CHAPITRE XV LA TRIBU DES RONGEURS
Les rats : caractères extérieurs; mœurs. — Le rat de Franklin; les rats de Latude. — Le surmulot ; le rat. noir; le mulot ; le rat des moissons. — Le rat d’eau; le rat à sac ; la souris. — Les porcs-épics. — Les musaraignes. — Les hérissons. — Le cochon d'Inde. — Les myopotames ou rats de rivière. — Les coypous. — Les macroscélides.
Les rats sont des animaux rongeurs remarquables par la structure et la disposition de leurs dents ; chaque mâchoire est ornée de deux incisives longues et fortes dont le bord tranchant est parfaitement apte à couper les substances végétales dont ces animaux se nourrissent. La face antérieure seule est garnie d’émail, de telle sorte que la face postérieure s’usant plus rapidement, chacune des dents est taillée en biseau ; grâce à leur vitalité, elles croissent perpétuellement, de sorte que, malgré l’usure continuelle de leur sommet, elles conservent toujours la même longueur. Les molaires, dont la surface est rugueuse, leur servent à moudre leurs aliments qui consistent en racines, en écorces, en fruits, en graines, etc.
Les rats ont la tête allongée ; la peau tantôt brune, ‘tantôt fauve, est recouverte ‘de poils très-courts ; la
LES MERVEILLES DE LA VIE ANIMALE. 205 queue, presque glabre, est cylindrique et longue. | Chez la femelle, le nombre des mamelles varie entre dix et douze, elle donne tous les ans plusieurs portées de huit à douze petits et il est ainsi facile à comprendre pourquoi ces animaux pullulent dans nos | greniers et y causent de grands désastres.
Les rats émigrent lorsqu'ils ne trouvent plus leur
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nourriture, et Franklin affirme avoir vu un vieux rat
aveugle conduit par un de ses semblables au moyen
d’un petit morceau de bois qu’ils tenaient tous les
deux entre leurs dents, alors qu’une bande de ces animaux partait pour l’émigration.
Latude, qui passa trente ans dans les cachots de la Bastille, avait apprivoisé les rats qui infestaient sa prison ; « ils venaient, dit-il, manger avec moi
| « dans le plat ou sur monrassiette ; mais je me trou-
« vai assez mal de cette licence, et je fus forcé de « leur mettre un couvert à table, pour éviter leurs « malpropretés. »
Parmi les diverses espèces de rats, il convient de É citer : le surmulot, le rat noir, le mulot, le rat des maisons, le rat d’eau, le rat à sac et la souris.
C'est en Afrique, en Asie, en Grèce, en Espagne et en Italie qu’on rencontre le plus souvent le porc- | épic, mammifère rongeur, d’une longueur variable entre 50 et 65 centimètres et dont toute la surface du corps hormis le dessous est munie de longues épines formées de poils agglomérés et d’une dureté telle
que lorsque l’animal les dresse, il est difficile de s’en emparer, d'autant plus que l’animal, lorsqu'il est attaqué, se sert fort habilement de ses armes contre ses ennemis. |
Les musaraignes sont des petits animaux chasseurs d'insectes dont la taille et Aa forme Îles rapprochent des souris ; cependant on les reconnait à l’effilement de leur tête et au peu de longueur de leurs oreilles et de leur queue. Le poil, d’un brun grisâtre, est trèscourt, épais et doux au toucher ; les yeux sont frès— petits; du reste, l’animal paraît peu doué sous le rapport de la perfection des organes des sens.
Les hérissons sont des chasseurs d’insectes qui ont une certaine ressemblance avec le porc-épic ; comme ce dernier ils sont recouverts partout, excepté au ventre, d’épines dures et acérées dont ils se font des armes défensives; ces épines sont, il est vrai, plus
LES MERVEILLES DE LA VIE ANIMALE. 207 petites que celles du porc-épic, ce qui n’empèche pas que lorsque l'animal est enroulé, ce n’est qu'avec beaucoup de peine et en se faisant de nombreuses piqûres, que le chien et le renard peuvent s’en emparer en le mordant au ventre.
Les cochons d'Inde connus dans la science sous le nom de cobayes sont de la grosseur d’un rat; peu remarquables par leur intelligence, ils ne semblent vivre que pour manger, ils dorment presque continuellement, reproduisent avec la plus grande rapidité.
Les myopotames ou rats de rivière sont des animaux assez semblables au castor ; leur taille est à peu près la même, comme chez ce. dernier les pattes palmées sont bien conformées pour la natation et la queue est cylindrique et écailleuse.
. La peau des myopotames, surtout de ceux que l’on désigne sous le.nom de coypous, joue un grand rôle dans le commerce de la "fourrure.
Citons comme étant le plus remarquable se macroscélide, dont les membres postérieurs, beaucoup plus longs à proportion que des membres anté— rieurs, lui permettent de s’avancer en sautant ; sa démarche est pleine de grâce; il se familiarise volontiers avec l’homme; la taille du macroscélide ne dépasse pas 12 centimètres quand il est debout.