changement brusque de l'atmosphère, peuvent être l'occasion de graves accidents, dans la partie d'une habitation plus ou moins distincte et éloignée de celle où fonctionne un poêle mobile, ne doivent-ils
pas conduire à la conclusion que ce poêle, en raison même de son mode de construction, est un appareil qui exige des conditions d'installation spéciales, du moins en ce qui concerne les maisons à loyers comportant de nombreux logements?
Cette conclusion est celle à laquelle on est obligé de s'arrêter. Éclairer le public sur le danger des poêles mobiles, ne suffirait pas à faire disparaître les cas d'empoisonnement par ces appareils. Il y a donc lieu d'appeler l'attention des pouvoirs publics sur les dangers du poêle à combustion lente, non seulement pour les personnes qui s'en servent, mais encore pour les voisins.
Cette dernière communication du Dr Lancereaux avait épuisé le sujet. Dans la même séance, l'Académie de médecine vota les conclusions qui exprimaient l'opinion à peu près unanime de ses membres, sur cette importante question d'hygiène publique.
Voici le texte de ces conclusions :
1° Il y a lieu de proscrire formellement l'emploi des appareils dits poêles économiques, à faible tirage, dans les chambres à coucher et dans les pièces adjacentes.
2° Dans tous les cas, le tirage d'un poêle à combustion lente doit être convenablement garanti par des tuyaux ou cheminées d'une section et d'une hauteur suffisantes, complètement étanches, ne présentant aucune fissure ou communication avec les appartements contigus, et débouchant au-dessus des fenêtres voisines. Il est utile que ces cheminées ou tuyaux soient munis d'appareils sensibles indiquant que le tirage s'effectue dans le sens normal.
3° Il est nécessaire de se tenir en garde, principalement dans le cas où le poêle en question est en petite marche, contre les perturbations atmosphériques qui pourraient venir paralyser le tirage et même déterminer un refoulement des gaz à l'intérieur de la pièce.
4° Tout poêle à combustion lente qui présente des bouches de chaleur devra être rejeté; car cellesci suppriment l'utilité de la chambre de sûreté, constituée par le cylindre creux intérieur, compris entre les deux enveloppes de tôle ou de fonte,
et permettent au gaz oxyde de carbone de s'échapper dans l'appartement.
5° Les orifices de chargement d'un poêle à combustion lente doivent être clos d'une façon hermétique, et il est nécessaire de ventiler largement le local chaque fois qu'il vient d'être procédé à un chargement de combustible.
6° L'emploi de cet appareil de chauffage est dangereux dans les pièces où des personnes se tiennent d'une façon permanente, et dont la ventilation n'est pas largement assurée par des orifices constamment et directement ouverts à l'air libre ; il doit être proscrit dans les crèches, les écoles, et les lycées.
7° En dernier lieu, l'Académie croit de son devoir de signaler à l'attention des pouvoirs publics les dangers des poêles à combustion lente, et en particulier des poêles mobiles, tant pour ceux qui en font usage que pour leurs voisins. Elle émet le vœu que l'administration supérieure veuille bien faire étudier les règles à prescrire pour y remédier.
On ne pouvait guère formuler de conclusions plus précises, étant donné l'usage universel des poêles mobiles, en France et dans toute l'Europe. L'invention de l'ingénieur russe Choubersky a été un véritable bienfait pour les populations, qui trouvent dans cet ingénieux appareil un moyen de chauffage éminemment économique, et par conséquent, une cause de bien-être et de préservation des maladies. Le succès immense du poêle Choubersky et des imitations qu'on en fait chaque jour, depuis que le brevet est tombé dans le domaine public, prouve à quels besoins généraux il répond. Il y aurait donc ingratitude à faire trop fortement ressortir ses inconvénients. Toute chose, en ce monde, a son bon et son mauvais côté ; la sagesse consiste à prendre le bien et à chercher les moyens d'éviter le mal. Usez des poêles mobiles, si vous voulez avoir un appartement constamment chauffé à une douce température ; mais étudiez bien votre cheminée, assurez-vous que son tirage est suffisamment actif, et s'il est possible, maintenez-le en place, son transport pouvant devenir une cause de dangers. Faites de votre poêle mobile une chose immobile, de
votre cheminée roulante une cheminée qui ne roule pas; et, dans tous les cas, ne le placez jamais dans votre chambre à coucher.
J'avoue, pour mon compte, ma prédilection pour ce mode de chauffage, dont j'use chaque hiver. Il est si commode de n'avoir pas à s'occuper de son feu ; de n'avoir de bois, ni dans sa cave, ni dans son appartement ; de n'avoir jamais à redouter d'incen- . die ou d'accident de cheminée, le foyer étant clos et entouré de toutes parts ; de trouver le matin, en se levant, et le soir en rentrant, une pièce chauffée, et d'avoir de l'eau chaude à toute heure du jour et de la nuit! Seulement, je veille au grain, comme disent les bonnes gens.
Le poêle Choubersky, une fois tombé dans le domaine public, a été l'objet de modifications particulières, qui ont fait surgir différents appareils, ayant chacun leur utilité, dans des conditions données, toutefois sous la réserve générale, consistant à les bannir des chambres à coucher et à ne point les déplacer.
Il ne sera pas sans intérêt de faire connaître la nombreuse descendance du poêle Choubersky. Nous ne signalerons toutefois que ceux de ces appareils qui sont le plus répandus en France.
Le calorifère Maucjuin, que nous représentons en coupe dans la figure 403 , présente l'avantage d'un mode de nettoyage tout particulier de la grille, au moyen de rondelles excentrées, qui, manœuvrées du dehors par une manivelle, viennent passer entre les barreaux pour piquer le feu. Un vase saturateur, rempli d'eau, peut être placé à la partie supérieure, ainsi qu'un chauffeassiettes, pour les salles à manger. Ces dispositions ne sont pas figurées sur notre dessin.
Le calorifère Màuguin paraît établi dans des conditions qui en rendent l'usage avanta-
SUPPLÉMENT A L'ART DU CHAUFFAGE
geux et exempt de dangers, si l'on prend Le calorifère mobile du Docteur a été
établi par le docteur A. Godefroy, qui parait
s'être spécialement préoccupé d'empêcher les retours dans la pièce chauffée d'aucune
WÊmmj
.fi
no
Fig. 403. — Calorifère Mauguin (coupe).
les précautions nécessaires pour assurer le tirage et la ventilation, s. t. n.
Fig. 404. — Calorifère du Docteur (coupe).
portion des gaz entraînés dans la cheminée.
Dans ce but, l'ouverture de la cheminée est bouchée par une plaque percée d'un orifice unique, 0 (fig. 404, 405). C'est par ce trou
Fig. 405. — Calorifère du Docteur (perspective).
que pénètre un tuyau double, dont la branche A est destinée à conduire dans le corps de la cheminée les gaz provenant de la combustion ; tandis que la branche B ramène dans le foyer de l'air pris également dans la cheminée, et qui sert à entretenir la combustion. Le robinet Z, placé sur le tuyau B,
permet de régler convenablement le tirage.
Ainsi, la cheminée sert simultanément à évacuer les gaz brûlés, et à donner l'accès à l'air, pour entretenir la combustion. Cette anomalie s'explique par la différence de température qui produit, pour les premiers, une colonne ascendante centrale, et pour le second, des contre-courants, qui descendent latéralement.
Il résulte de ces conditions toutes particulières, que, pour bien fonctionner, il faut à ce poêle une cheminée à tuyau très large, qui permette au double courant de se produire. En supposant que ce fonctionnement théorique se réalisât, ce genre de poêle n'opérerait aucun renouvellement de l'air dans les pièces chauffées; de sorte qu'il faudrait que la ventilation de la pièce fût provoquée par d'autres moyens.
Le poêle Richelieu, et le poêle roulant à feu visible, ne diffèrent pas, d'une manière fondamentale, du poêle Choubersky. Dans le poêle roulant à feu visible, le feu est rendu apparent par une plaque transparente de mica, qui ferme le devant du foyer. C'est une disposition que présentent aujourd'hui beaucoup d'autres poêles mobiles.
Nous signalerons encore un appareil assez répandu, la Salamandre, que construit à Paris, M. Chaboche.
La Salamandre est une cheminée roulante, qui ne diffère que par sa forme, du poêle Choubersky. Par son large bouclier, qui forme le devant du foyer, elle ressemble, sans doute, extérieurement, à une cheminée à coke, mais, en réalité, sa disposition intérieure est la même que celle du poêle Choubersky. Comme dans ce dernier poêle, on y renouvelle deux fois ou une fois, par vingt-quatre heures, le coke ou l'anthracite, que l'on introduit par un orifice supérieur percé au-dessus du bouclier.
La Salamandre est munie de roues, pour
pouvoir la déplacer et l'adapter à l'ouverture d'autres cheminées. La devanture est garnie d'une petite plaque de mica, qui laisse apercevoir le feu.
La Française est une cheminée mobile rivale de la Salamandre, et dont les dispositions sont à peu près les mêmes. Elle diffère de la Salamandre en ce qu'elle chauffe au moyen d'une circulation d'air, et non directement.
Dans le poêle Cadé, le charbon brûle en chauffant directement la pièce, c'est-à-dire sans interposition d'enveloppe de tôle ou de mica; ce qui est plutôt un inconvénient qu'un avantage, en raison de la possibilité du refoulement des gaz à l'intérieur. La combustion étant assez vive, il se produit probablement peu d'oxyde de carbone. Il faut seulement faire usage de combustible menu, comme le coke n° 0, ou l'anthracite, c'est-à-dire d'un combustible qui ne puisse passer à travers les barreaux de la grille. A défaut de ce combustible, on pourrait se trouver pris au dépourvu. Le foyer est de faible capacité, et ne renferme que peu de charbon soumis à l'incandescence, bien que sa surface apparente soit relativement grande; de sorte que, malgré la combustion vive, la consommation du cbarbon est faible.
Un ingénieur de mérite, M. Mouton, a construit et mis dans le commerce, un bon poêle mobile, qu'il décore du nom de Flamboyant. C'est un poêle à combustion lente, avec rayonnement direct du feu. Il paraît assurer une bonne ventilation. En effet, la ventilation est provoquée par la prise d'air du foyer, qui se trouve dans un espace circulaire ménagé dans le socle du poêle. Ce courant d'air a assez de force pour empêcher d'arriver à la température rouge toutes les parties métalliques du foyer.
SUPPLEMENT A L'ART DU CHAUFFAGE
Le poêle mobile de M. Mouton est caractérisé par une clef de sécurité, munie d'un ressort qui ne peut se déplacer sans le secours de la main, tandis que la plupart des clefs adaptées aux poêles mobiles, ne conservant pas toujours la position qu'on leur a donnée, peuvent se déranger de cetteposition, et produire une fermeture tout autre que celle que l'on veut maintenir.
Ce poêle brûle tous les combustibles :
coke, anthracite, cardiff, etc. Avec le coke, on le remplit matin et soir ; avec l'anthracite, une fois seulement par vingt-quatre heures; ce qui est, d'ailleurs, la règle pour tous les poêles mobiles.
Nous mentionnerons enfin le poêle anglais, à combustion lente, oapoêleMusgrave, que nous représentons dans la figure cidessous. L'air frais amené de l'extérieur,
Fig. 406. — Poêle anglais. (Powle Musgrave.)
passe en dessous du foyer, et contourne la colonne dans laquelle se fait la combustion du coke. Les parois du foyer sont en briques réfractaires.
Ce poêle diffère des précédents par son aspect extérieur, mais on y trouve leurs dispositifs essentiels, c'est-à-dire la charge
du combustible à de longs intervalles, l'utilisation très complète de la chaleur, qui, se répandant par rayonnement et par échauffement de l'air pris au dehors, renouvelle ainsi l'air de l'appartement. Un bassin d'eau rend à l'atmosphère desséchée l'humidité nécessaire.
Le foyer, composé de briques réfractaires, peut contenir suffisamment de combustible pour brûler de 8 à 24 heures, suivant la grandeur du poêle. Une porte sur le haut permet l'introduction du coke; une autre, au bas, à coulisse, B, sert à l'admission de l'air et à l'enlèvement des cendres. La même porte, B, sertaussi à régler le tirage, de façon à produire une combustion excessivement lente, et à réaliser une notable économie.
La fumée et les gaz chauffés passent par deux calorifères secondaires c,c', qui peuvent retarder leur sortie jusqu'à ce que leur calorique soit entièrement absorbé.
Entre les deux couches de charbon en ignition, est ménagé un espace d, au travers duquel circule l'air frais, qui s'élève dans l'appartement, au fur et à mesure qu'il s'échauffe.
Nous avons dit, en parlant du danger des poêles à combustion lente, que ce danger réside souvent dans son transport d'une pièce à l'autre ; car le tuyau froid de la nouvelle cheminée où on le porte, ne produit souvent aucun tirage, et expose à des refoulements de l'air vicié dans l'intérieur de la pièce. Les poêles à combustion lente non transportables sont donc bien préférables, sous le rapport de la sécurité, à tous ceux dont on vient de faire mention.
La Société franco-américaine de chauffage fabrique, à Paris, des appareils à combustion lente, non transportables, qui rentrent dans cette dernière catégorie, c'est-à-dire assurent la sécurité par leur situation fixe. Tels sont :
1° Le Phare-poêle, à coke ou à anthracite,
dont le fonctionnement est fondé sur les mêmes principes que ceux déjà décrits, mais qui s'en distingue par l'apparence du foyer. La paroi extérieure du foyer est garnie
Fig. 407. — Coupe du phare scolaire.
de plaques de mica, à travers lesquelles le rayonment du calorique s'opère.
2° Le Phare scolaire. Ce dernier appareil rentre dans la catégorie des appareils fixes, auxquels on doit donner la préférence, en raison de la possibilité qu'ils offrent de se prêter à un appel d'air provenant du dehors, et de former ainsi un véritable calorifère, rationnellement installé. On voit dans la
figure 407 la coupe de ce dernier poêle. Il est pourvu d'un bassin d'eau, et une lame de mica A A', B B', ferme le foyer, en laissant voir le feu.
Au même titre, c'est-à-dire comme ayant l'avantage de renouveler l'air d'une façon très large, il faut citer le poêle tubulaire ventilateur de M. Auguste Besson, que l'on voit dans plusieurs bureaux, écoles, hôpitaux, etc. C'est un calorifère dans lequel l'air servant au chauffage, est puisé au dehors, tandis que l'air alimentant la combustion, est pris dans la pièce même, dont il assure ainsi la ventilation, par l'expulsion de l'air vicié.
Le 'poêle Besson chauffe donc en ventilant.
Une chambre de chauffe reçoit, à leur sortie du foyer, les gaz provenant de la combustion. Cette chambre est traversée, dans toute sa hauteur, par une série de tubes verticaux, en tôle, ouverts à leurs deux extrémités, et qui ,multi pliant la surface de chauffe, fournissent un rendement de 85 pour 100 du calorique produit par le combustible.
Ces tubes éloignés et isolés du foyer, ne peuvent jamais être surchauffés; ils empruntent exclusivement leur thermalité aux produits gazeux de la combustion, et donnent passage à l'air de l'appartement, ou, par un appel ménagé sous le socle, à l'air de l'extérieur.
L'air les traverse de bas en haut, y élève sa température, et par une ventilation croissante, porte au loin, la chaleur.
L'enveloppe extérieure de l'appareil, plus éloignée encore du foyer, ne fournit qu'un faible rayonnement, permettant de rester et travailler dans son voisinage, sans être incommodé.
La charge de combustible s'introduit dans un cylindre central en fonte, par un couvercle en fonte, qui, soigneusement re^ fermé, préserve de toute émanation. La grille sur laquelle s'opère la combustion,
SUPPLÉMENT A L'ART DU CHAUFFAGE
est composée de barreaux disposés suivant une surface de tronc de cône.
Avant d'être déversé dans la pièce, l'air, comme il vient d'être dit, se réchauffe. Un réservoir d'eau, permettant de saturer de
Fig. 408. — Poêle ventilateur Besson.
vapeur l'air de la pièce, est placé à la partie supérieure de ce poêle-calorifère, qui paraît ainsi répondre àtoutes les conditions exigées par l'hygiène et l'économie domestique.
Nous représentons dans les figures 408 et 409 le poêle Besson en élévation et en coupe. La légende qui accompagne la figure 409 permet de suivre la marche de l'air, son échauffement et sa sortie.
Un modèle plus grand, se voit dans beaucoup d'églises, bôpitaux et grands établissements.
La marche de l'air froid et. la sortie de l'air chaud sont les mêmes dans ces grands
Fig. 409. — Coupe du poêle ventilateur Besson.
A, entrée de l'air froid. — B, tubes conducteurs de l'air chaud.
— C, sortie de l'air chaud. — D, entrée dans la chambre de chaleur des produits de la combustion. — O E, colonne en tôle, recevant lê combustible. — G, échappement des gaz brûlés etde la fumée.
— H, foyer. — I, cendrier. — K, enveloppe du foyer. — M, partie en fonte de la colonne recevant le combustible.
3alorifères fixes que celles que nous avons indiquées dans la légende de la figure 409.
En résumé, les poêles à combustion lente, avec les perfectionnements qu'ils ont reçus depuis quelques années, sont d'un usage très économique, et ont réalisé un progrès sensible, par la bonne utilisation du combustible, que l'on charge à de longintervalles, et qui brûle d'une façon cons tinue, en n'exigeant que peu de surveillance.
Les très nombreuses variétés de poêles à
combustion lente qui existent aujourd'hui, et qui sont entrés dans le commerce, à la suite de l'invention du poêle Choubersky, sont assurément de bons perfectionnements du type primitif de M. de Choubersky; mais le public, peu au courant de ces distinctions techniques, confond tous ces poêles mobiles avec le modèle primitif, et appelle Chouberskij tout poêle mobile, quel que soit son nom commercial. Faisons comme le bon public, et disons, en terminant ce chapitre, que les recommandations générales que nous avons données, pour faire usage des poêles à combustion lente, doivent toujours être observées, quel que soit l'appareil employé.
Nous rappellerons ces précautions, en ces termes :
1° Un poêle mobile n'est bon que si on le rend immobile ; en d'autres termes, que si on se met à l'abri du refoulement des gaz, dans l'appartement, en le laissant toujours en place; la cheminée nouvelle, avec son tuyau froid, pouvant donner un très mauvais tirage ;
2° Il ne faut jamais introduire de poêle à combustion lente, quel qu'il soit, dans une chambre à coucher.
Avec ces deux précautions, on peut faire usage, avec de grands avantages pratiques et économiques, des poêles à combustion lente