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dans les autres systèmes. Ils circulent autour du bain-marie, avant de se rendre dans la cheminée, et quand on fait rôtir une pièce importante, gigot, dinde, etc., F eau du bain-marie arrive à l'ébullition.

En outre des appareils divers que nous venons de passer en revue, il en est d'autres qu'il n'est pas hors de propos de citer, en parlant de la cuisine au gaz. Tel est le torréfacteur pour le café. Chauffé par le gaz, cet appareil donne une chaleur qui peut être modifiée à volonté et réglée de façon à rester invariable.

Les lessiveuses à gaz sont appelées également à rendre des services dans un ménage.

Citons encore lès appareils pour le chauffage instantané de Peau, appareils qui ont leur place toute marquée dans les cabinets de toilette, et le chauffe-bains à gaz. La combustion d'un mètre cube de gaz suffit pour le chauffage d'un bain.

Chauffage des appartements par le gaz. — Les avantages du chauffage des appartements par le gaz, peuvent se résumer comme il suit.

L'allumage est instantané, et ne demande l'emploi d'aucun combustible supplémentaire, tels que boules résineuses, margotins, copeaux, etc. : une allumette suffit. Les produits de la combustion étant tous gazeux, ne produisent aucun encrassement dans les tuyaux de la cheminée, et ne nécessitent pas ces ramonages périodiques, qui sont parfois si désagréables.

Avec le chauffage des appartements par le gaz, on peut employer des appareils légers, en tôle, qui s'échauffent rapidement, et permettent de jouir instantanément de la chaleur. Un poêle, une cheminée, alimentés par le charbon, le bois ou le coke, ne donnent de chaleur qu'après une longue attente. Avec le gaz, l'effet est instantané, et on arrête la chaleur dès qu'elle devient inutile.

Faisons, toutefois, cette remarque que le

gaz ne saurait être substitué aux procédés généraux de chauffage pour les grandes pièces, c'ést-à-dire aux calorifères de cave ou aux poêles à charbon, qui chauffent de très grands espaces, économiquement et d'une manière continue. Mais pour élever rapidement la température de petits locaux, le gaz est un agent parfait.

Dans un cabinet de toilette, où il faut, pour quelques instants, une douce température, dans une salle de bains, une salle à manger, et même dans certains magasins et boutiques où le client n'est attendu qu'à certaines heures, rien ne vaut le chauffage par le gaz, au point de vue de la commodité, sinpn de l'économie.

Ces réserves posées, disons que l'on se sert pour le chauffage au gaz, de cheminées et de poêles.

Une cheminée à gaz se compose d'une série de tubes à gaz horizontaux, dans lesquels le gaz brûle en chauffant par le rayonnement, comme les combustibles ordinaires.

Les produits de la combustion ne sauraient, sans inconvénient, pour la santé des

Fig. 418. — Cheminée à gaz à boules de terre.

personnes, demeurer dans la pièce ; on doit les évacuer par le tuyau de la cheminée.

Un constructeur de Paris, M. Legrand, pour utiliser le mieux possible la chaleur de la combustion du gaz, a imaginé de placer le foyer dans un coffre en tôle, à parois garnies de terre, que Ton place dans l'intérieur d'une cheminée ordinaire. Le recouvrement cinlré du foyer renvoie une grande partie de la chaleur flans la pièce. Une ouverture, ménagée dans Je coffre, laisse dégager dans la cheminée les produits de la, combustion. Cette enveloppe est complétée par une chambre à air, ayant sur sa face antérieure, une galerie à jour, qui donne issue à une partie de l'air chauffé.

Pour donner à un foyer à gaz l'illusion de l'aspect ordinaire d'un feu de huches, les constructeurs ont adopté des dispositions

très diverses et fort ingénieuses. On fait dégager le gaz par de petites ouvertures percées dans une bûche métallique, figurant le bois. On fait également, avec de l'amiante entremêlée à des bûches métalliques, des foyers qui simulent la flamme d'une cheminée.

\J appareil Marini est formé d'une couronne métallique, au centre de laquelle se trouve un brûleur, composé de tubes parallèles, percés de trous , qui donnent passage à de petits jets de flamme blanche, recouverts en partie par de Y amiante.

"L'amiante, mise en contact avec le gaz en combustion, devient incandescente, et augmente, par son rayonnement, l'intensité du foyer, en même temps qu'elle donne l'apparence d'un feu de bois ou de charbon. . On voit dans la figure 417 une cheminée à gaz à bûches d'amiante. ...

La G ompagnîepàrisienne a mis récemment dans le commerce une cheminée à gaz dans laquelleie gaz, amenépar une série de quatre à cinq rampes, mûmes chacune d'un robinet spécial, porte à l'incandescence des boules en terre réfractaire, mêlées d'amiante. Ces -boules augmentent la surface de rayonnement, et donnent à l'ensemble l'aspect d'un foyer au coke (fig, 418).

La disposition du brûleur est telle que les robinets de commande ne peuvent jamais s'échauffer, ni se gripper ; ce qui en rend le fonctionnement toujours facile, sans exposer la personne qui les manœuvre à se brûler les doigts.

La commande de chaque rampe, à l'aide d'un robinet spécial, permet de diminuer la chaleur développée, et par suite, la dépense de gaz, sans nuire à là bonne allure du foyer.

L'emploi des boules réfractaires, qui deviennent incandèscentes, assure la parfaite combustion du gaz, qui se fait toujours avec „ excès d'air, de manière à supprimer toute odeur désagréable.

Ces appareils, qui sont munis d'un système spécial pour la circulation de l'air, de bouches de chaleur et de tuyaux de dégagement, se placent devant toutes les cheminées, et jamais à l'intérieur ce qui leur ferait perdre les trois quarts de leur puissance de chauffage. La saillie extérieure ne dépasse pas 24 centimètres.

L'allumage est très simple ; il suffit d'ouvrir un seul robinet et de présenter une allumette; une très légère explosion se produit, on peut alors successivement ouvrir les autres robinets. Pour éviter cette petite explosion qui, bien que sans danger, effraye certaines personnes, les derniers types construits sont pourvus, sur le côté, d'un petit tube percé de trous, qui peut être allumé sans aucune explosion, et qui enflamme ensuite la première rampe intérieure, quand on ouvre le robinet qui l'alimente, s. T. II.

On voit dans beaucoup de magasins de Paris, des cheminées à gaz, qui sont caractérisées par un foyer réflecteur, en cuivre poli, lequel produit un effet de rayonnement considérable. Le gaz brûle au fond et en haut du coffre. Par ce moyen, la chaleur est renvoyée en plus grande quantité dans la pièce, et l'éclat du métal réflecteur réjouit les yeux.

Les cheminées à gaz à foyer réflecteur sont construites comme il suit.

A la partie supérieure, existe une rampe

Fig. 4 1 9. — Cheminée à réflecteur de cuivre ondulé.

horizontale, en fer, percée d'une série de trous, qui projettent des jets de gaz, à flamme blanche. L'intérieur de la cheminée est garni d'une plaque de cuivre poli, qui constitue le réflecteur.

La plaque de cuivre, au lieu d'être unie, est tourmentée d'une série d'ondulations , qui fournissent autant de surfaces réfléchissantes. Les deux parois latérales du foyer sont recouvertes des mêmes plaques en cuivre poli.

Ces cheminées sont commodes pour se chauffer les pieds. Il suffit de se placer debout, pour sécher ses chaussures mouil-

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lées, sans avoir l'ennui de se brûler la figure. Si une dame approche sa robe du foyer, le tissu n'a aucun contact avec la rampe du gaz, qui, placée au fond, ne saurait communiquer le feu. Les enfants peuvent sans danger jouer devant un tel foyer. ■•■ Le cuivre échauffé se ternissant toujours,

Fig. 420. —-Coupe d'un poêle simple à gaz.

il faut entretenir toutes les surfaces en bon état de propreté, au moyen du tripoli.

Ces foyers sont fabriqués soit en cuivre rouge, soit en laiton, dont les pouvoirs réflecteurs sont peu différents. On préfère généralement le reflet rosé du cuivre au reflet jaune du laiton.

Nous donnons dans la figure 41 9 le dessin d'une cheminée à gaz avec foyer réflecteur.

Les poêles à gaz peuvent être distingués en poêles simples et en poêles- calorifères.

Les poêles simples sont formés par une simple enveloppe en fonte, ou en tôle, dans laquelle on place le foyer, qui émet, par rayonnement, la plus grande partie du calorique de la flamme du gaz.

Un grand nombre de modèles de poêles

Fig. 421. — Poêle à coke.

à gaz, qui ne varient que par la forme et l'ornementation extérieures, ainsi que par la disposition des brûleurs, sont employés aujourd'hui. Les meilleurs sont ceux qui, par leur disposition intérieure, permettent aux produits de la combustion de perdre la plus grande partie de leur chaleur avant de se dégager dans la cheminée; ce qui est indispensable pour .l'hygiène.

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Il faut rejeter les poêles à gaz microscopiques, que l'on trouve chez quelques appareil leurs, et qui, étant dépourvus du tuyau de dégagement des produits de la combustion, déversent ces produits dans la pièce, et vicient l'air, en donnant les buées de

Fig. 422. — Poêle à gaz,

vapeur, qui altèrent lès papiers de tenture, les couleurs et la dorure.

Nous donnons dans la figure 420 la coupe du poêle à gaz le plus répandu. Le gaz arrivant par le robinet A, suit un, cylindre intérieur de tôle B, enveloppe destinée à préserver la paroi extérieure du poêle d'une trop forte élévation de température, et les produits de la combustion

se dégagent par un tube, no a visible sur notre dessin, pour s'écouler dans le tuyau d'une cheminée.

La Compagnie parisienne dit gaz construit des poêles à gaz, pourvus du brûleur que nous avons représenté plus haut, en parlant des cheminée à gaz (fig. 418),

Elle construit également des calorifères mixtes c'est-à-dire pouvant brûler à volonté le coke ou le gaz. Bans ces appareils, comme du reste dans les cheminées dont il vient d'être parlé, au brûleur à gaz peut être substituée une grille à coke. En prenant soin de fermer la clef de réglage7 on transforme ainsi soi-même, en un instant, l'appareil à gaz en un calorifère à coke.

On voit sur les figures 421, 422, ces deux derniers types : la figure 421 représente le poêle à coke, la figure 422 le poêle à gaz, lesquels ainsi qu'il vient d'être dit, peuvent changer à volonté d'affectation, c'est-à-dire marcher au coke o u au gaz .

Ce qui distingue les poêles-calorifères des poêles simples, c'est que les premiers sont disposés de manière à déterminer un appel d'air de la pièce dans l'intérieur de l'appareil. L'air vient s'échauffer au contact de leurs parois, sans se mélanger aux produits de la combustion. Il parcourt ensuite quelques tuyaux, auxquels il cède du calorique, et s'échappe dans la pièce à chauffer. Eri •outre, la paroi externe de l'appareil agit, comme dans les poêles ordinaires, pour communiquer à la pièce son calorique par voie de rayonnement.

Nous donnons dans la figure 423 la coupe verticale du calorifère que construit à Paris> M. Wagner. La légende qui accompagne cette figure explique la route suivie par les gaz dans les conduits intérieurs et son issue au dehors. On voit le groupe de tubes, BP, dans lesquels l'air chauffé par le gaz, circule, avant de se dégager dans une cheminée.

La Compagnie parisienne du gaz a mis

dans- le commerce mi poêle tubulaire à gaz, qu'elle désigne sons le nom de calorifèretambour.

Le caractère spécial de cet appareil, c'est son débit fixe, proportionné à ses dimen-

Fig. 423. — Coupe du calorifère à gaz de M. Wagner.

Â, tube auquel on adapte le tuyau en caoutchouc amenant le gaz.

— R, couronne percée tout autour de trous pour l'allumage du gaz.

— B, P, deux, plaques d'obturation reliant tous les tubes T, et formant le système tubulaire de chauffage. — Les gaz biûlés par la j-ampe R, traversent les tubes T, et s'échappent ensuite par le tuyau D, dans la cheminée de l'appartement. Ces tubes n'ayant aiu&î aucune communication avec l'air de l'appartement, il n y a aucune odeur à redouter. — F, trous percés dans l'enveloppe du poêle, par- où pénètre l'air à échauffer. Cet air froid remplit l'espace vide, entre les tubes T, s'échauffe, monte par le gros tuyau vertical E, et s'échappe dans l'appartement par les vides du couvercle C.

sions, et à sa masse. Ce débit invariable, a permis d'employer les flammes blanches, qui donnent le maximum de chaleur, et dont l'emploi était jusqu'ici peu usité, par la crainte des fumées et des dépôts charbonneux qui se produisent, lorsque la con-

sommation des appareils vient, sous l'influence des fortes pressions, à dépasser la limite normale.

Les produits de la combustion sont refroidis par leur passage à travers des plaques en terre réfractaire, et ensuite dans un

Fig. 424. — Poêle tubulaire à gaz de la Compagnie

parisienne»

tambour extérieur, auquel est raccordé le tuyau d'échappement.

Une série de tuyaux en cuivre^ chauffés extérieurement par le gaz qui brûle, donnen t intérieurement passage à un courant d'air qui vient déboucher à la partie supérieure, de l'appareil.

Ces tuyaux sont, à leur extrémité supérieure, entourés d'une couche de sable, qui,

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en complétant l'étanchéité absolue des joints, absorbe la chaleur considérable qui

Fig. 425, — Coupé du poêle tuïralaire de la Compagnie

parisienne.

R, robinet et tuyau d'arrivée du gaz qui se rend dans la rampe à gaz, — B, rampe à gaz, de forme circulaire, serrant de foyer au calorifère. — E, porte du foyer semblable à celle d'un poêle ordinaire. ■ — À, chambre circulaire, recevant l'air froid, qui entre par les ouvertures K, cet air s'échauffe au-dessus du foyer, monte à l'intérieur des tubes T, pour s'échapper ensuite par le haut du poêle dans l'appartement. Cet air, étant complètement séparé des gaz; provenant de la combustion, ne peut entraîner avec lui aucune odeur nuisible. — C, couvercle et S, galerie par ou s'échappe l'air chauffé. — G, chambre de chauffe enveloppant les tubes T. Cette chambre est la continuation du foyer B : Elle est fermée en haut par une plaque obturatrice P, qui forée les produits de la combustion à s'échapper par le tuyau Vr D, qui les emmène dans la cheminée. Cette chambre G, est garnie de cloisons H, qui maintiennent ï'écartement des tubes T. — Ces cloisons, percées de trous pour le passage du gaz, sont en briques pour augmenter tout d'abord la surface dé ^chauffe, et ensuite couseryer de la chaleur longtemps après l'extinction du feu. Ces cloisons ont en outre l'avantage de modérer l'évacuation trop rapide des produits de la combustion et de les maintenir plus longtemps en contact avec les tuyaux T, où s'échauffe l'air froid.

se manifeste toujours sur le plafond de la chambre de combustion.

La figure 424 donne la vue extérieure du

poêle tabulaire de la Compagnie parisienne et la figure 425 la coupe de cet appareil. La légende qui accompagne ce dessin montre la marche à l'intérieur des tuvaux de l'air venant de la pièce et son échappement dans la cheminée de l'appartement.

On munit quelquefois les poêles calorifères à gaz de l'appareil réflecteur en cuivre dont nous avons parlé à propos des cheminées a réflecteur. L'air s'échauffe au contact des parois métalliques, et se dégage ensuite dans la pièce, par les bouches de chaleur latérales ; les gaz de la combustion s'échappent séparément hors de la pièce, par un autre tuyau.

Chauffage industriel. — Dans l'industrie, , les emplois du gaz de l'éclairage, comme moyen calorifique, sont aujourd'hui immenses. Le gaz, en effet, se prête à merveille à toutes les sortes d'opérations, dans les manufactures et dans les arts. Un tel champ serait infini à parcourir ; nous nous bornerons à dire quelques mots des différentes industries qui ont recours à ce moyen commode et économique de produire, au moment voulu et dans la seule proportion nécessaire, la chaleur qu'exige l'exécution d'une opération manufacturière.

Pour Yapprêt des tissus, il faut, quand te tissu quitte le métier, détruire le velouté des fils par le grillage. Ge grillage ou duvetage, se fait par le gaz, bien mieux que par. le feu, comme on l'exécutait autrefois.

Dans la chapellerie, le gaz est employé pour chauffer les formes métalliques qui reçoivent les coiffes à presser. Il sert aussi à chauffer les fers pour l'encollage.

Le repassage des chapeaux se fait avec des fers chauffés au gaz.

Le gaz ne s'applique pas seulement à la fabrication des chapeaux. Il est également employé, chez les chapeliers détaillants, pour les coup 'S de fer à donner aux chapeaux

prêts à livrer, ou pour restaurer les vieux chapeaux.

Chez les coiffeurs, le gaz est employé pour le chauffage des fers, longs et ronds, et pour faire chauffer l'eau à l'usage de la barbe.

Bans la cordonnerie, c'est-à-dire la fabrication en grand des chaussures de cuir, on fait usage du gaz pour le chauffage des nombreux outils employés dans les ateliers. Des apprêteuse.i mécaniques servent à fixer les élastiques entre les deux tiges des bottines. On emploie, pour cela, un fer chauffé à l'intérieur par le gaz, auquel on imprime un mouvement ascendant, au moyen d'une pédale. Des tubes à air et à gaz servent au chauffage des mailloches, pour brunir les talons de cuir. D'autres fers, chauffés à l'intérieur, par le gaz, servent à lisser les pourtours des semelles.

Les relieurs-doreurs chauffent leurs fers par le gaz, en employant une rampe, qui est divisée en deux parties, et dont on règle l'intensité calorifique au moyen d'un robinet , pour chacune des demi-rampes. Une seule rampe est allumée, quand on n'a qu'un seul fer à chauffer.

Les fabricants de boutons emploient avec avantage la chandelle au gaz.

Les souffleurs de verre travaillaient autrefois le verre et l'émail, avec une lampe à huile, dans laquelle on injectait un fort courant d'air, au moyen d'un soufflet, mis en action par le pied. Aujourd'hui, le chalumeau du souffleur de verre est constitué par une flamme de gaz, dans laquelle de l'air est insufflé.

C'est ainsi que l'émailleur fabrique les fleurs artificielles pour parures, les bouquets artificiels, en émail, les épingles de coiffures etdechàles, les émaux pour bijoux, les perles, poires, gouttes d'eau, pendants d'oreilles, un grand nombre de pièces pour passementerie, et une infinité d'autres articles de verroterie.

Parmi les pièces en verre blanc, se modelant par le soufflage et le cintrage, sous l'influence de la chaleur, nous citerons encore les baromètres, thermomètres, aéromètres, les tubes, de formes diverses, poulies laboratoires de chimie, les alcoomètres, les pèse-acides, les pèse-sels, les ni-veaux à bulle d'air, les compte-gouttes, et un grand nombre d'instruments pour les sciences.

Les pièces de verrerie moulées à la presse, se font dans des moules creux en fonte, ou mieux, en acier, pour obtenir des pièces pleines. On emploie, à cet effet, des presses à levier, ou dès presses à vis, fabriquées par M. Boscher, mécanicien à Paris.

C'est avec cette même presse qu'on fabrique un grand nombre d'objets dits articles de Paris tels que boutons, imitation, de camées, poignées de parapluies, poignées d;ombrelles et de cannes, etc.

Le moulage s'exécute avec une rapidité qui permet de les produire à un très bas prix. On. présente les baguettes d'émail ou de verre à l'action de la flamme du gaz, et on fait couler la matière fondue dans la matrice qui doit lui donner sa forme.

Les fleuristes se servent de gaz pour chauffage des petites étuves, qui donnent une chaleur à peu près constante et peu coûteuse. Ils l'emploient aussi, pour le

chauffage des'-plaques en fonte, destinées à communiquer la chaleur nécessaire aux matrices à gaufrer.

Les gainiers, les fabricants de registres, les relieurs, et plusieurs autres professions, faisant usage du papier, du carton et des peaux, chauffent au bain-marie leur collé forte, au moyen du gaz.

L'appareil dont ils se servent est divisé en quatre compartiments. Dans le premier, est liquéfiée la colle de Cologne, dans le second, la colle forte proprement dite, dans le troisième la colle demi- for te. Le quatrième sert à préparer chaque espèce de colle, pour

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l'amener à la liquidité avant de la verser dans le compartiment qui lui est réservé. Cet appareil est placé sur l'établi, à proximité des ouvriers qui en font usage.

Les gaufreurs de cuirs et de peaux se servent de machines à gaufrer et à plisser, composées de deux cylindres creux, ayant des longueurs et des diamètres proportionnés au travail à effectuer, et qui sont chauffés à l'intérieur, par le gaz, qui procure une chaleur régulière et continue.

Ces cylindres creux, auxquels on imprime un mouvement continuel de rotation, sont pourvus dé cannelures, s'engageant Fune dans l'autre, avec des dimensions correspondant au travail à produire. On les emploie à gaufrer les cuirs, les papiers peints, les rubans de satin, le taffetas, les effilés et la soie pour passementerie, la paille pour chapeaux, les tulles, la lingerie, les jupons, les tours de tête et divers autres articles.

Le gaufrage et la dorure à plat et en relief, sur le papier, les étoffes et les cuirs, s'exécutent avec des fers chauffés au gaz.

Chez les fabricants de papiers peints, les mêmes outils servent à faire, à chaud, le reps sur For, et le frappage sans or sur le velouté.

Pour dorer les couvertures et les ornements, ]es relieurs tracent des empreintes à la résine ; et sous l'influence de la chaleur fournie par l'outil à gaz, la résine fond, en faisant adhérer For sur le papier ou le cuir. On opère de la même maniërepour obtenir, par la pression à chaud, la dorure sur plat, des livres, recouverts soit eii toile, soit en papier.

Les cartonnages de fantaisie, comprenant les boîtes-bonbonnières et les autres objets décorés en relief et dorés, se font aussi avec des fers chauffés au gaz.

Dans ces dernières applications, le gaz est le producteur de chaleur le plus sûr que Fon puisse employer, en raison de la régularité de la température qu'il donne,

condition indispensable pour ce genre de travaux.

Sur le comptoir de beaucoup de pharmaciens, on voit un petit fourneau, composé d'un cylindre en fonte, contenant, au fond, une rampe à gaz. Ce fourneau sert à chauffer les liquides, à faire fondre la cire à cacheter, et même à fabriquer les emplâtres et le sparadrap.

Chez la plupart des marchands de vins et iiquoristes, on trouve au jourd'hui de petites chauffeuses, en porcelaine, plus ou moins décorée, qui servent à maintenir chauds, dans un bain-marie, le punch, le thé et le café. Ces appareils qui, pour la plupart, fonctionnent sans interruption', depuis le matin jusqu'à une heure avancée de la soirée, occasionnent une faible dépense, en raison de petit nombre de jets de gaz et de leur faible débit. L'eau du bain-marie n'a besoin que d'être maintenue à -f- 90' degrés environ, pour entretenir ces liquides chauds, d'une manière constante.

On voit souvent les peintres-barbouilleurs occupés à enlever les anciennes couches de peinture, pour en appliquer de nouvelles, se servir d'une flamme de gaz sortant d'un tuyau de caoutchouc, qu'il tiennent à la main. Ils ramollissent ainsi la vieille peinture par la chaleur; puis ils la détachent, au moyen d'un grattoir. Quelquefois, au lieu d'une simple flamme de gaz, on se sert d'une chandelle à gaz, c'està-dire d'un courant de gaz mélangé à de Tair, qui donne une flamme blanche beaucoup plus chaude.

Les tailleurs emploient le gaz pour chauffer les fers , ou carreaux, qui leur servent à rabattre les coutures, par la pression à chaud. Ils ont, pour cela, un appareil divisé en cases, dans chacune desquelles est un fer, que chauffe une plaque de fonte, portée au rouge par une série dé rampes à gaz, réglées, chacune, par un robinet spécial.

Un fer chauffé à l'intérieur par un tuyau

de gaz, mélangé préalablement d'air, est aussi employé, dans diverses maisons de confections, pour rabattre les coutures des paletots, pantalons, vestons et autres vêtements.

La soudure des métaux s'effectue, dans une foule d'industries, par différents chalumeaux à gaz, appropriés à chaque opération, et dans le détail desquels nous ne saurions entrer ici. Bornons-nous à dire que depuis la soudure des grandes pièces, dans l'industrie des bronzes d'art, jusqu'aux petites soudures que font les bijoutiers, pour les articles de parure et les chaînes, on opère avec un chalumeau à gaz, dont la forme est calculée sur le travail à exécuter.

Les fabricants de boîtes en fer-blanc se servent uniquement, aujourd'hui, pour leurs soudures, du gaz, qui leur procure une économie notable, puisqu'un ouvrier qui soudait, autrefois, avec le charbon de bois, 700 boîtes cylindriques de 1/2 litre, en produit, avec le gaz , 1200* La dépense en charbon, qui était autrefois de 10 centimes par heure (ou 2% 500 à 8 francs les 100 kilos, prix de gros) est, avec le gaz, pour le même temps, de 135 litres à 30 centimes le 1000, soit de 4 centimes par heure.

Ces chiffres parlent suffisamment en faveur du gaz, et indiquent l'économie que ce mode de chauffage présente dans cette fabrication, toujours annexée à la préparation des conserves alimentaires.

Les ferblantiers qui fabriquent et ferment les boîtes de conserves alimentaires et celles à sardines, et ceux qui fabriquent les objets dits articles de Paris , ainsi que d'autrefe professions dans lesquelles on fait des soudures fines, linéaires, ou des simples points de soudure, se servent d'un fer chauffé parle gaz. Par une combinaison ingénieuse, on fait arriver le gaz et l'air, comme dans la chandelle à gaz dont nous avons parlé plus plus haut ; seulement au lieu que le dard du chalumeau soit à air libre, il vient ici lécher le talon

du fer à souder, et lui communiquer une chaleur régulière et constante.

Si l'on se sert d'un seul fer, on se contente d'un ventilateur, mû par le pied de l'ouvrier: mais dans les grands ateliers on se sert d'un gazomètre à air, qui fonctionne à l'aide de contrepoids, et quelquefois d'un ventilateur hydraulique.

Les fabricants de jouets d'enfants., d'encriers, d'articles pour fumeurs, etc., font usage du gaz pour leurs soudures.

Les pièces vernies, teintées ou colorées, sont séchées également dans un four chauffé par le gaz, où l'on n'a pas à craindre les poussières qui se déposent sur les parties vernissées, comme dans les étuves ordinaires.

Les lampistes, qui soudent le fer-blanc ou le zinc, font également du gaz un usage, qui.leur permet de fabriquer rapidement et à bon marché.

Pour la mise en plomb des vitraux d'église, on se sert également d'un fer chauffé par le gaz.

Les articles de ménage tels que seaux, bains de pied, bidons et tous les ustensiles en zinc ou en fer-blanc, sont soudés avec le gaz.

Disons, en résumé, que la plupart des petites industries emploient aujourd'hui le gaz de l'éclairage, comme agent producteur de calorique. Le plus grand nombre des appareils de chauffage à gaz qui existent dans les ateliers, sont dus à l'initiative des industriels, qui les ont adaptés, avec beaucoup d'intelligence, aux besoins de leur fabrication.

Dans la grande industrie métallurgique, le gaz est souvent le seul combustible employé pour la fusion des métaux ou des matières devant faciliter cette fusion. Seulement, comme il serait impossible de faire usage du gaz < de l'éclairage, en raison de

SUPPLEMENT A L'ART DU CHAUFFAGE

son prix, on fabrique, pour ainsi dire, le gaz sur place. On distille les charbons maigres dans l'usine, et on obtient ainsi un composé gazeux, qui produit tous les effets calorifiques du gaz.

La distillation de la houille maigre se fait dans un appareil spécial, nommé gazogène , où elle est décomposée à basse température et transformée en un mélange d'hydrogène protocarboné et d'oxyde de carbone. On dirige ce mélange dans les foyers, où on les brûle, avec un courant d'air, préalablement surchauffé.

Le chauffage par gazogène est principalement appliqué aux opérations métallurgiques, à la cuisson des produits céramiques, aux verreries, etc.

Dans les laboratoires de chimie, le gaz de l'éclairage a remplacé, de nos jours, le charbon de bois? autrefois seul en usage, concurremment avec la lampe à alcool, pour toutes les opérations où intervient la chaleur. On ne trouve plus une seule caisse à charbon de bois, dans les laboratoires modernes. Cette substitution a rendu faciles bien des opérations, qui étaient très pénibles jadis, et elle permet d'effectuer des expériences devant lesquelles on aurait reculé avec les anciens fourneaux à charbon.

C'est dans le laboratoire particulier de Wurtz, situé rue Garancière, dans l'hôtel occupé auj ourd'hui par la librairie Pion, que - le gaz fut, pour la première fois^ substitué au charbon, dans les opérations chimiques.

Le gaz fut ensuite appliqué dans le laboratoire particulier de Pelouze, rue Dauphine, ensuite dans le laboratoire du même chimiste à la Monnaie, enfin dans le laboratoire de Ch. Gerhrardt, rue Mônsieur-le- Prince.

La pression pendant le jour, faisant défaut, à cette époque (1850-18.52), il fallait avoir des gazomètres, que l'on èmplissait le soir, pour les travaux du lendemain.

Lorsque, en 1856, la Compagnie parisienne

s. T. II.

pour V éclairage et le chauffage au gaz, se constitua, apportant l'engagement de fournir le gaz le jour, comme la nuit, tous les laboratoires de chimie installèrent le chauffage, au gaz.

Les premiers appareils de laboratoire pour le chauffage à gaz, et qui se composaient de tubes métalliques venaient d'Allemagne. Ils ne répondaient qu'imparfaitement aux besoins des manipulateurs. C'est alors que M. Wiesnegg père créa l'outillage actuel, qui sert, dans les laboratoires de chimie, à effectuer, au moyen du gaz, toutes les opérations demandant l'intervention de la chaleur.

Ces opérations étant d'un nombre infiniment grand, et d'un ordre essentiellement varié, nous n'entreprendrons pas de passer en revue les appareils de chauffage au gaz qui se trouvent dans les laboratoires actuels. Bornons-nous à dire que, depuis la simple ébullition d'un liquide, jusqu'à l'analyse organique élémentaire, en passant par toutes les calcinations, combustions, distillations, évaporations, séchages à l'étuve, etc., etc., tout chauffage, dans les laboratoires de chimie, se fait aujourd'hui avec des appareils & gaz. La plupart de ces appareils se construisent^ d'ailleurs, selon les besoins et les demandes des opérateurs, en vue des recherches qu'ils ont à exécuter.

Nous n'avons pu traiter que d'une façon très sommaire la question des emplois du gaz dans les différentes industries modernes. Les personnes qui désireraient des renseignements plus complets à ce sujet, avec des dessins d'appareils , les trouveront exposés avec beaucoup de soin dans un volume in-12, publié à la Librairie scientifique et industrielle d'Eugène Lacroix, sous ce titre : Le chauffage par le gaz considéré dans ses diverses applications par G. Germinet.

Ajoutons que M. G. Germinet, homme

instruit et modeste, possédant à fond la

connaissance de tout ce qui se rattache à l'industrie du gaz, consacre ses loisirs à la préparation d'un ouvrage, ou recueil considérable, car il ne formerait pas moins de dix à douze volumes, uniquement consacrés à V éclairage et au chauffage par le gaz.

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