‹ Les merveilles de la science, ou Description populaire des inventions modernes. Suppléments. 6Chapitre 59 sur 130 · CALIBRE · texte numérisé non relu

CALIBRE

POIDS du

TITESSK initiale.

ÉPAISSEUR de

IraTmcc par le projectile.

Angleterre.

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mètres.

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Canons Armstrông

Allemagne.

Autriche.

Canons Krupp...

Danemark .

Canons Krupp. . .

Espagne,

États-Unis.

Canons de 16

Italie.

Canons Krupp . . .

Russie.

Canons Armstrông,

Nous n'avons, bien entendu, cité pour chaque flotte que les plus gros canons en service en ce moment; nous devons ajouter que les canons Armstrông, par lesquels nous avons clôturé ce tableau, n'ont pas donné de brillants résultats.

Après l'artillerie, il convient de parler

SUPPLÉMENT ÀUX BATIMENTS CUIRASSÉS. 297

" S, T. II

du moteur des bâtiments de guerre, c'est-àdire des machines et des chaudières à vapeur en usage pour imprimer la vitesse nécessaire à ces énormes masses.

Machines. — Dans le premier volume de ce Supplément [Bateaux à vapeur) (1) nous avons décrit et figuré les machines à vapeur et les chaudières actuellement employées par notre marine marchande , celles surtout que l'on admire à bord de nos immenses paquebots transatlantiques. Les machines des bâtiments militaires n'en diffèrent que par les dimensions des pièces du mécanisme et par le nombre des machines que l'on réunit sur le même bâtiment.

Nous avons donné, dans le Supplément aux bateaux à vapeur (1), les plans et les coupes des machines à vapeur du Destaing, du Forfait et du Bayard. Nous compléterons ces renseignements en donnant ici (fig. 253) le dessin des machines du Formidable, Ce grand cuirassé d'escadre est sorti des usines du Creusot, où tant d'améliorations ont été apportées aux machines à vapeur, pour donner aux navires de notre flotte de guerre toutes les conditions de force et de vitesse dont ils doivent être pourvus.

Si nous choisissons le Formidable pour faire comprendre les dispositions actuellement adoptées pour l'emploi de la vapeur comme force motrice des bâtiments de guerre, ce n'est pas au point de vue de sa puissance motrice (qui est de 8 500 chevaux nominalement et qui atteint 9 687 chevaux en marche forcée), puisque en ce moment on construit en Angleterre, pour des cuirassés monstres, du port de 14 000 tonneaux, des machines à vapeur d'une force de 20 000 chevaux. Si nous décrivons particulièrement les machines de ce cuirassé d'escadre, c'est parce qu'elles représentent pour nous un des types les mieux étudiés, à tous

(1) Tome let, pages 129-135.

égards, des machines marines de toutes les nations.

Le Formidable a deux hélices de 5 111 ,700 de diamètre, et à quatre ailes. Chacune de ces hélices est indépendante, de telle sorte qu'en cas d'avaries produites par déroute ou combat, le navire conserve toujours le moyen de marcher. Il y a donc deux groupes de chaudières et deux groupes de machines. Nous décrirons successivement les chaudières et les machines motrices.

1° Les chaudières, au nombre de 12, comportent chacune deux cent cinquantesix tubes, de 0m,07 de diamètre. Chaque corps de chaudière mesure 3 mètres de longueur, 3m,470 de largeur et 4m,290 de hauteur. Elles sont à foyers intérieurs et à retour de flamme, c'est-à-dire toutes semblables à celles que nous avons figurées dans notre Supplément aux bateaux à vapeur (1). L'ensemble de tous les foyers donne une surface de grilles de 78 mètres carrés, et la surface totale de chauffe est de 1 980 mètres carrés produisant un volume de 108 mètres cubes de vapeur. Le poids total des chaudières complètes avec les boîtes à fumée et les cheminées est de 384800 kilogrammes.

2° Chaque machine à vapeur, du système compound, est à trois cylindres, le plus petit (lm,S70 de diamètre) est placé au milieu, c'est le cylindre d'admission de vapeur ; les deux autres, plus grands (2m,020 de diamètre), sont les cylindres de détente. La vapeur sortant de ces deux cylindres se rend aux condenseurs, qui sont placés derrière chacun d'eux, et qui ne sont pas visibles sur notre dessin. Le petit cylindre met directement en action la pompe à air, qui est placée derrière lui, entre les deux condenseurs.

Les machines sont verticales, à pilon, et à bielles directes. La distribution de va-

(1) Tome Ier, pages 156-162.

SUPPLÉMENT AUX BATIMENTS CUIRASSÉS

peur se fait par coulisses et tiroirs; la condensation s'opère par surface.

L'arbre moteur tourne à la vitesse de 80 tours par minute, fournissant une vitesse moyenne de 16 nœuds, avec une pression de 4k,25 dans les chaudières.

Les avantages de ce type de machines résident dans le faible poids de matière brute qui s'y trouve employé, par rapport à la force produite. Leur poids n'est, en effet, que d'environ 450 kilogrammes par chevalvapeur; alors qu'il y a quelques années ce poids était encore de 450 kilogrammes, comme cela existe pour la machine du Caraïbe, que nous avons décrite dans notre Supplément aux Bateaux à vapeur (1). On comprend que cette diminution sensible du poids des machines ait permis de loger dans des navires de dimensions presque pareilles à celles des anciens types des moteurs considérablement plus forts, et réalisant des vitesses qui rivalisent presque avec celles des paquebots de commerce.

Là figuré 253 (page 297), qui représente une des machines du Formidable vue de face, montre la disposition des trois cylindres et les organes transmettant la puissance à l'arbre de l'hélice. Au second plan, on voit la pompe et les tuyaux d'échappement conduisant la vapeur aux condenseurs.

La légende qui accompagne ce dessin explique le rôle de chacun des organes de la machine.

Le Formidable est un des plus importants cuirassés de la marine française. Tout armé, il a coûté 28 millions. Sa longueur est de 104m,40; sa largeur atteint 2 im, 30, et sa hauteur est de 45m,60. L'épaisseur du blindage de ceinture est de 55 centimètres.

La force motrice est, comme nous l'avons dit, de 8 500 chevaux. L'équipage est de 500 hommes.

' (I) Tome 1er, pages 120-121.

Le tirant d'eau est de 7ra,80 en moyenne.

Trois pièces d'artillerie, de 37 centimètres, placées chacune dans une tourelle, sur des gaillards, forment son armement. Les tourelles sont placées en trois points différents delà longueur et dans Taxe du navire.

En outre, 12 pièces de 14 centimètres se trouvent dans la batterie, et 24 mitrailleuses Hotchkiss sur le gaillard avant et arrière.

Le Formidable n'est pas, d'ailleurs, destiné à des expéditions lointaines. Son tirant d'eau est trop fort pour qu'il puisse entrer dans le canal de Suez. Il est d'une construction qui ne lui permettra pas de s'éloigner beaucoup des côtes. Il possède de petits mâts, pour porter les pavillons et servir aux signaux.

Chaudières. — Les chaudières de la marine militaire étaient autrefois du type locomotive ; mais avec ces chaudières il était tout à fait impossible d'obtenir de grandes pressions. En outre, les chaudières des bâtiments de guerre doivent non seulement donner facilement de fortes pressions, mais aussi permettre des variations subites et rapides dans cette pression, pour se prêter aux manœuvres d'escadre ou aux péripéties d'un combat. Or, pour atteindre ce but, il faut avoir des chaudières très sensibles à la chaleur et possédant de très vastes surfaces de chauffe. On a été ainsi amené à transformer les anciennes chaudières marines.

Nous avons décrit avec de grands détails, dans le Supplément aux bateaux à vapeur, dans le premier volume de ce supplément (i), les chaudières à vapeur des grands transatlantiques. Nous renvoyons le lecteur à ces dessins et à ces descriptions, car les chaudières de nos navires de guerre sont les mêmes que celles qui sont installées à bord des paquebots de la Compa-

(1) Pages 156-162.

gnie transatlantique la Normandie, la Bretagne, etc.

Les chaudières de notre marine militaire se composent, comme on Fa vu sur ces divers dessins, de générateurs à tubes longs, ou à tubes courts, mais pouvant être aisément visités, de sorte qu'ils ne peuvent jamais s'engorger et qu'on les nettoie sans difficultés. C'est ainsi qu'avec une chaudière à générateurs à tubes courts, le Milan, qui est un médiocre croiseur de deuxième classe, peut filer 18 nœuds, avec une machine du poids de 358 tonnes. Il est vrai de dire que les accidents sont assez fréquents avec ces chaudières perfectionnées. C'est ce qui est arrivé, en 1888, à bord du Forôin, où une chaudière fit explosion, tuant et blessant des chauffeurs.

À l'étranger, on a cherché, comme en France, à résoudre le problème de la vitesse pour les navires cuirassés, en multipliant le nombre des machines et celui des chaudières. Le cuirassé anglais le Collingwood, possède 2 machines compound à pilon, 12 chaudières, 36 foyers et 2 hélices. Le cuirassé anglais Colossus a 2 machines compound à pilon, à cylindres renversés, 10 chaudières, 28 foyers, 2 hélices en bronze de 6m,55 de diamètre. Le croiseur anglais Blake a des machines verticales à triple expansion et 2 hélices. Au mois de mai 1889, l'amirauté anglaise a décidé de remettre en service deux vieux cuirassés, Y Achille et le Minotaure, qui avaient des machines de 5 720 et 6 700 chevaux-vapeur. On a pourvu ces deux bâtiments, qui étaient à peu près considérés comme hors d'usage, de nouvelles chaudières, et l'on assure qu'ils sont à présent en état de tenir la mer. Ces chaudières ont coûté 730 000 francs chacune.

Un des plus récents et le plus grand des bâtiments cuirassés de la marine anglaise, la Victoria (fig. 254), est pourvu de deux ma-

chines compound à triple expansion, fabriquées par MM. Humphys et Tennant, à Londres. Le premier cylindre a lm,09 de diamètre, le deuxième cylindre 2m,43, le troisième 4m,57, et la course du piston est de lm,270.

Ces machines, qui actionnent chacune une hélice, développent une force de 1200 chevaux-vapeur.

. Les deux hélices ainsi actionnées tournent avec une vitesse de 95 tours par minute.

L'épaisseur du blindage d'acier de la Victoria, le plus fort qui ait encore été appliqué aux bâtiments anglais, est de 0m,46. Il s'étend de 3 ou 4 pieds au-dessus et audessous de la ligne de flottaison. Sa longueur totale autour du bâtiment est de 152 pieds. Elle embrasse toutes les parties essentielles du navire, à savoir : l'appareil moteur, les magasins à poudre, et la base de la tourelle de commandement.

Un pont protecteur, de 0,0762 d'épaisseur, tout en acier, est posé sur le sommet de la ceinture cuirassée, et va d'un bout à l'autre du navire. Une autre ceinture cuirassée de 0m,46 protège la base de la tourelle, laquelle a déjà 0m,42 d'épaisseur.

De l'avant à l'arrière, le navire est donc entièrement protégé par des plaques ou des murs épais.

La longueur totale de la Victoria est de 340 pieds anglais (103 mètres). Son déplacement d'eau est de 10 500 tonnes, quand le navire est complètement équipé.

Son armement se compose : 4° de deux canons, du poids de 110 tonnes chacun (du calibre de 0m,41), placés dans une tourelle située à l'avant; 2° d'un canon de 30 tonnes (calibre 0m,28) placé à l'arrière du tillac supérieur; 3° de 12 canons de 0m,15 (poids 5 tonnes), placés dans une tourelle en arrière des canons de 410 tonnes.

Ajoutez à cet armement principal douze canons de six livres de poudre (comme disent les Anglais) à tir rapide, placés sur le faux-

pont, neuf canons de trois livres de poudre à tir rapide, placés sur les tillacs et dans la mâture. Enfin deux fusils Nordenfelt à deux canons de 0m,0254 et quatre autres canons 0m,0127 sont placés sur le tillac du combat et dans la mâture.

La tourelle qui contient les deux canons de 410 tonnes est enveloppée d'une cuirasse en acier, de 0m,42 d'épaisseur. La base de cette tourelle est protégée par un mur en maçonnerie, de 0m,46 d'épaisseur, qui l'entoure complètement et par la cuirasse, dont il a été parlé plus haut.

Les projectiles lancés par ces derniers canons sont du poids de 1800 livres, et la charge de poudre n'est pas moindre de 960 livres.

: - A l'arrière de cette tourelle, de chaque côté du navire, est installée une batterie de 6 canons, du calibre de 0m,13 et du poids de 5 tonnes, qui sont protégés par un cuirassement approprié.

Des mitrailleuses sont installées en haut du mât d'acier.

Le navire porte quatre bateaux -torpilleurs, et est muni de -filets métalliques, pour le protéger contre les torpilleurs ennemis.

Le commandant se place dans la tourelle principale, qui est défendue par une cuirasse épaisse de 26 à 30 centimètres et il communique, de là, ses ordres à toutes les parties du navire, non par des appareils et des fils électriques, mais par dès appareils hydrauliques.

C'est, du reste, une particularité intéressante, que la force hydraulique est employée abord de la Victoria, comme dans plusieurs de nos grands paquebots transatlantiques, en remplacement du travail manuel, nonseulement pour faire mouvoir les lourds fardeaux dans toutes les parties du navire, mais aussi pour actionner différentes pièces de la salle des machines à vapeur, et pour manœuvrer, déplacer et pointer les canons. I

La Victoria est entièrement éclairée par l'électricité, qui sert aussi à mettre le feu aux canons.

Elle est destinée à porter le pavillon des amiraux d'escadre.

Sa vitesse est estimée à 16 ou 17 nœuds.

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