‹ Les merveilles de la science, ou Description populaire des inventions modernesChapitre 62 sur 104 · BI · texte numérisé non relu

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termioales d'une lige métallique pour augmenter considérablement son action neutralisante.

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Fig* ^iti. — Le piif II foudre Perrot adapté à un ancieu pûralonnerr**.

3' Si une lige métallique terminée en pointe et communiquant au sol est soumise à l'action d'un disque meta Iliqueélec Irisé, simulant un nuage, celle tige attire les corps iivoisinantSj et un llucun de colon, par exemple, viendra se décliarger sur cette tige par une étincelle. Donc, Faction neutralisante de la tige ne s exerce qu'au-dessus du plan horizontal passant par celte pointe. Mais si la tige est armée latéralement d'une pointe dirigée vers le floconj il y a écoulement silencieux d'électricité par cette pointe, et il n'y a plus d'étincelle foudroyante*

Les moyens proposés par M. Perrot pour rendre les paratonnerres parfaitement efficaces, malgré le voisinage de masses métalliques, consistent donc à armer leurexlrémité supérieure d'une couronne de pointes et à disposer latéralement sur la tige , un certain nombre de pointes convenablement

disposées et espacées de la base au sommet (!)•

Les figures 312 et 313 représentent la disposition qu'il faut donner à la partie terminale du paratonnerre pour réaliser le perfectionnement recommandé par M. Perrot.

La multiplicitédes pointes du paratonnerre, ou du para foudre , comme l'appelle M. Perrot, a pour effet d'augmenter sensiblement le cercle de protection de l'appareil-

La construction géométrique qui accom-j pagne la figure 311 (page -i93), c'est-à-dire 1 cercles tracés à l'extrémité de chaque poin du parafoudre, mettent en évidence aux yeux, l'extension que reçoit par cette disposition nouvelle, le cercle de protection du paratonnerre.

Dans les édilkes nouvellement construite à Paris, les dispositions recommandées par M. Perrot devraient être, il nous semble, adoptées, ne fût-ce que pour en constater les avantages. Rien, d'ailleurs, n'empêche d'adapter cette disposition particulière aux paratonnerres actuellement existants.

PARATONSEaKS POBTATIPS. NoUS pOUTOnS

ajouteTj pour terminer le sujet qui vient de nous occuper, qu'il a été question, au siècle dernier, de paratonnerres portatifs à Tusage des individus. C'est un des traducteurs de Franklin, Barbeu-Dubourg, qui en fit la proposition* Voici la description abrégée de ce paratminerre individuel ^ qui ne différait guère d'un simple parasol que par divers accessoires qu'on y ajoutait : ^H

<i Le carpe du parasol, dît Barbeu- Du bourg , se compose : i** d'une surrace de soie bombée, mats ayaQt une de ses coutures recouverte en dehors d'une petite tresse d'argent \ 2'=' d'uu manche de boîi lÈger et long d'environ deux pieds; 3" d*une tringle de for d'un demi-pouce de diamàlre, et de huit àdix pouces de long, placée en dessus ifis-à-vls du m&nclie, et terminée supérieuremenL par un écrou ; 4* d un aminaii, de baguettes et d'un ressort particulière* ment dtuês en dessous; cet anneau, gUssant surU tringle, sert k plier et à déplier les baleines ; 5« de

(J) Comptes reudm de l' Académie des sciences^ l. UV# leptembre 1863» et t. LVUl. p. II&(I864).

LE PARATONNERRE

neuf ou dix baleines, chacune de deux piècat, arcboutées à l'ordinaire, mais placées en dessus du taffetas ; Tune de ces baleines, attenante à la tresse d'argent, est armée d'un bout de cuivre terminé par un écrou. Les accessoires sont : 1* une verge de cuivre mince, longue d'un pied, terminée supérieurement par une pointe fine, et inférieurement par une vis qui s'adapte aisément, quand on veut, à Técrou de tringle ; 2« un gros fil de laiton, d'un pied et demi de largeur, finissant par une petite vis qui au besoin se met dans l'écrou du bout de cuivre dont nous avons parlé ; Z"* un cordonnet d'argent pendant au bout inférieur de ce fil de laiton, et terminé par une petite houppe de frange qui traîne à terre. •

Telle est la description donnée par Barbeu- Dubourg de son paratonnerre portatif .

Le Père Paulian, dans son ouvrage imprimé à Nîmes en 1790, la Physique à la portée de tout le monde^ donne la description d*uQ autre paratonnerre portatif, en forme de parasol, et peu différent de celui de Barbeu-* Dubourg.

Mais nous devons dire qu'il n'existe point, dans un sens absolu, de corps non conducteur de l'électricité, et que la foudre frappe, traverse, réduit en poussière, les corps réputés les plus mauvais conducteurs du fluide électrique, tels que le verre, les résines, le soufre, etc. Il est donc certain que ces appareils seraient restés sans efficacité pour préserver un homme de la foudre. Malgré son insuccès, cette tentative devait étre.signalée

dans la notice que nous venoos de tracer sur

Fig

Le paratonnerre portatif, on le paraploieparatonoerre de Barbe u-Dabonr«

l'histoire du paratonnerre et les dispositions diverses de ce merveilleux et puissaatappareil.

FIN DU PAEATOIfMERRE.

LA PILE DE VOLTA

Nous sommes dans la ville de Cosme, en Milanais, pendant les premiers jours de Tannée 1800, tout à fait à Taurore du grand siècle des sciences physiques. Si nous entrons dans le cabinet d'un physicien retiré dans cette ville, à la fin d'une longue carrière d'enseignement , nous y apercevrons un homme déjà âgé, qu'entoure tout un étrange attirail. Des pièces d'argent monnayé, des rondelles ou palets de zinc et de cuivre, sont épars autour de lui. Sur sa table, se dressent trois baguettes de bois, entre lesquelles il vient de superposer avec le plus grand soin, et toujours dans le même ordre, un palet de cuivre, un palet de zinc, une rondelle de drap mouillé; puis encore, et toujours dans le même ordre, un palet de cuivre, un palet de zinc, une rondelle de drap mouillé.

Tout cet ensemble forme un entassement, une pile^ composée d'une série de disques de cuivre et de zinc, chacun de ces couples se trouvant constamment et uniformément séparé de Tautre, par un disque de drap humecté. L'œil fixé sur ce singulier assemblage, notre savant parait en proie aux plus vives préoccupations. On dirait qu'il entrevoit par la pensée, tout un monde de vérités ignorées et sublimes. Près de lui est un écrit qu'il s'apprête à relire, c'est une longue lettre portant pour suscription : A sir Joseph Banks ^ président de la Société royale de Londres.

Que signifie cet arrangement singulier,

cet instrument bizarre dont rien ne peui encore nous faire comprendre le but? Le vieux savant est-il tombé en enfance ou en manie ? Mais suspendons toute interprétation injurieuse. Cet homme est Alexandre Volta. Cet appareil, c'est la pile^ nom que l'inventeur lui donne, pour ne rien préjuger de ses efiets et rappeler seulement l'ordre qui préside à sa disposition. Ce nom, provisoirement et arbitrairement adopté, restera désormais, (et malheureusement, car il n'est pas de nom plus impropre), attaché à cet appareil.

Rien ne peut faire prévoir encore l'importance de cet instrument nouveau. Mais attendez quelque temps, trois mois à peine, et lorsqu'une étude rapide aura permis d'entrevoir ses principaux effets, vous ne tarderez pas à vous convaincre qu'il constitue le plus puissant, le plus merveilleux des appareils qu'ait enfantés la science des hommes.

Un rapide coup d'œil jeté, par avance, sur les principaux effets de la pÛe de Volta, va nous montrer que rien n'est comparable à la puissance, à la variété, à l'universalité de ses effets.

Réunissez, au moyen d'un fil métallique, les deux extrémités qui terminent cette pUe de disques accumulés, et voici les effets variés, autant qu'extraordinaires, que vous obtiendrez à volonté.

Entre ces deux fils rapprochés à une faible distance, on voit jaillir une flamme, qui, lorsqu'elle est produite dans des conditions spé-

LA'PILE DE VOLTA

ciales, efface, par sa prodigieuse intensité, toute lumière artificielle, et qui n*est comparable qu*à réclat même du soleil.

Si Ton réunit par un mince fil conducteur, les deux pôles de cet instrument, de telle sorte que le fil interposé serre seul à l'écoulement du fluide électrique, on aura entre les mains le plus énergique foyer de chaleur dont les hommes puissent disposer. Par la masse de calorique accumulée en ce point, on met en un instant en fusion, et Ton réduit même à Fétat de vapeurs, les métaux les plus réfractaires. Le fer, infusible dans nos feux de forge ; le platine, le plus réfractaire des métaux ; les corps non métalliques, tels que la silice ou l'alumine, composés absolument infusibles ; le diamant même ; en un mot, presque toutes les substances sans exception appartenant au règne minéral, sont amenées en un instant à l'état de fusion, par ce foyer sans rival.

Quand il circule silencieusement et sans aucune manifestation extérieure, dans un conducteur non interrompu, le courant électrique engendré par cet instrument jouit de la vertu, mystérieuse autant qu'étonnante, de développer une force motrice considérable. On peut, à son gré, accroître l'énergie de cette force mécanique, l'employer à soulever de lourds fardeaux, à animer des machines. Différent en cela de tous les moteurs connus, cet agent mécanique se transporte à toutes les distances, avec une vitesse incalculable. Il peut agir, saâs perdre considérablement de son intensité, à mille lieues de son point de départ. Serviteur obéissant et docile, cette force est toujours prête. Rien ne lui fait obstacle pour surmonter les distances. Elle franchit les mers, gravit les montagnes, descend les vallées, traverse les cités, et se retrouve, à son point d'arrivée, avec la plus grande partie de son énergie primitive. On peut en un clin d' œil, à la volonté et au commandement de la main, suspendre son action, et dans les intermit-

tences de travail, dans les instants de repos, elle ne dépense, elle ne consomme rien.

Si l'on plonge dans de l'eau, deux fils d'or ou de platine, attachés aux deux pôles de cet instrument, et que l'on rapproche ces deux fils à une certaine distance, on voit aussitôt l'eau se décomposer et se réduire en ses deux éléments : l'oxygène et l'hydrogène gazeux. L'oxygène se dégage autour du fil aboutissant au pôle zinc, l'hydrogène autour du fil partant du pôle cuivre.

Cette décomposition que l'eau subit sous l'influence du courant voltaïque, tous les autres composés naturels sont susceptibles de réprouver également; car la pile de Volta est le moyen le plus puissant d'analyse que possède la chimie. Sous son influence, les oxydes métalliques sont réduits en leurs éléments ; l'oxygène se dégage au pôle zinc ; le métal se dépose à l'autre pôle. Les composés salins se détruisent aussi par l'incompréhensible action de la même force : l'acide qui entré dans leur composition se porte au pôle zinc; la base, ou l'oxyde métallique, se rend au pôle cuivre.

C'est grâce à la pile voltaïque que les chi^ mistes ont pu être fixés, après des siècles d'infructueux efforts , sur la nature d'une foule de composés. On soumet un jour la potasse à l'action de la pile, et cet alcali est décomposé. Bientôt, tous les oxydes terreux se dédoublent à leur tour, en oxygène et en un métal particulier ; la véritable nature des bases alcalines et terreuses est ainsi tout à coup dévoilée. Toutes les autres substances chimiques étant soumises successivement à ce puissant moyen d'analyse, des métaux inconnus sont découverts, la liste des corps simples anciennement admise est rectifiée, et le système général de la chimie s'éclaire d'un jour inattendu.

Moyeu puissant et sans égal d'analyse chimique, la pile voltaïque peut aussi, délicatement employée, produire l'eflet inverse, et par une sorte de contradiction physique dont

le sens nous échappe, servir à la synthèse ou à la recomposition des corps. Si Télectricité de la pile peut décomposer Teau en ses éléments, à rinyerse, une étincelle électrique, qui peut être fournie par la pile, provoque la combinaison de Thydrogène et de l'oxygène gazeux, et détermine la formation de Teau, par Tunion chimique de ces deux gaz. Enfin, grâce à l'emploi de courants électriques faibles et continus, on parvient à reproduire, avec le secours du temps, certaines espèces minérales qui existent dans la nature.

La pile de Volta, qui produit de si remarquables effets physiques et chimiques, provoque encore d'importants phénomènes physiologiques. En circulant au sein de nos organes, l'électricité issue de la pile, reproduit ces intimes ébranlements que l'innervation a le privilège d'y exciter. Elle réveille nos fonctions endormies, met en action les appareils organiques ; elle galvanise^ suivant l'expression consacrée, le cadavre des animaux récemment tués, et simule les phénomènes qui sont propres à la vie.

Si, avec les deux mains humectées d'eau, on touche à la fois, les deux fils conducteurs d'une pile en activité, on éprouve aussitôt une vive commotion. On ressent dans les articulations des doigts et de la main, une secousse, pareille à celle que l'on éprouve quand on touche à la fois les deux garnitures d'une bouteille de Leyde. Seulement, la bouteille de Leyde ne donne qu'une seule commotion; pour en obtenir une autre, il faut recharger la bouteille. Ici, au contraire, la secousse se renouvelle continuellement ; la pile de Volta joue le rôle d'une bouteille de Leyde qui se rechargerait sans cesse et d'elle-même, qui après avoir produit un effet électrique se rechargerait d'électricité et subitement et spontanément.

Placez sur le bout de la langue le pôle zinc de cet instrument, et sur un autre point du même organe le pôle cuivre, vous percevrez l'impression d'une saveur acide. Changez

les deux fils de place, la saveur perçue sera alcaline.

Le sens de la vue peut être excité, comme celui du goût, par le courant de la pile ; et, résultat singulier, la sensation lamineufle peut être provoquée sans que le fil oondnc* teur touche l'organe de la vue. Si Ton applique sur la joue, sur les lèvres, ou sar une partie quelconque du visage, préalaUemeni humectée d'eau, le fil conducteur de Ton des pôles, à l'instant où l'on saisit avec la main l'autre extrémité, on aperçoit un biide éclahr en tenant les yeux fermés.

Si l'on place les deux fils de la pile sur les oreilles humectées d'eau, ou bien entre UBe oreille et quelque autre partie humectée du visage, on entend aussitôt des sons oa des bruits successifs et répétés.

Ce n'est pas seulement sur les organes vivants que la pile voltalque exerce eon infiuence. Elle réveille sur le cadavre des animaux les actions organiques qui viennent de s'éteindre par la mort. En faisant, par des moyens convenables, circuler le courant électrique dans les muscles pectoraux d'un animal récemment tué, on voit renaître sur le cadavre, l'acte mécanique de la respiration. Soumis au même genre d'expérimentation, on a vu des hommes suppliciés exécuter les phénomènes de la vie organique, leurs mains s'agiter et soulever des poids, le tronc se relever à demi, et les muscles de la foce en proie àr de si effrayantes contorsions, que les témoins de cette étrange scène 8*enfuyaient épouvantés.

Source de lumière et de chaleur, agent de force motrice, moyen puissant d'action chimique, instrument de phénomènes physiologiques variés, la pile voltaïque réalise donc cet idéal Protée conçu pour un autre ordre d'idées par la poétique imagination des anciens. Produire de la chaleur et de la lumière, créer des forces motrices, ramener les corps à leurs éléments primitifs, combiner entre eux ces éléments, réveiller au sein des

Fig. 3JÂ.— GaTvin), professeur à Bologne» décùûTTfi, eu IIBO, VlrnUUûiié d^ muscles de la grenouille

pRT J'ëtectrlcité (page 6o;3}

êtres organisés les iiiouvenienls particuliers à raclion vitale, à cela se réduit à peu près la sphère de notre activité scientifique et industrielle. Ce cercle immense autant que varié, la pile voltaïquc le remplit à elle seule, et presque toujours avec une intensité et une facilité surprenantes.

De toutes les inventions modernes, la pile voltaïqiie est donc la plus originale, la plus féconde, en raison du caractère frappant d'universalité qui la distingue. Les plus belles iM'éations de la science ou de Tindustrie, la machine à vapeur et nos puissants instruments mécaniques^ la boussole, les lunettes d*approche et les instruments d'optique perfectionnés, toutes les autres inventions dont nous pourrions rappeler la longue et glorieuse liste, n'accomplissent en général qu'une fonction unique et spéciale. L'instrument que nous devons à Volta est, au contraire, essen-

tiellement universel dans ses applications. Grâce à cet appareil admirable, ou enferme et Ton condense en un même point une source continuelle d'électricité, c'est-à-dire d'un agent physique égal au calorique par le nom* ! bre et l'importance de ses attributs, et Ion I peut mettre tour à tour à profit ses effets variés. Lumière, chaleur, action mécanique, effets physiologiques, nous avons sous la main, avec la pile électrique, toutes les ressources, tous les moyens d'action à la fois. Nous pouvons, à volonté, mettre en jeu l'un de ces effets à l'exclusion des autres, et tous, ; isolés ou simultanés, obéissent aveuglément I à nos ordres. Ils partentj s'élancent ou s'arrêtent, modèrent, graduent ou exaltent leur intensité, selon nos besoins ou nos désirs. Grâce à la pile de Volta, l'électricité devient tour à tour le messager rapide qui jtorte nos dépêches, — la machine puissante qui accom-

plit nos travaux mécaniques, — Tagent mystérieux qui, dans nos laboratoires industriels, façonne et superpose les métaux précieux ou communs, — le moyen thérapeutique que la médecine tente de mettre en œuvrei et la lampe sidérale, qui brille comme un soleil nouveau dans la nuit de nos cités.

Il faudrait des volumes pour raconter avec tous les détails qu'elle exigerait, Thistoire de la pile de Volta, |{our tracer le tableau des innombrables applications qu'elle a reçues, et fournir des renseignements exacts et circonstanciés sur tous les points qui se rattachent à ce grand sujet. Pour ne pas étendre cette notice hors de toute limite, nous ne considérerons ici que Thistoire de la pile de Volta prise en elle-même, sans entrer dans l'exposé de la longue série des applications qu'elle a trouvées de nos jours. Nous pourrons ainsi renfermer dans un petit nombre de pages le récit historique de tout ce qui se rapporte à cet admirable appareil. Après cette partie historique, nous aborderons la description de cet instrument, les formes infiniment variées qu'il a reçues. Nous terminerons cette étude par un coup d'œil sur la difficile question de la théorie de la pile.

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