CHAPITRE VIII LES COLOSSES
L’éléphant, — Usages de sa trompe. — Variétés. — Éléphants albinos. — Troupes d’éléphants. — Les cris de l'éléphant, — Chasse à l'éléphant. — Education de l'éléphant. — Le tapir. — L’hippo-
potame. — La chasse à l’hippopotame; harpon ; fosses; pieux suspendus. — Le rhinocéros. — Variétés. — Chasse au rhinocéros. — La girafe. — Les larmes de la girafe.
L’éléphant est le plus grand des mammifères quadrupèdes. Sa démarche pesante, le volume de son corps, sa peau nue, ses mouvements gauches en font un animal peu gracieux. Sa tête se termine en avant par “un tube de forme cylindrique qui fait suite aux fosses nasales. Ce tube connu sous le nom de trompe présente une structure anatomique telle que l’animal peut à volonté l’allonger, le raccourcir, le diriger de tous côtés et s’en servir comme d’une main. Grâce à cet organe l’animal peut sans baisser la tête, saisir les objets les plus petits, l'herbe et les fruits dont il se nourrit pour les porter à sa bouche, boire, enlever des fardeaux et les porter sur son dos.
La trompe sert aussi à l’éléphant d’arme défensive, sa force colossale lui permet de saisir son ennemi, de
l'enlever et de le lancer à de grandes distances s’il
ne prélère l’étouffer dans une étreinte puissante, où
le jeter à terre pour le fouler sous ses lourdes pattes.
Sa mâchoire supérieure est munie de deux longues :
dents auxquelles on a donné le nom de défenses, la
substance qui les forme, connue sous le nom d'ivoire, est l’objet d’un commerce important.
Fig. 26. — L'éléphant.
L’organe de la vision dont le développement n’est
pas en rapport avec le volume de l'animal est vif et doué d’une grande sensibilité, ilest protégé par trois paupières ; comme l’œil, l’organe de l’ouïe est doué d’une grande finesse. La peau presque nue est telle— ment épaisse qu'elle est insensible aux piqüres des insectes, aux épines des arbres et que souvent elle résiste même à la balle du chasseur.
F On distingue deux espèces d’éléphants : l'éléphant | Ds Indes et l'éléphant d'Afrique. Le premier dont la
| taille varie entre 2 mêtres 50 et 3 mètres 50 se
…. trouve surtout dansles régions méridionales de l’Inde ; - chez la femelle qui porte vingt mois, les défenses
… sont beaucoup plus courtes que chez le mâle.
L’éléphant des Indes s’apprivoise très-facilement,
. lorsqu'on s’en est emparé on travaille à le dresser, - en employant tantôt la douceur, tantôt la violence selon le caractère de l’animal. Son éducation exige - environ six mois, on a beaucoup exagéré son intelli- gence, la vérité est qu’il est plus docile que le cheval, | mais qu'on ne peut rien lui apprendre de plus, on s’en
sert pour transporter de lourds fardeaux, la plupart d’entre eux peuvent transporter au loin et en faisant - 20 lieues par jour un poids de 800 à 1,000 kilogrammes. Leurs pieds sont munis d'une couche épaisse de tissu fibreux doué d’une grande élasticité,
| ce qui les rend propres aux marches prolongées.
L’éléphant est susceptible d’attachement pour son conducteur ou cornac qui, assis tantôt sur son cou,
tantôt sur son dos, le dirige en lui tirant l'oreille du
côté où il veut aller au moyen d'un petit crochet en ‘er. k
Les éléphants de la race Dountalah sont ceux qui présentent les défenses les plus volumineuses, chez quelques-uns le poids de ces dents colossales varie entre 60 et 75 kilogrammes,
Dans les Indes les éléphants albinos sont de Ia part
des indigènes l’objet d’un culte véritable, ils sont con- 4 sidérés comme des dieux. |
A l’état sauvage, les éléphants vivent en troupes @ parfois nombreuses et c’est un spectacle aussi impo— #4
sant qu’effrayant que celui d’une troupe de 150 individus de cette espèce s’avançant comme une masse animée au milieu des forêts vierges oùils ne se laissent arrêter par aucun obstacle, renversant et brisant tout ce qui s'oppose à à leur passage. Ils recherchent le bord des rivières, les endroits frais et bien ombragés; lorsqu'ils vont boire, les autres animaux se retirent assez loin, le rhinocéros lui-même fait place au géant de la forêt.
Lorsqu'un soleil ardent rend la nil insu pportable, ils restent les uns au bord de l’eau où ils s’arrosent le dos au moyen de leur trompe, les autres plongés dans l’eau où ils se trouvent à l'abri de la chaleur.
A la tête de chaque troupe d’éléphants, on remarque toujours un conducteur, c’est le plus âgé de la bande, après lui viennent les plus jeunes, les mères portant leurs petits sur leur trompe, le second en âge ferme la marche. Ils ne conservent cet ordre que lorsqu'ils s’aventurent sur les terrains cultivés, car dans les déserts ou dans les forêts, ils marchent pêle-mêle, sans cependant s’écarter les uns des autres. Inoffensifs, même à l’état sauvage, ils n’attaquent pas l’homme, mais si on les poursuit, ils deviennent terribles, il n’est pas toujours facile d’échapperà Ml
Puf * F : V2
LES MERVEILLES DE LA VIE ANIMALE. 129 leur vengeance en prenant la fuite, car malgré le E … poids é énorme de leur masse, ils marchent assez rapi- | dement grâce à la longueur de leurs pas.
| Le cri de l’éléphant varie avec les causes qui l’occasionnent. Ainsi, son cri de guerre consiste dans un } rugissement aussi puissant et aussi terrible que celui h du lion; le cri par lequel l’animal manifeste sa satis- } faction ressemble au son de la trompette ; un grogne- . ment sourd sert à avertir toute la bande lorsque l’un ! des individus a découvert une provision de nourri- | ture suffisante.
L'éléphant se nourrit principalement d’herbes, de grains et de fruits ; il recherche de préférence les jeunes pousses des arbres et son mets favori est la canne à sucre dont il se montre très-friand. La quantité prodigieuse d’aliments qu'ils absorbent (chaque individu absorbe 75 kilogrammes de four — rages) rend leur approche redoutable pour les indigènes, on comprend que ces lourdes masses doivent produire des ravages dans les terrains cultivés, aussi pour les éloigner les Indiens allument pendant la nuit des grands feux autour des champs en culture, ce qui ne suffit pas toujours pour se mettre à l'abri de leur redoutable présence.
Les Indiens ont plusieurs manières de chasser l’éléphant pour le prendre vivant, ordinairement ils choisissent au milieu d’une forêt un endroit qu’ils entourent de puissantes charpentes soutenues par les plus gros arbres, ils forment ainsi une enceinte dans
laquelle on ne peut entrer que par une ouverture à munie d’une sorte de trappe destinée à se fermer à « un moment donné. :
Pour amener l'éléphant dans cette enceinte, on #4 emmène dans la forêt une femelle apprivoisée et en chaleur ; dès que le mâle est averti de sa présence soit par l’odorat, soit en entendant les cris de la femelle, il se dirige de son côté, celle-ci, sous la direction d’un cornac, arrive avant lui dans l’enceinte, il ne tarde pas à l’y suivre et aussitôt qu’il est-entré, on laisse tomber la trappe qui l'empêche ainsi de sortir. La coière ne tarde pas à s’emparer de l'animal et ce n’est qu'avec beaucoup de difficulté qu’on peut se rendre maitre de lui en l’entourant de cordes qu’on jette autour de ses jambes et de sa trompe, on sesert pour l’emmener d’éléphants apprivoisés et peu à peu on l’habitue à l’esclavage.
Les nègres s'emparent de l'éléphant en creusant sur son passage des fosses profondes recouvertes d'herbes et de feuilles sèches d’où l’animal ne peut sortir.
Quand l’éléphant est dompté, on l’habitue à fléchir les genoux pour permettre de monter plus facilement sur son dos, à caresser et à saluer avec sa trompe, dont il se sert pour placer lui-même sur son dos les fardeaux qu’on lui désigne ; l’animal paraît éprouver un certain plaisir à se voir recouvert de brillants harnais. |
L’éléphant n’a été bien connu des anciens que de- #4
… puis les conquêtes d'Alexandre le Grand, il envoya | $ en Grèce ceux qu'il avait pris à Porus ; plus tard h Annibal les introduisit en Italie.
Les Indiens se servaient des éléphants pour faire la guerre depuis les temps les plus reculés, on leur faisait porter des tours dans lesquelles s’abritaient un certain nombre de guerriers, puis sur l’ordre de leur cornac, ils s’élançaient dans les rangs ennemis renversant sur leur passage tous les guerriers qui s’y trouvaient, tandis que du haut des tours les soldats
faisaient pleuvoir des grêles de flèches.
Actuellement les éléphants sont peu employés pour la guerre ; les seigneurs indiens en font un objet de parade les jours de fête, on les couronne de guir— landes, l’or et l'argent ornent leurs défenses, et ils. sont couverts des plus riches étoffes.
Pline, Plutarque et quelques autres auteurs considéraient l’éléphant comme un miracle de la nature, lui attribuaient des mœurs et une religion. Chez quelques peuplades indiennes imbues du préjugé de la mé— tempsychose, l'éléphant, surtout l'éléphant blanc, est considéré comme une des mânes des anciens chefs,
chacun de ces animaux a une habitation relativement somptueuse, plusieurs esclaves sont attachés à son service, les plus beaux vêtements lui sont réservés et il ne mange que les mets les plus recherchés dans la
vaisselle d’or qui est spécialement destinée à son usage.
L’éléphant de l'Inde peut atteindre l’âge de deux siècles, il est plus haut et plus fort que l'éléphant d’A-
frique. Chez ce dernier, la tête est ronde, les oreilles longues et le front convexe, la femelle a des défenses aussi longues que celles du mâle.
L’éléphant d'Afrique ne diffère en rien de l’élé— phant des Indes quant aux mœurs et quant aux habitudes ; on l’emploie également pour porter de lourds fardeaux. Au Cap, où ils étaient autrefois très-communs, ces animaux sont devenus très-rares et il est probable que dans quelques années on ne trouvera plus dans ce pays un seul de ces colosses.
Les caractères extérieurs des tapirs nous obligent à les placer dans ce chapitre.
Il existe trois espèces de tapirs : le tapir de l'Inde, le tapir d'Amérique et le tapir pinchaque.
Le tapir de l’Inde est un animal à peau très-épaisse dont le corps est trapu et recouvert d’un poil ras dont la coloration varie avec les régions où on l’observe. On le rencontre surtout dans les forêts de Sumatra.
Le tapir pinchaque, qui habite les hautes montagnes de l’Amérique, est remarquable par sa tête qui ressemble à celle de lanimal antédiluvien appelé paléothérium et par la longueur de ses longs poils bruns. |
Quant au tapir d'Amérique, il est remarquable par sa longueur, par la largeur de sa croupe et par la {orme de son nez dont l’allongement lui donne une certaine ressemblance avec une trompe. Le tapir d’Amérique a une tête grosse, des oreilles contournées en forme de cornet et des yeux très-petits.
La Le tapir se nourrit surtout de fruits à défaut des- . quels il mange des bourgeons ou des jeunes pousses @ d'arbustes, il recherche aussi le salpêtre qui se trouve en quantité assez considérable au Paraguay dans une h terre appelée Darrero et qu'il dévore avec avidité. l L’hippopotame était peu connu des anciens et malgré les portraits qu’on en trouve sur les monuments égyptiens et sur les monnaies romaines, on peut affirmer qu’ils n'avaient qu’une idée imparfaite de Ja structure de ce monstrueux et disgracieux mammifère. Aristote et après lui Pline en ont donné une des- | cription remplie d'erreurs.
| La tête de l’hippopotame est énorme et son museau est large etrenflé, sa gueule est très-grande et garnie par trente-quatre dents dont vingt-six molaires. Chacun de ses pieds présente quatre doigts munis de - sabots d’un petit volume, sa peau extrêmement épaisse et dure est presque impénétrable aux balles, la tête est à peu près le seul endroit vulnérable de l’animal, cette peau de couleur rousse est comme celle de l’éléphant presque absolument dépourvue de poils. Les naseaux, les oreilles etles yeux placés au même niveau permettent à l’hippopotame de respirer, de voir et d'entendre quand l’animal plongé dans Peau ne laisse sortir qu’une faible partie de sa tête. Son cri retentissant semblable au hennissement du cheval jui a valu les noms de hippopotame, cheval de mer, cheval de rivière, etc., ete. Il se nourrit d'herbe
exclusivement et surtout de tiges de jeunes roseaux ô
et de racines féculentes, le riz et le millet sont aussi três-recherchés par cet animal. "
L’épaisseur de sa peau, la couche de graisse qu’elle recouvre, ses formes lourdes et mal proportionnées donnent à l’hippopotame un aspect disgracieux, la 4 peau du cou présente quelques plis. Inhabile à mar- # cher sur la terre, il plonge, nage et marchesous l’eau
Fig. 27. — L'hippopotame.
avec une rapidité étonnante, il peut aussi y séjourner longtemps sans venir respirer. Le bruit qu’il fait entendre de tem ps en temps est dû aux eflorts qu’il fait pour chasser l’eau qui remplit ses narines. Ce n’est guère que la n uit qu’il sort de l’eau pour aller prendre sa pâture. Il fuit la présence de l’homme et vit en troupes nombreuses sur le bord des fleuves, la femelle ne produit qu’un petit à la fois, dès sa naissance il suit sa mère dans l’eau, et quand il est attaqué il u
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- est défendu avec énergie par le mâle et la femelle. | 2. Malgré sa force prodigieuse, l’hippopotame est f d'un naturel fort doux et n’attaque jamais l’homme } le premier, mais à la moindre marque d’hostilité, il R devient furieux, à ce moment il est effrayant à voir, renversant tout ce qui s'oppose à son passage, sa vaste gueule béante, il se précipite sur son ennemi et . Je broiïe avec la plus grande facilité d’un seul coup de | sa puissante mâchoire.
Au dire de quelques voyageurs, lorsqu'il est atta— | qué par des chasseurs montés sur un canot, il devient | furieux, se précipite sur l’embarcation et la renverse en un clin d'œil, après quoi il plonge et se sauve à la nage. | Quelques peuplades sauvages harponnent l'hippopotame comme nos marins harponnent la baleine, h l'engin dont elles se servent consiste en une perche de 3 à 4 mètres de longueur terminée par un harpon | de longueur moyenne et muni d’une seule dent, cet instrument ne peut se lancer au loin, à cause de son poids trop considérable, on se contente de l’enfoncer dans le corps du monstre quand il se trouve à portée. Le moyen le plus sûr de tuer l’hippopotame est de » attendre sur le rivage d’où on essaie de lui loger dans la tête une ou deux balles de carabine, à cause À de l'épaisseur moindre de la peau dans cette région, | La mort est souvent presque instantanée.
Les nègres d’Abyssinie et de Hottentotie s’empa- | rent de l’hippopotame en creusant sur son passage
ordinaire des fosses très-profondes cachées sous une « couche de feuillage et d'herbes qui cède sous les pas « du gigantesque animal qui ne peut sortir de cette em- « buscade et dont on s'empare alors de sente manières. 73
On se sert encore en Afrique, pour la chasse à l’hippopotame, de pieux suspendus, c’est un piége qui consiste en une pièce dont l’extrémité estenacier 4 trempé et très-acéré que l’on suspend à un arbre sur le passage habituellement fréquenté par l’animal 4 quand il sort de l’eau. Les cordes qui servent à la | suspension sont disposées de telle sorte que lorsque # l’hippopotame vient à mettre le pied à un certain endroit il fait jouer une sorte de ressort et alors le pieu, débarrassé des liens qui le retenaient et entrainé par { son propre poids et par celui des pierres dont il est surchargé, tombe sur sa tête dans laquelle il pénètre # assez profondément pour causer une blessure mor- # telle, souvent même la mort immédiate.
L’ivoire que donnent les dents de l’hippopotame est très-recherché en Europe à cause de son inalté— rabilité, il se vend fort cher et sert à fabriquer des dents artificielles d’une blancheur parfaite. Les indi— gènes du midi de l'Afrique recherchent la chair de cet animal et la trouvent délicieuse, ils salent et font fumer sa graisse pour s’en nourrir également, # quant à la peau elle est employée dans lindustrie. 4
Le rhinocéros, comme l’éléphant et l’'hippopotame, { a été rangé dans l’ordre des pachydermes à cause de 4
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l'épaisseur de sa peau. Divisé en trois doigts, chaque pied de cet animal gigantesque est muni de trois sabots très-développés ; ses mâchoires présentent chacune quatorze molaires et deux incisives. Remarquable par sa sécheresse et sa dureté, presque complétement dépourvue de poils, épaisse et presque écailleuse, la peau du rhinocéros lui forme une sorte de cuirasse ; la croupe, les épaules et la tête présentent quelques saillies qui sont dues aux plis que fait la peau à ce niveau. Remarquable par sa force le rhinocéros est doux, mais son intelligence est très-bornée.
La forme de sa tête est triangulaire, ses yeux sont proportionnellement très-petits, son nez est surmonté par un appendice en forme de corne composé d’un tissu fibreux et résistant qui paraît n’être autre chose qu’un faisceau de poils intimement unis les uns aux autres. |
Plus gros que l’hippopotame et un peu plus petit que l’éléphant, le rhinocéros recherche les endroits humides, bien ombragés, il aime comme le cochon à se rouler dans la fange, sa nourriture consiste prin— cipalement en herbes, en jeunes pousses d’arbres.
La difficulté qu’il éprouve à tourner la tête d’un côté ou de l’autre fait qu'il ne voit guère que ce qui est devant lui, ce qui étonne le plus, c’est la rapidité avec laquelle il trotte malgré le poids énorme de son corps et le peu de longueur de ses membres.
Il existe plusieurs espèces de rhinocéros. Le type le plus commun est le rhinocéros à une seule corne
ou rhinocéros des Indes qui atteint quelquefois 2 mètres de hauteur sur une largeur de 3 mètres à 3 mètres 50 centimètres, sa peau est tellement
épaisse qu’elle résiste au choc des balles. |
Le rhinocéros de Sumatra se distingue par la pré— sence d’une corne supplémentaire, par l’absence de plis à la peau qui chez lui est pourvue d’un assez orand nombre de poils.
Le rhinocéros d'Afrique porte aussi deux cornes situées comme chez le précédent l’une devant l’autre, il est surtout remarquable par l’absence des ineisives que remplacent des molaires.
Le rhinocéros est nuisible à l’homme à cause de sa voracité, car il mange autant que l’éléphant et il cause de très-grands ravages dans les champs cultivés. Brutal et sans docilité aucune, il entre souvent dans des accès de fureur qui le rendent terrible, et pendant lesquels il frappe aveuglément de sa corne tout ce qui se trouve sur son passage, et lorsqu'il est poursuivi par des chasseurs, 1l commence à attaquer les chevaux, les éventre en un clin d'œil êt se précipite ensuite sur les cavaliers.
Un de ces animaux envoyé en 1513 au pape, par Emmanuel, roi de Portugal, fut pris à bord du navire qui le transportait d’un tel accès de fureur, qu'il fit sombrer le navire par la brutalité de ses mouvements désordonnés. Quand il ne peut assouvir sa colère sur des êtres animés, il s’en prend aux arbres, aux buissons et jusqu’au sol qu'il laboure à coups de cornes.
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Les indigènes sont d’une adresse telle qu’il est assez commun de voir l’un d’eux profiter du moment - pendant lequel lattention du monstre est détournée par les insectes ‘pour se glisser jusqu’à lui et lui porter un coup mortel avant que l’animal n’ait soup— çonné sa présence.
Le plus sûr moyen d'éviter le danger à la chasse aux rhinocéros est de l’attendre à proximité de l’endroit qu'il a coutume de fréquenter et lorsque l’animal est à portée on lui loge une balle sous le ventre, là, la peau étant beaucoup plus mince que partout ailleurs, la balle pénètre et la blessure est presque * toujours mortelle.
« Les Éthiopiens, dit Pline, ont donné le nom de « Nabun à un animal dont le cou ressemble à celui .« du cheval, les jambes et les pieds à ceux du bœuf, « la tête à celle du chameau, et qui doit son nom de « Camelopardalis à son pelage rougeûtre tacheté de « blanc. On le vit pour la première fois à Rome dans « les jeux du cirque que donna le dictateur César, »
L'animal dont parle Pline n’est autre que la girafe qui mérite par la hauteur de sa taille d’être rangée parmi les animaux géants. |
L'empereur Gordien IL exhiba au public dix girafes que quelque temps après l’empereur Philippe poussé par une brutalité inexplicable faisait massacrer dans l'arène pendant les jeux millénaires.
Le cou de la girafe est long, mince et flexible, le pied est divisé en deux sabots pointus et séparés ; les
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naseaux semblables à ceux du chameau ont une direc: tion oblique, leur ouverture est étroite el protégée par un assez grand nombre de poils qui croissent sur
Fig. 28. — La girafe.
le bord ; grâce à la disposition des fibres musculaires disposées circulairement autour des narines, la girafe peut ouvrir ou fermer à volonté ses narines el les mettre ainsi à l'abri du sable des déserts brülants
qu’elle parcourt, lorsque le -vent vient soulever avec fureur ces mers de sable.
La girafe est douée d’une vue excellente, ses yeux sont grands et brillants, la pupille largement dilatée communique à la face une expression douce, parfaitement en rapport avec le caractère et les mœurs de cet animal inoffensif. Grâce à la disposition oblique que présente l’organe de la vue, la girafe peut tout en baïssant la tête jusqu’à terre voir de très-loin et éviter l’approche du lion et des autres animaux chasseurs ses ennemis naturels. Quand elle est surprise, par hasard, ne pouvant chercher son salut dans la fuite, à cause de la difficulté qu’elle éprouve à courir, elle se défend avec énergie, on prétend même que souvent elle met hors de combat son redoutable ennemi en le frappant avec une grande force à coups de pieds répétés, on sait que les sabots qui terminent ses pieds constituent une excellente arme défensive.
Les cornes situées entre les oreilles lui servent aussi à se défendre ; petites, couvertes de poils, mais dures et d’une grande résistance, l’animal s’en sert avec beaucoup d’adresse, elle ne baisse pas la tête pour en frapper son adversaire, mais elle frappe en imprimant à son cou un mouvement de latéralité.
Sa démarche présente une singularité telle qu’on peut croire au premier abord quand elle accélère le. trot, qu’elle lève en même temps les deux jambes du même côlé, la vérité est que, pour courir, cet animal soulève d’abord la jambe de derrière, puis pres-
qu’aussitôt la jambe de devant du même côté. Quand la girafe marche au pas, son attitude est empruntée et disgracieuse à cause de l'habitude qu’elle a d'allonger la tête et de tenir son cou dans une position horizontale, mais si elle vient à courir, cette démarche devient pleine de grâce,quand elle se lance à toute vitesse ses naseaux s'ouvrent et se ferment alternativement avec force, et elle lance des ruades.,
Ce gigantesque animal ne se rencontre pas en troupes considérables dans le sud de l’Afrique où il est le plus commun, ce n’est guère que dans les contrées inconnues des hommes qu’elles se rassemblent par bandes de dix à quinze, rarement au-dessus. Les femelles sont plus petites et ont la taille plus svelte et l'allure plus gracieuse que les mâles.
Quand la girafe est tombée entre les mains de l’homme, elle s’habitue très-vite à sa vue et s’apprivoise avec une très-grande facilité, elle finit même par s’habituer à vivre dans la société de l’homme pour lequel elle montre un grand attachement, quelques-unes ont un tel chagrin quand elles perdent de vue leur compagnon habituel, qu’elles refusent la nourriture et même versent des larmes si on en croit quelques auteurs.
La femelle porte quinze mois, c’est au mois de mars qu'a lieu l’accouplement, dès sa naissance, le jeune animal a près de 2 mètres de longueur et suit sa mère quelques heures après qu'il est né.