VI AVERTISSEMENT
cules et de contes tout au plus bons pour amuser les enfants. S*ils ne totnbent pas jusqu'au rationalisme pur, au moins n'en sont-ils que peu éloignés ; ils ont encore la^i, mais la religion à laquelle ils donnent leur foi n'est guère qu'une religion natu* relie, un l>eau système philosophique dont la raison admire l'excellence, et qui ne présente rien de surhumain, rien qui surpasse la raison humaine : par conséquent plus de miracles. C'est donc à juste titre qu'on appelle leur religion « naiurelle » : le naturalisme, quasi-frère du rationalisme, est la religion de nos hommes du monde qui se disent encore chrétiens. Mais il est de vérité catholique que les miracles sont essentiels à la véritable Eglise, elle n'est elle-même pour ainsi dire qu'une succession de miracles non interrompue dans tout le couqs des siècles. Notre intention n'est pas de faire une thèse pour démontrer cette néces^té du miracle permanent; nous la supposons admise par tous ceux qui croient que l'Eglise est divine dans son origine, et doit se montrer avec ce même caractère de divinité aux hommes dp tous les âges, de tous les temps et de tous les lieux : la succession non interrompue des miracles, nous le répétons, est la preuve péremptoire et visible de sa divinité en' tout temps et en tout lieu . Ce n'st pas l'unique, mais (;'est le plus frappant et le seul qui
DU TRADOCTECB. VU
8oit accessible à tontes les intelligences, même les plus incultes et les plus ignorantes.
Les choses étant ainsi, rien de plus important que de nourrir cette foi aux miracÉis dans les yrais' enfants de TEglise, ou de la ranimer chez ceux dans lesquels elle se serait éteinte. Quel moyen de le faire? sinon de parcourir les actes des saints et les monuments de Thistoire, recueillir les miracles les plus saillants, les coordonner et les rattacher à certains points principaux de la religion chrétienne? C'est ce qu'a fait le père Rossignoli, religieux de la compagnie de Jésus au xvn® siècle. Son livre n'a jamais obtenu, que nous sachions, les honneurs d'une traduction française. Il ne serait peut-être pas impossible de faire un meilleur choix en compulsant les Bollandistes, etc.; mais ce serait un travail long et pénible. Enfin, tel qu'il eet, il a bien son mérite, et nous avons cru faire une œuvre utile à la gloire de Dieu et au bien des âmes que d'en entreprendre la traduction. -
Nous savons d'avance qu'il est bon nombre de personnes, même pieuses, ou réputées telles, fort peu disposées à croire à de semblables faits, lors même qu'ils sont entourés de toutes les garanties exigées par la critique, et même au delà. Nous n'écrivons pas pour les personnes de ce calibre : nous nous adressons, avec l'auteur, «n toute sim-
Vm AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR.
plicité chrétienne, à ceux à qui la foi et la piété «ont chères, et qui croient non sans preuves, mais sans honte'et sans répugnance, parce qu'elles savent que le sowrerain maître du ciel et de la terre est aussi bon qu'il est puissant.
D'ailleurs, « l'homme a besoin du merveilleux, parce que celui-ci est comme un reflet de l'infini, vers lequel il tend malgré lui, et qu'il lui laisse entrevoir, pour ainsi dire, comme dans un éclair, ces régions supérieures où est sa véritable patrie. C'est donc répondre aux conditions mêmes de sa nature que d'étaler fious les yeux le spectacle des merveilles que ne cesse d'opérer le Tout- Puissante n
(1 ) Ga. Saiutb-Foi, VU du vénérable /. Ànchieta. Casterman,