‹ Les merveilles de la science, ou Description populaire des inventions modernes. Suppléments. 6Chapitre 58 sur 130 · VITESSE · texte numérisé non relu

VITESSE

toiti aie.

Canon de 10 centimètres. . .

Canon de 12 centimètres. . .

Canon delà centimètres. . .

kilogr.

kilogr.

mètres.

Mais, hâtons-nous de le dire, il se produit, depuis quelque temps, une réaction prononcée contre les canons à très gros calibre. Il est évident que si l'on est forcé, pour répondre à l'accroissement de l'épaisseur du blindage, d'augmenter indéfiniment la puissance des pièces d'artillerie, les mouvements des grands cuirassés deviendront de plus en plus lents, et d'une évolution de plus en plus difficile. Qu'arriverat-il alors? Un croiseur, de dimensions restreintes, pourvu de canons à tir rapide, et qui lancera des projectiles remplis de substances -explosives, pourra jouer un rôle plus important que celui des cuirassés.

Pour ne citer qu'un seul exemple à l'appui de cette opinion, le Lepanto, cuirassé italien, porte jusqu'à 4 canons de 103 tonnes, et en outre, toute une batterie de canons de 16 centimètres. Mais le tir des canons de 103 tonnes est fort lent; le poids énorme des projectiles, et celui des gargousses, nécessite de nombreux mécanismes auxiliaires, pour effectuer le

SUPPLÉMENT AUX BATIMENTS CUIRASSÉS

chargement. Qu'un obus ennemi vienne à éclater près de la culasse de ce canon, et qu'il brise un seul des mécanismes, si compliqués, qui font partir le coup, voilà ce canon monstre momentanément hors de service, et cela juste au moment où son intervention devrait décider de l'issue du combat naval engagé!

La vitesse des bâtiments cuirassés s'est trouvée sensiblement réduite par le continuel accroissement de poids des revêtements métalliques. La limite qu'il était possible d'atteindre est aujourd'hui réalisée, et augmenter encore l'épaisseur des cuirasses serait se préparer des déceptions qu'il faut savoir prévoir et éviter.

Le journal le Yacht, du mois de janvier 1890, exprimait cette vérité d'une manière très frappante. Nous n'avons qu'à transcrire ici ses judicieuses remarques.

« En ce qui concerne les cuirassés, dit le Yacht, le problème de la Vitesse se pose' dans des termes qui ne laissent que peu de place aux hypothèses.

« On est généralement d'accord, en France, pour reconnaître que le maximum de déplacement d'un cuirassé ne doit pas dépasser 10 000 à 11000 tonnes avec une longueur de 100 à 105 mètres et un tirant d'eau moyen de 8 mètres. Étant donné le poids de la coque, celui de la cuirasse à la flottaison et dans les hauts, le poids de l'artillerie et des approvisionnements de toute nature, il est facile de déterminer le poids disponible pour la machine et les approvisionnements en charbon et eau qui lui sont nécessaires. Dans ces conditions, la vitesse de quinze nœuds en service pourra être obtenue, sous la, réserve, bien entendu, d'avoir une. machine robuste, sans exagération de poids cependant, et d'un système perfectionné, c'est-adire à triple ou quadruple expansion. On peut espérer qu'un cuirassé de ce genre naviguera dix à douze jours à bonne allure sans avoir besoin de renouveler ses approvisionnements.

« Vouloir sortir de ces limites, c'est s'exposer à des déboires presque certains ; car on ne peut accroître la vitesse sans augmenter le poids de la machine et aussi la quantité de charbon consommé par suite les dimensions du navire, ce que réprouvent nos marins. On pourrait en déduire, non sans raison, que le cuirassé est, somme toute, un médiocre engin de combat, il coûte environ 22 millions

et ne rendra jamais de services .en rapport avec la dépense.

« Nous sommes, au reste, peut-être à la veille d'une transformation de ce type de navire de guerre. Il a été constaté que les plaques de cuirasse de 55 centimètres ne résistaient pas aux projectiles lancés avec les nouvelles poudres, par des canons de 32 centimètres. A quoi bon, dès lors, exagérer un cuirassement dont le poids est devenu excessif ? Est-ce pour entrer dans une voie nouvelle qu'on réduit la cuirasse du Hoche et du Brennu$ actuellement en construction? Elle aura, pour le premier, de 45 à 35 centimètres à la flottaison et pour le second, uniformément 40 centimètres.

« Dans quelques années, on se contentera, en fait de cuirasse, d'une protection partielle de la machine, nous l'espérons du moins. On aura alors un type de navire qui, outre l'avantage de coûter moitié moins, présentera, des qualités compensant largement l'absence d'une protection illusoire; puis les conditions de poids étant modifiées, on atteindra sans peine des vitesses normales supérieures à dix-huit noeuds. »

Ces réserves posées, nous nous hâtons de revenir à la description de notre artillerie de marine, et de la faire connaître, non pas telle qu'elle pourrait être, mais telle qu'elle est ; car c'est avec cette artillerie que nos. cuirassés auront à attaquer les bâtiments ennemis, ou à rendre coup pour coup à leurs adversaires.

Nous avons donné plus haut les dimensions des divers types de canons de notre marine. Il est à peine nécessaire d'ajouter que toutes les bouches à feu qui arment nos vaisseaux se chargent par la culasse.

Les bouches à feu de nouveaux modèles sont composées d'un corps en acier, d'un tube intérieur en acier, et d'un ou deux rangs de frettes, également en acier.

La marine française usine elle-même ses canons, dans la fonderie de Ruelle. Après qu'ils ont été définitivement usinés, ils sont essayés au polygone de Gavre, près de Lorient.

Les poudres employées pour lancer les obus sont les poudres belges de Wetteren, les poudres françaises de Sevran-Livry, d'Àngoulême et du Bouchet.

Las projectiles comprennent des boulets

à forme ogivale en fonte dure et massifs , des obus de rupture en acier, des obus en fonte dure ordinaire, des obus à balles et des boîtes à mitraille. Le montage de tous ces projectiles est le même; il se compose d'un bourrelet en fonte à l'avant, et d'une ceinture en cuivre, à l'arrière.

Après l'artillerie de la marine militaire française, jetons un coup d'œil sur l'artillerie navale de. nos voisins.

Les canons de la marine allemande sortent, comme les canons de campagne et de siège, des ateliers de l'usine Krupp, d'Essen. Ils sont en acier fondu, à l'exception des canons destinés aux embarcations et des canons de débarquement, qui, les uns et les autres, sont en bronze. Ces bouches à feu, construites d'après le système du manchon, sont frottées et se composent d'un tube en acier, entouré d'un manchon en acier dans la partie correspondant au renfort; des frettes du même métal sont disposées autour de ce manchon, pour le renforcer.

Les canons de la marine anglaise proviennent de l'arsenal de Woolwich, ou des ateliers de M. Armstrông, à Elswick. Les uns se composent d'un tube en acier recouvert d'un manchon en fer forgé ; les autres d'un tube en acier qui va en s'amincissant vers l'arrière. Sur ce tube est placé un manchon avec serrage, et en avant de ce manchon, est serrée une longue frette.

L'usine Armstrông fabrique, en outre, des canons de 111 tonnes, destinés à l'armement des cuirassés de premier rang,

Le tube intérieur de ces énormes canons esttout d'une pièce, et s'étend jusqu'au logement de l'obturateur; l'écrou de culasse est pratiqué dans une jaquette qui recouvre le tube. Trois rangs de frettes renforcent la jaquette. Le système de fermeture est identique à celui de nos canons de siège et de campagne.

Voici maintenant quelques données nu-

mériques auxquelles le lecteur pourra se reporter, au cours de la lecture des chapitres suivants. Il comparera, de cette façon, la puissance défensive de nos cuirassés et la puissance offensive des bâtiments de guerre européens :

POIDS du canon.

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