‹ Les merveilles de la vie animale. Les mammifèresChapitre 21 sur 33 · S S = WA · texte numérisé non relu

S S = WA

Fig. 29. — Le phoque.

le cäpitaine Rouxel, un vieux loup de mer, excellent violoniste {ce qui est rare chez un marin), nous donnaient sur le pont un échantillon de leur talent musical. À peine les cordes du violon avaient-elles commencé à vibrer qu'une troupe nombreuse de

phoques venaient écouter autour du navire ces vrais

dilettanti, cette passion des pauvres animaux leur était fatale, car à un signal donné, des coups de feu venaient jeter la terreur et la mort au milieu d’eux,

le but du voyage étant de leur donner la chasse. On

tire en effet un grand parti de Ja dépouille du ; phoque. La peau sert à faire des fourrures, l’huile est très-appréciée en Europe et aux États-Unis, # quant à sa chair on l'utilise pour en manger quoi- # qu’elle ne soit pas d’un goût très-agréable. Ils ont de la graisse en très-grande quantité et c’est de cette

graisse qu’on extrait une huile assez claire, mais qui 4 exhale une odeur fétide. Cette odeur est du reste #

celle que porte avec lui animal, lorsqu'on approche

d’une troupe de phoques on les reconnait à l’odeur #

qu'ils exhalent. | Ils sont faciles à chasser quand ils sont à terre, # à cause de la difficulté qu’ils éprouvent à marcher; quand le temps est orageux, ils viennent prendre leurs ébats sur le rivage, ils paraissent même se plaire au fracas de la tempête et quand le temps devient plus calme, ils s’endorment d’un sommeil lourd, c’est à ce moment qu’on peut approcher d’eux et les détruire avec la plus grande facilité. Quand ils quittent la mer, chacun d’eux accompagné de sa famille vient s'installer sur un rocher sans qu’il soit permis à un autre de venir envahir cet endroit devenu sa propriété ; lorsque l’un d’eux s’avise d’envahir le domaine de son semblable, un combat s'engage et il n’est pas rare de voir succomber l’un d’eux. Les phoques ont chacun quatre ou cinq femelles qui sont l’objet du plus grand attachement, elles sont défendues avec énergie contre le danger. Quand arrive l’époque du rut il y a fréquemment des luttes

a mort entre les mâles, on voit ces malheureux Fe manchots, comme les nomme Buflon, s'approcher . l’un de l’autre en rampant et quand leé têtes sont | assez rapprochées l’une de lautre, un combat . acharné $’engage, dents contre dents, ils s’arrachent les yeux, se déchirent la figure et cette lutte ne cesse que lorsqu'un des deux lutteurs est hors de combat,

Quand la femelle est sur le point de mettre bas, le mâle l’accompagne jusqu’au rivage, on choisit un endroit favorable et après l’avoir tapissé avec des herbes aquatiques, la femelle y séjourne douze ou quinze jours sans abandonner son petit, après ce temps elle le conduit à la mer où il la suit à la nage et ne la quitte qu’au bout de cinq ou six mois, le père est souvent obligé de le chasser, sans l’autorité paternelle le jeune phoque ne se fatiguerait probablement pas de l'allaitement.

La nourriture du phoque consiste en poissons, en coquillages.

Ces animaux quand ils sont petits ont une voix assez claire, leur cri est comparable aux miaulements du chat, mais quand ils sont vieux, leur -voix rappelle l’aboiement du chien, elle est seulement un peu plus rauque. Quand ils sont blessés, ils se défendent avec beaucoup de courage en poussant des cris perçants, | ils sont dangereux à approcher dans ées moments de fureur car ils se servent pour blesser leurs ennemis

de leur mâchoire qui est terrible à cause de leurs dents tranchantes.

Il existe plusieurs espèces de phoques. Le phoque commun ou veau marin dont la longueur varie entre 1 mètre et 1 mêtre 50 centimètres a le poil gris avec une légère teinte jaunâtre qui devient brune avec l’âge et qui dans la vieillesse est presque blanche.

Les morses ne différent guère des phoques que par les dents et la conformation de la tête. On ne trouve ni canines, ni incisives à la mâchoire inférieure, mais à la mâchoire supérieure les canines sont transformées en défenses tombant verticalement, dont la longueur varie entre 60 et 65 centimttres ; le volume des alvéoles dans lesquelles sont reçues ces défenses est tel qu’elles relèvent la lèvre supérieure et font paraître le museau renflé et les narines dirigées en haut. |

Connu sous le nom de cheval marin, vache marine, le morse atteint une longueur de 3 à 4 mètres, son pelage de couleur rousse est court, peu abondant, sa tête est petite, ses membres ressemblent à ceux du phoque. Il habite les mers du Nord et il est parfaitement apte à supporter sans souffrir les froids les plus intenses, grâce à une couche de graisse excessivement épaisse qui l'entoure de toutes parts. |

La nourriture du morse se compose de plantes marines, de coquillages et de poissons; on le rencontre ordinairement en troupes peu nombreuses ; pour gagner la terre, il se sert de ses longues défenses au moyen desquelles il s’accroche aux glaçons pour faciliter la natation.

- Peu intelligent mais inoffensif le morse fuit à peine - à l'approche de l’homme, mais quand on l'attaque, il se défend courageusement. La chasse aux morses n'est pas sans danger ; quand on les attaque sur l’eau et qu’ils sont en troupes nombreuses, ils cherchent à soulever les embarcations pour les renverser dans la mer, et quand l’un d’eux est blessé, tous les autres se précipitent à sa défense et combattent avec opiniâtreté. On se sert ordinairement pour cette chasse, de harpons et de carabines.

L’ivoire que fournissent leurs dents est très-recherché et les peuples du Nord s’en servent pour fabriquer des objets de luxe; quant à l'huile que leur graisse fournit en grande quantité, elle est l’objet d’un commerce considérable, la peau sert à fabriquer un cuir très-recherché pour la carrosserie.

Les lamantins sont des animaux mammifères dont les pieds de derrière sont nuls, les pieds de devant sont très-courts et bien disposés pour la natation, leur corps est allongé et son extrémité postérieure est terminée par une nageoire. |

Les pieds de devant ou nageoires, dont quatre doigts sont terminés par des ongles à peine visibles, servent à la femelle à soutenir son petit quand elle l’allaite ; les mamelles sont situées sur la poitrine, et il n’y a pas à douter que ces animaux sont ceux qui ont inspiré aux anciens la fable des sirènes, êtres moitié femme et moitié poisson et celle des hommes marins. En effet, les lamantins ont presque toujours

la partie supérieure du corps hors de l’eau, leur museau court et orné de longs poils soyeux semblables à des moustaches, leur tête ronde et leurs yeux assez saillants, leur communiquent une certaine res— semblance avec l’homme.

Les herbes dont ils se nourrissent sont celles si croissent sur le bord de la mer et des rivières, et un végétal d’un vert clair, long de 30 centimètres en-— viron, pointu et très-tendre, qui est extrêmement abondant au fond de la mer dans certains endroits.

Leur chair qui est, dit-on, d’un goût exquis les fait rechercher par les indigènes qui habitent les bords des grands fleuves de l’Amérique méridionale ; a valeur de leur peau est une cause de plus qui les fait poursuivre.

Pour chasser le lamantin, on se sert d’un harpon auquel est fixée une corde terminée à l’autre extré— mité par un morceau de bois léger : on lance le harpon, l’animal excité par la douleur fuit, mais le morceau de bois qui flotte empèche de le perdre de vue ; cette chasse n’est pas toujours exempte de pé-— rils ; il est arrivé fréquemment que des chaloupes ont été culbutées par les efforts de ces puissants ani— maux qui sont parfaitement inoffensifs, d’ailleurs, quand on ne les attaque pas.

Dans l’oreille des lamantins on trouve deux petit os percés ayant la forme d’un anneau : les Indiens se parent volontiers de ces os comme de bijoux précieux.

Au dire des anciens, le dauphin est un animal très-

Fe ”

Page 1