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Les merveilles de la sculpture

En essayant, dans un précédent ouvrage, de retracer les Merveilles de la Peinture , nous avons fait d’abord cette observation générale que, des trois arts du dessin, partout proclamés les beaux-arts , la peinture était le dernier par l’âge, par les dates historiques. Longtemps elle ne fut que le serviteur des deux autres, leur accessoire, leur complément. Mais la sculpture aussi, bien qu’elle ait précédé la peinture, ne fut longtemps que l’accessoire et le complément de l’aîné des trois arts, l’architecture. Evidemment, c’est l’architecture qui parut la première dans le monde. Dès la venue de notre

race sur la terre, elle fut nécessaire pour élever à l’homme une habitation, pour lui donner un abri contre la froidure, la chaleur, les orages, les bêtes féroces. Bientôt ensuite elle fut nécessaire pour élever des palais à ceux que la force ou l’adresse firent princes des tribus et rois des nations ; pour élever des temples aux forces de la nature, dont l’homme, dans son ignorance, sa surprise et son effroi, avait fait des divinités, auxquelles il demandait leurs bienfaits par ses prières, ou desquelles il conjurait la colère par des présents et des sacri lices. S’exerçant avec les mêmes matériaux que l’architecture, — le bois, la pierre, le marbre, — la sculpture lui vint bientôt en aide et lui fournit ses premiers ornements. Mais, de même que l’architecture, elle s’était bornée d’abord à prendre ses imitations, comme ses matériaux, dans la nature inorganique. Une colonne était un tronc d’arbre en marbre blanc; un chapiteau indiquait la naissance des branches et des feuilles. Mais peu à peu, dans l’architecture, la simple industrie s’était perfectionnée, embellie, transfigurée ; elle était devenue l’art, et le beau s’était ajouté à l’utile. Alors aussi la sculpture prit insensiblement son indépendance et sa dignité. On en avait vu les premiers timides essais dès Y âge de pierre , en même temps que ceux du dessin, dans les grossières ciselures sur des roches ou des ossements que nous livrent aujourd’hui les cavernes habitées jadis par les hommes de cette lointaine époque, et les ruines des cités lacustres, presque aussi vieilles que les cavernes où s’abritèrent les premiers habitants de notre planète. La sculpture, comme art, naquit successivement d’un regard de l’homme sur la nature organisée, d’une étude sur les

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