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CHAPITRE IV

sources d'électricité pour l'éclairage, la machine dynamo-électrique.

Le courant électrique qui doit fournir aux lampes à arc et aux lampes à incandescence leur illumination, au moyen des procédés et appareils que nous venons de faire connaître, peut être fourni par trois sources :

1° Par les machines dynamo -électriques, que l'on nomme, par abréviation, machines dynamos ou dynamos ;

2° Par les accumulateurs ;

3° Par la pile voltaïque.

Les machines dynamos sont employées pour fournir le courant aux lampes à arc et aux lampes à incandescence.

Les accumulateurs servent comme source auxiliaire, tenue en réserve, en cas d'accident, pendant la durée du service de l'éclairage.

Quant aux piles voltaïques, elles ne sont pas applicables à un éclairage important. Le

Fig. 336. — Machine dynamo-électrique Edison.

faible courant qu'elles produisent, ne saurait être utilisé que pour des éclairages de peu de durée, d'une soirée tout au plus. Nous ne les citons ici que pour mémoire, leur rôle étant presque nul, comparé aux deux autres sources d'électricité.

Machines dynamo-électriques oudt/namos.

— Nous avons consacré dans le premier volume de ce Supplément, un long" chapitre et de nombreux dessins à décrire les principales machines dynamo-électriques, en distinguant les machines produisant un courant d'électricité continu et les machines donnant un courant alternatif (1).

Nous avons décrit et figuré, dans le

(1) Pages 432-451.

chapitre qui leur est consacré, les machines dynamos à courant continu de MM. Gramme, Siemens, Bréguet, Brùsh, Edison, Bourgoin, Sehukert, Gérard, Weston, Elmore, Mathé, etc.

Nous ajouterons ici, comme appareils construits depuis, ou récemment perfectionnés, les machines à courant continu de M. Edison, en Amérique, de M. Bréguet, en France, de M. Jaspar, en Belgique et de M. Thomson Houston, aux États-Unis.

. Dans la machine dynamo - électrique Edison, que nous avons représentée par la figure 375 (page 440) du tome Ier de ce Supplément, Yinduit était constitué par des fils se croisant d'un côté de l'âme cylindrique, et, Rattachant, de l'autre côté de l'âme,

Fig. 337. — Machine dynamo-électrique Bréguet.

aux lamelles du collecteur. Une plaque de zinc très épaisse séparait les pièces polaires du bâti de la machine, afin de l'isoler, au point de vue magnétique, du reste de la dynamo.

En 1886, la Société -Edison a construit, dans ses ateliers d'Ivry (Seine), d'après les études et les calculs de M. Pirou, directeur de ces ateliers, un nouveau type différant, par quelques dispositions secondaires, de celui que nous avons décrit, et qui est surtout remarquable par ses dimensions. Une de ces machines a été installée dans les sous-sols de l'Opéra de Paris. Nous la représentons dans la figure 336. Le poids total de ce puissant appareil, qui alimente, à l'Opéra, 1000 becs à incandescence, de la valeur de 46 bougies, est du poids.de 100 tonnes. Il donne 95 pour 100 d'effet utile du courant électrique engendré.

A l'Opéra, chaque machine dynamo est actionnée séparément par une machine à

vapeur à grande vitesse de MM. Wehyer et Richemond, de la force de 150 chevaux.

C'est une des plus puissantes qui existent aujourd'hui en Europe.

Nous avons décrit, dans le tome Ier de ce Supplément, la machine dynamo de M. Bréguet. Un type un peu différent, et qui est d'un assez grand usage pour l'éclairage électrique, a été construit depuis. Nous le représentons dans la figure 337.

L'induit est un anneau Gramme, muni d'un collecteur cylindrique, et de balais, également du système Gramme.

L'inducteur est composé de deux barres horizontales, garnies de fils et de deux fortes traverses verticales.

Les pièces polaires sont fixées au milieu dés barres horizontales. Les paliers sont très larges.

La poulie est placée entre deux paliers complètement indépendants de la machine qui est entraînée au moyen d'un accouple-

Fig. 3S8. — Machine dynamo-électrique Thom son-Houston.

ment élastique fort ingénieux, imaginé par M, Raffard. Une autre disposition nouvelle amortit les vibrations dues au moteur et assure à l'arbre moteur un mouvement très régulier.

Les machines dynamos de M. Bréguet sont installées à bord de différents navires, notamment de la Champagne , de la Bretagne^ du Lafayette, et du Saint- Germain, de la Compagnie transatlantique, sur trentedeux bateaux du service des « Express » de la Seine ; aux raffineries de Saint-Louis, à Marseille, etc.

Én Belgique, on se sert beaucoup des machines dynamos construites à Liège, par M. Jaspar, qui le premier, dans son pays, a construit de grands appareils électriques industriels, et à qui l'on doit les installations de lumière électrique des mines de Seraing (le Greusot de la Belgique), de Raismes, de Gamand, et celle de la place des Nations, à Bruxelles.

La machine dynamo-électrique de M. Jaspar, a un induit très allongé. U inducteur . est formé de deux pièces de fonte verticales.

Dans les appareils de la place des Nations, à Bruxelles, M. Jaspar a remplacé la

potence fixe supportant le foyer, par des mâts à bascule de son invention, qui permettent de garnir le régulateur de crayons, sans le secours d'une échelle.

La machine dynamo-électrique la plus en usage aux Etats-Unis, est celle de MM. Thomson-Houston, qui éclaire un grand nombre de voies publiques et d'ateliers. Elle a été -importée en France; et à l'Exposition de 1889, elle desservait une partie du circuit électrique qui distribuait la lumière dans les différentes salles.

La machine dynamo Thomson-Houston doit son succès au système de régulateur qui maintient constante l'intensité du courant électrique, quelle que soit la résistance intérieure, et à un petit appareil, appelé soufflerie, qui empêche la destruction du collecteur par les étincelles électriques. Grâce au régulateur automatique, le courant peut varier depuis la plus faible intensité jusqu'au nombre total de lampes qu'il s'agit d'alimenter, et la vitesse peut augmenter dans la même proportion, sans nuire au bon fonctionnement du circuit.

Nous donnons, dans la figure 338, la vue d'ensemble de la machine dynamo Thom-

son-Houston, et dans la figure 339 une coupe partielle.

\J inducteur est formé d'électro- aimants en fonte, I (fig. 339), placés sur le pro-

Fig. 339. — Coupe de l'inducteur de la machine . ThomsoD-Houston.

longement l'un de l'autre et sur lesquels s'enroulent les fils de la bobine, C. Deux barres de fer, ôb, maintiennent ce système rigide. Entre les cylindres I, se place Yinduit, A, qui est sphérique, et qui est

A.SiBUT: ?

Fig. 340- — Induit et bobine de la machine Thonison-Houston.

enveloppé presque entièrement par les bo- ; bines de l'inducteur. Au centre de Y induit, \ ou armature, A, passe l'arbre moteur : on en voit la section en X.

Cet induit, A, a la forme d'une sphère

légèrement aplatie. Son noyau est composé d'une carcasse en fer ayant la forme d'un sphéroïde monté sur l'arbre X (fig. 340). Les pièces polaires sont deux disques de fonte, reliés par une série de traverses isolées, munies de tenons. Sur ces traverses est enroulée une certaine quantité de fils de fer g, g, recouverts de gomme-laque. On recouvre le noyau de l'armature ainsi formée de plusieurs couches de papier isolant, sur lequel on enroule le fil de cuivre isolé.

Nous omettons l'organe de la machine Thomson-Houston qui est particulier aux machines à arc, et qui ne se trouve pas dans les machines pour l'éclairage par incandescence ; nous voulons parler de la soufflerie, qui sert à préserver les collecteurs d'une usure trop rapide, moyennant une injection d'air froid.

Le régulateur automatique constitue la nouveauté de cette machine dynamo. L'effet de cet appareil est rapide et sûr; on peut éteindre ou allumer un grand nombre de becs à la fois, sans troubler la marche des autres.

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