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DÉTAILS RELATIFS A LA CONSTRUCTION DBS PARATONNERRES

Un paratonnerre est une barre métallique ABCDEF ifig. 282), s'élevant au-dessus d'un édifice, et descendant, sans aucune solution de continuité Jusque dans l'eau d'un puits ou dans un sol humide. On donne le nom de tige à la partie verticale BA, qui se projette dans l'air au-dessus du toit, et celui de conducteur ^ la portion de la barre, BGDEl'\ qui descend depui>» 1c pied B de la tige jusque dans le soi.

Fig. m

De la lige.

La tige est une barre de fer carrée BA, amincie de sa base à son sommet, en forme de pyramide. Pour une hauteur de 7 à 9 mètres (21 à 27 pieds), qui est la hauteur moyenne des tiges qu'on place sur les grands édifices, on lui donne à sa base de 54 à 60 millimètres de côté (24 à 26 lignes) : on lui donnerait 63 millimètres (28 lignes) si elle deyait s'éle?er à 10 mètres (30 pieds) (I).

(1) Li manière la plos aTantagease de faire ane barre pyramidale est de souder bout à bout des morceaux de fer, chacun d*eDTiron 80 centimètres (2 \ pieds) de longueur, et d*ttD cabibre déerolfsmt.

Le fer étant très-exposé à se rouiller par l'action de l'eau et de l'air, la pointe de la tige serait bientôt émoussée; pour obvier à cet inconvénient, on retranche de l'extiëmité de la tige une longueur d'environ 55 centimètres, et on la remplace par une tige conique de cuivre Jaune, dorée à son extrémité ou terminée par une petite aiguille de platine de 5 centimètres (2 pouces) de longueur (I). L'aiguille de platine est soudée, à la soudure d'argent, avec la fige de cuivre; et pour qu'elle ne puisse point s'en séparer, ce qui arriverait quelquefois malgré la soudure, on renforce l'ajustage par un petit manobnn de cuivre. La tige de cuivre se réunit à la tige de fer au moyen d'un goujon qui entre à vis dans toutes deux ; il est d'abord fixé dans la tige dé cuivre par deux goupilles à angle droit, et on le visse ensuite dans la tige de fer, dans laquelle il est aussi retenu par une goupille. On peut, sans aucune espèce d'inconvénient, ne point employer de platine et se con • tenter de la tige conique de cuivre, et même ne pas la dorer si l'on n'en a pas la facilité sur les lieux. Le cuivre ne s'altère pas profondément à l'air, et en supposant que sa pointe s'émoussftt légèrement, le paratonnerre ne perdrait pas pour cela son efficacité.

Une tige de paratonnerre, de la dimension supposée, étant d'un transport difficile, on la coupe en deux parties, au tiers ou aux deux cinquièmes environ de sa longueur, à partir de sa base. La partie supérieure s'embotte exactement, par un tenon pyramidal de 19 à 20 centimètres (7 à 8 pouces), dans la partie inférieure et une goupille l'empêche de s'en séparer. On doit cependant, autant qu'on le pourra, ne faire la tige que d'une seule pièce, parce qu'elle en aura plus de solidité.

Au bas de la tige, à 8 centimètres (3 pouces) du toit, est une embase soudée au corps même de la tige; elle est destinée à rejeter l'eau de pluie qui coulerait le long de la tige, et à l'empêcher de s'infiltrer dans l'intérieur du b&timent et de pourrir les bois de la toiture (2).

Immédiatement au-dessous de l'embase, la tige est arrondie sur une étendue d'environ 5 centimètres (2 pouces), pour recevoir un collier brisé à charnière, portant deux oreilles, entre lesquelles on serre l'extrémité du conducteur du paratonnerre, au moyen d'un boulon. Au lieu du collier, on peut faire un étrier carré qui embrasse étroitement la tige; on en voit la projection verticale en Q, et le plan en R {fig. 283, 284), ainsi que la manière dont n se réunit avec le conducteur. Enfin on peut encore, pour dimi-

(1) On peut remplacer Taigaille de platine par une aiguille faite avec J*alliage des monnaies d'argent, qui est composé de 9 parties d'argent et 1 de cuivre.

(2) Pour faire l'embase, on soude un anneao de fer sur la tige, et on l'étiré circuiairement sur l'endume en incU» nant ses bords de manière à ob^nir un cône tronqué trèsaplaU. ,

Duerle travail, souder un tenonT(/l^.285)yàla place du collier ; mais il faut avoir soin de ne pas affaiblir la tige en cet endroit, qui est celui où elle doit opposer le plus de résistance, et le collier ou l'étrier sont préférables.

Fig. 283.

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vf\ Il ^

La tige du paratonnerre se fixe sur le (oit des bft* timents, selon les localités. Si elle doit être posée audessus d'une ferme B (fig, 2S5 et 286), on perce le faîtage d'un trou dans lequel on fait passer le pied de la tige, et on Tassujeltit contre le poinçon au moyen de plusieurs brides, comme on le voit dans la figure. Cette disposition est très-solide, et doit être préférée lorsque les localités le permettent.

Fig. 285.

Lorsqu'on doit fixer la tige sur le faîtage en A {Jig. 286), on le perce d'un trou carré de mémei dimensions que le pied de la tige, et par-denui et «a dessous on fixe, avec quatre bonlons on deux étrie» boulonnés qui embrassent et serrent le faîtage, deux plaques de fer de 2 centimètref (9 lignes) d'épaiiseur, poirtant chacune nn trou correspondant à celui fait dans le bois. La tige s'appnie par nn petit coUet sur la plaque supérieure, contre laquelle on la j^retse fortement au moyen d'un écrou se vissantsur l'extié^

mîtédelfttffe contre laplaque inférieure ;!a figure 287

montre le plan de Tune de ces plaques. Mais si Ton pouvait s'appuyer sur le lien CD (Jîg.286),on souderait â la lige deux oreilles qui embrasseraient les faces supérieures et latérales du falfage, et descendraient Jusqu'au Ifen^ sur lequel on les fixerait au moyen d'un boulon E.

Fig. 2M.

Fig, 287.

Ftf . 2S8

Enfin, si le paratonnerre devait être placé sur une voûte, on le lermineraît par troit ou quatre empâtements ou par des contre- forts qu'on scellerait dans la pierre, comme d'ordinaire, avec du ptomb.

Du con<ii£cieur du para(omz«rre.

Le conducteur du paratonnerre est, comme on Ta dit, une barre de fer, BCDEF ou BCD'EF' {/ïg. 282), partant du pied de la tige et se rendant dani le soî. On donne à cette barre de 1 5 à SO millimètres (7 4 8 lignes] en carré \ maïs 15 millimètres (7 lignei) sont réellement sufBsantt. On la réunît solidement à la tige en la pressant entre les deux oreiUes du coUier, au moyen d'un boulon, ou bien on la termine par une fourchette M (%, 2â4), qui embrasse la queue îf derëtfier.etron boulonneles deux pièces ensemble.

Le conducteur ne pouvant être d'une seule pièce, pour le former on réunît plusieurs barres bout à bout. La meilleure manière est ceOe représentée par la figure 2Sa. H est soutenu à lîou 15 centimètres (5 ou 6 pouces) parallèlement au toit, par des crampons I fourche, auxquels, pour empêcher rinfiltration de Veau par leur pied dans le bâtiment, on donne la forme suivante.

Au lieu de se terminer en pointe, ils oot une patte (/tg. 289 et 290) formée par une plaque mince de sa

centimètres de long sur 4 de large, à Textréimté de laquelle s'élève la tige du crampon, en faisant avec la plaque ou un angle droit (fig. 289), ou un angle égal à celui que forme le toit avec la verticale {fig. 290).

Fig. 389.

La patte se glisse entre les ardoises; mais pour plus de solidité, on remplace par une lame de plomb l'ardoise sur laquelle elle reposerait, et Von cloue ensemble au-dessus d'un chevron, cette lame et la piatte du crampon. Le conducteur est retenu dans chaque fourchette par une goupille rivée, et les crampons sont placés à environ 5 mètres les uns des autres.

Fig. 390.

Le conducteur, après s'être replié sur la corniche du hfttiment {fig. 282) sans la toucher, s'applique contre le mur le long duquel il doit descendre dans le sol, et te fixe au moyen de crampons que Ton fiche ou que Ton scelle dans la pierre. Arrivé en D ou en d' dans le sol, à 50 ou 55 centimètres (18 ou 20 pouces) an-dessous de sa surface, il se recourbe perpendiculairement au mur suivant DE ou D'ET, se prolonge dans cette nouvelle direction l'espace de 4 à 5 mètres (12 à 15 pieds), et s'enfonce ensuite dans un puits EF, ou dans un trou ET fait dans la terre, de la profèndeur de 4 à 5 mètres (12 à 15 pieds), si l'on ne rencontre pas l'eau, mais de moins si on la rencontre plus tôt.

Le fer enfoncé dans le sol, en contact immédiat avec la terre et l'humidité, te couvre d'une rouille qoigagnepeuàpeu son centre et finitpar ledétruire. On évite cette« altération en faisant courir le conducteur dans un auget rempli de charbon DE ou IVE', qu'on a représenté plus en grand dans la figure 29 J . On construit l'auget de la manière suivante : , Après avoir fait dans le sol, une tranchée de 55 à •0 centimètres (20 à 22 poncet) de profondeur, on y

pose un rang de briques à plat, sur le bord desquelles on en place d'autres de champ ; on met une couche de braise de boulanger de l'épaisseur de 3 à 4 centimètres (1 à i ; pouce) sur les briques du fond ; on pose le conducteur DE par-dessus ; on achève de remplir l'auget de braise, et on le ferme par un rang de briques. La tuile, la pierre ou le bois peuvent également être employés pour former l'auget. On a l'expérience que le fer, ainsi enveloppé de charbon, n'éprouve aucune altération dans l'espace de trente années. Mais le charbon n'a pas seulement l'avantage d'empêcher le fer de se rouiller dans la terre ; comme il conduit très-bien la matière électrique quand il a été rougi (et c'est pour cela que nous avons recommandé d'employer la braise de boulanger), il facilite l'écoulement de la foudre dans le sol.

Fig. 291.

Le conducteur, sortant de l'auget dont on vient de parler, perce le mur du puits dans lequel il doit descendre et s'immerge dans l'eau de manière à y rester plongé de 65 centimètres (2 pieds) au moins dans les plus basses eaux. Son extrémité te termine ordinairement par deux ou trois racines, pour faciliter l'écoulement de la matière électrique du conducteur dans l'eau. Si le puits est placé dans l'intérieur du b&timent^ on percera le mur de ce dermer au-dessous du sol, et l'on dirigera par l'ouverture qu'on aura faite le conducteur dans le puits.

Lorsqu'on n'a pas de puits à sa disposition pour y faire descendre le conducteur du paratonnerre, on fait dans le sol, avec une tarière de 13 à 16 centimètres (5 à 6 pouces) de diamètre, un trou de 3 à 5 mètres (9 à 15 pieds) de profondeur; on y fait descendre le conducteur en le tenant à égale distance de ses parois, et l'on remplit l'espace intermédiaire avec de la braise que l'on comprime autant que possible. Mais, lorsqu'on voudra ne rien épargner pour établir un paratonnerre, nous conseillons de creuser un trou beaucoup plus large ET' {fig, 282), au moins de 5 mètres de profondeur, à moins qu'on ne rencontre l'eau plus tôt, de terminer l'extrémité du conducteur par plusieurs racines, de les enyelopper de charbon si elles ne plongent pas dans l'eau et d'en entourer de môme le conducteur au moyoi d'un auget de bois que l'on emplira.

Dans un terrain sec, comme, par exemple, dans un roc, on donnera à la tranchée qui doit recevoir le conducteur une longueur au moins double de celle qui a été indiquée pour un terrain ordinaire, et même davantage, s'il était possible d'airivar Jus-

LE PARATONNERRE

que dans un endroit humide. Si les localités ne permettent pas d'étendre la tranchée en longueur, on en fera d'autres transversales, comme on le voit en A (fig, 292 et293), dans lesquelles on placera de petites barres de fer entourées de braise^ que Ton fera communiquer ayec le conducteur. Dans tous les cas» Textrémité de ce dernier doit s'enfoncer dans un large trou, s'y diviser en plusieurs racines et être recouvert de braise ou de charbon qui aura été rougi.

FIg. 292.

Fig. 293.

En général, on doit faire les tranchées pour le conducteur dans l'endroit le plus humide autour du bâtiment, les placer par conséquent dans les lieux les plus bas, et diriger au-dessus les eaux pluviales, afin de les tenir dans un état plusconstant d'humidité. On ne saurait trop prendre de précautions pour procurer à la foudre un prompt écoulement dans le sol. car c'est principalement de cette circonstance que dépend l'efficacité des paratonnerres.

Les barres de fer qui forment le conducteur présentant, en raison de leur rigidité, quelque difficulté pour leur faire suivre les contours d'un bâtiment, on a imaginé de les remplacer par des cordes métalliques qui, indépendamment de leur flexibilité, ont encore l'avantage d'éviter les raccords et de diminuer les chances de solution de continuité. On réunit quinze fils de fer pour faire un toron, et quatre de ces torons forment la corde, qui alors a 16 ou 18 millimètres (7 à 8 lignes) de diamètre. Pour prévenir sa destruction par l'air et l'humidité, chaque toron est goudronné séparément, et la corde Test ensuite avec beaucoup de soin. On l'attache â la tige du paratonnerre delà môme manière que le conducteur fait avec des barres de fer, c'est-â-dire qu'on la pince fortement au moyen d'un boulon entre les deux oreilles du collier B {fig. 294), qui sont un peu concaves et hérissées de quelques pointes pour mieux embrasser et retenir la corde. Les crampons qui la supportent sur le toit, au lieu d'être terminés en fourche, le sont par un anneau 0 (fig. 290), dans lequel passe la corde* Parvenue à 2 mètres (6 pieds)

du sol, on la réunit à une barre de fer de 15 à 25 millimètres (6 â 9 lignes) en carré qui termine le conducteur, conmie on le voit en C ifig. 295) ; car dans le sol, la corde serait promptement détruite.

Fig. 294.

Fig. 295.

On assure que des cordes ainsi employées n'ont pas éprouvé d'altération sensible dans l'espace de trente années. Néanmoins, comme il est incontestable que les barres de fer bien assemblées sont beaucoup moins destructibles, nous conseillerons de lei^r donner la préférence autant qu'on le pourra. Si les localités obligeaient â employer des cordes, on pourrait les faire en fil de cuivre ou de laiton, qui est beaucoup moins destructible et qui, étant aussi meilleur conducteur, permettrait de ne donner aux cordes que 16 millimètres (6 lignes) de diamètre. C'est surtout pour les clochers que les cordes métalliques peuvent être d'une grande utilité, â cause de la facilité de leur pose.

Si le bâtiment que l'on arme d'un paratonnerre renferme des pièces métalliques un peu considérables, comme des lames de plomb qui recouvrent le fattage et les arêtes du toit, des gouttières de métal, de longues barres de fer pour assurer la solidité de quelque partie du bâtiment, il sera nécessaire de les faire toutes conmiuniquer avec le conducteur du paratonnerre; mais il suffira d'employer pour cet objet des barres de 8 millimètres (3 lignes) de rAté ou du fil de fer d'un égal diamètre. Si cette réunion n'avait pas lieu et que le conducteur renfermât quelque solution de continuité, ou qu'il ne communiquât pas très-librement avec le sol, il serait possible que la foudre se portât avec fracas du paratonnerre sur quelqu'une des parties métalliques. Plusieurs accidents ont eu lieu par cette cause; nous en avons cité deux exemples au commencement de cette Instruction (1).

(1) Noos devons plosieurs des détails de constnicUon que nous venons de donner, à M. Mérot, habile constructeur de paratonnerres, qui, à notre demande, nons a commaolqué avec empressement les résultats de sa pratique.

ParaUmnerrei pour les égti$et.

Le paratoDoerre dont on vient de donner les dé-

PIg. M6. Pig. 297. Pig. 298.

tails de construction, et que Ton a pris pour type^ est applicable à toute espèce de bâtiments^ aux tours,

aux dômes, aux clochers et aux églises, avec de trèslégères modifications.

Sur une tour, la tige du paratonnerre doit l'élever de 5 à 8 mètres (15 à 24 pieds), suivant l'étendue de sa plate-forme; 5 mètres suffiront pour les plus petites et 8 pour les plus grandes.

Les dômes et les clochers, dominant ordinairement de beaucoup les objets circonvoisins, un paratonnerre placé à leur sommet en tire un très-grand avantage pour étendre son influence au loin, et n'a pas besoin, pour les protéger, de s'élever à la même hauteur que sur les édifices terminés par un toit très-étendu. D*un autre côté, l'impossibilité d'établir solidement des tiges de 7 à 8 mètres (21 à 24 pieds) sur les dômes et les clochers, sans des dépenses considérables, doit faire renoncer à en employer dans ces dimensions. Nous conseillons donc, pour ces édifices, et surtout pour ceux dont le sommet est d'an accès difficile, de n'employer que des tiges minces, s'élevant de 1 à 2 mètres (3 à 6 pieds) au-dessus des croix qui les terminent. Ces tiges étant alors trèslégères, il sera facile de les fixer solidement à la tête des croix, sans que la forme de ces dernières paraisie altérée de loin et sans que le mouvement des girouettes qu'elles portent ordinairement en soit gêné

Nous pensons même que pour peu qu'on éprouve des difficultés à placer ces tiges sur un dôme ou sur un clocher, on peut les supprimer entièrement 1) suffira, pour défendre ces édifices des atteintes de la foudre, d'établir conmie pour le cas où ils sont armés de tiges, une communication très- intime entre le pied de chaque croix et le sol. Cette disposition, qui est très-peu dispendieuse et qui offre également une très-grande sûreté, sera surtout avantageuse pour les clochers des petites conmiunes rurales. La figure 296, représente un clocher sans tige de paratonnerre.

Pig. 399.

dont la croix est en communication avec le sol, ou | fre un clocher surmonté d'une lige attachée à sa on conducteur partant de son pied, et la figure 297 of- l croix.

Kig. Zm. - Le nouvel Opéra do Parii «l ses paraionî^errea.

Quant aux églises, lorsqu'elles ne seront pas protégées par !e paratonnerre de leur clocher, il aéra nécessaire de les armer avec les tiges de 5 à 8 mètres (t5 Â %\ pieds) de haut, Bombkbles à celle qui a élé décrite pour un éditée aplati (1}.

Paratonnem pour l€$ rnagasim à poudre et les poU'

driêTes»

La construcïîon des paratonnerrea pour les magaeins à poudre et les poudrières ne diffère pas essentiellement de celle qui a été décrite comme type pour toute espèce de Mliment; on doit seulement redoubler d attention pour éviter la plus légère solution de eonlînuîté et ne rien épargner pour établir entre la tige du paratonnerre et le sol la comnaunication la plus intime. Toute solution de continuité donnant lieu^ en e^et, à une étincelle^ le pulvérin

{I) Laflgure298 représente la tige d'un paratonnerre fait avec lûxe, comme on en place sur quelques bâtiments : cite porte une girouette en forme de flèche, mobile sur dea galet:*, pour rendre son mouvement plus doux, qui fait connaître ta direction du vent au moyen de lignes fixes orientées N,-S.'0.-E. ; à sa base est un locte de cuivre mince dotit ta Terme est arbitraire.

qui voltige ot se dépose partout dans l'intérieur et mOme à l'extérieur de ces bittiments^ serait enflammé et pourrait propager son inflammation jus-

qu'à la poudre. C'est par ce motif qu'il serait trèK prudent de ne point placer les tiges sur les bâtîmcnti • mème^j mais bien sur des mdtsqiii en seraient éloignée de 2 à 3 mjMrcs {fig. 29^), Il sera sufiisanl de

donner aux tiges 2 mètres delongueur ; mais on donnera aux mais une hauteur telle, fa'avec leurs tiges ils dominent les bâtiments au moins de 4 à 5 mètres. On fera aussi très-bien de multiplier les paratonnerres plus qu*on ne le ferait partout ailleurs, car ici les accidents sont des plus funestes. Si le magasin était trè8-61evé, comme, par exemple, une tour, les mâts seraient d'une construction difBcile et dispendieuse pour leur donner la solidité : on se contenterait, dans ce cas, d'anner le bâtiment d'un double conducteur ABC (fig. 301), sans tige de paratonnerre, qu'on pourrait faire en cuivre. Ce conducteur, n'étendant pas son influence au delà du bâtiment, ne pourrait attirer la foudre de loin, et il aurait cependant l'avantage de garantir le bâtiment de ses atteintes s'il en était frappé; de sorte que ceux-là mômes qui rejettent les paratonnerres, parce qu'ils croient qu'ils déterminent la foudre à tomber sur un bâtiment qu'elle eût épargné sans eux, ne pourraient foire aucune objection fondée contre la disposition qui Tient d'être indiquée. On pourrait armer d'une manière semblable un magasin ordinaire ou tout autre bâtiment (fig. 302). A défaut de paratonnerres, des arbres élevés, disposés autour des bâtiments à 5 ou 6 mètres de leurs faces, les défendent efficacement de la chute de la foudre.

Paratonnerres jnmr les bâtiments de mer.

Pour un yaisseau la tige du paratonnerre se réduit à la partie de cuivre qui a été décrite pour le paratonnerre type. Cette lige est vissée sur une verge de fer ronde CB (/Ig. 303), qui entre dans l'extrémité I de la flèche du mât de perroquet, et qui porte une girouette. Une barre de fer MQ, liée au pied de la verge, descend le long de la flèche et se termine par un crochet ou anneau Q, auquel s'attache le conducteur du paratonnerre, qui est ici une corde métalli-

de cuirre du vaisseau. Sur les bâtiments de peu de longueur, on n'établit ordinairement qu'un paratonnerre au grand mât; sur les autres, on en met un second au mât de misaine.

Disposition générale dés paratonnerres sur un édifice.

On admet, d'après l'expérience, qu'une tige de paratonnerre protège efficacement contre la foudre autour d'elle un espace circulaire d'un rayon double de sa hauteur. Ainsi, d'après cette règle, un bâtiment de 20 mètres (60 pieds) en longueur ou en carré n'aurait besoin, pour étro défendu, que d'une seule tige de 5à 6 mètres (15 à 18 pieds) de hauteur, éleyée sur le milieu de son toit {fig. 292 et 304). Dans la figure 292, le conducteur est une corde métallique. Un bâtiment de 40 mètres (120 pieds), d'après la môme règle, serait défendu par une tige de 10 mètres (30 pieds), et l'on en place effectivement de semblables; mais il serait préférable, au lieu d'une seule tige, d'en élever deux de 5 à 6 mètre» (15 à 18 pieds de hauteur), et de les disposer de manière que l'espace autour d'elles fût également protégé de toutes parts, ce à quoi l'on parviendrait en les plaçant chacune à 10 mètres (30 pieds) de l'exlrémité du bâtiment, et par conséquent à 20 mètres (60 pieds) l'une de l'autre {fig. 293). Pour trois ou un plus grand nombre de paratonnerres , on suivrait la môme règle.

Les paratonnerres des tours et des clochers, en raison de leur grande élévation, doivent certainement étendre leur sphère d'action plus loin que s'ils étaient moins élevés ; mais cette action s'étend-elle, comme on l'a supposé pour des tiges de 5 à 10

LM

Fig. 303.

que; celle-ci est maintenue de distance en distance à un cordage, et, après avoir passé dans un anneau fixé au porte-hauban, elle se réunit à une barre ou plaque de métal qui communique avec le doublage

Fig. 303.

mètres, à une distance double de la hauteur de leur pointe au-dessus des objets qu'ils dominent ? Il est

LE PARATONNERRE

possible qu'elle s'étende même pins loin; mais l'expérience ne nous ayant encore rien appris à cet égard, il sera prudent d'armer les églises de para-

Fig. 305.

tonnerres^ en admettant que ceux des clochers ne protègent efficacement autour d'eux qu'un espace (l'un rayon égal à leur hauteur au-dessus du faîtage

de leur toit. Ainsi le paratonnerre d'un clocher, s'élevaut de 30 mètres au-dessus du toit d'une église, ne

Fig. ao'

le défendrait plus à 30 mètres de l'axe du clocher, et si le toit s'étendait au delà^ il serait nécessaire d'y

PIg. 307.

placer les paratonnerres, d'après la règle que nous avons prescrite pour les édifices peu élevés {fig. 305 et 306).

Dtspost^ion générale des amdiÊeUwrs des paraUmnerres.

Quoique nous ayons déjà beaucoup insisté sur la condition d'établir une communication très-intime entre la tige des paratonnerres et le sol, son importance nous détermine à la rappeler encore.

Elle est relie que, si elle n'était pas remplie, nonseulement les paratonnerres perdraient beaucoup de leur efficadtéjiçais que même ilspourraient.devoDir

dangereux, en appelant la foudre sur eux, quoique dans l'impuissance de la conduire dans le sol.

Les autres conditions dont il nous reste à parler sont sans doute moins essentielles que cette dernière, mais eUes n'en méritent pas moins qu'on y ait égard.

On doit toujours faire parvenir la foudre, depuis la tige du paratonnerre jusque dans le sol, par la voie la plus courte.

Conformément à ce principe, lorsqu'on placera, deux paratonnerres sur un édifice, et qu'on leur donnera un conducteur commun, ce qui est, en eflfet, suffisant, on fera concourir en un point sur le toit, à égale distance de chaque tige, les portions des conducteurs qui ne peuvent être conununes, et, à partir

de ce point, une barre de fer, de la même dimension que pour un seul paratonnerre, servira de conducteur aux deux {fig. 293 et 305).

Lorsqu'on aura trois paratonnerres sur un édifice, il sera prudent de leur donner deux conducteurs {fig. 306). En général, chaque paire de paratonnerres exige un conducteur particulier.

Quel que soit le nombre des paratonnerres placés sur un édifice, on les rendra tous solidaires, en établissant une communication intime entre les pieds de toutes leurs tiges, au moyen de barres de fer de mêmes dimensions que celles des conducteurs {fig. 306, 307, 308).

Lorsque les localités le permettront, on placera les conducteurs sur les murs des bâtiments qui font face au côté d'où viennent le plus fréquemment les orages dans chaque lieu. En effet, ces murs étant exposés à être mouillés par la pluie, deviennent des conducteurs, quoique imparfaits, en raison de la mince nappe d'eau qui les couvre; et si le conducteur du paratonnerre n'était pas en communication intime avec le sol, il serait possible que la foudre l'abandonnftt pour se précipiter sur la face mouillée. Un autre motif encore, c'est que la direction de la foudre peut

Fig. 308.

être déterminée par celle de la pluie, et qu'en outre la face mouillée peut, comme conducteur, appeler la foudre de préférence au paratonnerre. C'est surtout pour les clochers que cette observation est importante, et qu'il est nécessaire d'y avoir égard.

Observations sur V efficacité des paratonnerres.

' Une expérience de cinquante années sur l'efficacité des paratonnerres démontre que, lorsqu'ils ont été construits avec les soins convenables, ils garantissent de la foudre les édifices sur lesquels ils sont placés. Dans les États-Unis d'Amérique, où les orages sont beaucoup plus fréquents et plus redoutables qu'en Europe, leur usage est devenu populaire; un trèsgrand nombre de bâtiments ont été foudroyés, et l'on en cite à peine deux qu'ils n'aient pas mis entièrement à l'abri des atteintes de la foudre. Tout le monde sait que les parties métalliques, sur un édifice, sont

frappées de préférence par la foudre, et ce fait seul démontre l'efficacité des paratonnerres, qui ne sont que des barres métalliques disposées de la manière la plus avantageuse, d'après les connaissances acquises sur la matière électrique par la théorie et Texpérience. La crainte d'une chute plus fréquente de la foudre sur les édifices armés de paratonnerres n'est pas fondée, car leur influence s'étend à une trop petite distance pour qu'on puisse croire qu'ils déterminent la foudre d'un nuage à se précipiter dans le lieu où ils sont établis. Il parait au contraire certain, d'après l'observation, que les édifices armés de paratonnerres ne sont pas foudroyés plus fréquemment qu'avant qu'ils le fussent. D'ailleurs la propriété d'un paratonnerre d'attirer plus fréquemment la foudre supposerait aussi celle de la transmettre librement dans le sol, et dès lors il ne pourrait en résulter aucun inconvénient pour la sûreté des édifices.

Nous avons recommandé l'usage des pointes aiguës pour les paratonnerres, parce qu'elles ont l'avantage, sur les barres arrondies à leur extrémité, de verser continuellement dans l'air, sous l'influence du nuage orageux, un torrent de matière électrique de nature contraire à la sienne, qui doit très-probablement se diriger vers celle du nuage, et en partie la neutraliser. Cet avantage n'est point du tout à négliger; car j il suffit de connaître le pouvoir des pointes, et les expériences de Charles et de Romas avec un cerf-volant sous un nuage orageux, pour rester convaincu que les paratonnerres en pointe, s'ils étaient plus multipliés et placés sur des lieux élevés, diminueraient réellement la matière électrique des nuages et la fréquence de la chute de la foudre sur la surface de la terre.

Cependant, lorsque la pointe d'un paratonnerre aura été émoussée par la foudre ou par une cause quelconque, il ne faudra pas croire, parce qu'elle aura perdu l'avantage dont on vient de parler, qu'elle ait aussi perdu son efficacité pour protéger le bâtiment qu'elle est destinée à défendre. Le docteur Ritenhouse rapporte qu'ayant souvent examiné et passé en revue, avec un excellent télescope de réflexion, les pointes des paratonnerres de Philadelphie, où ils sont en grand nombre, il en a vu beaucoup dont les pointes étaient fondues; mais qu'il n'a Jamab i^pris que les maisons où ces paratonnerres étaient établis eussent été frappées de la foudre depuis la fùdon de leurs pointes. Or cela n'aurait pas manqué d'arriver à quelques-unes, au moins au bout d'un certain temps, si leurs paratonnerres n'avaient pas continué de bien faire leurs fonctions; car on sait, par nombre d'observations, que, lorsque le tonnerre est tombé en quelque endroit, il n'est pas rare de l'y voir retomber encore.

Pour que le fruit que l'on doit fttiier de l'établissement des paratonnerres soit auid grand que possible, et que l'on puisse profiter de l'eifférience acquise sur une localité* pour la Mte tourner à l'avantage

LE PARATONNERRE

général, nous fomiona le vœu que Son Excellence le Miuislre de lliitérieur, apn^s avoir ordonné l'exéculion d'une mesure rédamée depuis longtemps, el lionl elle sent toute l ulililé, invile les autorités locales à lui Iransmeltre fidèlement tous les renscignements relatifs k ta chute de la foudre sur un édifice onné de paratonnerre. Ces renseignements seraient la source d'améliorations importantes, et contribueraient, en faisant connaître les avtntagesd'un préservatif aussi simple et aussi sûr, à en rendre l'adoption plus générale.

Telle est riustruction de 1823. Nous résuinerons maintenant les modifications qui ont été apportées aux préceptes qu'elle trace, ou plutôt les additions qui y ont été faites en 1854, et qui ont été développées dans un rapport présenté par M, Pouillet et adopté par rAcadémie dos sciences de Paris, dans la séance du 18 décembre 1854.

Les modifications les plus dignes d'être notées que Tiustruction de M. Pouillet a apportées à celle de Gay-Lussac, se réduisent à quatre points principaux : l' la manière d'établir la conductibilité métallique; 2* la dimension en largeur à donner aux conduc* leurs ; 3* les dimensions de la pointe ; 4' la substitution du cuivre au platine pour former la pointe du paratonnerre.

En ce qui coocerne la continuité métallique du conducteur, M. Pouillet n'admet de continuité assurée que celle qui existe entre des métaux soudés. Il est en outre important, selon lui, de ne pas multiplier inutilement les soudures. M. Pouillet a donc posé les deux règles suivantes :

Diminuer le plus possible le nombre des joints sur la longueur entière du paratonnerre, depuis la pointe jusqu'au sol;

Souder à Tétain tous ceux de ces joints que la forme des pièces oblige à faire sur place. Ces soudures à Fétain, qui devront toujours occuper des surfaces d'au moins 1 0 centimètres carrés, seront en outre consolidées par des 'vis, des boulons ou des manchons.

Une Iroisième règle à laquelle M. Pouillet attache aussi de rimportance, est de ne pasef-

filer autant qu'on le fait en général le sommet de la tige du paratonnerre. Voici la raison de ce changement. Un paratonnerre est destiné à agir de deux manières différentes. Le plus souvent, le nuage qui porte la foudre s'a* vance progressivement, des actions électriques se produisent peu à peu, et en vertu du pouvoir des pointes la neutralisation s'opère lentement et en silence. Mais aussi il peut arriver que le nuage se trouve presque instantanément en présence du paratonnerre, et alors il est nécessaire qu'il soit muni d'une pointe plus solide et capable de résister à la fusion qu'un afflux considérable du Quide électrique ne manquerait pas d'opérer. C'est pour éviter cet accident, qui n'est pas sans exemple, que M. Pouillet conseille de renforcer l'extrémité termi maie du paratonnerre en augmentant Tangle d'ouverture du cône qui forme sa pointe.

Ftg. M>* — M. Pouillcl.

Mais nous devons faire observer que tous les physiciens n ont pas goûté cette dernière idée et que Von recommande généralement de faire des pointes fort effilées.

En proposant de substituer le cuivre au platine pour former la pointe du paratonnerre, M. Pouillet se fonde sur la meilleure conductibilité du cuivre pour Télectricité et la chaleur. Le cuivre est rangé, avec Tor et l'argent, parmi les meilleurs conducteurs de la chaleur et de Télectricité. Une pointe de cuivre, sous l'influence d'un courant électrique ou d'un coup de foudre, s'échauffera donc beaucoup moins qu'une poidte de platine, et ne pourra, presque dans aucun cas, entrer en fusion. La dépense moindre, la facilité de construire en tous lieux et par les ouvriers ordinaires de toutes les localités cette partie de l'appareil, a paru à M. Pouillet une autre raison de préférer le cuivre au platine.

Examinons maintenant un point dont nous n'avons rien dit encore : c'est le nombre des paratonnerres à établir sur un édiQce de dimensions données, en d'autres termes, la question de savoir quelle est la surface de toit que peut protéger une seule tige de paratonnerre.

On admettait, à la fin du dernier siècle, que le cercle de protection d'un paratonnerre avait pour rayon, le double de la hauteur de sa tige, c'est-à-dire qu'un paratonnerre de iO mètres de hauteur, par exemple, étendait son influence sur un cercle dont le rayon a 20 mètres, et par conséquent la circonférence environ 128 mètres. Cette règle avait été posée parle physicien Charles, parce qu'il avait eu plus d'une fois l'occasion de remarquer que la foudre avait frappé des points situés à une distance, du paratonnerre double de la longueur de sa tige. L'instruction de Gay- Lussac, en 1823, lui donna une consécration officielle. Elle est pourtant loin d'être certaine, et il ne faudrait pas lui accorder plus de confiance qu'elle n'en mérite.

L'étendue de la surface protégée par un paratonnerre dépend d'une foule de circonstances, qu'il n'est pas toujours facile d'apprécier. Elle dépend d'abord de la hauteur de l'édifice par rapport aux constructions envi-

ronnantes. Elle varie encore selon la nature des matériaux qui entrent dans la construction de l'édifice. Il n'est pas douteux, par exemple, que la surface protégée par un paratonnerre ne soit moindre, quand Tédifice a une couverture de zinc, que lorsque son toit est formé de tuiles ou d'ardoises. Sur un bâtiment à couverture de métal, il faudrait donc rapprocher davantage les paratonnerres. Au palais de l'Industrie, à Paris, il existait une distance d'environ 40 mètres entre ceux qui correspondaient à la galerie centrale et ceux de la galerie rectangulaire. Les tiges de ces instruments ayant 7 mètres de hauteur, on voit que l'on ne s'était pas conformé, dans cette circonstance, à la règle posée par le physicien Charles ; pour s'y astreindre, il aurait fallu placer une tige de paratonnerre à la distance de 28 mètres. On voit donc que la règle dont nous parlons, posée d'une manière assez arbitraire, peut être restreinte ou étendue selon les circonstances, et qu'il faut surtout considérer ici la nature des matériaux de l'édifice et son élévation au-dessus des constructions environnantes.

Après ces indications générales relatives à l'établissement des paratonnerres, passons aux précautions que leur construction exige dans chaque cas particulier.

Églises. — Sur le clocher d'une église, h tige du paratonnerre doit s'élever de 5 à 8 mètres, selon l'étendue de la plate-forme du clocher ; une hauteur de 8 mètres suffit pour les plus larges tours, et de 2 mètres pour les plus petites. Si l'église est couronnée par un dôme, ou si elle est surmontée d'une tour, d'un clocher, c'est au sommet de ces parties de l'édifice, qu'il faut placer la tige de l'instrument. Comme il est souvent difficile d'élever à la pointe d'un clocher une tige de fer de 5 à 8 mètres, on a coutume d'employer des tiges plus courtes. Quelquefois même, à le clocher se termine par une croix de fer, on supprime la tige, en plaçant Taigaille de platine sur la branche verticale de la croix, et

LE PARATONNERRE

Ton fait communiquer le conducteur avec le pied de cette croix. Cette croix fait alors Toffice de tige, ce qui n'a point d'inconvénient, en raison de la grande hauteur de l'édifice par rapport aux constructions qui l'environnent.

Magasins a poudre. — On a jugé qu'il serait imprudent de faire passer le conducteur dans l'intérieur d'un bâtiment servant à emmagasiner la poudre. Une solution de continuité dans ce conducteur, accident dont on ne peut toujours répondre, suffit pour donner des étincelles électriques entre les bouts disjoints du conducteur; et une étincelle, si faible qu'elle soit, pourrait enflammer le pulvérin qui flotte souvent dans l'intérieur d'un magasin à poudre. C'est donc à l'extérieur de ces bâtiments que l'on place les paratonnerres, au-dessus d'un mât, qui en est éloigné de 1 à 2 mètres.

11 est bon, dans ce cas particulier, d'aller au delà des précautions habituelles et de multiplier le nombre des paratonnerres.

Monuments dans la construction desquels il

ENTRE de grandes MASSES DE MÉTAL. — Lorsque

de grandes quantités de pièces métalliques sont entrées dans la construction d*un édifice, quand le fer, le zinc ou la fonte ont été largement employés pour les toitures, les charpentes, le tablier des plafonds, les tirants de consolidation, etc., U faut mettre toutes ces masses en communication avec le conducteur du paratonnerre. Pour établir ces communications, des barres de fer de 8 millimètres de section suffisent amplement.

Silemonumentoccupeunegrande étendue, et qu'on doive le munir de plusieurs paratonnerres, il faut, déplus, faire communiquer tous les paratonnerres entre eux. En un mot, il faut rendre toutes les parties métalliques de l'édifice, solidaires les unes des autres. Il est bon, enfin, d'employer des conducteurs d'une très-large section, afin que l'électricité trouve toujours et partout un écoulement prompt et facile.

Vaisseaux. — Le cuivre rouge a une grande supériorité sur le fer et le laiton, dont on fait trop souvent usage pour composer le câble formant le conducteur du paratonnerre, le cuivre est moins altérable sous l'influence des agents atmosphériques, et surtout comme il

Flg. SIO. — Ud paratonnerre de navire fiançait.

conduit trois fois plus facilement l'électricité que le fer, il peut être employé avec une section trois fois plus petite qu'un conducteur de fer. Dans le rapport de M. Pouillet, on conseille donc l'emploi exclusif des câbles de cuivre rouge, pour former les chaînes conductrices des paratonnerres de navires. Ces

câbles devront avoir 1 centimètre carré de section métallique. Les fils qui composent les torons, auront de 1 millimètre à 1"",5.

La tige du paratonnerre peut n'avoir que quelques décimètres de longueur, y compris la pointe. L'important, c'est que la jonction avec le câble soit faite, dans Tatelier, à la soudure d'étain. A son extrémité inférieure, le câble sera ajusté, d'une manière analogue, dans une pièce de cuivre, qui sera en communication permanente avec le doublage du navire.

Abord des navires on a l'habitude de n'établir la continuité du conducteur, c'est-à-dire de jeter la chaîne à la mer, seulement à l'approche d'un orage. Cette habitude est dangereuse : 1" en ce qu'on peut oublier de le faire ; 2" en ce que le plus souvent il ne suffit pas que la chaîne communique à l'eau de la mer, par une surface de 2 à 3 décimètres, pour que l'électricité s'écoule avec toute la rapidité nécessaire.

En Angleterre, on suit un procédé bien supérieur. On incruste, une fois pour toutes, dans des rigoles, ou rainures, creusées suivant la longueur et dans l'épaisseur des mâts, de fortes bandes de cuivre. La partie inférieure de ces bandes, qui forment le conducteur, vient se souder à une plaque de cuivre fixée sur la carlingue. De là, le conducteur est en communication avec l'eau de la mer, au moyen de trois boulons de cuivre qui traversent la quille. De cette manière, les conducteurs font corps avec les mâts ; le navire entier, depuis la pointe jusqu'à la doublure métallique extérieure, est constitué dans un état parfait de conductibilité, comme si toute sa masse était de métal, et indépendamment de toute intervention de l'équipage.

Dans l'instruction de M. Pouillet, on n'a pas cru devoir mentionner l'ensemble de ces dispositions, ni les recommander pour l'usage de la marine française. Une longue expérience a pourtant établi l'efficacité de ce système sur les vaisseaux anglais.

Quelques détails sur le genre des paratonnerres employés aujourd'hui par toute h marine britannique, ne seront pas ici hors de propos.

C'est lord William Napier qui attira le premier, en 1813, l'attention de l'aaiirauté britannique sur l'imperfection des paratonnerresemployés à cette époque, par la marine des deux mondes. Il avait été déjà témoin, en plusieurs occasions, d'accidents arrivés en mer à ces conducteurs électriques, lorsque, au mois de juillet 1811, il en eut sur son vaisseau un nouvel et terrible exemple. Il venait de quitter Toulon à bord du Kentj navire de 74 canons, lorsque son grand mât et son mât d artimon furent littéralement déchirés par h foudre, depuis leurs pommes de girouettes jusque sur le pont. Le fluide tua un matelot et en blessa trois ou quatre autres qui se trouvaient sur une vergue. Dans une autre circonstance, à Port-Mahon, il vit quinze de ses matelots tués par un coup de foudre.

C'est en raison de ces malheurs que lord Napier, trouvant vicieux le système qui consistait à placer un seul paratonnerre sur chaque navire, demandait que chaque mât fût pourvu de cet instrument.

« Cet appareil, disail en 1813 le cëlèbre amiral, en parlant du conducteur de chaîne, est ordinairement attaché à la cime du grand perroquet, comme étant le plus élevé du navire ; mais il ne s'ensuit pas que la foudre doive précisément frapper là, et j'ap vu, souvenir déplorable, quinze matelots excellents, éparssur le beaupré, tués ou brûlés en un clin d'œil. Quelques-uns furent précipités dans Feau ; d'autres, couchés morts en travers des antennes, demeurèreDt dans la posture qu'ils avaient avant l'accident Ceci eut lieu à Port-Mahoo, sur un navire de soixaolcquatorze, tandis que l'équipage ferlant les voiles était dispersé sur toutes les vergues. On ne saurait dire si le conducteur était alors en place ou non ; mais en supposant que l'on puisse compter, à quelques égards, sur une pareille machine, il me parait très-probable qu'une seule ne suffit pas pour un navire.

« Un conducteur placé selon l'usage, savoir, à la cime du grand perroquet, peut être envisagé comme un agent plus puissant que le mftt lui-môme; mais il n'est jamais calculé positivement de manière à pouvoir absorber toute la portion de fluide électriqoa

LE PARATONNERRE

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Fig, 311. — Parafoudre de M.PerroL

qui se trouve en contact avec d'autres pointes rivales, et bien que les mflts soient presque toujours les premiers à recevoir la décharge. Je sais des cas où plusieurs hommes, occupés à retirer leur linge mis à sécher sur la grande manœuvre, furent tués et brûlés par le fluide électrique. •

Un physicien anglais, M. Singer, exposait les mêmes vues dans un livre publié en 1814 (1). L'auteur affirme, d'après le témoignage de différents capitaines, que les conducteurs mobiles faits de fil de cuivre, sont généralement regardés comme de peu d'utilité.

« On les laisse, dit-il, empaquetés dans un coin du navire ; durant les voyages les plus longs et les plus hasardeux ; ils s'attachent aisément, il est vrai, mais ils se détachent de môme. Pour cette raison et pour bien d'autres, il vaudrait mieux employer dea con-

(1) Eléments of Slectrieity by G. J. Singer, ch. i. p. 226, Thilaye, conservateur à la Faculté de médecine de Paris, a donné une traduction de cet ouvrage, augmentée de notes : Éléments (félectncité et de galvanisme, par Singer. Paris,

ducteurs fixes ; on pourrait les accrocher au mât, et pour qu'ils gênassent moins les manœuvres, on pratiquerait, dans le milieu de leur tige inflexible, une séparation qui pourrait au besoin donner place à une partie souple composée de fils de fer en spirale.

Un autre physicien anglais, M. Harris, satisfit plus complètement à ces conditions, en imaginant un système nouveau qui est aujourd'hui universellement adopté dans la Grande-Bretagne.

La méthode de M. Harris consiste à faire des mâts eux-mêmes autant de paratonnerres, en y fixant une double couche de plaques de cuivre, qui produisent une surface continue de métal. Gomme il est dit plus haut, ces plaques sont réunies entre elles par des bandes de cuivre passant sous les poutres du tillac, et avec les larges boulons de la quille, c'est-à-dire avec les principales masses métalliques qui entrent dans la coque du navire.

En 1830, trente navires de la marine bri-

tannique furent armés des paratonnerres de M. Harris, c'est-à-dire de mâts rendus conducteurs de rélectricité par un revêtement métallique. On les avait choisis parmi ceux qui stationnaient dans les climats les plus divers, sur la Méditerranée, au cap de Bonne- Espérance, dans les Indes orientales, dans les deux Amériques, etc. Ils furent, pendant plusieurs années, exposés aux plus terribles tempêtes, et, quoique frappés à plusieurs reprises par le tonnerre, ils ne subirent, de 1830 à 1842, aucun dommage notable. L'un d'eux, la frégate Dryad^ en quittant les côtes d'Afrique, vers 1830, fut frappé de la foudre pendant un ouragan. La décharge électrique tomba sur le mât de misaine et le mât de maître, avec un sifflement terrible, et le navire parut un instant enveloppé de flammes. Mais aucun autre accident ne suivit. Dans plusieurs autres cas semblables, l'explosion électrique fut dirigée vers la mer, par les conducteurs de M. Harris.

Duraift la même période où ces trente navires étaient ainsi préservés, quarante environ, qui n'avaient point adopté le nouveau mode de protection, furent frappés et endommagés gravement.

En 1842, l'amirauté britannique adopta définitivement, et après des expériences longuement poursuivies, le système de ces mâts conducteurs, qui est aujourd'hui le seul employé en Angleterre. Les pièces dont il se compose se fabriquent rapidement et à peu de frais dans les ateliers de l'État, et depuis son adoption générale, il n'existe peut-être pas d'exemple d'un navire anglais ayant sérieusement souffert d'un coup de foudre en mer.

Ce système est bien préférable à celui qui est adopté dans la marine française, et qui consiste simplement dans l'emploi d'une chaîne conductrice que l'on attache le long du mât au moment de l'approche d'un orage. Nous croyons que l'adoption du système anglais, à bord de nos vaisseaux, présenterait les plus grands avantages. Aussi, est-il re-

grettable que, dans le rapport de M. Pouillet on n'ait pas songé à en faire mention.

Nous reviendrons, en terminant, aux paratonnerres établis sur les édifices, c'est-à-dire au cas le plus général.

Des observations et des expériences faites en 1862 et en 1864, ont prouvé qu'il serait avantageux de remplacer la pointe unique qui termine les paratonnerres actuels, par des tiges multiples, c'est-à-dire par dix ou douze branches de plusieurs mètres de longueur, fort effilées chacune, et qui donnent ainsi un éct ulement libre et facile à l'électricité. Ces tiges, partant du même point, du sommet de l'édifice, s'écartent les unes des autres, sous des angles variables, en formant une sorle de couronne de pointes.

C'est à M. Perrot, l'inventeur de la machine à imprimeries indiennes qui porte son nom {perrotine)y que l'on doit les observations et les expériences dont nous allons parler.

Les paratonnerres tels qu'ils sont établis, et avec le système actuel des constructions, où le fer joue un rôle de plus en plus prédominant, ne sont pas aussi efficaces qu*on l'avait espéré jusqu'à ce jour. La confiance que nous donnait Tinvention de Franklin a pu être ébranlée par l'accident grave arrivé à Paris, le 2 août 1862, à la caserne du prince Eugène. La foudre frappant sur l'un des paratonnerres qui surmontent cet édifice, suivit le conduit à gaz, et occasionna une explosion, dont les effets auraient été terribles, si, au lieu de tomber dans le corps de garde, la foudre eût éclaté dans l'un des trois magasins à poudre et à cartouches, qui font partie de cette caserne.

A propos de ce fait, nos physiciens se mirent à l'œuvre pour trouver le moyen d'augmenter l'efficacité des paratonnerres sur les édifices contenant des matériaux métalliques. M. Perrot fit, à cette occasion , plusieurs expériences dont les résultats paraissent concluants.

D'après M. Perrot, au moment où le paratonnerre reçoit le coup de foudre, le voisinage des grandes masses métalliques d'un bâtiment est plus dangereux, quand ces masses communiquent au paratonnerre, que lorsqu'elles sont isolées de ce conducteur, ce qui est contraire à l'une des règles admises dans le rapport de H. Pouillet.

Pour le prouver, M. Perrot place un disque maintenu électrisé et faisant fonction de nuage, au-dessus d'une tige métallique représentant un paratonnerre, et mise en contact avec un autre disque, disposé parallèlement au nuage, et qui simule la masse métallique du bâtiment à préserver. A chaque coup foudroyant lancé au paratonnerre.

la main approchée de la masse métallique reçoit, dit M. Perrot, une commotion, accompagnée d'une étincelle, égale au quart environ de l'étincelle foudroyante. Si la communication entre la masse métallique et le paratonnerre, est interrompue, la commotion et l'étincelle deviennent presque insensibles; mais quelques faibles étincelles se manifestent pendant l'intervalle de temps qui sépare deux coups successifs.

Ces résultats sont une preuve des dangers qui accompagnent la foudre, quand elle frappe des paratonnerres établis dans le voisinage de grandes masses métalliques, et de la nécessité de les mettre à l'abri de tout coup foudroyant.

Fig. 312. ~ Parafoudre de Perrot.

M. Perrot repousse donc le précepte qui consiste à mettre les masses métalliques d'un édifice en communication avec le paratonnerre,précepte que nous avons dû rapporter plus haut, sans réflexion, nous réservant d'y revenir ici.

Pour mettre à l'abri de la foudre un édifice qui contient de grandes masses métalliques, M. Perrot propose de modifier la forme de la partie terminale du paratonnerre.

Voici les observations qui, d'après M. Perrot, conduisent à la solution du problème :

i*" Les tiges des paratonnerres exercent une

action neutralisante d'autant plus considérable que leur pointe terminale est plus aiguë.

2'' Qu'une bouteille de Leyde, chargée d'électricité, soit placée à une distance telle d'une pointe communiquant avec le sol, qu'elle se décharge sur cette pointe, avec une étincelle foudroyante, il suffira d'armer Textrémité de la tige d*ane couronne de pointes, pour que la décharge de la bouteille soit vutanianée et silendeute.

Cette observation établit d'une manière incontestableqa*il8offitdemultiplierles pointes

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