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CHAPITRE VI

LE TIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES. — L'ANCIEN PRO- CÉDÉ DE TIRAGE DES POSITIFS SUR LE PAPIER AU CHLO- RURE D'ARGENT. — LES NOUVEAUX PROCÉDÉS DE TIRAGE DES POSITIFS. — LE TIRAGE AU PLATINE, AU CHARBON, AU FER, AU GÉLATINO-BROMURE D'ARGENT,

Le procédé de tirage des positifs encore le plus répandu est celui au chlorure d'argent, c'est-à-dire le tirage sur le papier imprégné d'une certaine quantité de chlorure d'argent, qui noircit dans les parties qui reçoivent la lumière par les clairs du négatif, et qui reproduit ainsi une image directe, ou positive, du modèle.

Dans les Merveilles de la science, nous avons longuement traité du tirage des épreuves positives sur le papier imprégné de chlorure d'argent, et représenté le châssis à pression dans lequel on place l'épreuve

Fig. 45, 46, 47. — Châssis-presse.

négative avec le papier chloruré, pour l'exposer à la lumière diffuse. Nous avons également fait connaître les moyens de débarrasser le papier des parties de chlorure d'argent non impressionnées par la lumière, c'est-à-dire le fixage de V épreuve positive,, ainsi que le virage, pour donner à l'épreuve le ton voulu. Nous n'avons donc pas à revenir sur ce sujet. Nous nous bornerons à décrire les appareils qui servent aujourd'hui au tirage des épreuves au chlorure d'argent ; car ces appareils ont reçu, depuis la publication de notre Notice, certains changements ou perfectionnements.

Fig. 48. — Châssis-presse anglais.

Les figures 45, 46, 47, 48 représentent les châssis-presse, tels qu'on les emploie aujourd'hui pour le tirage des épreuves au chlorure d'argent.

Nous disons que le tirage des épreuves positives sur le papier imprégné de chlorure d'argent est le procédé encore le plus universellement répandu. Ce n'est pas qu'il soit absolument exempt d'inconvénients. On a reconnu, dès les premiers temps do la création de la photographie sur papier, que les épreuves obtenues sur le papier au chlorure

S. T. II

d'argent ont le grave défaut de s'altérer avec le temps. C'est par suite d'un défaut de soin dans le lavage de l'épreuve, que ce fâcheux résultat se produit. En effet, la plus faible trace de chlorure d'argent , ou d'hyposulfïte de soude, laissée dans la masse du papier, par suite d'un lavage trop peu continué, altère l'épreuve, qui, au bout de quelques années, pâlit, sous l'influence de la lumière, et finit par disparaître presque en entier. Sans doute un lavage long et rigoureux met à l'abri de ce danger, mais il faut toujours s'en préoccuper, car le meilleur opérateur n'est jamais certain que le temps n'altérera pas un jour les dessins qu'il a obtenus avec le plus de soin.

C'est pour parer à cet inconvénient fondamental que, dès l'origine de la photographie sur papier, on a cherché de nouveaux moyens de tirage des positifs, et ici se rangent les nouveaux procédés de tirage, à savoir :

1° Au charbon;

2° Au sel de platine ;

3° Au sel de fer ;

4° Au gélatino-bromure d'argent.

Procédé au charbon. — Le tirage des épreuves par ce procédé est fondé sur le phénomène chimique que Poitevin découvrit, il y a bien des années, et qui consiste en ce que la gélatine mélangée de bichromate de potasse est influencée par la lumière, de façon à devenir insoluble dans l'eau, même dans l'eau chaude ; tandis que la gélatine non touchée par la lumière demeure soluble dans l'eau, et peut être enlevée par des

lavages. Dès lors, si Ton prépare un papier contenant un mélange de bichromate de potasse et de gélatine, et qu'à ce mélange on ajoute une poudre insoluble dans l'eau, c'est-à-dire non impressionnable à la lumière, du charbon, par exemple, on aura un papier sur lequel s'imprimera fidèlement le modèle primitif.

Si, en effet, on expose une feuille de papier enduite de gélatine colorée par de la poudre de charbon, sous un cliché négatif, qu'on l'expose à la lumière un temps suffisant, et ^ qu'on lave ensuite à l'eau tiède, la gélatine se dissoudra dans les parties que les noirs du cliché auront protégées contre les rayons lumineux, et entraînant avec elle la poudre colorée, elle laissera apparaître la surface blanche du papier. Au contraire, dans les parties claires qui ont reçu la lumière, la gélatine, devenue insoluble, reproduira par la couleur noire du charbon les ombres du modèle, après le lavage.

Pour préparer le papier au charbon, on fait dissoudre 200 grammes de gélatine dans un litre d'eau chaude, et on la mélange avec de la poudre de charbon. On étend ce mélange sur le papier, et on applique ce papier sur une glace bien horizontale disposée préalablement. Quand ce mélange adhère suffisamment au papier, on enlève la feuille, et on la fait sécher. Il faut ensuite sensibiliser le papier, en le trempant dans un bain de bichromate de potasse à 5 pour 100, en opérant dans l'obscurité.

Cependant on n'a pas en général la peine de préparer soi-même son papier : on le trouve dans le commerce. Quand on veut s'en servir, on n'a qu'à le sensibiliser, en le faisant flotter sur une dissolution de bichromate de potasse ou de chromate d'ammoniaque, à 3 pour 100 d'eau, et en opérant dans l'obscurité.

On laisse flotter le papier trois minutes, et on le laisse sécher dans l'obscurité. Il faut seulement se servir des feuilles sensi-

bilisées dans les 24 heures ; car au bout de quelque temps, le mélange de bichromate et de gélatine devient insoluble spontanément.

Dans le tirage au charbon, la durée de l'exposition à la lumière est environ moitié plus petite que dans le tirage au papier à chlorure d'argent. Il y a seulement dans le tirage au charbon une particularité à signaler. La couche sensible ressemble à une toile cirée, et ne laisse apparaître d'image qu'au moment du fixage. On ne peut donc suivre les progrès de la venue de l'épreuve. Pour se rendre compte du temps nécessaire au tirage, il faut se servir d'un photomètre.

Le photomètre de Vidal est le plus employé par les photographes dans l'industrie qui nous occupe.

Le photomètre de M. Léon Vidal est fondé sur les colorations successives que prend un papier au chlorure d'argent, selon l'intensité de la lumière qui le frappe. On prend des bandes de papier recouvertes de chlorure d'argent, dans l'obscurité, et on les expose à la lumière du jour, un temps variable, de manière à obtenir toutes les nuances, depuis le brun-clair jusqu'au plus foncé. On compare ces teintes avec celles obtenues avec le papier bichromate fourni par le commerce. Après un ou deux essais préalables, on sait que l'exposition précise d'un cliché doit correspondre à telle ou telle teinte, pour donner une bonne épreuve avec le papier bichromate. On note sur le cliché le numéro qui correspond à cette teinte, et on opère à coup sûr, avec le papier ehromaté.

Il y a, dans le procédé au charbon, un grand inconvénient : c'est que, dans les demi-teintes, la couche de gélatine ne subissant qu'imparfaitement l'action de la lumière n'est insoluble qu'à la surface, et que la partie profonde du mélange, n'ayant pu être attaquée, se dissout, pendant qu'on

SUPPLÉMENT A LA PHOTOGRAPHIE

traite le papier par l'eau chaude. Dès lors, la pellicule impressionnée dans ces parties, n'adhérant pas au papier, est exposée à s'arracher.

Cette difficulté a été surmontée par un artifice très ingénieux, dû à M. l'abbé Laborde (1858), et à M. Fargier (1859). Le papier gélatino-chromaté a deux faces : l'une extérieure, et l'autre qui touche au support. On développe l'image par la face qui n'a pas reçu l'impression de la lumière, c'està-dire par la face adhérente au support.

Pour cela, on colle sur l'épreuve non encore développée un papier préparé spécialement, que l'on nomme papier de transfert, et on place le cliché négatif dans l'eau tiède. Le support se détache peu à peu; l'image adhère au nouveau support, et y ■ conserve ainsi toutes ses finesses.

On fixe l'épreuve par un passage à Palun et un lavage à Te au froide.

L'opération du transfert oblige forcément à retourner le cliché, car la droite est devenue la gauche et inversement. Pour la redresser, il faut transporter de nouveau l'image terminée, sur un dernier support, qui est le support définitif, où elle se retrouve dans le vrai sens.

En faisant usage pellicule pour obtenir l'épreuve négative, l'opération du retournement est plus facile ; il n'y a qu'à prendre la face opposée à celle qui a reçu l'impression lumineuse pour épreuve définitive.

Tel est le procédé dit au charbon, non que le charbon intervienne comme agent photographique, puisque chimiquement c'est un corps absolument inerte, mais parce que la poudre de charbon (qui pourrait être remplacée par une matière pulvérulente colorée quelconque, pourvu qu'elle soit insensible à l'action de la lumière) sert à garantir le papier de l'impression lumineuse,

La description que nous venons d'en donner suffit pour faire comprendre que ce

mode de tirage est d'un emploi plus long que le procédé au chlorure d'argent. Il a, toutefois, l'avantage de donner des épreuves inaltérables, et il est surtout employé par les opérateurs qui se servent des procédés pelliculaires. .

Si l'on remplace le charbon par des poudres diversement colorées, on obtient des . photographies de couleurs différentes, selon la matière ajoutée, ou selon la couleur du papier qui sert de support. C'est ainsi que l'on obtient des images rouges, violettes, bleues, etc.

Le tirage au charbon qui a joui d'une grande vogue, pendant vingt ans, a été â peu près abandonné depuis la création du procédé au gélatino-bromure.

Procédé au platine ou platinotypie. Un procédé de tirage des positifs qui est, au contraire, encore en grande faveur aujourd'hui, c'est la platinotypie, c'est-à-dire le tirage des positifs sur du papier enduit d'un sel de platine. On obtient par cette méthode des images qui ressemblent à des dessins au crayon ou au fusain, genre qu'affectionnent beaucoup d'amateurs. Mais leur principal avantage, c'est que l'épreuve positive étant composée d'un métal inaltérable, le pktine, est absolument indestructible, et sous ce rapport, le tirage au platine doit être recommandé de préférence au tirage au chlorure d'argent. Ajoutons que les manipulations sont simples, rapides, et que l'impression par la lumière exige beaucoup moins de temps qu'avec les papiers au sel d'argent.

Toutes ces considérations expliquent la faveur dont jouit aujourd'hui le tirage des épreuves positives au sel de platine.

Le commerce fournit du papier au platine, pour les tirages des épreuves positives. On le conserve dans des étuis contenant du chlorure de calcium, substance avide d'eau,

qui empêche le papier de s'altérer par

l'humidité.

Yoici comment le papier au platine est préparé dans le commerce. On encolle du papier avec une dissolution , de gélatine, d'arrow-root ou de varech, en prenant 10 grammes de gélatine pour 300 grammes d'eau, et on fait flotter ce papier dans un bain chromaté à 18 degrés et contenant 3 grammes d'alun dissous dans 200 centimètres cubes d'alcool.

Four sensibiliser ce papier, on le plonge, en opérant dans l'obscurité dans une dissolution de chlorure double de platine et de potassium et d'oxalate de peroxyde de fer, dans les proportions de 24 centimètres cubes de solution de platine et 22 centimètres cubes de solution de fer pour 4 centimètres cubes d'eau distillée.

La lumière agit sur le sel de platine en réduisant le sel à l'état métallique et laissant un dépôt de platine pur.

Le papier an platine est d'une couleur jaune citron qui, par l'action de la lumière, se modifie jusqu'à la teinte gris-foncé, ce qui permet de suivre Faction de la lumière sur la couche sensible. L'image n'apparaît donc pas comme sur le papier au chlorure d'argent.

Pour développer, c'est-à-dire pour faire apparaître l'image, on se sert d'un bain composé de 300 grammes d'oxalate neutre de potasse pour un litre d'eau.

Ce bain est placé dans une cuvette en tôle émaillée, que l'on chauffe environ à 70°, sur un fourneau à gaz.

Après le développement on lave les épreuves dans deux ou trois bains d'acide chlorhydrique à 1,5 p. 100 pour enlever le sel de platine et de fer non impressionné. Enfin on lave et on sèche.

On trouve dans le commerce un papier de platine, dit à la sépia, parce qu'il fournit des épreuves d'un ton plus foncé que le papier de platine ordinaire, et qui est analogue à celui de la sépia ou de l'encre de

Chine étendue. Ici le chlorure de platine est mélangé de chlorure de palladium. Les ombres sont plus rigoureusement dessinées qu'avec le papier au platine ordinaire.

On tire les épreuves au papier sépia, comme avec le papier de platine pur. Il faut seulement ajouter au bain de développement du carbonate de soude, ou du succinate de soude, et selon quelques opérateurs, du benzoate d'ammoniaque.

Le tirage au platine donne des épreuves un peu flou, comme disent les artistes, c'est-à-dire n'ayant pas la finesse des lignes des épreuves obtenues par les sels d'argent, surtout avec les papiers albuminés, mais l'extrême finesse n'est pas la qualité que les amateurs recherchent toujours, et l'on apprécie souvent mieux que le léché d'un dessin, le vague et l'estompé, qui rappellent les grands ensembles de la nature.

Tirage sur ' le papier au gélatino-bromure. — Un moyen fort employé aujourd'hui consiste à faire les tirages positifs sur des papiers enduits de gélatino-bromure d'argent, le même produit qui sert à obtenir l'épreuve négative. Ce papier, qui se trouve dans le commerce, est fabriqué en France par M. Mari on, M. Morgan, M. Lami, et en Amérique par M. Eastman. Ce qui le fait rechercher par les photographes, c'est sa grande impressionnabilité, et le peu de temps qu'exige l'exposition à la lumière. En effet, la clarté d'un bec de gaz suffit pour l'impressionner, en quelques secondes. On évite ainsi cette longue exposition à la lumière du jour, qui était nécessaire quand on opérait avec le papier au chlorure d'argent, et on peut travailler à toute heure.

La sensibilité de ce papier est telle qu'en une seconde, à la lumière du jour, et en dix secondes, avec un bec de gaz, placé à 30 centimètres de distance, l'effet est produit. On peut donc obtenir l'épreuve positive sur le même papier qui a servi à donner

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Fig, 49. — Meubles et accessoires rustiques construits eu bois et en liège pour servir de fond aux photographies. . ' (Modèles Fallef .V

l'épreuve négative. Il faut seulement , quand on veut opérer vite, mouiller le papier devant servir au tirage positif, et appliquer sur sa surface l'épreuve négative, encore humide, que l'on vient de retirer du bain. L'eau empêche les deux surfaces impressionnées de se coller l'une à l'autre, et permet de les séparer facilement après l'impression lumineuse.

Pour développer l'image, quand on emploie les papiers Morgan, Marion et Eastman, on se sert d'un bain de 100 grammes d'oxalate de potasse à 25 p. 100 un peu acidulé, de 15 grammes de sulfate de fer à 3 p. 100 acidulé, et de 2 grammes de bromure de potassium à 2 p. 100. On opère comme il suit.

On commence par tremper l'épreuve dans l'eau, pour la ramollir et éviter les bulles d'air. Ensuite on Tégoutte et on la place dans le bain révélateur, le côté impressionné en dessus. L'image apparaît graduellement. On arrête son développement quand les ombres ont atteint la valeur désirée. Après le bain révélateur, on passe l'épreuve, à trois reprises, dans une solution d'acide acétique très étendu, renouvelée chaque fois, et qui sert à dissoudre le sulfate de fer et à l'empêcher de pénétrer dans les fibres du papier. Ensuite on la lave à l'hyposulfite de soude pur, et à grande eau.

Les papiers au gélatino-bromure employés aux tirages positifs ont l'avantage d'une extrême rapidité, mais ils portent en eux un germe de destruction : c'est L'hyposulfite de soude, comme les épreuves tirées au chlorure d'argent. Sous ce rapport on ne saurait prédire à ce procédé un grand avenir, et les tirages au papier platiné ou au charbon assurent seuls une durée indéfinie.

Tirage aux sels de fer. — Il faut consigner ici le tirage aux sels de fer des épreuves positives, parce qu'il est d'un emploi considérable dans les bureaux d'ingénieurs, de constructeurs, de mécaniciens et d'architectes, quand il s'agit de reproduire écono-

miquement et rapidement des dessins et des plans tracés sur papier transparent.

Remarquons cependant que les dessins qu'il s'agit de reproduire ne sont pas des épreuves photographiques, mais des dessins ordinaires et que, sous ce rapport, les procédés de tirage aux sels de fer sortent du domaine des faits que nous considérons ici, c'est-à-dire de la reproduction des épreuves positives. Cette remarque faite, nous pouvons passer en revue et décrire le mode de reproduction aux sels de fer.

Il existe au jourd'hui de nombreux moyens de reproduire par un papier photogénique des dessins ou des épreuves, sans se servir d'aucun appareil, à la seule condition de rendre ces objets transparents. Le modèle sert de cliché, pour obtenir une épreuve négative sur papier. Cette dernière, rendue transparente, est employée, à son tour, comme cliché, pour donner de nouvelles épreuves, qui alors sont positives. Par ce moyen on obtient des copies, qui reproduisent tous les détails du modèle avec ses propres dimensions.

Pour ces reproductions, industrielles, en quelque sorte, on pourrait employer un papier photographique quelconque fourni par le commerce. L'usage a prévalu, dans les bureaux des dessinateurs de machines, chez les ingénieurs et les constructeurs, de faire ces tirages en blanc sur un fond bleu, ou en bleu sur un fond blanc.

Le papier qui sert à cet usage et qui se trouve dans le commerce se prépare en mélangeant deux dissolutions, Tune d'une partie de citrate de fer et d'ammoniaque dans quatre parties d'eau, l'autre d'une partie de prussiate de potasse rouge dans six parties d'eau. On mélange les deux liquides, et on conserve à l'abri de la lumière. Pour l'étaler sur le papier, on se sert d'une brosse et on fait usage de papier huilé.

C'est le papier qui sert à tirer les épreuves. On le place dans un châssis-presse, et si

SUPPLÉMENT A LA PHOTOGRAPHIE

l'on veut obtenir des épreuves à traits blancs t sur un fond bleu, on place le modèle dans le châssis, le côté dessiné touchant la glace, afin d'éviter le renversement de l'image ; et Ton met par-dessus un papier imprégné de ferro-prussiate de potasse, la face sensible du côté du dessin. On expose le tout à la lumière, dans le châssis-presse. Le papier contient un sel de fer (ferrocyanure de potassium) que la lumière réduit en donnant du bleu de Prusse (cyanure de fer et de potassium).

Après un temps convenable d'exposition lumineuse, on plonge le papier dans de l'eau pure, en opérant dans l'obscurité, et on le lave jusqu'à ce que l'eau cesse d'être colorée. L'excès de sel de fer non impressionné est enlevé par l'eau, et le bleu de Prusse fixé demeure sur le papier.

On a ainsi une épreuve négative, caries parties claires de l'objet sont indiquées par une teinte bleue et les traits noirs sont reproduits en blanc, puisqu'ils ont arrêté l'action lumineuse et empêché la formation du bleu de Prusse.

Sil'onveut obtenir des épreuves positives à traits bleus sur un fond blanc, on tire d'abord une épreuve négative en opérant à peu près comme il vient d'être dit. Le cliché négatif transparent ainsi obtenu sert à tirer l'épreuve positive donnant des traits bleus sur un fond blanc. Pour cela, on place le cliché négatif dans le châssis-presse \ le côté sensible en contact avec le cliché. On produit ainsi un second renversement de l'image qui corrige le premier i l'épreuve positive est donc identique au modèle.

Après le fixage et le lavage, on a une copie à traits bleus sur fond blanc.

Tirage des positifs sur verre. — Les photographes font souvent des tirages d'épreuves positives sur verre. C'est ce qu'il faut faire . quand ce cliché a été fendu, ou lorsque, ayant été trop développé^ il nécessiterait

une trop longue exposition pour le tirage.

Dans le premier cas, on fait la retouche de la fente sur le positif et une autre retouche sur le négatif, et le mal est réparé ; dans le second cas, on tire une épreuve sur une plaque sensible. L'épreuve positive étant sèche, on recommence la même opération, et on a un cliché négatif, qui est plus doux que l'original, et qui fournira un bon tirage.

Le grand emploi des épreuves positives sur verre, c'est la reprod action des objets d'histoire naturelle, d'appareils de physique, de mécanique, d'astronomie, ou les vues de monuments, qui doivent servir aux projections, dans renseignement et les cours publics. Il y a là un grand débouché de photographies positives sur verre. Le commerce de l'optique fournit ces clichés, mais il est facile de les produire soi-même, pour des recherches, ou pour des conférences et cours, en opérant comme il suit : On emploie des glaces au gélatino-bromure, pour obtenir l'image négative, et on la développe aux sels de fer, selon le procédé ordinaire. Pour tirer l'épreuve positive, on emploie également la glace gélatinobromurée. On obtient ainsi des épreuves de petit format, qui, agrandies dans la lanterne magique servant aux projections, rendent très bien les détails du modèle.

Les épreuves photographiques tirées sur verre et recouvertes de vernis copal ont été employées, dans ces derniers temps, pour remplacer économiquement les vitraux peints des églises. On s'en est servi également pour imiter en noir les vitraux colorés qu'il est de mode aujourd'hui de placer aux fenêtres.

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