‹ Les merveilles de la Vallée de YosemitiChapitre 9 sur 11 · LE TOUR DU MONDE. — CHRONIQUE · texte numérisé non relu

LE TOUR DU MONDE. — CHRONIQUE

mante, relativement active, c’est celle des terres chaudes, des bas et des moyens niveaux; c’est elle qui est remuante, dominatrice, qui fournit les ambit tieux, impose les conquérants aux placides habitants des hauteurs ; enfin, symptôme encore plus significatif, ce sont ces populations des bas et moyens niveaux qui sont le plus prolifiques. C’est surtout par elle que s’accroît la population mexicaine, puisque M. Jourdanet trouve que, de 1810 à 1857, son accroissement a été de 6,5 par an et par 1000, alors que celle qui vit sur les plateaux élevés, c’est-à-dire dans une atmosphère raréfiée, ne s’est accrue que de 3,6 par an et par 1000. Mais si l’on calcule l’accroissement des seuls habitants des moyens niveaux, qui n’ont à souffrir ni des chaleurs torrides et des émanations miasmatiques des bas niveaux, ni des défaillances de l’atmosphère des hauteurs, on constate un accroissement de 9,84 par an et par 1000. Et cette faiblesse de l’accroissement des populations des lieux élevés, M. Jourdanet la retrouve sur toute la terre, partout où il existe quelques documents, soit en Amérique centrale, soit en Asie sur les hauts plateaux du Tibet. Ainsi, l’observation des malades et des maladies et l’étude des collectivités, tout dépose de l’adynamisme et de l’affaiblissement des hommes vivant dans les atmosphères raréfiées.

« Malgré ce faible accroissement de la population, peut-on espérer l’acclimatement des hommes en ces hautes régions? Il semble d’abord qu’une population qui s’accroît prouve par cela même son adaptation. Cependant, quand les hommes ont de l’espace, de la terre cultivable presque à souhait, ce maigre accroissement de 3 pour 1000 (c’est celui de la France, où le sol est entièrement approprié) indique un état de souffrance intime. Aussi M. Jourdanet ne croit-il guère à un franc acclimatement sur ces hauteurs. Le seul aéclimatemcnt que l’homme puisse espérer dans ces régions lui semble plutôt consister dans une sorte d’assuétude à une existence amoindrie, que dans le retour de l’activité et de la vigueur premières, ce qui veut dire qu’il n’y a qu’un acclimatement apparent. Le malade qui s’habitue à son mal ne cesse pas pour cela d’ètre un malade. J .

« Le véritable acclimatement se manifeste au Mexique sur les bas et notamment sur les moyens niveaux. Cette vigoureuse race espagnole, l’une des rares populations européennes s’acclimatant véritablement sous la zone tropicale, paraît aussi braver les terres chaudes des bas niveaux et surtout des moyens niveaux du Mexique; mais elle fléchit elle-même sur les Vauts niveaux (?).... .

« A côté des nocuités des altitudes, étudiées avec tant de soin et d’autorité (les engorgements passifs du foie, etc., les névropathies, etc., l’adynamisme et le refroidissement, les affections cardiaques, le typhus), l'auteur nous dit les innocuités, et la première de toutes, la défaillance de la phthisie. Son étude, sur un sujet si important, est des plus complètes, et les conséquences pratiques des plus séduisantes. Il montre en effet que partout, l’aptitude à la phthisie, si fréquence sur les lieux élevés, croissent et décroissent comme le niveau des neiges, et, en général, c’est i partir de la demi-hauteur entre la plaine et le niveaa inférieur des neiges perpétuelles que s’arrête plus ot. moins complètement ce terrible fléau; par exemple vers 2000 à 2500 mètres sur les plateaux du Centre- Amérique; environ à 1400 mètres dans nos Alpes à 500 ou 600 mètres en Scandinavie ; et à peu près au niveau de la mer dans les régions polaires. »

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