LES HABITANTS DES EAUX
La loutre ; éducation de la loutre ; dévouement des loutres pour leurs petits. — Les phoques; intelligence du phoque; son éducation. — Les phoques dilettanti. — Les phoques propriétaires. — Les phoques polygames; combats des phoques. — Variétés, — Morses — Chasse aux morses. — Lamantins. — Chasse aux lamantins.— Les dauphins; leur réputation usurpée. — Marsouin;
le marsouin à la poursuite du saumon.— Le narval. — La baleine. — Chasse à la baleine. — Cachalot. — Chasse au cachalot, — L’ambre gris.
La loutre à cause de ses habitudes et de sa voracité méritait d’être mise au rang des animaux chasseurs, mais nous avons pensé qu'il n’y avait pas d’inconvé-— nient à l’exclure de ce chapitre déjà surchargé pour la classer parmi les habitants des eaux. Ce mammifère carnassier ne se rencontre, en effet, qu’au bord de la mer et des rivières et grâce à ses pieds palmés, à ses jambes courtes, à sa tête plate et large et à sa . queue aplatie, il est parfaitement conformé pour la natation.
La loutre aussi peu habile à marcher que bon nageur a un pelage brun, plus clair au-dessus et parfaitement blanc au-dessous de la gorge. Aidée des
… membranes quisont entre ses orteils elle plonge avec
une grande rapidité, poursuit le poisson, en tue une grande quantité, assouvit sa voraciié et abandonne le reste, elle peut rester longtemps entre deux eaux sans revenir à la surface ; tous les animaux aquatiques, écrevisses, poissons, grenouilles, rats d’eau, coquillages, lui servent à se nourrir, on prétend même qu’à défaut de ces aliments, elle RES des plantes à La tiques.
Quoique l'intelligence de la loutre ne soit pas trèsdéveloppée, on a reconnu que certaines habitudes et certaines idées sont nées chez elle du raisonnement et de lexpérience. Ainsi arrivés à un certain âge, ces animaux commencent par remonter les rivières de façon à n'avoir plus qu’à s’abandonner doucement au fil de Peau quand 1ls ont salsfait leur vorace appéut ; ils savent aussi s'agencer une retraite à l'abri de lhumidité, faire une grande provision de poisson de peur d'en manquer, ete., ete. Quand on prend la loutre de bonne heure elle est même susceptible d'éducation, s’apprivoise peu à peu, caresse et reconnait celui qui l’a élevée, vient chercher sa protection quand elle est poursuivie par un chien ou tout autre ennemi. On a vu des loutres dressées à la pêche prendre une quantité considérable de poisson, s’en gorger et dormir ensuite jusqu’au lendemain. Pour “bien dresser la loutre et lui faire perdre sa férocité native il faut l’élever avec des légumes, du pain, du lait et ne lui laisser manger Ge la chair ou du poisson que lorsqu'elle à acquis sa croissance parfaite:
Le poil de la loutre se mue peu, sa fourrure est
- cependant plus épaisse, plus brune et conséquemment
- plus recherchée en hiver que dans toute autre saison, - on s’en sert pour confectionner des fourrures de prix, la chair est peu agréable à manger à cause du goût . de poisson dont elle est imprégnée et qui est sensible même à l’odorat.
La loutre commune ou loutre d'Europe est plus petite que la loutre du Kamschatka ou loutre de mer dont la longueur depuis le museau à l’origine de la queue peut atteindre { mètre, tandis que- la première ne mesure que rarement 75 centimètres.
La peau de la loutre de mer est la plus estimée pour la fourrure, elle est brillante, lisse et a beau— coup d’analogie avec le velours, en Chine et au Japon la peau de cet animal se vend jusqu’à 450 et même 50 francs. | | Ce n’est qu’en hiver que les loutres qui vivent par couples habitent le bord de la mer, quand le beau temps revient elles se reürent au bord des lacs et des rivières où elles élèvent leurs petits pour lesquels elles ont un attachement tel qu’elles se laissent mourir de faim quand on les enlève. Chaque femelle donne naissance à un petit qu'elle allaite pendant un an, à celte époque la jeune loutre s’accouple et ue sa mère. L'union entre deux loutres dure jusqu'à la mort de l’un d’eux, c’est un excellent exemple de fidélité conjugale et de vertus domestiques.
Les phoques sont des mammifères amphibies ca-
ractérisés par des pieds palmés qui sont plutôt des nageoires et dont l'animal se sert aussi avantageuse ment pour nager que maladroitement pour la marche quand il est à terre ou il est obligé de ramper. C’est à cause de cette disposition de ses membres que le phoque sort très-peu de l’eau.
La tête de ces animaux est ronde et semblable à celle du chien, ils ont quatre incisives en bas, quatre ou six en haut, leurs mâchelières au nombre de vingt à vingt-quatre sont toutes coniques et très-tran— chantes. Chacun de leurs pieds est terminé par cinq doigts, ceux de devant sont recouverts par la peau # du corps jusqu'à l’origine du poignet, tandis que. ceux de derrière sont complétement couverts jusqu’au talon.
Quand les phoques plongent, l’eau ne peut pé-— nétrer dans les narines où elle est arrêtée par une valvule formant soupape. La faculté bien connue dont jouissent les phoques, de rester longtemps sous l’eau sans respirer, est due, paraît-il, à la présence dans le : foie d’un sinus veineux considérable dans lequel vient s’accumuler le sang, lorsque la circulation est en-— travée par le défaut de respiration.
Le volume du cerveau et du cervelet chez le phoque sont très-considérables et expliquent parfaitement le développement de leur intelligence. Quand on les prend jeunes, on les apprivoise très-facilement, ils deviennent aussi caressants que le chien, « eomme lui, ils ont pour leur maître un grand atta- »
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chement, le reconnaissent à la voix et le caressent . avec beaucoup d’empressement. Mais ce qui carac-
… térise surtout ces intelligents animaux, c’est leur
amour de la musique. Je n’oublierai jamais le cu— rieux spectacle qui s’offrait à nos regards, lorsque
dans un voyage que nous faisions au Groenland, le . chirurgien du navire, mon ami Georges Schæffer et
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