‹ Les merveilles de la science, ou Description populaire des inventions modernes. Suppléments. 6Chapitre 76 sur 130 · S. T. TT · texte numérisé non relu

S. T. TT

après quoi on les lave et on les sèche.

Ces feuilles ont toutes les propriétés de la cellulose. On les chauffe à une température élevée, et l'on obtient un filament de charbon d'une grande résistance électrique et d'une parfaite homogénéité.

Pour fixer le filament dans le charbon, on l'attache à un fil de platine, terminé par des boucles de jonction, et on l'introduit dans un culot en verre, qui se soude à l'ampoule, pour former sa partie inférieure. On réunit les boucles et les filaments au moyen de petits boulons.

M. Weston fait usage, pour supporter ses cloches, d'une douille particulière, qui établit ou ferme le passage du courant d'une façon très simple.

Une lampe à incandescence nouvelle, qui se fabrique à Paris, est la lampe Cruto, dont le mode de fabrication est assez original.

On prend un fil de platine recouvert d'un dépôt d'argent assez épais, et on passe ce fil à la filière, jusqu'à ce que son diamètre soit d'un dixième de millimètre. On dissout l'enveloppe d'argent, à l'aide d'acide azotique, et l'on obtient ainsi un fil de platine, d'un centième de millimètre de diamètre. On le coupe à la longueur voulue, et on le recourbe en forme d'U ; puis on le fixe, par ses deux extrémités, à deux pinces métalliques, isolées l'une de l'autre, et montées sur un support. Le tout est alors enfermé dans une ampoule de verre, dans laquelle on fait passer un courant de gaz hydrogène bicarboné, et Ton fait traverser le filament par un courant électrique. La chaleur du courant décompose le bicarbure d'hydrogène, et laisse un dépôt de charbon sur le filament, Lorsque le dépôt de charbon a acquis l'épaisseur désirée, on arrête le courant, et l'on fixe le filament sur des supports de platine, à l'aide d'un dépôt de charbon, obtenu également par la décomposition électrolytique du bicarbure d'hydro-

gène. Le tout est introduit dans l'ampoule, où on fait le vide; puis on ferme la lampe.

Ces lampes sont généralement munies d'un culot en vitrite.

Les quatre types de ces lampes fournissent un éclairage de la valeur de 10, 16, 32 et 50 bougies.

Nous venons de faire connaître les principales lampes à incandescence en usage en France, en Angleterre et aux États-Unis. Il nous reste à dire que, depuis quelque temps, on commence à employer des lampes à incandescence avant l'ambition d'entrer en concurrence avec les lampes à arc et les bougies Jablochkoff.

En forçant la tension du courant, on espère produire un éclairage supérieur à celui des lampes à incandescence ordinaires, et se rapprochant de celui des lampes à arc.

On a beaucoup remarqué, à l'Exposition universelle de 1889, les lampes Sunbeam, qui répondaient au programme sus-indiqué.

Spécialement construites pour des intensités lumineuses variant depuis 150 jusqu'à 1500 bougies, ces lampes conviendraient pour l'éclairage de grands espaces. Leur rendement lumineux est considérable, comparativement à celui des lampes à incandescence ordinaires, et la durée de leur service est beaucoup plus longue. Les globes dont on entoure les foyers lumineux, sont de grandes dimensions. Les types existants ont la puissance de 150, 200, 300, 400, 500, 600, 800, 1000, 1200, et 1500 bougies.

L'avantage de ce nouveau système serait de produire la même puissance éclairante que les bougies Jablochkoff, ou les lampes à arc, sans nécessiter le remplacement quotidien des crayons de charbon. C'est ce qui pourra amener le succès de ce nouveau système. La main-d'œuvre est, en effet, plus qu'une dépense : c'est une sujétion, qui présente quelquefois de graves inconvénients.

C'est à l'expérience à prononcer, sur les avantages de la substitution dont il s'agit. Si le prix de la main-d'œuvre et celui des crayons de charbon diminuait, ou bien si la dépense de la force motrice s'abaissait, il pourrait arriver que la bougie Jablochkoff et la lampe à arc cédassent le pas aux lampes à incandescence à éclairage intensif. Mais ni l'expérience ni la pratique n'ont encore prononcé sur cette question, et l'avenir de cette innovation est problématique. Avec les lampes à incandescence on produit un éclairage aussi puissant qu'on le désire, en multipliant les becs. Il n'est pas prouvé qu'il y eût avantage économique à accroître la lumière obtenue par incandescence, dans une même ampoule de verre, pour lutter contre les bougies électriques ou les lampes à arc.

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