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CHAPITRE II

LE CHXUFFAGE PAR LE GAZ. — LA CUISINE AU GAZ. — LE CHAUFFAGE DES APPARTEMENTS PAR LE GAZ. — LE CHAUFFAGE DES APPAREILS INDUSTRIELS AU MOYEU DU GAZ.

Théoriquement, le gaz de l'éclairage (hydrogène bicarboné) est le plus avantageux de tous les combustibles, au point de vue du rendement calorifique. En effet, un kilogramme de bois, en brûlant, ne déve- I

loppe que 6000 à 7000 calories, un kilogramme de houille n'en produit qu'environ 7500 à 8000, et ces chiffres se réduisent de moitié au moins dans l'application pratique ; tandis qu'un même poids de gaz produit approximativement 13 000 calories. En outre, l'action comburante de l'oxygène est évidemment beaucoup plus complète quand elle s'exerce sur un gaz que sur un combustible solide. La production du calorique et son utilisation sont donc bien supérieures avec le gaz qu'avec le bois ou le charbon.

Comme moyen de chauffage domestique, le gaz de l'éclairage a deux emplois : 1° la cuisson des aliments; 2° le chauffage des appartements, par des cheminées ou des poêles, convenablement agencés dans ce but.

Ajoutons que, comme agent de chauffage industriel, le gaz trouve une foule d'applications dans les arts et manufactures, et que, pour chaque fabrication spéciale, on a créé des fourneaux particuliers, utilisant le mieux possible le calorique.

Nous allons donc passer en revue : la cuisine au gaz, — le chauffage des appartements par le gaz, — le chauffage industriel au moyen du gaz.

Cuisine au gaz. — Au point de vue théorique, il est facile de se rendre compte des avantages que le gaz présente, pour la préparation des aliments, et le chauffage des liquides et boissons.

Pour élever un litre d'eau de 0° à-j- 100°, avec du charbon de bois, coûtant 0 fr. 20 le kilogramme, on dépense 0 fr. 16; si on brûle du gaz, coûtant 0 fr. 30 le mètre cube, on dépense seulement 0 fr. 013.

Quelques chiffres feront ressortir les résultats qu'on peut obtenir par l'emploi du gaz pour la cuisine.

Un pot-au-feu (composé de un kilogramme de bœuf, 3 litres d'eau, 0 kil. 130 de légumes assortis) en cuisant pendant cinq heures, consomme 480 litres de gaz; ce

SUPPLÉMENT A L'A

RT DU CHAUFFAGE

qui représente, au prix de 30 centimes le j mètre cube, une dépense de 14 centimes; — une tasse de chocolat, composée d'un demi-litre de lait et d'une quantité convenable de chocolat, délayée dans un peu d'eau, est préparée en huit minutes, avec une dépense de 30 litres de gaz ; — un bœuf à la mode, pesant, en totalité, viandes et légumes, environ 1 kil. 800, se cuit en quinze minutes, avec 110 litres de gaz; — un roti (gigot de mouton) pesant 1 kil. 980, est cuit en une heure et demie, avec 600 litres de gaz ; — un poulet de 1 kil. 370, n'exige que 350 à 370 litres de gaz.

Quant aux avantages pratiques de la cuisine opérée avec le gaz, nous ne saurions mieux faire que de comparer le fourneau ordinaire des cuisines où l'on brûle le charbon de bois, avec le fourneau à gaz.

Sur un fourneau ordinaire, à charbon de bois, vous avez trois ou quatre trous de foyer, que recouvre une hotte; plus, une grillade, au fond, munie d'un large tuyau, à fort tirage, activé par une trappe mobile.

Pour commencer, il faut allumer le charbon dans un des trous de foyer. Il faut, pour cela, tout l'attirail suivant : caisse à charbon, braise, copeaux, pincettes. On met de la braise et des copeaux dans le foyer, et on allume. On place un petit tuyau à main au-dessus du feu, pour activer le tirage ; car ces foyers tirent mal. On est souvent obligé d'ouvrir la fenêtre, pour chasser la fumée. La braise une fois prise, à grand renfort de soufflet, on ajoute du charbon de bois, et on place au-dessus, la casserole qui contient la préparation à faire cuire. Si le feu se ralentit, on souffle; mais alors, la cendre s'élève du foyer, et vient se répandre sur tout ce qui est sur le fourneau. Il arrive parfois que le charbon se tasse, en brûlant; alors, le récipient perd l'équilibre, et le contenu se déverse sur le foyer, en produisant des odeurs désagréables. Si vous voulez faire cuire une côtelette, l'odeur

! est intolérable : il faut, nécessairement, la placer sous la hotte de la grillade, pour éviter les émanations de graisse brûlée.

Bref, les procédés actuels ont des désagréments sans nombre, et demandent beaucoup de soin et de main-d'œuvre, sans compter que l'on perd le charbon qui reste allumé, quand on n'a plus besoin de feu.

Yoici maintenant ce qu'il faut pour la cuisine au gaz.

Ici, plus de charbon, ni de pincettes, ni de tuyau à main, pour activer le tirage; rien de l'attirail ordinaire. Pour allumer le feu, vous ouvrez le robinet du gaz et vous approchez une allumette. Voilà du feu tout de suite, et en quantité suffisante. Vous faut-il plus de flamme ? vous ouvrez davantage le robinet, et tout est dit. Le mets, une fois cuit, il faut éteindre le feu : vous fermez le robinet. Vous faut-il du feu, la nuit, pour préparer un médicament, ou de la tisane? Le gaz est toujours prêt.

Comprenez- vous maintenant, bon lecteur, tous les avantages pratiques du gaz employé à la cuisine? Comprenez- vous pourquoi la cuisine au gaz est devenue populaire?

Quant à ses avantages, au point de vue gastronomique, nous ne saurions mieux faire, pour les mettre en évidence, que de citer quelques pages d'une courte brochure, publiée en 1890, par une dame anglaise M'ne Alting-Mees, qui, enthousiaste de ce procédé, s'était fait son apôtre ardent.

Mme Alting-Mees faisait, à l'Exposition universelle de 1889, dans le pavillon du Gaz, des conférences qui attiraient beaucoup de curieux, et dans lesquelles, après avoir prononcé l'oraison funèbre de la cuisine au charbon, elle chantait les louanges de la cuisine au gaz. Elle a répété ces mêmes conférences dans les principales villes du nord de la France et en Belgique, et les a résumées dans la brochure dont nous parlons.

« La cuisine au gaz, dit la conférencière

anglaise, est éminemment propre. Ici, plus de cendres, de poussière noire, ni de suie qui, non seulement salissent les mains, la figure et les vêtements, mais tout ce qui se trouve dans la cuisine, ne respectant même pas les mets qui doivent bientôt paraître sur la table. Pas de grands nettoyages des rôtissoires ; un linge, mouillé d'une dissolution légère de sel de soude, pour enlever les taches de graisse, et une brosse à polir, passée une fois par semaine sur l'appareil à rôtir au gaz, suffisent.

« Les casseroles, lèchefrites, et autres ustensiles, ne se salissent plus, extérieurement, par la fumée et la suie ; partant, moins d'entretien et économie de temps.

« Plus de charbon à monter de la cave, plus de provision de bois, ni de copeaux; plus d'allumage, ni surtout de rallumagede poêles ; plus de cheminées qui, s'obstinant à ne pas vouloir tirer, renvoyent la fumée dans toute la maison.

« La cuisine au gaz, au contraire, est toujours prête : un simple robinet à tourner et, sans perte de temps, sans préliminaires, le feu est prêt à opérer la cuisson des aliments. D'une docilité sans égale, par une simple manœuvre de robinet, son intensité augmente, diminue, varie à l'infini, suivant les besoins de la cuisson. Une fois réglée, son intensité se maintient des heures entières, sans avoir besoin qu'on s'en occupe. Pourrait-on en dire autant de la cuisine faite au charbon?

« La cuisson faite, on ferme le robinet, et l'on supprime instantanément toute dépense, et aussi toute chaleur, ce qui, principalement en été, est un avantage inappréciable. Que de cuisines qui, en été sont de véritables lieux de supplice, deviendraient habitables et saines, par l'emploi du gaz?

« En résumé, la cuisine au gaz a pourelle l'hygiène, l'ordre, la propreté, la facilité, le contrôle parfait, de la chaleur, l'économie de temps et d'argen t !

« L'usage des foyers au charbon, avec leur allumage et rallumage, représente une telle somme de travail secondaire, non seulement pénible mais désagréable, qu'il oblige seul bien des ménages bourgeois à avoir une servante. Il est à remarquer que plus l'emploi du gaz est généralisé dans un ménage, plus on devient indépendant de ses domestiques. Que de mères de famille, par l'adoption de la cuisine au gaz. deviendraient maîtresses de maison !

« Aujourd'hui que tout est disposé, dans nos habitations, en vue du confortable, pour augmenter le bien-être et améliorer les conditions hygiéniques de la vie, la routine a cependant su maintenir la cuisine au charbon. Pourquoi, malgré tous les avantages qu'elle présente, la cuisine au gaz n'est-elle pas adoptée par tout le monde? Certes, elle se propage ; en Amérique et en Angleterre, elle est même complètement entrée dans les us et coutumes; à Paris, c'est par milliers que s'installent les appareils pour la cuisine au gaz ; dans les autres parties de la France et en Belgique, on commence aussi à l'adopter, mais qu'est-ce qui arrête le plus grand nombre de ménages d'en faire usage ? Le préjugé !

« Il est inévitable, dit-on, qu'un goût de gaz ne se transmetts aux aliments ainsi préparés.

« A cela que répondre, si ce n'est : Essayiez,

« Un préjugé qui a la vie dure, comme tous les préjugés, vous objecte l'odeur des mets. Les réchauds à gaz, dit-on, empoisonnent l'air !

« Il fut un temps où cette objectionpouvait sembler sérieuse. Les premiers réchauds, en effet, étaient assez mal combinés, et brûlaient le gaz dans de mauvaises conditions. Ces appareils ont, malheureusement, à un certain moment, donné raison à la critique, mais aujourd'hui, on peut, sans crainte d'être incommodé par la moindre odeur,

SUPPLÉMENT A L'ART DU CHAUFFAGE

faire usage des réchauds et autres appareils que l'on construit.

« Conseillons, néanmoins, de tenir les réchauds en état de propreté; car le meilleur des appareils, si les trous en sont partiellement bouchés, soit par de la mine de plomb, de la graisse ou toute autre matière, brûle imparfaitement le gaz, et répand alors une mauvaise odeur, à laquelle s'ajoute encore celle de la décomposition des corps gras que le nettoyage n'a pas fait disparaître. »

C'est à tort que l'on a longtemps prétendu que le gaz donne aux aliments une odeur désagréable. Le gaz qui brûle, ne répand aucune odeur; il ne saurait, par conséquent, en communiquer aucune. La cuisine faite au gaz donne quelquefois une odeur particulière ; mais cette odeur ne provient que du mauvais état des brûleurs, dans lesquels la combustion est incomplète, et dont les flammes sont pâles, ce qui indique le manque d'air.

Il faut donc faire usage de bons appareils;

et ceci nous conduit à donner la description des principaux ustensiles pour la cuisine au gaz.

Ces appareils sont assez divers. Nous distinguerons les réchauds, les rôtissoires et les cuisinières.

Réchauds. — Il existe des réchauds à toi seul feu et à -plusieurs feux. Nous représentons dans la figure ci-dessous le réchaud

Fig. 410. — Réchaud à gaz à un seul feu.

à un seul feu, et dans la figure 411 le ré-

1 chaud à deux feux.

Il est bon, dans les ménages, d'être toujours muni d'un réchaud à gaz à un seul

j feu; ne fût-ce que pour avoir la possibilité de faire chauffer, la nuit, de l'eau, ou une

boisson quelconque, pour un enfant ou un malade.

Il est, du reste, une foule de circonstances dans lesquelles il est utile, sinon urgent, d'avoir promptement du feu, pour quelques minutes seulement. Dans ces cas, aucun appareil n'est plus pratique que le réchaud à gaz.

Pour faire la cuisine, il faut avoir un réchaud à deux ou trois feux, dont un au moins à deux robinets.

En choisissant le réchaud, il faut avoir

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soin de prendre un appareil dont la flamme ne soit ni trop rapprochée ni trop éloignée du fond de la casserole, qvi'on y placera. Trop rapprochée, le gaz brûle mal, et l'on s'expose à avoir une mauvaise odeur; trop éloignée, on perd de la chaleur. Environ quatre centimètres entre le brûleur et le fond de la casserole, est la meilleure distance.

Il est bon de passer, de temps au temps, une grosse épingle dans les trous du brûleur, afin de les nettoyer, et de laisser tou-

Fig. 412. — Rôtissoire au gaz.

jours le passage du gaz complètement libre.

Dans tous les réchauds, on brûle le gaz mélangé avec de l'air, c'est-à-dire que la flamme est bleue et non éclairante. Généralement, plus la flamme est bleue, meilleur est le réchaud. Il faut même rejeter ceux dont la flamme présente une pointe légèrement blanche, car le gaz y brûle dans de mauvaises conditions.

Rôtissoires. — Ces appareils servent à la fois à rôtir et à griller les viandes. Ils sont à flamme bleue ou à flamme blanche, ces derniers brûlant, par conséquent, le gaz non mélangé préalablement à de l'air ; ce sont ceux de ce dernier système qui sont les plus répandus. La rampe se trouve dans la partie supérieure de l'appareil, qui est muni d'une grille et d'une broche : la grille sert pour les côtelettes, rumsteaks, etc., la seconde pour les rôtis de toute nature.

Avec le rôtissage au gaz, point de préparatifs préliminaires. Pour un grand gigot, par exemple, on allumera le gaz, pour chauffer la rôtissoire, cinq ou dix minutes avant d'y mettre le rôti; puis, celui-ci placé, on a soin de laisser brûler le gaz assez fort,

pendant un quart d'heure, pour saisir la viande ; après quoi, on peut baisser la flamme de moitié, pour terminer la cuisson.

Il y a trois résultats obtenus par cette manière de procéder : d'abord, la viande étant vivement saisie, est plus belle en apparence ; elle est aussi plus saine, par la môme raison ; enfin, ce qui n'est pas le moins important, la viande perd 23 p. 100 de son poids en moins que si elle était cuite au charbon. La viande étant vivement saisie, l'albumine des couches extérieures se trouve immédiatement solidifiée, et dans cet état, formant une enveloppe impénétrable aux autres jus, elle conserve ceux-ci en entier à l'intérieur. Ce point est capital, tant au point de vue économique qu'au point de vue hygiénique.

La viande étant de toutes les dépenses ménagères, la plus forte (après le loyer), n'est-il pas de première importance de trouver moyen de diminuer les pertes de valeur causées par la cuisson? Il y a ici une économie si grande, qu'à ce point de vue seul, la cuisine au gaz mériterait d'être

adoptée. Le four au charbon rend 60 pour 100 de viande cuite, la rôtissoire au gaz en rend 75 pour 100: voilà une économie réelle et palpable.

Au point de vue hygiénique, le four, ou la rôtissoire au gaz, est de beaucoup préférable au four au charbon, parce que cet appareil réunit les deux conditions indispensables au rôtissage, et qu'un bon rôtissage conserve à la viande tous ses principes nutritifs et digestifs sans les altérer. Qu'est-ce en effet, que rôtir? C'est exposer la viande à l'action du feu, dans un courant d'air libre, et sans qu'elle touche à la graisse d'arrosage. Quand on réunit ces deux conditions, on rôtit bien, fût-ce en plein champ. Trouve-t-on ces conditions dans un four à charbon? Évidemment non. Dans les rôtissoires au gaz on a, d'une part, la libre circulation de l'air, et d'autre part, grâce à la forme des grilles intérieures ou à l'emploi

de la broche, on évite la lèchefrite, et par conséquent, le contact de la viande avec la graisse d'arrosage. Celle-ci coule dans un plat ou un récipient formant le fond de la rôtissoire où l'on peut la puiser, pour arroser la viande, comme il convient de le faire.

Nous représentons dans la figure 412 b; modèle de rôtissoire au gaz le plus en usage.

Fours. — Les fours, à l'encontre des rôtissoires, sont fermés par une porte, qui empêche la circulation de l'air à l'intérieur. Ils sont munis d'une rampe, qui brûle généralement le gaz à flamme blanche.

L'usage du four au gaz est le même que celui du four au charbon. Comme les rôtissoires, on en fait de différentes grandeurs suivant les besoins du ménage.

Certains appareils sont construits de façon à pouvoir être utilisés à volonté

Fig. 414. — Cuisinière au gaz complète.

comme rôtissoire, ou comme four. D'autres se composent d'un four superposé à une rôtissoire. Ce dernier genre d'appareil est très pratique, car la chaleur développée par la rampe de la rôtissoire peut maintenir dans le four une température suffisante à la cuisson de bien des plats.

Cuisinières. — On appelle cuisinières les fourneaux complets à gaz. On en fait de types très divers. Celles pour les ménages bourgeois, comportent généralement quatre flammes de réchauds, une rôtissoire, un four et un réservoir d'eau chaude.

Il existe des types pour petits ménages, comportant un double réchaud et une rôtissoire.

Aux personnes qui ne voudraient pas installer une cuisinière complète, on conseille de prendre un réchaud à trois feux et une rôtissoire avec four superposé. Ces deux appareils, prenant peu de place, sont suffi-

sants pour les besoins journaliers d'une cuisine bourgeoise.

Les figures 413 et 414 représentent deux types de cuisinière au gaz, ne différant l'une de l'autre que parle nombre des accessoires.

La Compagnie parisienne pour l'éclairage et le chauffage au gaz à fait construire des modèles particuliers de cuisinières au gaz, dans le but de répondre à une objection qui était faite à la cuisine au gaz. On lui reprochait, d'imposer, pendant l'hiver, une dépense supplémentaire, pour le chauffage des cuisines. L'appareil mixte que nous représentons dans les figures 413 et 416, permet l'emploi du coke, quand il fait froid, celui du gaz, quand il fait chaud.

Cette substitution s'opère sans qu'il y ait aucune installation à modifier, aucun appareil à déplacer.

Enfin, on peut, avec cet appareil chauffé

SUPPLÉMENT A L'ART DU CHAUFFAGE

Fig. 415. — Cuisinière mixte au gaz et au coke (petit modèle).

au coke, disposer d'une plaque chaude, d'un four, d'un bain-marie ; et l'on trouve, en outre, une rôtissoire, une grillade, alimentées par le gaz, qui donnent des produits bien supérieurs à ceux obtenus dans les fours au charbon ou au coke.

Dans ces appareils, l'allumage dit coke est fait au moyen d'un bec de gaz qui se dégage dans un tube, au-dessous de la grille, et qui est percé de trous qui disséminent la flamme dans le coke et en rendent l'allumage facile. On fait ainsi disparaître l'inconvénient que l'on reproche parfois au coke. L'allumage, par ce système, est toujours sùr et rapide. La dépense (100 à 150 litres de gaz) n'est pas supérieure à celle qu'entraînent les margotins, allume-

feux, etc. On a, en outre, l'avantage de ne pas encrasser les fourneaux, comme ceux qui sont chauffés au bois.

Enfin, si dans la journée, la cuisinière a négligé son fourneau, si elle le retrouve presque éteint, il lui suffit de rallumer un instant le bec de gaz, pour que le fourneau reprenne son allure.

Un flotteur placé dans le réservoir d'eau chaude, fait monter et descendre une tige extérieure, qui indique, à tout instant, la hauteur de l'eau, et met à l'abri des coups de feu, qui brûleraient une chaudière mise à sec.

Le four et l'étuve ne présentent rien de particulier; ce sont les mêmes dispositions que dans les appareils similaires au coke ;

seulement, le four peut être chauffé au gaz, au moyen d'une rampe intérieure, lorsque le coke n'est pas allumé.

Les brûleurs à gaz sont tous amovi-

bles, par conséquent, très faciles à nettoyer.

Si l'on veut faire une grillade avec ces appareils, il faut :

4° Allumer larampe àgaz pendant cinq mi-

nutes, et placer le gril le plus près possible des flammes, la lèchefrite restant en bas;

2° Placer les viandes à griller près des flammes, et relever la lèche-frite autant que possible. Aussitôt que les viandes sont

saisies et commencent à rendre leur jus, on abaisse la lèchefrite de façon que le jus ne soit pas surchauffé et calciné.

Dans ces appareils, la chaleur des produits de la combustion n'est pas perdue, comme

SUPPLÉMENT A L'A

RT DU CHAUFFAGE

dans les autres systèmes. Ils circulent autour du bain-marie, avant de se rendre dans la cheminée, et quand on fait rôtir une pièce importante, gigot, dinde, etc., l'eau du bain-marie arrive à l'ébullition.

En outre des appareils divers que nous venons de passer en revue, il en est d'autres qu'il n'est pas hors de propos de citer, en parlant de la cuisine au gaz. Tel est le torréfacteur pour le café. Chauffé par le gaz, cet appareil donne une chaleur qui peut être modifiée à volonté et réglée de façon à rester invariable.

Les lessiveuses à gaz sont appelées également à rendre des services dans un ménage.

Citons encore les appareils pour le chauffage instantané de l'eau, appareils qui ont leur place toute marquée dans les cabinets de toilette, et le chauffe-bains à gaz. La combustion d'un mètre cube de gaz suffit pour le chauffage d'un bain.

Chauffage dec appartements par le gaz. — Les avantages du chauffage des appartements par le gaz, peuvent se résumer comme il suit.

L'allumage est instantané, et ne demande l'emploi d'aucun combustible supplémentaire, tels que boules résineuses, margotins, copeaux, etc. : une allumette suffit. Les produits de la combustion étant tous gazeux, ne produisent aucun encrassement dans les tuyaux de la cheminée, et ne nécessitent pas ces ramonages périodiques, qui sont parfois si désagréables.

Avec le chauffage des appartements par le gaz, on peut employer des appareils légers, en tôle, qui s'échauffent rapidement, et permettent de jouir instantanément de la chaleur. Un poêle, une cheminée, alimentés par le charbon, le bois ou le coke,' ne donnent de chaleur qu'après une longue attente. Avec le gaz, l'effet est instantané, et on arrête la chaleur dès qu'elle devient inutile.

Faisons, toutefois, cette remarque que le

gaz ne saurait être substitué- aux procédés généraux de chauffage pour les grandes pièces, c'est-à-dire aux calorifères de cave ou aux poêles à charbon, qui chauffent de très grands espaces, économiquement et d'une manière continue. Mais pour élever rapidement la température de petits locaux, le gaz est un agent parfait.

Dans un cabinet de toilette, où il faut, pour quelques instants, une douce température, dans une salle de bains, une salle à manger, et même dans certains magasins et boutiques où le client n'est attendu qu'à certaines heures, rien ne vaut le chauffage par le gaz, au point de vue de la commodité, sinon de l'économie.

Ces réserves posées, disons que l'on se sert pour le chauffage au gaz, de cheminées et de poêles.

Une cheminée à gaz se compose d'une série de tubes à gaz horizontaux, dans lesquels le gaz brûle en chauffant par le rayonnement, comme les combustibles ordinaires.

Fig. 417. — Cheminée à gaz à bûches d'amiante.

Les produits de la combustion ne sauraient, sans inconvénient, pour la santé des

Fig. 418. — Cheminée à gaz à boules de terre.

personnes, demeurer dans la pièce ; on doit les évacuer par le tuyau de la cheminée.

Un constructeur de Paris, M. Legrand, pour utiliser le mieux possible la chaleur de la combustion du gaz, a imaginé de placer le foyer dans un coffre en tôle, à parois garnies de terre, que l'on place dans l'intérieur d'une cheminée ordinaire. Le recouvrement cintré du foyer renvoie une grande partie de la chaleur dans la pièce. Une ouverture, ménagée dans le coffre, laisse dégager dans la cheminée les produits de la combustion. Cette enveloppe est complétée par une chambre à air, ayant sur sa face antérieure, une galerie à jour, qui donne issue à une partie de l'air chauffé.

Pour donner à un foyer à gaz l'illusion de l'aspect ordinaire d'un feu de bûches, les constructeurs ont adopté des dispositions

très diverses et fort ingénieuses. On fait dégager le gaz par de petites ouvertures percées dans une bûche métallique, figurant le bois. On fait également, avec de l'amiante entremêlée à des bûches métalliques, des foyers qui simulent la flamme d'une cheminée.

Uappareil Marini est formé d'une couronne métallique, au centre de laquelle se trouve un brûleur, composé de tubes parallèles, percés de trous, qui donnent passage à de petits jets de flamme blanche, recouverts en partie par de l'amiante.

L'amiante, mise en contact avec le gaz en combustion, devient incandescente, et augmente, par son rayonnement, l'intensité du foyer, en même temps qu'elle donne l'apparence d'un feu de bois ou de charbon.

On voit clans la figure 417 une cheminée à gaz à bûches d'amiante.

SUPPLÉMENT A L'ART DU CHAUFFAGE

La Compagnie parisienne &m\s récemment dans le commerce une cheminée à gaz dans laquelle le g az, amené par une série de quatre à cinq rampes, munies chacune d'un robinet spécial, porte à l'incandescence des boules en terre réfractaire, mêlées d'amiante. Ces boules augmentent la surface de rayonnement, et donnent à l'ensemble l'aspect d'un foyer au coke (fig. 418).

La disposition du brûleur est telle que les robinets de commande ne peuvent jamais s'échauffer, ni se gripper ; ce qui en rend le fonctionnement toujours facile, sans exposer la personne qui les manœuvre à se brûler les doigts.

La commande de chaque rampe, à l'aide d'un robinet spécial, permet de diminuer la chaleur développée, et par suite, la dépense de gaz, sans nuire à la bonne allure du foyer.

L'emploi des boules réfractaires, qui deviennent incandescentes, assure la parfaite combustion du gaz, qui se fait toujours avec excès d'air, de manière à supprimer toute odeur désagréable.

Ces appareils, qui sont munis d'un système spécial pour la circulation de l'air, de bouches de chaleur et de tuyaux de dégagement, se placent devant toutes les cheminées, et jamais à l'intérieur ce qui leur ferait perdre les trois quarts de leur puissance de chauffage. La saillie extérieure ne dépasse pas 24 centimètres.

L'allumage est très simple ; il suffit d'ouvrir un seul robinet et de présenter une allumette; une très légère explosion se produit, on peut alors successivement ouvrir les autres robinets. Pour éviter cette petite explosion qui, bien que sans danger, effraye certaines personnes, les derniers types construits sont pourvus, sur le côté, d'un petit tube percé de trous, qui peut être allumé sans aucune explosion, et qui enflamme ensuite la première rampe intérieure, quand on ouvre le robinet qui l'alimente.

s. T. II.

On voit dans beaucoup de magasins de Paris, des cheminées à gaz, qui sont caractérisées par un foyer réflecteur, en cuivre poli, lequel produit un effet de rayonnement considérable. Le gaz brûle au fond et en haut du coffre. Par ce moyen, la chaleur est renvoyée en plus grande quantité dans la pièce, et l'éclat du métal réflecteur réjouit les yeux.

Les cheminées à gaz à foyer réflecteur sont construites comme il suit.

A la partie supérieure, existe une rampe

Fig. 419. — Cheminée à réflecteur de cuivre ondulé.

horizontale, en fer, percée d'une série de trous, qui projettent des jets de gaz, à flamme blanche. L'intérieur de la cheminée est garni d'une plaque de cuivre poli, qui constitue le réflecteur.

La plaque de cuivre, au lieu d'être unie, est tourmentée d'une série d'ondulations, qui fournissent autant de surfaces réfléchissantes. Les deux parois latérales du foyer sont recouvertes des mômes plaques en cuivre poli .

Ces cheminées sont commodes pour se chauffer les pieds. Il suffit de se placer debout, pour sécher ses chaussures mouil-

lées, sans avoir l'ennui de se brûler la figure. Si une dame approche sa robe du foyer, le tissu n'a aucun contact avec la rampe du gaz, qui, placée au fond, ne saurait communiquer le feu. Les enfants peuvent sans danger jouer devant un tel foyer. Le cuivre échauffé se ternissant toujours,

Fig. 420. — Coupe d'un poêle simple à gaz.

il faut entretenir toutes les surfaces en bon état de propreté, au moyen du tripoli.

Ces foyers sont fabriqués soit en cuivre rouge, soit en laiton, dont les pouvoirs réflecteurs sont peu différents. On préfère généralement le reflet rosé du cuivre au reflet jaune du laiton.

Nous donnons dans la figure 419 le dessin d'une cheminée à gaz avec foyer réflecteur.

Les poêles à gaz peuvent être distingués en poêles simples et en poêles-calorifères.

Les poêles simples sont formés par une simple enveloppe en fonte, ou en tôle, dans laquelle on place le foyer, qui émet, par rayonnement, la plus grande partie du calorique de la flamme du gaz.

Un grand nombre de modèles de poêles

Fig. 421. — Poêle à coke.

à gaz, qui ne varient que par la forme et l'ornementation extérieures, ainsi que par la disposition des brûleurs, sont employés aujourd'hui. Les meilleurs sont ceux qui, par leur disposition intérieure, permettent aux produits de la combustion de perdre la plus grande partie de leur chaleur avant de se dégager dans la cheminée ; ce qui est indispensable pour l'hygiène.

SUPPLÉMENT A L'ART DU CHAUFFAGE

Il faut rejeter les poêles à gaz microscopiques, que l'on trouve chez quelques appareilleurs, et qui, étant dépourvus du tuyau de dégagement des produits de la combustion, déversent ces produits dans la pièce, et vicient l'air, en donnant les buées de

Fig. 422. — Poêle à gaz.

vapeur, qui altèrent les papiers de tenture, les couleurs et la dorure.

Nous donnons dans la figure 420 la coupe du poêle à gaz le plus répandu. Le gaz arrivant par le robinet A, suit un cylindre intérieur de tôle B, enveloppe destinée à préserver la paroi extérieure du poêle d'une trop forte élévation de température, et les produits de la combustion

se dégagent par un tube, non visible sur notre dessin, pour s'écouler dans le tuyau d'une cheminée.

La Compagnie parisienne du gaz construit des poêles à gaz, pourvus du brûleur que nous avons représenté plus haut, en parlant des cheminée à gaz (fig. 418).

Elle construit également des calorifères mixtes c'est-à-dire pouvant brûler à volonté le coke ou le gaz. Dans ces appareils, comme du reste dans les cheminées dont il vient d'être parlé, au brûleur à gaz peut être substituée une grille à coke. En prenant soin de fermer la clef de réglage, on transforme ainsi soi-même, en un instant, l'appareil à gaz en un calorifère à coke.

On voit sur les figures 421, 422, ces deux derniers types : la figure 421 représente le poêle à coke, la figure 422 le poêle à gaz, lesquels ainsi qu'il vient d'être dit, peuvent changer à volonté d'affectation, c'est-à-dire marcher au coke ou au gaz.

Ce qui distingue les poêles-calorifères des poêles simples, c'est que les premiers sont disposés de manière à déterminer un appel d'air de la pièce dans l'intérieur de l'appareil. L'air vient s'échauffer au contact de leurs parois, sans se mélanger aux produits de la combustion. Il parcourt ensuite quelques tuyaux, auxquels il cède du calorique, et s'échappe dans la pièce à chauffer. En outre, la paroi externe de l'appareil agit, comme dans les poêles ordinaires, pour communiquer à la pièce son calorique par voie de rayonnement.

Nous donnons dans la figure 423 la coupe verticale du calorifère que construit à Paris, M. Wagner. La légende qui accompagne ' cette figure explique la route suivie par les gaz dans les conduits intérieurs et son issue au dehors. On voit le groupe de tubes, BP, dans lesquels l'air chauffé par le gaz, circule, avant de se dégager dans une cheminée.

La Compagnie parisienne du gaz a mis

clans le commerce un poêle tubulaire à gaz, qu'elle désigne sous le nom de calorifèretambour.

Le caractère spécial de cet appareil, 'c'est son débit fixe, proportionné à ses dimen-

Fig. 423. — Coupe du calorifère à gaz de M. Wagner.

A, tube auquel on adapte le tuyau en caoutchouc amenant le gaz.

— R, couronne percée tout autour de trous pour l'allumage du gaz.

— B, P, deux plaques d'obturation reliant tous les tubes T, et formant le système tubulaire de chauffage. — Les gaz brûlés par la rampe R, traversent les tubes T, et s'échappent ensuite par le tuyau D, dans la cheminée de l'appartement. Ces tubes n'ayant ainsi aucune communication avec l'air de l'appartement, il n'y a aucune odeur à redouter. ■ — F, trous percés dans l'enveloppe du poêle, par où pénètre l'air à échaull'er. Cet air froid remplit l'espace vide, entre les tubes T, s'échauffe, monte par le yros tuyau vertical E, et s'échappe dans l'appartement par les vides du couvercle C.

sions, et à sa masse. Ce débit invariable, a permis d'employer les flammes blancbes, qui donnent le maximum de chaleur, et dont l'emploi était jusqu'ici peu usité, par la crainte des fumées et des dépôts charbonneux qui se produisent, lorsque la con-

sommation des appareils vient, sous l'influence des fortes pressions, à dépasser la limite normale.

Les produits de la combustion sont refroidis par leur passage à travers des plaques en terre réfractaire, et ensuite dans un

Fig. 424. — Poêle tubulaire à gaz de la Compagnie parisienne.

tambour extérieur, auquel est raccordé le tuyau d'échappement.

Une série de tuyaux en cuivre, chauffés extérieurement par le gaz qui brûle, donnent intérieurement passage à un courant d'air qui vient déboucher à la partie supérieure, de l'appareil.

Ces tuyaux sont, à leur extrémité supérieure, entourés d'une couche de sable, qui,

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en complétant l'étanchéité absolue des joints, absorbe la cbaleur considérable qui

Fig. 425. — Coupe du poêle tubulaire de la Compagnie parisienne.

R, robinet et tuyau d'arrivée du gaz qui se rend dans la rampe à gaz. — B, rampe à gaz, de forme circulaire, servant de foyer au calorifère. — E, porte du foyer semblable à celle d'un poêle ordinaire. — A, chambre circulaire, recevant l'air froid, qui entre par les ouvertures K, cet air s'échauffe au-dessus du foyer, monte à l'intérieur des tubes T, pour s'échapper ensuite par le haut du poêle dans l'appartement. Cet air, étant complètement séparé des gaz provenant de la combustion, ne peut entraîner avec lui aucune odeur nuisible. — C, couvercle et S, galerie par ou s'échappe l'air chauffé. — G, chambre de chauffe enveloppant les tubes T. Cette chambre est la continuation du foyer B : lille est fermée en haut par une plaque obturatrice P, qui forée les produits de la combustion à s'échapper par le tuyau V, D, qui les emmène dans la cheminée. Cette chambre G, est garnie de cloisons H, qui maintiennent l'écartement des tubes T. — Ces cloisons, percées de trous pour le passage du gaz, sont en briques pour augmenter tout d'abord la surface de chauffe, et ensuite conserver de la chaleur longtemps après l'extinction du feu. Ces cloisons ont en outre l'avantage de modérer l'évacuation trop rapide des produits de la combustion et de les maintenir plus longtemps en contact avec les tuyaux T, où s'échauffe l'air froid.

se manifeste toujours sur le plafond de la chambre de combustion.

La figure 424 donne la vue extérieure du

poêle tubulaire de la Compagnie parisienne et la figure 425 la coupe de cet appareil. La légende qui accompagne ce dessin montre la marche à l'intérieur des tuyaux de l'air venant de la pièce et son échappement dans la cheminée de l'appartement.

On munit quelquefois lespoêles calorifères à gaz de l'appareil réflecteur en cuivre dont nous avons parlé à propos des cheminées à réflecteur. L'air s'échauffe au contact des parois métalliques, et se dégage ensuite dans la pièce, par les bouches de chaleur latérales; les gaz de la combustion s'échappent séparément hors de la pièce, par un autre tuyau.

Chauffage industriel. — Dans l'industrie, les emplois du gaz de l'éclairage, comme moyen calorifique, sont aujourd'hui immenses. Le gaz, en effet, se prête à merveille à toutes les sortes d'opérations, dans les manufactures et dans les arts. Un tel champ serait infini à parcourir; nous nous bornerons à dire quelques mots des différentes industries qui ont recours à ce moyen commode et économique de produire, au moment voulu et dans la seule proportion nécessaire, la chaleur qu'exige l'exécution d'une opération manufacturière.

Pour l'apprêt des tissus, il faut, quand le tissu quitte le métier, détruire le velouté des fils par le grillage. Ce grillage ou duvetage, se fait par le gaz, bien mieux que par le feu, comme on l'exécutait autrefois.

Dans la chapellerie, le gaz est employé pour chauffer les formes métalliques qui reçoivent les coiffes à presser. Il sert aussi à chauffer les fers pour l'encollage.

Le repassage des chapeaux se fait avec des fers chauffés au gaz.

Le gaz ne s'applique pas seulement à la fabrication des chapeaux. Il est également employé, chez les chapeliers détaillants, pour les coup s de fer à. donner aux chapeaux

prêts à livrer, ou pour restaurer les vieux chapeaux.

Chez les coiffeurs, le gaz est employé pour le chauffage des fers, longs et ronds, et pour faire chauffer l'eau à l'usage de la barbe.

Dans la cordonnerie, c'est-à-dire la fabrication en grand des chaussures de cuir, on fait usage du gaz pour le chauffage des nombreux outils employés dans les ateliers. Des apprêteuse.i mécaniques servent à fixer les élastiques entre les deux tiges des bottines. On emploie, pour cela, un fer chauffé à l'intérieur par le gaz, auquel on imprime un mouvement ascendant, au moyen d'une pédale. Des tubes à air et à gaz servent au chauffage des mailloches, pour brunir les talons de cuir. D'autres fers, chauffés à l'intérieur, par le gaz, servent à lisser les pourtours des semelles.

Les relieurs-doreurs chauffent leurs fers par le gaz, en employant une rampe, qui est divisée en deux parties, et dont on règle l'intensité calorifique au moyen d'un robinet, pour chacune des demi-rampes. Une seule rampe est allumée, quand on n'a qu'un seul fer à chauffer.

Les fabricants de boutons emploient avec avantage la chandelle au gaz.

Les sou / fleurs de verre travaillaient autrefois le verre et l'émail, avec une lampe à huile, dans laquelle on injectait un fort courant d'air, au moyen d'un soufflet, mis en action par le pied. Aujourd'hui, le chalumeau du souffleur de verre est constitué par une flamme de gaz, dans laquelle de l'air est insufflé.

C'est ainsi que l'émailleur fabrique les fleurs artificielles pour parures, les bouquets artificiels, en émail, les épingles de coiffures et de châles, les émaux pour bijoux, les perles, poires, gouttes d'eau, pendants d'oreilles, un grand nombre de pièces pour passementerie, et une infinité d'autres articles de verroterie.

Parmi les pièces en verre blanc, se modelant par le soufflage et le cintrage, sous l'influence de la chaleur, nous citerons encore les baromètres, thermomètres, aéromètres, les tubes, de formes diverses, poulies laboratoires de chimie, les alcoomètres, les pèse-acides, les pèse-sels, les niveaux à bulle d'air, les compte-gouttes, et un grand nombre d'instruments pour les sciences.

Les pièces de verrerie moulées à la presse, se font dans des moules creux en fonte, ou mieux, en acier, pour obtenir des pièces pleines. On emploie, à cet effet, des presses à levier, ou des presses à vis, fabriquées par M. Boscher, mécanicien à Paris.

C'est avec cette même presse qu'on fabrique un grand nombre d'objets dits articles de Paris tels que boutons, imitation, de camées, poignées de parapluies, poignées d'ombrelles et de cannes, etc.

Le moulage s'exécute avec une rapidité qui permet de les produire à un très bas prix. On présente les baguettes d'émail ou de verre à l'action de la flamme du gaz, et on fait couler la matière fondue dans la matrice qui doit lui donner sa forme.

Les fleuristes se servent de gaz pour chauffage des petites étuves, qui donnent une chaleur à peu près constante et peu coûteuse. Ils l'emploient aussi, pour le chauffage des plaques en fonte, destinées à communiquer la chaleur nécessaire aux matrices à gaufrer.

Les gainiers, les fabricants de registres, les relieurs, et plusieurs autres professions, faisant usage du papier, du carton et des peaux, chauffent au bain-marie leur colle forte, au moyen du gaz.

L'appareil dont ils se servent est divisé en quatre compartiments. Dans le premier, est liquéfiée la colle de Cologne, dans le second, la colle forte proprement dite, dans le troisième la colle demi-forte. Le quatrième sert à préparer chaque espèce de colle, pour

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l'amener à la liquidité avant de la verser dans le compartiment qui lui est réservé. Cetappareil est placé sur l'établi, à proximité des ouvriers qui en font usage.

Les gaufreurs de cuirs et de peaux se servent de machines à gaufrer et à plisser, composées de deux cylindres creux, ayant des longueurs et des diamètres proportionnés au travail à effectuer, et qui sont chauffés à l'intérieur, par le gaz, qui procure une chaleur régulière et continue.

Ces cylindres creux, auxquels on imprime un mouvement continuel de rotation, sont pourvus de cannelures, s'engageant l'une dans l'autre, avec des dimensions correspondant au travail à produire. On les emploie à gaufrer les cuirs, les papiers peints, les rubans de satin, le taffetas, les effilés et la soie pour passementerie, la paille pour chapeaux, les tulles, la lingerie, les jupons, les tours de tête et divers autres articles.

Le gaufrage et la dorure à plat et. en relief, sur le papier, les étoffes et les cuirs, s'exécutent avec des fers chauffés au gaz.

Chez les fabricants de papiers peints, les mêmes outils servent à faire, à chaud, le reps sur l'or, et le frappage sans or sur le velouté.

Pour dorer les couvertures et les ornements, les relieurs tracent des empreintes à la résine; et sous l'influence de la chaleur fournie par l'outil à gaz, la résine fond, en faisant adhérer l'or sur le papier ou le cuir. On opère de la même manière pour obtenir, par la pression à chaud, la dorure sur plat, des livres, recouverts soit en toile, soit en papier.

Les cartonnages de fantaisie, comprenant les boîtes-bonbonnières et les autres objets décorés en relief et dorés, se font aussi avec des fers chauffés au gaz.

Dans ces dernières applications, le gaz est le producteur de chaleur le plus sûr que l'on puisse employer, en raison de la régularité de la température qu'il donne,

condition indispensable pour ce genre de travaux.

Sur le comptoir de beaucoup de pharmaciens, on voit un petit fourneau, composé d'un cylindre en fonte, contenant, au fond, une rampe à gaz. Ce fourneau sert à chauffer les liquides, à faire fondre la cire à cacheter, et même à fabriquer les emplâtres et le sparadrap.

Chez la plupart des marchands de vins et liquoristes, on trouve aujourd'hui de petites chauffeuses, en porcelaine, plus ou moins décorée, qui servent à maintenir chauds, dans un bain-marie, le punch, le thé et le café. Ces appareils qui, pour la plupart, fonctionnent sans interruption, depuis le matin jusqu'à une heure avancée de la soirée, occasionnent une faible dépense, en raison de petit nombre de jets de gaz et de leur faible débit. L'eau du bain-marie n'a besoin que d'être maintenue à -}- 90 degrés environ, pour entretenir ces liquides chauds, d'une manière constante.

On voit souvent les peintres-barbouilleurs occupés à enlever les anciennes couches de peinture, pour en appliquer de nouvelles, se servir d'une flamme de gaz sortant d'un tuyau de caoutchouc, qu'il tiennent à la main. Ils ramollissent ainsi la vieille peinture par la chaleur; puis ils la détachent, au moyen d'un grattoir. Quelquefois, au lieu d'une simple flamme de gaz, on se sert d'une chandelle à gaz, c'està-dire d'un courant de gaz mélangé à de l'air, qui donne une flamme blanche beaucoup plus chaude.

Les tailleurs emploient le gaz pour chau lier les fers, ou carreaux, qui leur servent à rabattre les coutures, par la pression à chaud. Ils ont, pour cela, un appareil divisé en cases, dans chacune desquelles est un fer, que chauffe une plaque de fonte, portée au rouge par une série de rampes à gaz, réglées, chacune, par un robinet spécial.

Un fer chauffé à l'intérieur par un tuyau

de gaz, mélangé préalablement d'air, est aussi employé, dans diverses maisons de confections, pour rabattre les coutures des paletots, pantalons, vestons et autres vêtements.

La soudure des métaux s'effectue, dans une foule d'industries, par différents chalumeaux à gaz, appropriés à chaque opération, et dans le détail desquels nous ne saurions entrer ici. Bornons-nous à dire que depuis la soudure des grandes pièces, dans l'industrie des bronzes d'art, jusqu'aux petites soudures que font les bijoutiers, pour les articles de parure et les chaînes, on opère avec un chalumeau à gaz, dont la forme est calculée sur le travail à exécuter.

Les fabricants de boîtes en fer-blanc se servent uniquement, aujourd'hui, pour leurs soudures, du gaz, qui leur procure une économie notable, puisqu'un ouvrier qui soudait, autrefois, avec le charbon de bois, 700 boîtes cylindriques de 1 /2 litre, en produit, avec le gaz, 1200. La dépense en charbon, qui était autrefois de 10 centimes par heure (ou 2k,500 à 8 francs les 100 kilos, prix de gros) est, avec le gaz, pour le même temps, de 135 litres à 30 centimes le 1000, soit de 4 centimes par heure.

Ces chiffres parlent suffisamment en faveur du gaz, et indiquent l'économie que ce mode de chauffage présente dans cette fabrication, toujours annexée à la préparation des conserves alimentaires.

Les ferblantiers qui fabriquent et ferment les boîtes de conserves alimentaires et celles à sardines, et ceux qui fabriquent les objets dits articles de Paris, ainsi que d'autres professions dans lesquelles on fait des soudures fines, linéaires, ou des simples points de soudure, se servent d'un fer chauffé par le gaz. Par une combinaison ingénieuse, on fait arriver le gaz et l'air, comme dans la chandelle à gaz dont nous avons parlé plus plus haut; seulement au lieu que le dard du chalumeau soit à air libre, il vient ici lécher le talon

du fer à souder, et lui communiquer une chaleur régulière et constante.

Si l'on se sert d'un seul fer, on se contente d'un ventilateur, mû par le pied de l'ouvrier: mais dans les grands ateliers on se sert d'un gazomètre à air, qui fonctionne à l'aide de contrepoids, et quelquefois d'un ventilateur hydraulique.

Les fabricants de jouets d'enfants, d'encriers, d'articles pour fumeurs, etc., font usage du gaz pour leurs soudures.

Les pièces vernies, teintées ou colorées, sont séchées également dans un four chauffé par le gaz, où l'on n'a pas à craindre les poussières qui se déposent sur les parties vernissées, comme dans les étuves ordinaires.

Les lampistes, qui soudent le fer-blanc ou le zinc, font également du gaz un usage, qui leur permet de fabriquer rapidement et à bon marché.

Pour la mise en plomb des vitraux d'église, on se sert également d'un fer chauffé par le gaz.

Les articles de ménage tels que seaux, bains de pied, bidons et tous les ustensiles en zinc ou en fer-blanc, sont soudés avec le gaz.

Disons, en résumé, que la plupart des petites industries emploient aujourd'hui le gaz de l'éclairage, comme agent producteur de calorique. Le plus grand nombre des appareils de chauffage à gaz qui existent dans les ateliers, sont dus à l'initiative des industriels, qui les ont adaptés, avec beaucoup d'intelligence, aux besoins de leur fabrication.

Dans la grande industrie métallurgique, le gaz est souvent le seul combustible employé pour la fusion des métaux ou des matières devant faciliter cette fusion. Seulement, comme il serait impossible de faire usage du gaz de l'éclairage, en raison de

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son prix, on fabrique, pour ainsi dire, le gaz sur place. On distille les charbons maigres dans l'usine, et on obtient ainsi un composé gazeux, qui produit tous les effets calorifiques du gaz.

La distillation de la houille maigre se fait dans un appareil spécial, nommé gazogène, où elle est décomposée à basse température et transformée en un mélange d'hydrogène protocarboné et d'oxyde de carbone. On dirige ce mélange dans les foyers, où on les brûle, avec un courant d'air, préalablement surchauffé.

Le chauffage par gazogène est principalement appliqué aux opérations métallurgiques, à la cuisson des produits céramiques, aux verreries, etc.

Dans les laboratoires de chimie, le gaz de l'éclairage a remplacé, de nos jours, le charbon de bois, autrefois seul en usage, concurremment avec la lampe à alcool, pour toutes les opérations où intervient la chaleur. On ne trouve plus une seule caisse à charbon de bois, dans les laboratoires modernes. Cette substitution a rendu faciles bien des opérations, qui étaient très pénibles jadis, et elle permet d'effectuer des expériences devant lesquelles on aurait reculé avec les anciens fourneaux à charbon.

C'est dans le laboratoire particulier de Wiirtz, situé rue Garancière, dans l'hôtel occupé aujourd'hui par la librairie Pion, que le gaz fut, pour la première fois, substitué au charbon, dans les opérations chimiques.

Le gaz fut ensuite appliqué dans le laboratoire particulier de Pelouze, rue Dauphine, ensuite dans le laboratoire du même chimiste à la Monnaie, enfin dans le laboratoire de Ch. Gerhrardt, rue Monsieur-le- Prince.

La pression pendant le jour, faisant défaut, à cette époque (1850-1852), il fallait avoir des gazomètres, que l'on emplissait le soir, pour les travaux du lendemain.

Lorsque, en 1856, la Co?npagnie parisienne

s. T. II.

pour l'éclairage et le chauffage au gaz, se constitua, apportant l'engagement de fournir le gaz le jour, comme la nuit, tous les laboratoires de chimie installèrent le chauffage au gaz.

Les premiers appareils de laboratoire pour le chauffage à gaz, et qui se composaient de tubes métalliques venaient d'Allemagne. Ils ne répondaient qu'imparfaitement aux besoins des manipulateurs. C'est alors que M. Wiesnegg père créa l'outillage actuel, qui sert, dans les laboratoires de chimie, à effectuer, au moyen du gaz, toutes les opérations demandant l'intervention de la chaleur.

Ces opérations étant d'un nombre infiniment grand, et d'un ordre essentiellement varié, nous n'entreprendrons pas de passer en revue les appareils de chauffage au gaz qui se trouvent dans les laboratoires actuels. Bornons-nous à dire que, depuis la simple ébullition d'un liquide, jusqu'à l'analyse organique élémentaire, en passant par toutes les calcinations, combustions, distillations, évaporations, séchages à l'étuve, etc., etc., tout chauffage, dans les laboratoires de chimie, se fait aujourd'hui avec des appareils à gaz. La plupart de ces appareils se construisent, d'ailleurs, selon les besoins et les demandes des opérateurs, en vue des recherches qu'ils ont à exécuter.

Nous n'avons pu traiter que d'une façon très sommaire la question des emplois du gaz dans les différentes industries modernes. Les personnes qui désireraient des renseignements plus complets à ce sujet, avec des dessins d'appareils, les trouveront exposés avec beaucoup de soin dans un volume in-12, publié à la Librairie scientifique et industrielle d'Eugène Lacroix, sous ce titre : Le chauffage par le gaz considéré dans ses diverses applications par G. Germinet.

Ajoutons que M. G. Germinet, homme instruit et modeste, possédant à fond la

connaissance de tout ce qui se rattache à l'industrie du gaz, consacre ses loisirs à la préparation d'un ouvrage, ou recueil considérable, car il ne formerait pas moins de dix à douze volumes, uniquement consacrés à V éclairage et au chauffage par le gaz.

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