‹ Les merveilles de la vie animale. Les mammifèresChapitre 16 sur 33 · SR È · texte numérisé non relu

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Fig. 24, — Le chevrotain.

persistent pendant toute la vie de l'animal. Chez un grand nombre des individus qui composent cetle famille, les bois sont l'apanage exclusif des mâles.

Au premier rang de la famille des antilopes, il faut ranger la gaxe!le dont la taille est égale en hauteur et en élégance à celle du chevreuil auquel elle ressemble

par la vivacité des mouvements, par la grandeur ét 4

l'éclat des yeux.

Chez les Persans et chez les Turcs, la gazelle est considérée comme le symbole de la grâce, de la dis— tinction et de l'élégance. Les poètes orientaux n’ont pas de meilleur compliment à adresser à une femme que de la comparer à une gazelle. |

Le pelage de la gazelle est fauve clair dessus et blanc en dessous. Sur chaque flanc on remarque une bande brune longitadinale. Les genoux sont remar— quables par une touffe de poils saillants, rudes au toucher, et qu’on appelle brosse. C’est surtout dans le nord de l'Afrique qu’on rencontre les gazelles ; là, elles vivent en troupes nombreuses ; elles sont quelquefois rassemblées au nombre de dix mille ; un grand nombre d’entre elles font le guet pour avertir leurs compagnes de l'approche du lion, de la panthère ou d’autres bêtes fauves qui leur font une guerre redoutable.

Le chamois appartient à la famille des antilopes; il habite l’Europe occidentale; 1l porte des cornes d’une longueur de douze centimètres environ, qui à leur base ont une épaisseur de trois centimètres. Les cornes existent chez les deux sexes ; elles présentent des anneaux transversaux peu apparents et des stries longitudinales. La taille du chamois est égale à celle de la chèvre, ses formes sont plus élégantes ; son pelage gris cendré au printemps et brun en hiver est fauve-clair en été, Au coin de la bouche et de chaque

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côté les poils se présentent sous la forme d’une bande … brune foncée qui entoure l’œil et vient se terminer à } la racine des cornes. On rencontre le chamois dans les montagnes de la Grèce, dans les Alpes et dans les Pyrénées. Comme les chèvres, ces gracieux ani— maux recherchent de préférence les endroits escarpés et les pentes rapides; leur agilité est surprenante : ils sautent d’un rocher sur l’autre, bondissent au-dessus des précipices et lorsqu'ils sont poursuivis par les chiens leur souplesse ne rencontre plus d’obstacles. Au retour de la campagne d'Italie, quelques officiers de l’état-major du 63° de ligne, dont je faisais partie, profitant des loisirs de l’étape, résolurent de chasser le chamoïs dans les Alpes. Guidés par deux vieux montagnards habitués à ce genre d’expédition, nous nous dirigeàmes au point du jour dans les pâturages les plus élevés de la montagne, et à l’aide d’un télescope nous vimes apparaître sur la cime des rochers les plus élevés quelques-uns des animaux que nous poursuivions. Sur le conseil de nos guides, nous escaladämes, non sans peine, les rochers, évitant les ravins et nous accrochant çà et là aux nom— breuses broussailles qui croissent dans ces régions montagneuses, nous arrivames ainsi à portée des chamois. Ces animaux étaient au nombre de onze, de tous côtés retentit la détonation de nos carabines, et nous rapporlàmes au camp, non sans peine, quatre de ces jolis animaux.

Quand le chamois aperçoit le chasseur, ce qui

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arrive le plus souvent, car lorsque ces animaux sont en troupe l’un d’eux est toujours chargé de veiller, il s'élance de rocher en rocher jusqu’au sommet de la montagne, mettant entre lui et son ennemi une distance infranchissable. Seuls, les vieux chasseurs de profession osent affronter les dangers épouvantables qui les menacent et ne craignent pas de s’enfoncer dans la neige, où quelquefois ils trouvent la mort, car souvent cette neige n’est que le linceul qui doit les envelopper s’ils tombent dans un ravin profond. Souvent aussi, surpris par la nuit sur la cime de la montagne, l’intrépide chasseur de chamois est forcé de rester dans l’immobilité jusqu’au retour du jour, sans abri contre le froid qui est toujours rigoureux, sans feu pour réchauffer ses membres engour— dis ; cet homme au tempérament d'acier, après avoir mangé son pain noir et dur comme une pierre, hume quelques gouttes d’eau-de-vie et s'étend sur la neige où il dort jusqu’au lendemain, et alors, saisi par le froid, il se lève et continue dé poursuivre le chamois. Beaucoup de chasseurs ont une telle passion pour cette existence aventureuse, que rien ne saurait les en détourner ; presque tous sont victimes de leur témérité, mais tous aussi sont incorrigibles.

Parmi les autres ruminants à cornes creuses, nous citerons l’antilope de Nubie ou des Indes, chez laquelle les cornes ont trois courbures ; l’antilope du Sénégal ou Nagor dont les cornes formées d’anneaux n’ont qu’une seule courbure dont l’angle est situé en avant,

les cornes présentant la même disposition chez une autre variété qui, en raison de sa taille, est appelée antilope chevaline.

Sous le nom de pasan, Buffon a décrit l’antilope du Cap ou antilope à cornes longues qui habite le centre de l'Afrique et le Cap ; grâce au développement de ses sabots elle gravit les rochers avec la plus

Fig. 25. — Le moufflon-

grande agilité et recherche les pays montagneux et les rochers escarpés. |

Le moufflon n’est autre chose que le mouton sau— vage comme l’indiquent parfaitement ses mœurs, ses habitudes, sa manière de vivre et ses caractères extérieurs. Il existe environ quatre espèces de moufflons.

Originaires des rives du Missouri, où ils vivent aussi bien à l’état sauvage qu’à l’état domestique, les wapihis sont des animaux de la famille des cerfs, et &

118 LES MERVEILLES DE LA VIE ANIMALE. | É 2 : Lye 4 dont la taille est quelquefois aussi élevée que celle du cheval. :

Le wapiti introduit aux États-Unis est un animal très-doux qui rend beaucoup de services; lorsqu'on les a élevés, on peut les accoutumer à porter des fardeaux et les aiteler à un traineau; de plus, leur chair fournit un mets excellent.

Les wapitis atteignent un âge avancé et leur lon= gévité est devenue proverbiale. Ce n’est que vers l’âge de douze à quatorze ans qu’ils ont atteint leur accroissement complet; à ce moment leurs cornes, : dont la longueur est de 1 mètre 50 centimètres, pèsent 28 kilogrammes. |

A l’état sauvage ces animaux vivent en familles soumises aux ordres du mâle. Chaque famille a un terrain duquel il ne lui est pas permis de sortir pour aller pâturer sur celui de la famille voisine ; toute infraction à ces conventions donne toujours lieu à une bataille, et lorsque dans une de ces luttes, l’un des combattants vient à succomber sous les coups de l'ennemi, tous ceux de sa famille se font tuer les uns après les autres sur son cadavre, plutôt que de le quitter, tellement est grand l'attachement de ces animaux les uns pour les autres.

Presque aussi haut que le wapiti, l'élan se distingue de tous les animaux de la famille des cerfs par le peu de longueur de son cou qui est en même temps épais et très-robuste ; ce développement des muscles du cou est indispensable à l'animal qui sans

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