CHAPITRE IX
les usines centrales dans les départements et a,
l'étranger.
Les usines centrales d'électricité existant aujourd'hui dans les départements français, sont au nombre de soixante environ. Nous commencerons par en donner la liste, empruntée au Bulletin international d'électncité du 28 avril 1890, :
Ain, - — Nantua: Distribution partielle d'électricité (Guitton, ingénieur). — Pontde-Vaux : Éclairage électrique de la ville.
Allier. — Montluçon : Société anonyme d'éclairage électrique de Montluçon (Mora, directeur).
Basses- Alpes. — Manosque : Société d'éclairage électrique de la ville (40 chevaux — 95 lampes à incandescence de 16 bougies, pour les rues et 216 lampes de 16 à -20 bougies, chez les particuliers);
Ariège. — Ax-les-Bains : Usine centrale municipale, 100 lampes de ville et ■ lampes particulières, installée par M. Brillouin, mise en marche en octobre 1888.
Moteurs hydrauliques.
Ardèche. — Bourg-Saint-Andéol : Société d'éclairage électrique (Lauzan, administrateur). . • • .'.
Ardennes. — Rethel : Société électrique rethelaise à Sault-le-Rethel (G'au son, directeur).
Aveyron. — Espalion : . Eclairage électrique de la ville (Lamy et Gi0).
Marseille. — Station de la rue du Pavillon (250 chevaux) ^Compagnie du gaz de Marseille; Station. de la rue Curiol, 23 (200 chevaux, M. Gilbert, administrateur);
Charente-Inférieure. — Marennes : Usine.
SUPPLÉMENT À L'ART DE L'ÉCLAIRAGE
d'éclairage électrique (Guitton, ingénieur).
Charente. — Angcmlême : Usine centrale, 300 lampes moteurs à vapeur, mise en marche en janvier 1888, — montée par M.- A. Brillouin, a été cédée en février 1890 à la Compagnie du gaz. Installation de 1000 lampes en montage ( A. Brillouin ,. ..ingénieur-conseil).
Cher., — Vierzon- Ville : Usine d'éclairage électrique (Guitton, ingénieur).
Côte-d'Or. — Dijon: Usine d'éclairage électrique (De Brancion, ingénieur).
Creuse. — Bôurganeuf : Eclairage électrique, usine de Nisme ( Marcel Deprez. ingénieur).
Dordogne. — Périgueux : Usine électrique (Guitton, ingénieur). — Montpont:
Éclairage électrique (Guitton, ingénieur).
■Dr âme. — ■ Dieu lent et Yalréas : Desservies par l'usine centrale d'électricité de Bécone (Lombard-Guérin, directeur).
Finistère. — Châteaulin : Usine d'éclairage électrique (Lam y et Cie).
Gard. Lasalle :. Éclairage électrique municipal. — Valleraugues : Éclairage électrique de la ville (Lamy). .
Haute-Garonne. — Toulouse : Société toulousaine d'électricité, quai Saint-Pierre, 10.
Gironde. - — Bordeaux : Usine d'éclairage électrique partiel, rue Sainte-Colombe, 24 (Société Edison).
Indre- et- Loire. — Tours : Compagnie d'éclairage électrique.
Isère. — Grenoble : Éclairage électrique de la ville, 900 lampes. — Usine d'éclairage électrique.
Jura. — Nantua : Station d'éclairage électrique,
Loir-et-Cher. — Saint-Aignan : Station centrale d'éclairage électrique.
Loire. — Saint-Etienne : Usine centrale d'électricité (200 chevaux, Société Edison et Cie)..
Lozère. — Mende : Station centrale d'éclairage électrique (Lamy et Cîe).
Manche. — Saint-IIilaire-du-ÏIareouët :
Usine, hydraulique d'éclairage électrique (Lamy et Cic).
Marne. — Reims: Usine d'éclairage électrique.
Meurthe-et-Moselle . — Nancy : Compagnie nancéenne d'éclairage électrique.
Meuse. — Verdun : L. Couten et Duhamel.
Morbihan. — Hennebont : Éclairage électrique de la ville (Bonfante, directeur).
Nord. — Cambrai : Usine centrale d'éclairage électrique.
Oise. — Gompiègne : Station d'éclairage électrique, rue Pierre-Sauvage.
Orne. — Domfront : Eclairage électrique de îa ville.
Basses-Pyrénées. — Pau : Station centrale électrique (Brillouin et Gie). — Oloron : Éclairage électrique de la ville d'Eaux- Bonnes, rue Chanzy, 32. — Pau : Usine centrale. Éclairage particulier et municipal, monté par M. A. Brillouin, concessionnaire, en janvier 1888. Force motrice à vapeur 1500 lampes. Mise en Société en mai 1889, sous le nom de Société électriquedes Pyrénées. Installation hydraulique complémentaire encours d'exécution.
— Nay : Usine de 1500 lampes en montage. (A. Brillouin, concessionnaire.) Force hydraulique.
Haut es- Pyrénées. — Ar gelés : Usine centrale, éclairage municipal, éclairage des particuliers, etc. A. Brillouin, montée en juillet 1887, avec vapeur; installation hydraulique en cours d'exécution. — Argelès : Usine d'éclairage électrique (Brillouin et Cle). ■•
Pyrénées - Orienta les . — P erpi gnan : Usine d'éclairage électrique, rue des Abreuvoirs (Lamy et Cie).
Rhône. — Lyon : Station centrale, rue de Savoie, .7 (Compagnie du gaz).. Compagnie lyonnaise d'éclairage électrique de la ville (600 chevaux).
MERYEILLES D
K LA SCIENCE
Sarthe. — Le Mans: Usine d'éclairage électrique (Compagnie du gaz Seguin). Société générale d'électricité du Mans fondée en mai 4887, reprise par M. A. Briliouîn en juin 4889, 500 lampes.
Savoie. — Modane : Usine d'éclairage électrique (Fardel, directeur).
Haute- Savoie. — La Roche-sur-Fpron :
Usine d'éclairage électrique (Garnot).
Seinèzbiférîeure. — Rouen : Usine d'éclairage électrique (100 chevaux) , rue Lafayette, 87 ; Société normande d'électricité, rue du Petit-Salut, 14. — Le Havre : Usine d'éclairage électrique (Mildé et Cie).
— Société normande d'électricité, fondée en octobre 1888 par MM. L. Lelordier et A. Brillouin, suite de L. Lelordier. Force motrice à vapeur de 300 chevaux, 2400 lampes.
Vaucluse. — Pertuis : Usine d'éclairage électrique de la ville.
Vendée. — La Roche-sur- Yon : Usine d'éclairage électrique (50 chevaux).
Haute- Vienne. — Limoges : Usine d'éclairage électrique, carrefour Tourny (Lamy et Cie).
Yonne. — Saint-Fargeau : Éclairage électrique de la ville (Luneau et Plagneux).
Algérie. — Milianah : Éclairage électrique de la ville (Galli et Dalloz). — Orléansville : Éclairage électrique de la Ville (Galli et Dalloz) (1).
Après cette liste générale, nous donnerons quelques détails sur les usines centrales d'électricité de France, qui présentent le plus d'intérêt.
L'usine centrale d'électricité de Tours, inaugurée en 1886, a fait la première application, en France, des transformateurs G au lard et Gibbs. Elle a une capacité de 3500 lampes, de 16 bougies, mais qui ne sont pas toutes employées.
(1) Ainsi que l'on peut s'en rendre compte en parcourant cette liste, plusieurs usines à gaz fournissent simultanément, avec le gaz, la lumière électrique.
La force motrice est fournie à deux dynamos Siemens, par deux machines à vapeur Weyher et Richemond, de la force de 100 et de 150 chevaux, fournissant des courants alternatifs de 66 ampères.
L'usine est établie sur la place du Palais de Justice. Deux réseaux suivent la rue Royale; chacun d'eux dessert un côté de cette rue, et est alimenté par une machine dynamo de l'usine.
La longueur totale de chaque réseau, aller et retour, est de 170 mètres. Les conducteurs en cuivre o*it un diamètre de 7,5 millimètres. Ils sont isolés et renfermés dans une conduite en béton, qui est placée sous les trottoirs de la rue.
Les conducteurs principaux amènent le courant à quatre groupes de transformateurs Gaulard et Gibbs, reliés au centre de la zone qu'ils ont à éclairer, et établis sur le circuit principal.
Les réseaux secondaires qui partent de chaque groupe de transformateurs servent à alimenter les lampes au moyen de câbles de cuivre placés sous terre pour toutes les maisons de la rue Royale, et élevés en l'air pour les immeubles des rues adjacentes,
La longueur de chaque réseau secondaire ne dépasse guère 350 mètres.
Les lampes installées chez les abonnés, sont du système Swann, sur un réseau, et du système Woodhouse etRawson, sur l'autre.
Les abonnés payent leur éclairage à raison de 3 francs 50 par mois et par lampe de 16 bougies.
L'usine centrale de Saint-Étienne (Loire) a été créée en 1885. Elle est située au centre de la ville, dans une cour de 300 mètres carrés. La vapeur est fournie par 4 chaudières, à foyer intérieur, du genre Farcot. Les machines à vapeur, au nombre de 4, sont du système compound, à la pression de 6 kilogrammes. Chaque moteur développe une force de 180 chevaux. Les ma-
chines dynamos sont au nombre de 7, du type Edison.
Le réseau de conducteurs sur lequel sont branchées les lampes, a un développement total de près de 5000 mètres.
L'installation de l'ensemble de l'usine a coûté environ 50 000 francs, somme qui a permis d'établir 5500 lampes, et de disposer de l'excès de vapeur pour distribuer de la force aux ateliers de la ville.
Dans une séance du mois d'avril 1890, de la Société de l'industrie minérale de Saint- Etienne, un ingénieur, M. Clermont, a résumé une étude faite en collaboration avec M. Cernesson, sur l'utilisation des forces naturelles de la région de Saint-Etienne. Il ressort de ce travail que les cours d'eau voisins pourraient fournir à un prix très modéré la force motrice nécessaire à l'industrie privée, et à l'éclairage de toute la ville de Saint-Etienne.
Nous avons déjà signalé l'usine centrale de Bourganeuf, comme un curieux exemple de l'utilisation des forces hydrauliques, pour la production de la lumière électrique. Cette usine, créée en 1885, fournit, en outre des 60 lanternes municipales, le courant à l'éclairage entier de la mairie, avec 20 lampes, celle de l'église, avec 7 lampes, et ceux des cafés, hôtels, magasins, etc., avec environ 100 lampes allumées.
Le moteur de cette usine est une chute d'eau, actionnant une roue, de 5 mètres de diamètre, qui fait 6 tours par minute.
La chute a 41 mètres de hauteur, et un débit minimum de 250 litres par seconde. La dynamo tourne à 450 tours par minute.
Les fils conducteurs sont tendus en l'air. Ce sont des fils de cuivre posés sur des isolateurs; leur développement, aller et retour, est de 3500 mètres. Le câble principal a 850 mètres de longueur, et 8,5 millimètres de diamètre.
Les lampes sont du systçme Woodhouse et Rawson, de 10 bougies chacune.
A la Roche-sur-Foron (Haute-Savoie), l'éclairage public est obtenu par 20 lampes Edison. Il doit fonctionner tout l'hiver, de quatre heures du soir à sept heures du matin, et l'été aux heures déterminées par un règlement municipal. La lumière est payée par la ville, 3000 francs par an.
L'éclairage privé comprend 300 lampes à. incandescence Edison de 8,10, 16 et 32 bou- . gies.
La force motrice est une chute d'eau, de 17 mètres, actionnant une turbine Girard, qui agit sur la machine dynamo en produisant 45 chevaux-vapeur.
La conduite de distribution est constituée par un câble principal, à section décroissante à partir de la machine.
Le câble, de 4000 mètres de développement, est aérien, et par conséquent, nu. Il se compose de fils de 3 millimètres, de 240 millimètres carrés de section. Il est porté par des poteaux, munis d'isolateurs. Les fils conduisant le courant aux lampes des particuliers, sont en cuivre, recouverts d'un isolant, que protège une gaine de plomb. Ils sont fixés sur des viroles en porcelaine et pourvues de coupe-circuits de sûreté et d'interrupteurs.
Dans les départements de la Drôme et de Vaucluse, deux petites villes, Dieulefit et Valréas, ont fait construire une station centrale d'éclairage électrique. L'usine, commune à ces deux localités, est à Béconne (Drôme), à une distance de 8 kilomètres de Dieulefit et de 15 kilomètres de Valréas'. Elle est mue par une chute d'eau, empruntée, au moyen d'un canal de dérivation, à la petite rivière du Lez, dont le débit minimum est de 0m3,5 par seconde. Le canal amène les eaux à un réservoir de 20 000 mètres cubes, formé d'une dépression
naturelle, que Fou a barrée au moyen d'une digue empierrée. Le radier est de24m,50 audessus des turbines, qui sont au nombre de deux, l'usine étant installée de manière à en mettre en action une troisième si cela devient nécessaire.
Ces turbines font 182 tours par minute, et développent 50 chevaux- vapeur ; elles actionnent trois . dynamos Zipernowsky, à courants alternatifs, de 24000 watts chacune (2000 woltset 12 ampères), construites par la Compagnie continentale Edison. Une de ces machines sert pour le circuit de Dieulefit, une autre pour celui de Yalréas, la troisième est en réserve.
Ces localités sont reliées aux dynamos par deux lignes aériennes. Le réseau secondaire de Dieulefït est unique; mais pour Yalréas il a fallu trois groupes de transformateurs, formant autant de réseaux secondaires séparés.
L'éclairage public est produit par des lampes Edison-Swann, de 16 bougies ; quant à celui des particuliers, chacun a fait établir le système qu'il préfère.
Le prix de revien t est d'environ 2 centimes par lampe-heure, de 16 bougies, soit le dixième de ce qu'aurait coûté le pétrole pour la même quantité de lumière. L'usine n'exige que deux personnes. Un seul employé est attaché au service de chaque ville, et il n'est occupé que quelques heures par jour.
L'éclairage électrique a été inauguré à Saint-Hilaire-du-Harcouët (Manche) le 5 mai
L'usine i installée à Yauroux, à 4 kilomètres, utilise une chute d'eau, pour produire la force motrice. Une machine dynamo ïhury, pouvant donner §00 volts et 17 ampères, est mise en action par deux roues hydrauliques accouplées. Aux quatre coins de la ville, sont des batteries d'accumulateurs, qui reçoivent le courant de charge, pendant 16 heures.
C'est l'aiguille de l'horloge de la mairie qui, par son mouvement sur le cadran, allume et éteint à l'instant donné les lanternes municipales, lesquelles reçoivent directement le courant des accumulateurs.
A Montiuçon (Allier), l'éclairage électrique des rues a été installé pour 600 lampes. L'installation comprend une machine à vapeur, d'une puissance maxima de 60 chevaux, et 2 machines dynamos, de 30 lampes chacune. La machine à vapeur actionnant les machines dynamos est horizontale, à condensation et à détente variable.
Le vapeur est fournie par une chaudière horizontale, à corps principal cylindrique tubulaire, et à 2 réchauffeurs latéraux. La consommation de charbon, pour une marche de 7 heures, est de 480 kilogrammes, le nombre des lampes allumées étant de 300. Les machines dynamos sont à courant continu, du type Edison, disposées en dérivation. Pour une vitesse de 950 tours, elles développent une force électromotrice de 105 volts. Chaque machine dynamo est munie d'un régulateur, d'un ampèremètre et d'un woltmètre. Les lampes sont à incandescence de 16 bougies, disposées sur trois réseaux reliant la station centrale à 3 postes, distants de 500 à 600 mètres. Les câbles, en cuivre, sont composés de 3 torons de 12 fils, de 2 millimètres de diamètre.
Quelques habitants de Cuxac (Aude) ont pris l'initiative d'utiliser une chute d'eau pour éclairer leur ville au moyen de l'électricité.
Une turbine, de la puissance de 40 chevauxvapeur, actionne deux machines dynamos Gramme. La canalisation entre l'usine et la ville, est aérienne, et se compose de deux câbles, de 70 millimètres carrés de section, et d'un fil compensateur, de 20 millimètres carrés de section, devant alimenter les lampes-témoins de l'usine.
Une batterie d'accumulateurs, de 116 élé-
SUPPLÉMENT A L'ART DE L'ÉCLAIRAGE
ments, en dérivation sur le circuit principal, est gardée en réserve. La station peut desservir un maximum de 250 lampes, de 16 bougies ; et l'éclairage public est fourni par 50 lampes de 16 bougies, et 10 lampes de 10 bougies. La ville paye 3000 francs par an pour l'éclairage municipal.
Une station centrale d'électricité a été installée à Lyon, par la Compagnie du gaz. Elle dessert deux théâtres et quelques grands établissements. Des dispositions ont été prises pour satisfaire plus tard, les demandes des nouveaux clients ; on a installé 5000 lampes nouvelles.
Nous passons aux usines centrales existant à l'étranger.
D'immenses usines, peu nombreuses, établies pour distribuer la lumière dans une grande ville, ont paru aux autorités de Londres le meilleur système d'éclairage par l'électricité, de préférence a de nombreuses petites usines. Ce système a été appliqué par un ingénieur italien établi à Londres, M. de Ferranti.
La London Supply Corporation a créé à Deptford une usine plus considérable que celle de Grosvenor Gallery, qui existait déjà en 1884, et qui éclairait avec 33 000 lampes.
La station centrale, qui occupe un espace d'un hectare et demi, est située sur le bord de la Tamise, à côté des bâtiments de la Compagnie de navigation de Deptford. Les chaudières sont disposées dans le sens du fleuve, et de façon à pouvoir augmenter facilement leur nombre. La houille, amenée sur le quai, est hissée dans des paniers mus par une grue hydraulique, et conduite par un tramway aérien aux soutes àcharbon, situées au sommet de l'édifice. Les nouveaux bâtiments que l'on construit, comprennent une chaufferie et deux salles de machines, occupant 64 mètres sur 60 mètres, avec 30 mètres de hauteur.
Le cable conducteur est formé de tubes concentriques, ayant la même section totale de 380 millimètres carrés ; le tube intérieur a 4mm,7 d'épaisseur et celui de l'extérieur 12mm,3. Entre ces deux tubes se trouve un espace de 12mm,6, rempli d'une matière isolante fortement comprimée, coûtant 50 centimes le kilogramme. Cet isolant est placé, sur le tube intérieur ; le tube extérieur est introduit par-dessus, et on exerce sur lui une forte pression, pour, en former une masse compacte. Ce câble doit être posé par longueurs de 6 mètres, reliées par un joint à un raccord, à l'instar des canalisations de gaz. 11 a un diamètre total de 60 millimètres. La perte totale de potentiel, depuis la machine jusqu'aux lampes, est inférieure à 3 pour 100.
Pour conduire le courant de la station centrale aux points de distribution dans la ville, on a eu l'idée d'utiliser les lignes des Compagnies de chemins de fer qui parcourent le sud de Londres; en sorte que les conduites de câbles iront de Cannon Street à Kensington, pour continuer leur parcours après les fins de ligne. Deux câbles conducteurs ont pour buts : Cannon Street, Ludgate-Hill et Charing Cross, stations de distribution. Celles-ci sont constituées par un bâtiment, avec cave et grenier, aux gares terminant la voie ferrée, et dans lequel aboutissent les extrémités du câble primaire, lesquelles sont attachées à un transformateur, placé aussi dans le bâtiment.
Les machines dynamos employées par M. de Ferranti, ne diffèrent que par des détails de construction, des machines Siemens à courants alternatifs ; mais leurs dimensions sont colossales. L'armature des petites machines a 3m,60 de diamètre, avec une hauteur totale de 4m,50. Les grandes machines comportent 13m,60 de hauteur, avec un poids de 500 tonnes chacune !
L'électricité fournie doit être mesurée au
compteur. Chaque maison aura son compteur, contenu dans une boîte de petites dimensions. La consommation d'énergie électrique sera indiquée sur des cadrans, comme dans un compteur à gaz.
En résumé, Londres sera bientôt entièrement éclairé à . l'électricité. Depuis 1888 , dans les principales rues de la Cité et sur les ponts, le nouvel éclairage avait été essayé; malheureusement le prix de revient était trop élevé, et les premières compagnies qui s'établirent éprouvèrent de grosses difficultés financières. Un acte du Parlement, en 4889, a levé les obstacles qui empêchaient Londres de posséder la lumière électrique. Plusieurs grandes compagnies ont alors été fondées, avec un capital de 3 millions de livres sterling (75 millions de francs environ). Elles ne doivent pas se faire concurrence; on a dévolu à, chacune d'elles un certain nombre de quartiers, auxquels elles devront distribuer l'électricité.
La London Electric Supply Corporation a installé son usine à Deptford. Cet établissement est dirigé par M. de Ferranti, qui a beaucoup contribué à l'amélioration des machines dynamo-électriques destinées à fournir la lumière, et s'est occupé des moyens de la distribuer facilement aux abonnés. La compagnie alimentera deux millions de lampes.
Ainsi que nous l'avons dit, la même Compagnie avait commencé par éclairer, en 1884, Orosvenor Gallery. Elle reçut alors différentes propositions des. commerçants voisins, qui lui demandaient de leur fournir la lumière. Elle accepta de prendre ces nouveaux abonnés, et dut, en conséquence, augmenter son travail. Comme les demandes devenaient de plus plus nombreuses, la compagnie s'étendit et changea de nom et de local.
La construction des grandes usines de Deptford, avec leurs puissantes machines, a commencé au mois d'avril 1888. Voici ce
que disait à ce sujet, le président de la Compagnie, en 1890 :
« Depuis 4 888, nous avons travaillé nuit et jour. Aujourd'hui nous avons élevé une immense galerie et nous possédons des machines et des dynamos de la force de 3 000 chevaux. Deux autres machines et dynamos en construction sont de la force de 5000 chevaux chacune. Quand nous avons voulu construire ces machines, nous nous sommes adressés à la maison Krupp en Allemagne, au Greusot en France; aucun de ces établissements ne pouvait nous le,s livrer avant trois ans. Comme nous ne pouvions attendre cette époque, nous nous sommes décidés à construire nousmêmes les machines dont nous avions besoin, et dans un an nous avons terminé notre installation.
Jamais on n'avait construit de dynamos aussi grandes. Le tour employé pour façonner le grand arbre de couche, est de la taille de ceux qui servent à fabriquer les canons de 100 tonnes. Les - arbres de couche ont 0m,90 de diamètre et pèsent 70 tonnes avant d'être tournés; ce sont les fontes d'acier les plus importantes qui aient jamais été faites en Ecosse. L'armature des dynamos mesure 4 mètres de diamètre. Actuellement, -les dynamos actionnées à Deptford alimentent 25 000 lampes et les dynamos en construction alimenteront cent mille lampes chacune. Ces nouvelles dynamos sont arrangées de façou qu'au moment où les demandes arrivent nous puissions les accoupler à deux machines de 5000 chevaux chacune; de cette façon chacune d'elles pourra alimenter 200 000 lampes au lieu de 100000.
Nous n'employons pas de câbles pour distribuer l'électricité, mais un tube de cuivre, entouré d'un enduit isolant. Un second tube de cuivre recouvre cet enduit ; ce tube est parcouru par le courant de retour; il est lui-même recouvert d'une couche isolante, et placé dans un tube de fer. De cette façon, nos conducteurs peuvent échapper aux chances de rupture, et nous n'aurons pas besoin de les enfermer dans des enduits spéciaux ; il nous suffira de les enterrer. Le tube extérieur est en fer, épais de 0m,005 environ; il est suffisamment flexible pour se recourber à angle droit, sans se briser et en même temps assez résistant pour supporter sans s'écraser une forte charge. Tous les 6 mètres, il y a joint entre les tubes, et c'est à ces joints que Ton reliera les abonnés. Ce système de conducteurs ne présente aucun danger; on peut toucher impunément le tube de cuivre extérieur qui est relié à la terre Le courant primaire a une force électromotrice de 100 000 volts; cette tension n'avait jamais été atteinte jusqu'ici dans les applications électriques. »
La Metropolitan Electric Supply Com-
SUPPLÉMENT A L'ART DE L'ÉCLAIRAGE
Fig. 363. — Machine dynamo-électrique Edison, employée dans les stations centrales de New-York.
pany avec ses six stations {Sardinia Street ; Rathbane Place ; Whitehall ; Manchester Square; Waterloo Wharf et Greenmore Wharf) représente un capital de un demimillion de livres sterling. Ses six stations alimenteront 30 000 lampes.
Viendront ensuite d'autres compagnies, chargées de distribuer l'électricité aux différents quartiers de Londres.
Quant au coût de cette lumière, il est fixé par un acte du Parlement, à 0f,75 le kilowat^vix équivalent à celui du gaz, payé 0f,20 le mètre cube. L'installation des conduites dans une maison en construction n'est pas plus dispendieuse que celle du gaz, et
s. T. II.
dans les maisons anciennes, la dépense à faire n'est pas énorme : les compagnies comptent pouvoir établir les appareils pour 50 francs.
L'éclairage électrique en Belgique. — Dans sa séance du 25 mars 1889, le conseil communal de Bruxelles a adopté le programme dont voici les principales clauses, pour la distribution de l'éclairage électrique à Bruxelles.
La ville de Bruxelles recevra une distribution d'électricité par canalisations souterraines, pouvant fournir de la lumière, de la force motrice et au besoin des courants utilisables pour d'autres applications.
On organisera, comme première installation, le service d'au moins 10 000 lampes, de 16 bougies.
La concession aux entrepreneurs sera au maximum de dix-huit ans.
L'éclairage électrique de la Société des Houillères unies a été inauguré en Belgique, au mois de mars 1889. M. Julien Duiait, ingénieur, est arrivé à d'excellents résultats, dans le bassin de Charleroi.
La Société belge d'éclairage a organisé, à Gand, une station centrale d'électricité pour l'éclairage privé. Mais la Compagnie du gaz ayant le monopole de l'éclairage, toute lumière autre que la sienne ne peut être distribuée que dans des immeubles limités.
La Société conduit à ses ' frais lè câble jusqu'au seuil de l'habitation de l'abonné, et celui-ci paye son installation intérieure.
La Société belge d'éclairage emploie le système de distribution Tudor, par accumulateurs.
L'éclairage électrique en Allemagne. — Les principaux établissements électriques de Berlin sont ceux des Usines d'électricité de Berlin, dont le cercle d'action comprenait, au commencement de 1889, presque " tous les quartiers intérieurs. La rue principale de la ville, Sous les Tilleuls, a vu son éclairage électrique établi en 1888. Les deux nouvelles stations centrales qui ont été installées, et l'agrandissement des deux stations qui existaient, ont donné, depuis, une importance considérable à l'éclairage de Berlin.
Le 30 mai 1889, on inaugurait l'éclairage électrique à Marienbad, en Allemagne. Le courant est fourni par quatre dynamos Zipernowsky, à courants alternatifs et à excitation séparée. Ces machines ont une vitesse de 500 tours par minute ; elles produisent chacune 50 000 watts, et absorbent une force de 80 chevaux-vapeur. Des machines à vapeurles actionnent ; elles sont excitées par 3 machines dynamos, à courants continus,
lesquelles donnent 3000 watts. L'usine est éloignée de 2 kilomètres, et le courant est conduit par des canalisations aériennes, supportées par des poteaux en bois. Des cages en fer posées sur ces poteaux, renferment les transformateurs ; 60 lampes à incandescence sont employées pour l'éclairage public.
L'éclairage privé emploie 1800 lampes à incandescence, et 48 régulateurs.
Le Dr Volt, président de la station électrotechnique d'essai, à Munich, a présenté à l'assemblée générale de YUnion polytechnique un rapport signalant les progrès sans cesse croissants de l'éclairage électrique dans cette ville.
Neuf Sociétés d'électricité, dont trois sont intéressées à l'entreprise municipale, ont établi, pour l'éclairage de Munich et de ses environs, 116 installations, comprenant 588 lampes à arc, et 23 231 lampes à incandescence, dont 4900 pour les trois théâtres royaux.
D'après les communications statistiques de M. Diehl, Munich, en 1885, comptait 30 établissements d'éclairage électrique, alimentant 133 lampes à arc et environ 3 770 lampes à incandescence. En évaluant l'intensité lumineuse d'une lampe à arc à 900 bougies normales, et celle d'une lampe à incandescence à 1 6 bougies, on arrive à une somme de 99700 bougies, pour les lampes à arc et de 60320 bougies pour les lampes à incandescence, soit à un total général de 160 020 bougies.
Il en résulte que, de 1885 à 1888, la quantité de lumière fournie par l'électricité, s'est élevée, à Munich, de 160020 à 900896 bougies.
AErfurt, la Compagnie continentale allemande^ propriétaire de l'usine à gaz de cette ville, a conclu un traité pour l'éclairage à l'électricité, au moyen de machines dynamos actionnées par des moteurs à gaz.
A Francfort- sur-le-Mein, la Compagnie du gaz a installé une petite usine électrique,
A L'ART DE L'ÉCLAIRAGE
à titre d'essai, pour l'éclairage de 12 lampes à are et de 250 lampes à incandescence, au moyen d'accumulateurs.
A Elberfeld, une usine centrale a été créée, pour alimenter 3000 lampes à incandescence. On se proposé de porter ce nombre à 10000. MM. Siemens et Halske, de Berlin, concessionnaires de cette entreprise, disposent de 7 machines à vapeur et de 14 machines dynamos, qui seront installées au fur et à mesure des besoins.
A Hambourg, à Ltibeck, à Brème et à Leipzig, l'installation de l'éclairage public par l'électricité, est chose décidée.
A Cologne, on a établi une station centrale, alimentant 3000 lampes à incandescence, au moyen de moteurs à gaz.
A Magdebourg, les autorités municipales exploitent l'éclairage électrique pour leur propre compte.
A Francfort-sur-le-Mein, une commission a été instituée, pour mettre à l'étude l'adoption de l'éclairage électrique dans la ville.
En résumé, soixante villes allemandes possèdent actuellement des installations privées ou centrales d'éclairage électrique, comprenant 4000 foyers à arc, et 60 000 lampes à incandescence, et exigeant une puissance mécanique totale de 15 000 chevaux.
Dans une conférence faite en mai 4890, à la Société des ingénieurs et architectes d'Autriche, le professeur Englender a fait la description des usines centrales existant à Vienne. Elles sont au nombre de quatre :
1° La station centrale de Y Impérial Continental Gas-Assoçiation, construite pour l'éclairage des deux théâtres de la Cour ; 2° la station centrale de la maison Siemens . et Halske ; 3° la station centrale de la Compagnie d'électricité de Vienne; et 4° la station centrale de là Compagnie d'électricité internationale (Ganz et Cie), près du pont Kronprinz-Rudolph, sur le Danube.
La première de ces stations est une section de la Compagnie du gaz ; la deuxième appartient à une maison de commerce; la troisième et la quatrième sont des entreprises de Sociétés par actions.
La station centrale de la Gas-Association emploie des machines dynamo-électriques du système Crampton.
Les chaudières ont 1056 mètres carrés de surface de chauffe. Le service d'éclairage est assuré par huit machines à vapeur compound, trois de 170 chevaux, cinq de 120 chevaux. Pour le service de jour, deux machines à vapeur seulement fonctionnent pour charger les accumulateurs; le soir, on leur adjoint une troisième machine.
Le chargement des accumulateurs se fait à 150 volts, la décharge à 100 volts.
Les machines à vapeur de cette station ont des cylindres superposés, et s'échauffent très fortement ; mais en raison du grand nombre des machines de rechange, le service n'est pas interrompu; en outre, elles ne tournent qu'à 350 tours, au lieu de 450.
A l'Opéra de Vienne, il y a environ 5500 lampes à incandescence ; au Nouveau Burgtheater, environ 5000, soit un total d'environ 10000 lampes à incandescence, de 13 à 32 bougies. La canalisation est à conduite double, et les câbles sont en cuivre. La recherche de l'eau d'alimentation a présenté de grandes difficultés, attendu que l'on n'a pu en trouver même à 300 mètres de profondeur. Actuellement on la prend au quai François-Joseph, et on la recueille dans des réservoirs ; elle est épurée à la station centrale.
La station centrale Siemens est avantageusement située au centre de la ville, mais aussi très resserrée, et enfoncée dans un coin, sans chemin praticable pour les matériaux de chauffage. La machinerie comprend, provisoirement, deux machines à vapeur cornpound, à haute pression, de 200 chevaux,
et une machine compound à haute pression, de 400 chevaux.
Après l'achèvement des travaux, cette station centrale possédera sept machines à vapeur de 200 chevaux, cinq de 400 chevaux, et des chaudières avec une surface de chauffe de plus de 2500 mètres carrés.
Les machines dynamos sont du système Siemens et Halske. On espère que, quand on aura placé dans la station centrale des machines de 2500 chevaux, il sera possible d'alimenter directement environ 30000 lampes à incandescence, et en se servant d'accumulateurs, environ 100 000 lampes. La maison Siemens et Halske, maigre la récente création de cette station, alimente déjà environ 6500 lampes à incandescence et beaucoup de lampes à arc.
Les clients les plus importants sont le Théâtre populaire allemand, le Jockey-Club, les établissements de crédit, la Société de Banque, la Caisse d'épargne, Haas et fils, Sacher, le Stephanskeller, etc.
La station centrale de la Compagnie d'électricité est située entre deux grandes artères de communication. Elle possède actuellement cinq chaudières, deux machines à vapeur à 200 chevaux et une à 400 chevaux. Les machines à vapeur en fonction sont des machines compound^ sans condensation, avec des cylindres juxtaposés à haute et moyenne pression, qui agissent sur un axe commun à double coude.
La station centrale en construction de la Compagnie d électricité internationale, tant par la puissance des machines que par la grandeur de son secteur, est la plus importante ; elle travaille avec les courants alternatifs, d'après le système Zipernowsky-Déry.
L'hôtel de ville de Vienne est aujourd'hui éclairé en entier par l'électricité. Les travaux, commencés en 1885, ont été terminés en 1890.
Stations centrales de l'Italie. — La station centrale de Milan est la plus ancienne, et de
beaucoup la plus importante de l'Italie, et on peut ajouter de toute l'Europe. L'usine est située dans le quartier de Sainte-Cunégonde. Elle commença par éclairer, à titre d'essai, le théâtre dal Varme, distant de 150 mètres de l'usine, et cet essai ayant réussi, l'usine fut définitivement construite pour l'éclairage des principaux édifices, ainsi que des rues et places de Milan.
L'usine de Sainte -Radegonde alimente plus de 10 000 lampes à incandescence, et plus de 100 lampes à arc, qui se distribuent, sans parler de la voie publique, à l'Hôtel de Ville (196 lampes à incandescence et 57 lampes à arc), au théâtre de la Scala (2566 lampes à incandescence et 12 lampes à arc) ; — au théâtre Manzoni (371 lampes à incandescence) ; — au théâtre Philodramatique (263 lampes à incandescence et 1 lampe à arc) ; — à l'hôtel Continental (473 lampes à incandescence) ; — à l'hôtel de Milan (238 lampes à incandescence) ; - — aux cercles (331 lampes à incandescence); — aux cafés, brasseries, restaurants (859 lampes à incandescence et 11 lampes à arc); — aux magasins (1340 lampes à incandescence et 20 lampes à arc) ; — aux imprimeries (405 lampes à incandescence); — aux banques (610 lampes à incandescence) ; ~- aux appartements (101 lampes à incandescence); — à l'usine électrique (118 lampes à incandescence).
Le réseau des conducteurs est formé de câbles de cuivre, de 93 millimètres carrés de section, qui s'étendent sous le pavé des rues*
Le courant est distribué à ce réseau par des conducteurs principaux, de 250 à 600 millimètres carrés de section. Ces conducteurs, partant de l'usine, y recueillent le courant des machines dynamos , et le portent aux brûleurs.
Les prix sont ainsi fixés :
Pour une lampe de 10 bougies, 22 francs par an, plus 0 fr. 027 par heure d'éclairage.
Pour une lampe de 16 bougies, 35 francs
SUPPLÉMENT À L'ART DE L'ÉCLAIRAGE
par an, plus 0 fr. 04 par heure d'éclairage.
En supposant 1000 heures d'éclairage par an, la lampe de 10 bougies revient ainsi à 50 francs, et celle de 16 bougies à 75 francs, pour une année.
Une usine centrale d'électricité a été établie à Rome,, par la Compagnie du gaz.
Cette station disposait d'abord d'une force de 2700 chevaux, pour éclairer la ville. L'énergie électrique atteint maintenant là puissance de 4400 chevaux, grâce à l'utilisation des chutes d'eau de Tivoli, éloignées de Rome de 30 kilomètres, et que Ton transmet par des machines dynamos et des fils de section convenable. Cette seconde usine a été organisée par la maison Ganz, La distribution est opérée d'après le système Zipernowsky ; les courants sont alternatifs et à haute tension; les transformateurs sont, placés aux différents centres d'alimentation.
Les usines centrales en Espagne. — Au commencement de 1889, on inaugurait, en Espagne, la station centrale de Durango, province de Bilbao. Cette station comprend l'éclairage des voies publiques de cette petite ville, par 300 lampes à incandescence.
Il en sera de même pour les villes de Cestona, Azpertia et Azcortia, province de Guipuzcoa, où l'on peut disposer d'une grande force hydraulique.
On projette aussi la formation d'une station centrale à Orense.
Les usines centrales aux États-Unis. — C'est dans les États-Unis d'Amérique que l'éclairage électrique a pris les plus grands développements. Dans ce pays, plus de 150 stations centrales, et 1000 installations isolées, qui sont la propriété de la seule Société Edison.
Les stations les plus importantes de la Société Edison sont celles de New-York, de Philadelphie, de Chicago et de Boston, éclairant, chacune, de 20000 à 40000 lampes.
Le courant est produit par des machines
dynamos du type que nous représentons sur la figure 363 (page 457).
Les deux stations Edison de New-York alimentent, ensemble, 13 000 lampes, de 16 bougies. L'une, installée dans Pearl Street, possède 11000 lampes à elle seule; l'autre, installée dans Liberty Street, en a plus de 2000.
D'autres sociétés, au nombre de plus de vingt, se partagent le reste de l'éclairage de New- York.
Nous empruntons au savant ouvrage de M. Hippolyte Fontaine, P Éclairage par Y électricité (1), le tableau des installations isolées et des stations centrales desservies par les principales sociétés américaines, autres que celles d'Edison.
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