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LES USINES CENTRALES D'ÉLECTRICITÉ. — LES USINES CENTRALES DE PARIS

Après ces considérations générales sur les usines centrales d'électricité, nous passons à Ténumération et à la description de celles qui existent aujourd'hui en France et à l'étranger.

Les usines centrales de Paris, — Dans une séance du mois de décembre 1888, le conseil municipal de Paris adopta le projet d'une commission qui avait été instituée pour prendre connaissance des demandes de concession faites par six compagnies d'éclairage électrique, à savoir : la Compagnie continentale Edison ; la Société Géraldy- Deprez; M. Gaston Sencier; la Société du secteur de la place Clichy ; la Compagnie Victor Popp ; la Compagnie parisienne électrique,

La création d'une usine pour l'éclairage des Halles, ayant été décidée, des soumissions avaient été présentées par M. Belle ville , par MM. Weyher et Richemond, Lecouteux

s. ï. II. .

et Garnier, par la Compagnie continentale Edison, et M. Patin. Elles ne furent pas acceptées. La ville décida d'exécuter ellemême l'usine destinée à éclairer les Halles.

L'usine municipale des Halles :'a été inaugurée le 1er décembre 1889. Nous en donnerons la description plus loin.

Les concessions pour l'éclairage de certains quartiers de Paris furent accordées comme il suit :

Le réseau dévolu à M. Gaston Sencier comprenait l'avenue de la Grande- Armée, l'avenue des Ghamps-Élysées, les rues de Rivoli, du Louvre, Montmartre, du Faubourg-Montmartre, de Châteaudun, de Londres, de Constantinople, de Rome, Cardinet et de Tocqueville.

Le secteur attribué à la Société anonyme d'éclairage électrique du secteur de la place Clichy, comprenait : le boulevard Pereire, la rue de Rome, le boulevard Haussmann, la rue du Havre, la rue d'Amsterdam l'avenue de Clichy, l'avenue de Saint-Ouen, jusqu'aux fortifications.

Le secteur de la Compagnie continentale Edison partait de l'avenue de Saint-Ouen (porte de Saint-Ouen) et était délimité par l'avenue de Saint-Ouen, l'avenue de Clichy, la rue de Clichy, la chaussée d'Antin; les grands boulevards jusqu'à la rue de Richelieu, la place de la Bourse (côté des numéros impairs), la rue Joquelet, la rue" Montmartre, les grands boulevards jusqu'à la rue du Faubourg-Saint-Denis, le commencement de la rue du Faubourg-Saint-Denis, le faubourg Saint-Denis jusqu'à la rue d'Enghien, la rue Bergère, la rue du Faubourg- Montmartre, rue Grange-Batelière, rue Geoffroy-Marie, rue Richer, cité Trévise, rue Bleue, rue La Fayette, place Cadet, rue Rochechouart, boulevard Rochechouart , rue de Clignancourt, rue Ordener et rue du Mont-Cenis.

La Compagnie parisienne d'électricité Victor Popp a son réseau délimité ainsi :

rues de Bellevilie, du Faubourg- du -Temple, place de la République, boulevards Saint-Martin, Saint-Denis, Poissonnière, Montmartre, des Italiens, des Capucines, de la Madeleine, rue Royale, rue de Rivoli (traversée), place de la Concorde, quais des Tuileries, du Louvre, de la Mégisserie, de Gesvres, de l'Hôtel-de- Ville, des Célestins, Henri IV, place Màzas, quai de la Râpée et quai de Bercy jusqu'aux fortifications.

La Compagnie parisienne électrique a son secteur ainsi délimité : boulevard Ornano (porte Clignancourt), boulevard Barbès, rue du Faubourg-Poissonnière, rue Notre- Dame-de-Recouvrance, rue des Petits-Carreaux, rue Montorgueil, rue Baltard, rue du Pont-Neuf, quais des Orfèvres, quai du Pont-Neuf, rue de la Cité, parvis Notre- Dame, pont d'Arcole, rue du Temple, place de la République, rue du Faubourg-du- Temple, rue de l'Entrepôt, de Lancry, des Récollets, rue du Faubourg-Saint-Martin, rue de Flandre.

Le secteur de la Société anonyme pour la transmission de la force par Vélectricité [procédé Marcel Deprez) part de la porte de Clignancourt, pour être délimité par le boulevard Arnaud, le boulevard Barbès, le boulevard de Magenta, la place de Roubaix, la rue de Dunkerque, le boulevard de Denain, la rue du Faubourg- Saint-Denis, la traversée des grands boulevards, la rue d'Aboukir, la rue du Caire, le boulevard de Sébastopol, le boulevard Saint-Martin, la place de la République, la rue de la Douane, le quai de Valmy et la rue d'Allemagne.

Telle est la répartition qui fut faite par la commission du conseil municipal, à la fin de Tannée 1888, aux diverses Compagnies qui avaient sollicité les concessions de l'éclairage des rues de Paris, par l'électricité. Chacune de ces sociétés se mit à l'œuvre aussitôt.

Dès le mois de juin 1889, la Société Popp, qui emploie l'air comprimé pour

fournir la force motrice et actionner les dynamos^ et qui fait usage de lampes à arc, avec les appareils Thomson-Houston, avait terminé l'installation de Péclairage électrique sur les grands boulevards.

Les lampes à arc avec régulateur, au nombre de 44, sont placées à 40 mètres les unes des autres, sur les trottoirs ou sur les refuges établis au milieu de la chaussée. Une machine dynamo à haute tension, de 2 500 volts et 30 ampères, excitée par unedynamo Gramme, fournit le courant. Des fils de cuivre, enveloppés d'une toile caoutchoutée, d'une couche de gutta-percha et d'une enveloppe en plomb, forment les câbles. On a placé ces câbles dans des conduites en fonte, de 20 centimètres de diamètre.

Une somme de 200 000 francs a été allouée aux trois sociétés chargées de l'éclairage des boulevards; ce qui donne 50000 francs pour prix de revient du kilomètre, par an.

La force employée pour alimenter d'électricité les stations par îlots, est de 590 chevaux-vapeur, pour les lieux suivants : rue Meyerbeer, 50 chevaux ; place de la Madeleine, 50; rue de Bondy, 50; passage des Panoramas, 100; rue Caumartm, 150; boulevard des Capucines, 50 ; rue Sainte- Anne, 20, rue de Franche-Comté, 20; Nouvelle- Bastille, 100.

Trois stations centrales, qui étaient en formation au mois d'août 1889, utilisent: rue Boissy-d'Anglas, 2000 chevaux; Bourse du Commerce, 2000; rue Dieu, 1000; soit 5000 chevaux, dont 1250 de réserve, pour alimenter par des accumulateurs 150 000 lampes à incandescence.

U éclairage municipal comprend 40 lampes à arcs de 2000 bougies chacune, ainsi réparties : rue Royale, 14; place de la Madeleine, 7; boulevard des Capucines, 6; place de l'Opéra, 8.

Les théâtres et concerts utilisent : 275 chevaux-vapeur., 176 lampes à arc et 1053 lampes à incandescence.

SUPPLÉMENT À I?ART DE L' ÉCLAIRAGE

Les hôtels : 52. chevaux et 360 lampes à. incandescence.

Les journaux : 95 chevaux- vapeur ; 9 arcs et 680 lampes à incandescence.

Les cafés-restaurants : 136 chevaux-vapeur, 49 arcs et 4066 lampes à incandescence.

Les cercles : 433 lampes à incandescence.

Divers : 1 34 chevaux ; 55 arcs et 1 31 7 lampes à incandescence.

Le secteur de la Société Rothschild-Marcel Deprez comprend, entre autres, les boulevards Ornano, Barbès, Magenta, Sébastopol, les rues d'Aboukir, du Faubourg-Saint- Denis, la place de îa République et le boulevard Saint-Martin.

La distribution est -faite â 128 volts par réseau, à deux conducteurs et feeders : ce qui permet de mettre deux régulateurs en tension, concurremment avec des lampes à incandescence, de grande résistance; la perte consentie est de 1,5 volt dans le réseau distributeur, et 12 volts dans les feeders.

L'alimentation du réseau est faite en partie par des accumulateurs, rechargés le jour} et débitant, la nuit, en dérivation sur les machines.

Au commencement du mois d'août 1889, deux stations centrales seulement étaient en activité; l'une, rue de Bondy, 70, et l'autre, rue des Filles-Dieu.

La station de la rue de Bondy desservait, au môme moment, les théâtres de l'Ambigu, des Folies-Dramatiques, de la Porte-Saint- Martin et de la Renaissance. Pour cet éclairage, elle a deux machines à vapeur demifixes horizontales Weyher et. Richemond, de 75 chevaux chacune, commandant 4 dynamos Desroziers de 250 ampères et 120 volts ; plus, deux machines Lecouteux, de 70 chevaux chacune, actionnant 2 dynamos Thnvy, qui débitent 500 ampères et 120 volts, à la vitesse de 375 tours, et en outre, 8 tonnes d'accumulateurs.

. En vue de l'éclairage public, on a installé quatre groupes, composés chacun d'un moteur Weyher et Richemond de 140 chevaux, et d'une dynamo Bréguet, débitant 750 ampères, sous une tension moyenne de 1 40 volts, à la vitesse de 200 tours à la minute.

Des accumulateurs sont également employés pour l'éclairage public; leur poids total est de 75 tonnes, et ils peuvent fournir un courant de 1000 ampères, avec 135 volts.

A la station de la rue des Filles-Dieu, 2 moteurs Weyher et Richemond, de 120 chevaux, actionnent chacun une dynamo Marcel Deprez, de 100 chevaux-électriques.

Les deux stations dont il s'agit, sont reliées à la canalisation de distribution par 13 feeders, dont 7 pour la rue de Bondy et 6 pour la rue des Filles-Dieu.

L'éclairage public comprenait, au commencement d'août 1889, 25 lampes à arcs, de 10 ampères, réparties entre la piace de la République et la porte Saint-Denis. La lanterne, de verre clair, différencie seule ces candélabres de ceux de la Compagnie Edison.

L'éclairage électrique de la place du Carrousel dépendait d'abord d'une station spéciale établie par la Société lyonnaise de constructions mécaniques. La Compagnie continentale Edison, chargée aujourd'hui de ce service, a fait établir, au mois d'août 1889, une canalisation, qui relie la place du Carrousel à sa station du Palais-Royal. Les câbles traversant la place du Palais-Royal et la rue de Rivoli, sont placés dans les égouts. Ils sont isolés et sous plomb, jusqu'au guichet de Rohan; mais de là, et tout autour de la place, les fils sont nus, et portés par des isolateurs en porcelaine. Seize lampes à arc, avec régulateur de 10 ampères, du système Pieper, fixées sur des potences de 6 mètres de hauteur, assurent l'éclairage.

L'éclairage électrique du palais de FÉlysée par la Compagnie continentale Edison, est la première installation de Paris où les transformateurs aient été employés pour alimenter, à distance, les lampes électriques. Une dynamo Zipernowsky, à courants alternatifs, fut installée dans l'usine du Palais-Royal , pour desservir les transformateurs de l'Elysée. Deux câbles en cuivre constituent la canalisation entre ce palais et l'usine; ces câbles ont une section de 50 millimètres; ils sont très bien isolés et fixés à la voûte des égouts.

Les transformateurs sont au nombre de douze ; ils sont montés en dérivation sur les deux câbles. La tension sur le circuit primaire est d'environ 1800 volts. Chaque transformateur alimente un circuit de distribution, sur lequel les lampes à incandescence, de 44 volts chacune, sont reliées, d'après le système d'Edison, à trois fils.

L'éclairage électrique comporte % 000 lampes à incandescence ; il est installé dans les salles des fêtes et dans tous les salons du rez-de-chaussée. Les lampes sont fixées sur des lustres et sur des appliques. La fixité de la lumière est remarquable.

Puisque nous venons de citer les diverses stations centrales desservies par la Compagnie Edison, nous donnerons la description de celle du Palais-Royal.

Cette station est établie dans un sous-sol de la seconde cour du Palais-Royal, où l'on arrive par une galerie souterraine, qui débouche dans la rue de Valois. La surface qu'elle occupe est rectangulaire, et longue de 28m,65 sur 18 mètres de largeur. Elle est divisée en deux parties principales : la grande salle des machines, de 21 mètres de long et 18 mètres de large, et la salle des générateurs, qui a 6m,15 de longueur sur 18 mètres de largeur.

Cette dernière salle renferme 5 générateurs Belleville, qui fournissent 1800 kilo-

grammes de vapeur à l'heure ; elle est disposée pour recevoir plus tard deux autres chaudières* L'alimentation de l'eau est procurée par trois réservoirs placés sous les constructions de la rue de Valois ; la contenance de ces réservoirs est de 158 mètres cubes. On les remplit au moyen d'un puits et d'une pompe centrifuge, actionnée par une dynamo Edison, ou par les conduites d'eau de la ville. La fumée des foyers s'engage dans une conduite de 24 mètres de longueur, aboutissant à une cheminée, située sur la rue de Valois, et où arrive également le tuyau de décharge de la vapeur de condensation, ce qui en active le tirage.

La salle des machines est située à l'extrémité du couloir d'accès. Elle est éclairée par un dôme vitré, et renferme les condenseurs, les machines à vapeur, les dynamos et le tableau de distribution. Les deux condenseurs fournissent la vapeur aux machines à vapeur, au moyen d'une conduite en V, qui permet de lès alimenter ensemble ou séparément, ou de prendre, en cas d'accident arrivé à un joint, la vapeur sur une branche ou sur l'autre.

Les machines à vapeur, au nombre dé 8, sont placées sur deux rangs parallèles, au milieu de la salle, deux de chaque côté. Ces machines sont du système Weyher et Richemond, à triple expansion, avec 4 cylindres, dont 2 superposés ; elles marchent à 160 tours et ont une puissance de 150 chevaux.

Chaque machine à vapeur actionne directement et sans transmission intermédiaire, une dynamo Edison.

Les machines dynamos, du même type que celles de l'Opéra, fournissent, à 150 tours par minute, 800 ampères et 101 volts. Elles se trouvent derrière les machines à vapeur qui les commandent, et sont reliées, deux à deux, en tension.

La distribution du courant s'effectue par le système à trois fils ; des feeders partent de l'usine, et arrivent en divers points du

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circuit d'alimentation ; celui-ci est fermé et fait le tour du jardin.

Les câbles conducteurs sont installés dans

les égouts, sur les deux grands côtés du jardin, et sur le petit côté où se trouve l'usine. Ces conducteurs sont soutenus par des sup-

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ports en porcelaine, fixés à la voûte. Sur le quatrième côté du jardin, où il n'y a pas d'égout, on a placé des câbles sous plomb.

dans l'intérieur d'une conduite en fonte, posée dans une tranchée.

Sur le circuit d'alimentation dont il vient

d'être question, sont branchées les dérivations des abonnés. Elles se composent d'un câble sous plomb, qui aboutit à un compteur, muni de deux interrupteurs, un du côté du réseau et un autre correspondant à un tableau de distribution.

Les grands clients de la station centrale du Palais-Royal se trouvent aux extrémités du circuit; ce sont les deux théâtres du Palais-Royal et de la Comédie-Française ; ensuite le conseil d'État, la cour des comptes, l'Administration des bâtiments civils et des beaux-arts, etc. L'usine doit encore éclairer, plus tard, les galeries et les arcades du Palais-Royal et des immeubles attenants.

La puissance de cette station peut être ainsi portée jusqu'à 42 000 lampes, de 16 bougies.

Parmi les usines centrales parisiennes, nous devons citer encore celle du passage des Panoramas, qui éclaire le théâtre des Variétés, ainsi que quelques cafés environnants ; et celle de la cité Bergère.

La première, qui peut fournir le courant électrique â 1500 lampes à incandescence de 10 bougies a été créée par M. Lippmann, et achevée par la Société d'éclairage électrique, à laquelle elle appartient. Nous représentons cette petite usine dans la ligure 361.

La station de la cité Bergère a été créée par MM. Mildé et Clerc. La Compagnie Edison participe à son exploitation.

Elle dessert actuellement environ 4 400 lampes, réparties dans les premières maisons du faubourg Montmartre et dans le pâté compris entre ce faubourg et la rue Drouot, d'une part, le boulevard Montmartre et la rue Grange-Batelière, d'autre part.

Elle emploie 2 locomobiles de 60 chevaux et 4 dynamos Gramme ; 120 accumulateurs sont destinés, en cas d'accident, à remplacer Tune des dynamos^ de telle sorte que le ser-

vice des lampes se trouve toujours assuré.

Les conducteurs sont nus : ils franchissent la rue, en passant au-dessus des maisons portés sur des isolateurs en porcelaine, par des poteaux fixés sur les toits. Les conducteurs principaux, formés d'une tresse de fils de cuivre, ont une section de 75 millimétrés carrés.

L'électricité se vend aux consommateurs 16 centimes par ampère-heure ce qui met le prix de la lampe-heure de 10 bougies à 4,8 centimes l'heure. A Paris le bec de gaz d'une carcel, consommant 120 litres à l'heure, coûte 3,6 centimes. La lumière électrique est donc, ici, de 30 pour 100 plus chère que le gaz.

La Société d'appareillage et d'éclairage électriques est chargée de l'éclairage de la gare Saint-Lazare. Cette installation comprend : les cours de la banlieue et du départ des grandes lignes, ainsi que la rue intérieure qui les réunit; — les vestibules et sous-sols établis au niveau des cours et de la rue intérieure ; — la grande salle des Pas- Perdus, au premier étage, allant de la rue de Rome à la rue d'Amsterdam; — les salles d'attente ; — les quais, et les voies sous les halles couvertes, jusqu'au pont de la place de l'Europe; — enfin, les salles de bagages à l'arrivée des grandes lignes.

L'ensemble de l'éclairage de là gare Saint- Lazare est fourni par 100 lampes à incandescence, de 10 et 16 bougies, 153 lampes à arc de 40 carcels, et 18 lampes à arc de 25 carcels.

La Compagnie de l'Ouest s'est réservé le droit de faire varier le nombre et l'emplacement des lampes. Les installations de la force motrice permettent de porter aux chiffres suivants, s'il est jugé utile, le nombre des lampes indiqué plus haut :

Pour les lampes à incandescence de 10

à 16 bougies

Pour les lampes à arc de 40 carcels 175

— de 25 carcels.. ... 20

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L'usine qui produit le courant, est située à la tête du tunnel des Batignolles. Trois générateurs Belleville, pouvant produire 2000 kilogrammes de vapeur à l'heure, alimentent trois machines à vapeur Lecouteux et Garnier, de 140 chevaux, tournant à 180 tours par minute. Chacune de ces machines commande deux dynamos Gramme, de 450 ampères èt 100 volts, groupées en tension, et montées sur des châssis tendeurs. Deux groupes suffisent à l'éclairage, le troisième est en réserve.

La canalisation entre l'usine et le poste central, se compose de câbles, de 20 centimètres de section, dont l'enveloppe varie suivant les positions' successives qu'ils occu- pent. Depuis l'usine jusqu'au pont de la place de l'Europe, les câbles sont sous plomb, et reposent sur des supports en fer galvanisé. Au delà, jusqu'à la tête des quais, les câbles sont sous tresse de soie ou coton revêtus de caoutchouc, et maintenus par des isolateurs en porcelaine, fixés par des brides sur des supports analogues aux précédents. De la tête des quais au tableau-de distribution, les câbles sont- sous plomb.

La canalisation secondaire réunissant chaque lampe à arc au tableau de distribution du poste central, est faite au moyen de câbles sans tresse, d'une ëection de 3 à 5,5 millimètres, suivant les distances des lampes au tableau.

Parmi les lampes de 10 carcels, 43 sont à découvert; les 110 autres lampes sont abritées.

Les prix sont les suivants, par heure d'éclairage, pour chaque espèce de lampes :

1° Pour les lampes à incandescence de

10 bougies. . . : 0fr,05

2° Pour les lampes à incandescence de

16 bougies 0 ,05

Za Pour les lampes à arc voltaïque de

25 carcels. , 0 ,30

4° Pour les lampes à arc voltaïque de

40 carcels. . ... . 0, 40

Nous terminons ce tableau des installations parisiennes d'éclairage électrique, par la description de l'usine du pavillon des Halles centrales;

Nous avons dit que l'administration de la ville de Paris n'ayant pas voulu se soumettre aux conditions des Compagnies, avait décidé de faire construire elle-même cette usine, qui a été établie en vue de fournir de la lumière électrique à la consommation privée.

L'usine est destinée à l'éclairage des Halles et du triangle formé par les rues du Pont-Neuf, de Rivoli, des Halles, et aussi desi rues Coquillière , des Petits-Champs , et de l'avenue de l'Opéra, jusqu'aux grands boulevards. La chambre des machines, qui constitue l'usine proprement dite, occupe la moitié sud du sous-sol du pavillon I1L Elle comprend deux groupes séparés, de types absolument différents, et qui constituent, à proprement parler, deux usines tout à fait distinctes.

La première est composée de trois machines à vapeur à triple expansion, de 150 chevaux chacune, du système vertical. Elles actionnent 6 dynamos Edison, assemblées deux à deux, en série, selon le procédé dit « à trois fils » et produisant un courant continu, de 220 à 230 volts.

Ce groupe fournit l'éclairage des Halles centrales, composé de 500 lampes à incandescence de 16 bougies, placées dans les sous-sols, et de 180 lampes de 5 et 10 ampères, suspendues dans les pavillons. Le même courant alimente ensuite un circuit d'éclairage particulier, qui dessert le triangle formé par les rues du Pont-Neuf, de Rivoli et des Halles.

Le second groupe agit à haute tension.

Il se compose de trois machines à vapeur horizontales, de 11 chevaux chacune, actionnant trois dynamos, à courants alternatifs.

Ces machines envoient leur courant dans une canalisation établie rue Coquillière,

rue des Petits -Champs, et avenue de l'Opéra jusqu'aux boulevards.

La puissance de l'usine municipale sera donc de 960 chevaux, dont 640 seront seuls employés, un tiers étant consacré à la réserve. Elle pourra, en dehors de l'éclairage des Halles centrales, alimenter de 1200 à 4500 lampes dans le circuit du premier groupe, et de 4000 à 5000 dans le second groupe.

L'inauguration de l'usine municipale des Halles centrales, eut lieu le dimanche 1er décembre 1889. Elle était présidée par M. Yves Guyot, ministre des travaux publics, ayant à ses côtés MM- Rousselle, président du conseil municipal, Lozé, préfet de police, plusieurs sénateurs et députés, et la plupart des conseillers municipaux.

Nous disons que la force actuellement disponible pour l'usine centrale des Halles, est de 960 chevaux- vapeur, mais l'usine est disposée pour pouvoir, au besoin, doubler cette puissance.

Nous représentons dans la figure 362 l'usine électrique des Halles, supposée ainsi augmentée, avec son plafond exhaussé, !

pour permettre d'embrasser par la vue tout l'ensemble de l'usine, une fois achevée.

A gauche, on voit d'abord la série des chaudières à vapeur, du système Belleville, j puis le groupe des machines dynamo -électriques Edison , et des moteurs à vapeur Weyher et Richemond. Au fond, à droite, se trouve le groupe des dynamos Ferranti et des moteurs à vapeur Lecouteux et Garnier.

Les chaudières à vapeur, au nombre de six, peuvent fournir ensemble 10000 kilogrammes de vapeur, par heure. Elles sont installées, ainsi que le parc à charbon et tout ce qui concerne la production de vapeur, dans les travées de la voie qui sépare le pavillon III du pavillon IY des Halles.

La cheminée, construite dans l'angle in-

térieur du pavillon n° 6, a les dimensions suivantes :

Hauteur au-dessus du sol 40 mètres.

— — du sous-sol .. . 4.3m(34 Diamètre intérieur à la base 3 mètres.

— — au sommet... lra,80

Cette cheminée repose sur un sol en maçonnerie; elle est entourée d'un cylindre de briques, qui traverse la toiture du pavillon, débouche à l'extérieur, et sert ainsi de ventilateur à la chambre des machines.

La Compagnie continentale Edison fournit les courants continus à basse tension. Les machines dynamos qui engendrent ces courants, sont au nombre de six; elles sont actionnées, comme il vient d'être dit, par les moteurs de MM. Weyher et Richemond, et font 600 tours par minute.

Les machines à vapeur, au nombre de trois actuellement, sont du système à triple expansion. La vapeur est admise d'abord dans un petit cylindre; puis, de là, dans un deuxième plus grand, enfin, dans deux derniers cylindres plus grands que le précédent. La vapeur, admise à la pression de 10 kilogrammes dans le premier cylindre, se détend successivement dans les suivants, jusqu'aux derniers. On arrive ainsi à utiliser la presque totalité de la force de la vapeur introduite dans le premier cylindre.

Ces machines font tourner un arbre moteur, à chaque extrémité duquel passent les courroies destinées à actionner les dynamos Edison, et qui est pourvu d'un régulateur à boules.

Les dynamos de ce second groupe sont du système Ferranti, très en faveur aujourd'hui à Londres, pour l'éclairage électrique. Ces machines dynamos sont au nombre de trois, à courants alternatifs, de 113 000 watts, chacune. Elles présentent des perfectionnements très importants, au point de vue pratique. Le bâti des inducteurs s'ouvre, ce qui facilite l'examen de la machine et son nettoyage; le graissage se fait au

SUPPLÉMENT A L'ART DE L'ÉCLAIRAGE

• Fig-. 362. — L'usine centrale d'électricité des Halles de Paris, après son achèvement

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moyen d'un courant d'huile continu. Elles tournent à 500 tours par minute, et sont actionnées directement par les trois moteurs Lecouteux et Garnier, du type, Côrliss, c'està-dire que les régulateurs agissent directement sur les tiroirs d'admission de la vapeur. Le graissage est fait à Fhuile miuérale.

Le réseau extérieur, à basse tension, est divisé en trois circuits : un triangulaire, pour le côté impair de la rue des Halles, les côtés pairs de la rue de Rivoli et du Pont- Neuf; un second, pour le côté pair delà rue des Halles, et un troisième, pour le côté impair de la rue du Pont-Neuf. Ce réseau est -installé pour fournir la lumière à 1500 lampes, allumées en même temps.

Le réseau extérieur à haute tension devra entretenir près. de 4000 lampes, de 60 bougies. Il n'y a que deux circuits commandés par deux dynamos seulement, le troisième étant réservé en cas d'accident.

Le premier circuit comprend les côtés impairs des rues Goquillière, Croix-des- Petits-Champs, des Petits-Champs, de l'avenue de l'Opéra (entre la rue Gomboust et la rue Daunou), côté impair du boulevard des Capucines et du boulevard de la Madeleine.

Le second comprend le côté pair des rues Coquillière, Croix-des-Petits-Champs, des Petits-Champs, de l'avenue de l'Opéra, le côté impair du boulevard des Capucines (de la place de l'Opéra à la rue Daunou), puis le côté pair de ce même boulevard jusqu'à la rue Caumartin.

Les câbles du réseau à basse tension extérieur, sont posés sous les trottoirs, dans des conduits en ciment, de 0m,26 sur 0m,30; ils sont soutenus sur des crochets en fonte vitrifiée, de lm,50 en lm,50. Ces crochets sont attachés sur des cadres en bois, qu'on peut facilement enlever et replacer.

Les câbles à haute tension ont été placés dans les égouts.

Des précautions spéciales ont été prises

pour empêcher toute perturbation, prove-. nant de ces câbles, dans les réseaux téléphoniques et télégraphiques.

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