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LES MERVEILLES DE LA VIE ANIMALE. 119 cela ne pourrait tenir la tête haute à cause du poids énorme des bois qui la surmontent. Le mâle seul porte des cornes dont ïl se fait une arme terrible contre ses rivaux pendant l’époque du rut. Chez l'élan arrivé à un développement parfait, les bois atteignent souvent le poids de 30 kilogrammes.
En été, les élans rassemblés en petites troupes recherchent les endroits humides et surtout le bord des étangs et des fleuves dans lesquels ils se baignent lorsque les moustiques les harcélent de leurs piqûres ; quand ils sont à la nage, on les prend avec la plus grande facilité, ils n’opposent aucune résistance. Ces animaux sont très-faciles à apprivoiser, ils ont pour celui qui les a élevés le plus grand attachement et le suivent partout. J |
On peut les employer à porter des fardeaux, et il est très-surprenant que jusqu’à ce Jour on n’ait pas songé à utiliser leur rapidité à la course pour les atteler à des chars ou à des traïneaux.
Dans l’Amérique septentrionale on rencontre les élans en grand nombre ; les indigènes s’en emparent par Ja ruse et par l'adresse. Lorsqu'une couche épaisse de neige recouvre le sol, les sauvages marchent sur la neige au moyen de raquettes qui les empêchent d’enfoncer, poursuivent l’animal que la marche fatigue beaucoup parce que ses pieds ne sont pas faits pour marcher dans les neiges ; l’animal est facilement suivi à la piste, d'autant mieux que pour se nourrir, il est obligé de ronger l'écorce des arbres;
bientôt ils sont à la pense de leur victime, ils lui 9
lancent une flèche et s’en emparent. . Pendant les hivers rigoureux, quand une épaisse couche de neige recouvrant le sol empêche un grand
nombre d'animaux de pourvoir facilement à leur
nourriture, les loups et quelques autres animaux
chasseurs ne se font pas faute d’attaquer les élans.
C'est pour se défendre contre ces agresseurs que les élans se réunissent en troupes pour se construire des forteresses connues sous le nom de cours d’élans. Les plus vieux mâles de la troupe choisissent un empla—
cement circulaire, au moyen de leurs cornes ils pous-
sent la neige devant eux et construisent ainsi un monticule solide, les femelles et les jeunes élans sont placés au milieu de cette cour fortifiée. Lorsqu'un loup ou un autre carnassier se présente, tous les mâles, la tête en avant, présentent leurs cornes comme autant de créneaux et devant une si redoutable défense, l'ennemi est forcé de battre en retraite.
Au temps de Jules César, l’élan était connu en Europe sous le nom de alce; on en trouve encore un grand nombre en Norwége, en Suêde et dans quelques-unes des forêts de l'Allemagne : il est sus— ceptible d'acquérir une très-grande taille dans ces pays, on rapporte même que sous le règne de Charles XI, on tua un élan du poids de 560 kilogrammes. Un autre de ces animaux, tué sur les monts Altaï, mesurait une longueur de 2 mètres 70 centimètres.
« L’élan, dit Buffon, a le poil si rude et le cuir si
me
« dur, que la balle du mousquet peut à peine y pé- « nétrer. » Nos armes modernes, plus parfaites que celles dont on disposait au temps de Buffon, permettent de manquer rarement le pauvre animal, et chaque année un grand nombre d’entre eux tombent sous là balle du chasseur, de sorte que le nombre des élans va toujours décroissant. |
Semblable comme aspect à celle du bœuf, la viande de l’élan a une saveur extrêmement délicate, elle constitue le mets favori des Indiens, et pour notre part nous avons eu l’occasion d’en manger une seule fois à Stockholm, et nous avons reconnu que cette viande était de beaucoup supérieure en qualité à celle de nos animaux de boucherie.
Les lamas ou chameaux du Nouveau-Monde sont originaires du Pérou. Lorsque les Espagnols décou— vrirent l'Amérique, les Incas se servaient du lama comme bête de somme et utilisaient son poil laineux pour en fabriquer des vêtements. Le lait de la femelle du lama, semblable à celui de la vache, la chair de cet animal le rendent très-précieux aux habitants de l'Amérique. Au Pérou, en Bolivie, on l’emploie aussi comme bête de somme, car malgré son peu de force Gil ne peut porter que des fardeaux de 75 kilog. au plus), le lama, à cause de la facilité avec laquelle il gravit les montagnes, est l’auxiliaire indispensable de l’homme dans ces contrées.
Ils ne coûtent rien pour leur nourriture, on les laisse errer en liberté dans les bruyères où ils se
à la fatigue, au froid, à la chaleur et à la faim; ilne
nourrissent de mousses, d'herbes et de jeunes pousses 1 4 des arbustes. Aucun animal ne résiste mieux que lui %
craint pas plus la soif que le chameau de la Bactriane | et comme ce dernier, 1l peut rester plusieurs jours sans boire, ni manger. ‘4 Il a une façon fort singulière de manifester son mécontentement ; lorsque fatigué, surchargé et épuisé par les privations, le lama reçoit des coups de son conducteur parce qu'il ralentit sa marche, il se con— tente de se laisser tomber et de lancer sur son tyran. un jet de salive, il agit ainsi avec tous ceux qu'il prend pour ses ennemis. | Doux et ne marchant jamais vite, les lamas ne se reposent que vingt-quatre heures tous les cinq jours; | après le repos, leur conducteur fait entendre un coup de sifflet, tous se lèvent avec lenteur et se mettent aussitôt en marche. Il n’est pas toujours facile à leur . conducteur de les suivre par les chemins qu’ils fré- 4 quentent, tantôt marchant sur le bord des ravins les # plus profonds, tantôt sur la crête des rochers les plus M élevés, ils ne perdent jamais l’équilibre. n.| Au rapport. de Bolivar, trois cent mille lamas #} étaient employés de son temps à l'exploitation des 4 riches mines de Potosi. pi L'alpaga, qui ne diffère du lama que par sa taille plus petite et par l’absence de callosités aux genoux, M n’est guère précieux que par sa laine longue et fine #} qui ne le cède en rien à celle des chèvres du Thibet. M
| LES MERVEILLES DE LA VIE ANIMALE. 193 R Depuis les temps les plus reculés, les Péruviens R fbriquaient des tissus précieux avec la laine de ces | - animaux : on en trouve dans les anciens monuments ; . funéraires, et ces tissus sont extrêmement remarqualies par la finesse de la laine et la perfection du tissage. } De nos jours, les riches Péruviennes recherchent } beaucoup ces tissus qui atteignent des prix très-éle- À vés, les ponchos, vêtements d’homme travaillés avec Pbeaucoup d’art, se vendent jusqu'à 35æt 40,000 | francs. | L Outre les avantages qu’on peut retirer de l'alpaga Jen utilisant sa laine pour nous vêtir, on peut em— ployer dans l'alimentation sa chair qui est d’un goût excellent. Cet animal s’acclimate aisément : le froïd, h ja chaleur, l'humidité, n’ont aucune influence fà— -cheuse sur sa santé, de plus il est facile à apprivoi— ser, docile et caressant, il vient auprès de son maître - quand celui-ci l’appelle ; quelques-uns de ces animaux se sont reproduits au Jardin des Plantes de » Paris. | La vigogne à la taille de la brebis, ses formes sem- . blables à celles du lama s’en distinguent néanmoins par une plus grande élégance. Son poil, d’une longueur et d’une finesse sans égales surtout dans la région du ventre, présente une coloration brune roussâtre dans la plus grande étendue de sa surface, le reste est couleur isabelle. Comme celui de l’alpaga ce poil est l’objet d’un commerce considérable et sert à fabriquer des étofles excessivement précieuses. On
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