‹ Les Merveilles Divines dans la Sainte EucharistieChapitre 28 sur 35 · LKS DOUTES 0*[JN PRETRE SDR LA PRÉSENCE RÉELLE PUNIS PAR UN PRODIGE · texte numérisé non relu

LKS DOUTES 0*[JN PRETRE SDR LA PRÉSENCE RÉELLE PUNIS PAR UN PRODIGE

Sic est sangut's metu.

a Ceci est mon sang. » (Matts. xxvi, 2S).

Deux» siècles environ avant Tépoque où se passait en Allemagne le fait miraculeux que nous venons de raconter, l'Italie était témoin dlun autre prodige à peu près semblable, connu sous le nom de c l'apparition de Bolsène , i petite ville située dans le diocèce d'Orvieto. Elle eut lieu en Tannée 1263. Cette merveille eut un tel retentissement et fut jugée si importante, que le pape Urbain IV saisit cette occasion pour établir déBnitivement et à perpétuité dans TEglise universelle la fête du Corpus Domini (du corps du Seigneur), que nous appelons en France la Fête-Dieu, et en quelques provinces de rOuest « le Sacre, » peut-être par abréviation du mot sacrement.

Un prêtre allematid, d'ailleurs honnête et pieux, était tourmenté de doutes sur la présence réelle du Christ dans TEucharistie : au lieu de croire simplement ce que la saiifte Eglise nous enseigne, il cherchait à s'expliquer, cédant à une suggestion.de Tesprit infernal, com<r ment il se pouvait faire que le pain et le vin, par les paroles du sacrificateur, Hoc est corpus rheum, Hic est sanguis meus, fussent transsubstantiés en vraie chair et

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vrai sang de Jésos-Christ. Il priait Diea firéquemmôit de lai ôter ces dootes affligeants, et afin de s^en délivrer font à fait, il résolat de recourir à la soorce même de la fbiy'à la 'vraie et pore lamière que le Seigneur a posée sor le siège apostoliqae. Il partit donc poor Rome. Mais Dien daigna Fexaacer avant qu'il fût parvenu au bot de son pèlerinage. Arrivé à Bolsène^il: célébra la messe dans Téglise de Sainte-Christine. Au moment où il faisait Télévation de rhostie, une chair réelle apparut couverte de sang, et ce sang se répandait : sur le corporal ; et plus le prêtre s'efforçait de cacher le miracle, plus le sang dégouttait de Fhostie sur le cor-, poral: et chaque goutte qui tombait sur le linge sacré! portait TempreiDte d'une face humaine de la plus ravis- ' santé beauté. Une sainte terreur saisit le prêtre ^' Tempêcha d'achever le sacrifice. Ne sachant quel parti prendre, il se décida à placer dévotement l'hostie dansle tabernacle, et à quitter l'autel.

Urbain IV habitait alors Orviéto. Le prêtre l'ayant appris, courut se jeter à ses pieds, et demanda l'absolution et le pardon de son doute contre la foi. Le pape lui accorda l'absolution, en lui imposant une salutaire pénitence. Il fit apporter à Orviéto le corporal miraculeux et le déposa en grande pompe dans l'église cathédrale.

Une foule d*auteurs attestent le fait que nous venons de rapporter. Une inscription gravée sur le marbre Tannée môme de l'apparition confirmîi à perpétuité le mémorable prodige. Cette inscription a été recueillie dans plusieurs ouvrages, notamment dans celui de A. Danrelin, Istoria et origine délia solennità e [esta del Corpus Domini. (Bonca 1575). Elle est fort longne, et contient-.

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une relation très-cirooDstanciée de lout révënement, pvec des détails qui ne se trouvent pas dans le récit que nous venons de donner. Ainsi, la partie de Thostie que touchaient les doigts du prêtre ne subit aucun change* usent. Au moment où le sang divin couvrait le corporai, quatre gouttes de ce sang tombèrent sur le pavé de marbre et y laissèrent des traces ineffaçables. Les pierres furent transportées dans une crypte voisine de Téglise de Sainte>Ghristine. La piété des fidèles en fit un objet de grande vénération.

CXIV ÎIERVEILLE.

INDUSTBISS DES CATHCa.1QaES AU MILIEU DES BÉ&ÉTlQUfiS POUR ENTENDRE LA MESSE.

Mernoriale twim in de$iderfo animœ.

*■ « Votre mémorial est l'objet des désiri

de mon Ame. » (Ii. xxyi, 8).

tuen n'est plus capable de nous faice apprécier et vénérer Tauguste sacrifice de la messe que le récit des pieuses industries dont usaient les catholiques d'Angleterre pour se procurer le bonheur d'entendre la messe durant Fatroce persécution de l'impie reine Elisabeth. Ils savaient que la célébration de la messe était alors prohibée sous peine de mort, mais les grands avantages qu'ils trouvaient dans l'obiation de la victime san» tache les faisaient aisément passer par-dessus cette considération.

♦30 CXIV« UEEVEILLE.

Ud père de la compagnie de Jésus nommé Jean Céar^rd avait été enfermé dans une étroite prison de la ville de Londres : elle était contiguê à une autre prison très-spacieuse, dans laquelle était détenue une grande multitude de catholiques de toute condition. Ceux-ci, ayant appris qu'un prêtre se trouvait dans la petite prison voisine, pratiquèrent dans le mur mitoyen une ouverture assez grande, qu'ils dissimulaient avec soin, pour pouvoir s'entretenir à leur aise. Dès leurs premiers entretiens ils lui exprimèrent le vif désir qu'ils éprouvaient d'entendre la sainte messe et de participer au banquet eudiaristique ; le père Gérard, qui avait eu la même pensée, se rendit aisément à leur pieux dessein. Ils se mirent aussitôt, les uns et les autres, à chercher, à combiner, les moyens de le mener à bonne fin sans encourir la peine capitale. Ils s'en ouvrirent ceafidentiellementà un bon catholique qui heureusement avait obtenu la permission de leur faire des visites soit comme ami, soit comme parent de quelques-uns d'entre eux. Bien qu'on exerçât une soigneuse vigilance sur les prisonniers, on ne portait pas néanmoins l'inconvenance ou la perquisition jusqu'à fouiller les personnes qui venaient les visiter, comme ont fait depuis des gouvernements même catholiques. Ils purent donc par son entremise se procurer tous les objets nécessaires atf saint sacrifice. Ils n'eurent pas de peine à obtenir du geôlier de la prison qu'il n'exerçât pas sur eux une surveillance aussi exacte qu'il avait coutume de faire, puisqu'il convenait lui-même qu'ils étaient fort dociles et qu'il n'avait qu'à se féhciter de leur conduite ; et pour l'y enga^tf plus efiicacement, ils lui donnèrent une sommed'argent qu'il reçut avec joie. Tous les jours donc, avant l'aurorei

CXIV« MERVEILLE. 43i

le père entendait les confessions, ^uis célébrait la messe et distribuait la sainte communion. Il leur adressait ensuite un petit discoufs pour les exhorter au mépris de la vie présente et an désir de la vie éternelle. Aussitôt après on mettait en lieu de sûreté tout ce qui avait servi au saint sacrifice, et chacun se retirait à sa place. .Mais un traître, qui s'était aperçu, on ne sait comment, de ce qui se passait dans la prison avant Taurore, n'eut rien de plus pressé que daller en donner avis aux ministres de la reine. Ceux-ci toutefois ne jugèrent pas opportun d'exercer alors toute la rigueur des lois, et ils se contentèrent d'envoyer le père Gérard dans les prisons de la tour de Londres. Mais Dieu , dans sa clémence, voulut que là aussi le bon père pût se donner la consolation d'offrir l'agneau sans tache. Dans la même prison se trouvait un gentilhomme nommé Ardenn, détenu aussi pour son attachement à la foi catholique. Le gardien lui permettait quelquefois d'aller respirer le grand air sur la plate-foroie de la tour. Le père Gérard, qui n'ignorait pas qu'il était catholique, l'apercevant un jour de sa fenêtre, lui fit comprendre par des signes et des gestes qu'il voulait lui envoyer de petites croix enfermées dans une feuille de papier sur laquelle, en l'approchant du feu, il pourrait lire un secret qu'il tenait à lui communiquer. 11 écrivit donc sur cette feuille avec du jus d'oranges des mots invisâ)les, qu'on peut lire ensuite en les approchant du feu. Dans cette missive il lui disait qu'il avait un désir extrême de dire la sainte messe et de lui donner à lui-même la communion du corps de Jésus-Christ ; il ajoutait que ce serait chose facile au moyeu de sa femme qui, chaque semaine, tenant lui apporter son linge, pourrait y glisser les

43t CXIV« HBRVEILLB.

olijets oi^cessaires poar eélébrer la messe. Le g^tfl^ 'hofflme, ayant parfaitement rénsM à lire le message da père jésuite, loi répoodit par signes, de la plate-forme, qnll approQYÛt vivraient son projet, parce qn'il n*a?ait jamais éprouvé dans tonte sa vie nn désir de oomma* nier aussi fort que eelni qui le tourmentait depuis quelques jours. Il Gt donc part à sa femme de ce* qu'il voulait faire de concert avec nn prêtre renfermé dans la même prison. Celle-ci s'empressa d'apporter partialement et en diverses fois, les ornements et autres objets indispensables pour Foblation du saint sacrifice. Quant au gardien de la prison, le père Gérard s'appliqua à gagner ses bonnes grâces, de telle sorte que par ses prières et à l'aide de quelques petits présents il pat obtenir de loi de le conduire une fois dans la odiule d'Ardenn, afin que les deux prisonniers pussent se oon« soler mntoellement dans leur commune disgrâce. Donc le soir de la veille de la Nativité de la très-sainte VMirge le pèrei fut conduit à la prison d'Ardenn, où il fut enfermé avec lui. Ils passèrent une bonne partie de la nuit en prière, et un peu avant l'aurore le père, qui avait confessé son compagnon de captivité, câébra le divin sacrifice et lui donna la sainte communion, qu'il reçut avec une consolation ineffable. Il consacra en même temps un certain nombre d'hosties, qu'il mit à part, pour se communier lui-même les jours suivants, afin de trouver dans le pain eucharistique la force et la consolation dont il avait tant bescôn dans la triste position où il se trouvait.

Si grande que fut la dévotion des catholiques de Londres envers la divine Eucharistie durant ce temps d'horrible persécution, elle ne surpassa point celle des

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oatboUqaes de Dorchester, et spécialement des seigneurs d^Arundel^ antique famille de très- noble extraction, mais plus grande encore par la généreuse profession de foi catholique qu'ils firent avec autant de fermeté que de constance. Pour satisfaire leur ardent désir d'assister à la messe' et de Recevoir la sainte communion, ils entretenaient le père Jean Cornélius, jésuite, dans un de leurs châteaux, sans se mettre en peine des édits royaux qui déclaraient coupable de lèse-majesté quiconque recelait un prêtre catholique ; car ils aimaient mieux risquer leur vie, ou s'exposer à la perte de leurs biens, que de se prives des divins mystères eucharistiques. Ils avaient fait disposer et orner, dans nn lieu très-secret de leur palais, une belle chapelle, et c'est là que toute la famille se réunissait pour entendre la messe. Ils disaient souvent offrir le saint sacrifice pour les défunts qu'ils avaient autrefois convertis à la religion catholi* que. Et ces âmes leur apparaissaient ensuite soit pour les remercier soit pour réclamer plus instamment le secours de leurs prières, comme il arriva une nuit à lord d'Arundel. Comme il était plongé dans un profond sommeil , il se sentit subitement réveillé ; c'était un de ses anciens amis qui lui apparaissait visiblement pour le supplier de faire dire à son intention quelques messes dont il avait besoin pour sortir des flammes du purgatoire. Mais, à ce propos, nous devons rapporter un événement qui fit grand bruit alors parmi les catholiques et qui peut être profitable aux vivants à cause des circonstances y relatives advenues pendant le saint sacrifice.

Le premier mari de la duchesse d'Arundel, le baron Jean Sturton, étant décédé, elle pria le père- Cornélius M. f. s

d\»firir le divin sacriGce d*expiabon poar le repos de rame da défont. 11 le lui promit. Dès le lendemain , il célébra la messe à cette intention : mais on reroarqaa qail s^arrèta fort longnement poar prier depois le mo* meot de la consécration jnsqu'ao mémento des morts. Après la messe il fit une oonrte exhortation snr ces paroles de Tantienne de la oommanion de la messe de Requiem, pois il ajouta : • J'ai va comme une immense forêt qui n'était que feo et flammes. Au milieu de ce brasier dévorant j^ aperça lame dn baron : elle était en proie à d'inexprimables tourments, elle jetait des cris lamentables, on plutôt d'affreux hurlements qui me glaçaient le sang dans les veines : elle gémissait de ses fautes passées, elle s'accusait d'avoir si mal vécu durant plusieurs années, particulièrement durant son séjour à la cour de la reine Elisabeth, et elle spécifiait chacune des fautes qu'elle avait commises alors. Pais elle inïplorait notre assistance en répétant avec merci à fendre le cœur, ces paroles dn saint homme Job : t Ayez pitié de moi, prenez compassion de mes tourments, vous du moins qui êtes mes amis, parce que la main do Seigneur s'est appesantie sur moi. • MiseremùU met, miseremini mei, sallem vos amid met, quia manus Domini teligii me. S'adressant ensuite à moi il me supplia de continuer de' l'aider par la prière et surtout par Toblation du saint srcrifîce, puis je ne vis plus rien. » Ce récit tira des larmes des yeux de tous les assistants, mais particulièrement des gens de la famille qui étaient au nombre de plus de quatre-vingts personnes. En confirmation de la réalité de cette apparition, Dieo permit que quelques-uns des assistants aperçurent, durant la messe, sur le mur blanc voisin de l'autel, comme uiS^

réverbération de charbons ardents, qu'ils attribuèrent d'abord à la lumière des cierges ou à quelque autre cause naturelle.

(P. D. Baatou, Angl. I. v, ce. 7, 13, 15).

LES PORTES DB L'ÉGLISE MIBACOLEUSEMENT OUVERTES POUR LA CÉLÉBRATION DE LA MESSE.

Àttollite portM, principeSy ve*tra$y et tutroibit rex gloriœ.

« Princes, oufrex vos portes, et le roi de glolrt entrera, » (Pb. xxiir, 7).

Plus d'une fois la divine Providence s'est complue à empêcher des hérétiques et des incrédules d entrer dans l'église en fermant miraculeusement les portes. Mais il est arrivé plus fréquemment que, par son ordre, les anges les ouvrissent à dé pieux catholiques et .aux dé* Tots adorateurs de la sainte Eucharistie* Nous choisi^ rons, entre autres, le prodige qui s'opéra devant saint Basile-le-Grand.

L'empereur Valens, fauteur déclaré de l'ariaUisme et adversaire acharné de la divinité du Verbe, avait, dans sa barbare impiété, enlevé aux catholiques, pour la donner aux Ariens, une célèbre basilique, très-fréquentéé par les catholiques, qui avaient coutume d'y recevoir la sainte communion. Cette injustice déplut souverainement au saint archevêque de Gésarée en Cap- M. s. E.

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padoce, mais sartout parce qa^elle privait les fidMes de la facilité qu*ils y avaient poor approcher de la table sainte. Basile va donc trouver lemperear, et d'un air intrépide il le reprend sévèrement de Tinjustice qq*i} a commise envers TEgiise catholique. Le prince, confus plutôt qu'irrité des sages remontrances de Tarchevèque, dont il connaissait le ferme courage, et ne sachant que répondre aux graves raisons qu'il alléguait pour rédamer se6 droits, lui dit enûn qu'il remettait la décision de Taffaire aux plus sages des deux partis, catholiques et ariens. Les évêques ariens se hâtèrent donc de se réunir, à la voix de fempereur, et n'omirent rien pour faire prévaloir leur opinion et justiGer leurs prétentions. Mais Basile les eut bientôt réduits au silence et convaincus de leur mauvaise foi. Ils ne se rendirent pas poor cela, car ils redoutaient extrêmement qu^une si belle église ne vint à leur échapper. Alors Valens dit à saint Basile que ses motifs n'étant pas assez persuasifs, il fallait de toute nécessité chercher une preuve plus manifeste. Le saint, fort de son bon droit et plein de €0,nfiance en la justice de sa cause, ou plutôt dans le divin auteur de toute justice, proposa aussitôt uo moyen auquel personne n'aurait rien à répliquer et qui frapperait et convaincrait les yeux les plus* malveillants, f Prince, lui dit-il, j'accepte la proposition que vous venez de faire, et Dieu ne manquera pas de faire prévaloir la justice et le bon droit par des manifestations évidentes. Faites fermer la porte de la basilique en litige par une forte serrure, dont les >clefs seront déposées dans vos mains impériales. Que les deux partis se retirent ensuite et viennent, l'un après l'autre, faire leurs prières et leurs invocations devant oélt«

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église. Celui des deux devant lequel la porte s^oavrira d'elle-xuéme et sans précautions illicites, acquerra par le fait même la possession du temple, comme lui étant dpnné par Dieu lui-même. » La proposition fut acceptée de part et d*autre; elle plut même aux arrogants ariens, sauf quelques-uns qui sentaient rinju3tice de leur cause. Mais les autres, bouffis d'orgueil et coB-

. fiant en eux-mêmes, se disaient entre eux que si la porte ne cédait pas à Iputs prières, beaucoup moins s'ouvrirait-elle devant les catholiques. Après qu'on eut fermé la porte de la manière qui a été dite, les hérér tiques passèrent trois jours de suite devant cette porte, avec leurs prélats, pour prier, faire des conjurations ou exorcismes et former les vœux le9 plus ardents. Mais ce fut en pure perte. Les serrures et les cadenas demeurèrent immobiles, et la porte ne fit aucun mouvement, ce qui les remplit d'amertume et de confusion. Saint Basile vint, ensuite, vêtu des ornements ponti- Ccaux, précédé d'une nombreuse procession de catholiques. En arrivant à la porte du temple, il se met à genoux, adresse à Dieu une courte mais fervente prière ; puis, s'étant levé, il dit ce verset du psaume : Attolite portas, principes, veslras, etintroibil rexglorise; c"est-à-dire : t Princes, ouvrez vos portes, et le roi de gloire entrera. » En prononçant ces paroles il frappe légèrement la porte avec son bâton pastoral, et aussitôt elle s'ouvre d'elle-même, et livre passage à la foule des catholiques qui se précipitent dans l'église avec des cris de joie et de triomphe. Le saint évêque bénit ensuite l'autel et se prépara à célébrer le saint sact ifice, auquel participèrent les fidèles en recevant de ses mains

la sainte communion.

La divine Providence voulût opérer un autre prodige pour raffermir la foi des fid^es et donner une salutaire oonfusioo aux mécréants. Saint Basile avait fait fabriquer par un habile orfèvre une belle et grande coloo^ de pur or, qui était suspendue à la voûte devant le maltre-autel sur lequel il avait coutume de célébrer les divins mystères. Cette colombe, qui figurait le Saint-Esprit, recelait dans son sein la sainte Eucharistie, et quand on voulait communier les fidèles, on la faisait descendre doucement pour y prendre les saintes espèces. Dieu voulut montrer par un prodige qui se renouvelait tous les jours combien cette pieuse invention de son fidèle ministre lui était agréable. Chaque fois que le saint disait la messe, au moment où il prononçait les paroles de la consécration, la colombe, sans être mise en mouvement par aucun mécanisme, faisait trois évolutions bien marquées; ce qui attirait une foule de spectateurs, attirés les uns par la curiosité, mais la plupart par la piété, et en même temps par la profonde vénération qu'ils portaient à leur saint évoque.

Mais ce ne fut pas là le seul prodige merveilleux dont le Seigneur récompensa la foi et la sainteté de cet homme qui était lui-même un prodige étonnant. Plus d*une fois on vit ostensiblement des anges resplendissants d'une lumière céleste entourer, dans un maintien respectueux, Tautel où il célébrait. Le roi des anges luimême daigna se rendre visible entre les mains dn pontife sacrificateur. Comme il offrait le saint sacrifice en la solennité pascale, un juif, que la curiosité avait amené à Téglise, vit dans les mains de Basile et sur rhostie consacrée un enfant d'une éblouissante beanté. Tout hors de loi à ce spectacle^ voyant ensuite les assis-

jxvi» MERVEII4LE. 43U

tants s'â'pprocher de l'autel pour recevoir une particule de ce paio^ il se sentit porté à les imiter. Il se joint donc aux conimuniants et reçoit^ comme eux, 4e pain eucharistique. Mais, à peine Ta-t-il reçu, qu'il sent son coeur tout changé et plein d'un vîf désir d'embrasser la foi des chrétiens. Après la messe il rentre chez lui et se met à dire et à répéter à haute voix : t Qu'il est grand, le Dieu des chrétiens, et comme il opère de grandes merveilles ! » Ses paroles- firenjt une telle impression sur sa nombreuse famille, que le lendemain il la conduisit aux pieds du saint évêque, dans Tinteution de se faire instruire et de recevoir le baptême.

(P. i>E Natal. 1. 11, 28. — Metaphr. etSuRius, * 1 januarii). *

CXVi« MERVEILLE.

UN, CEP DE VIGNE DESSÉCHÉ DONNE DES FRUITS rOUR LE SAINT SACRIFICE.

ÇtMsi vitit frurtfficavi : fores met f ruetas honoris et honestatis-

« J^ai porlé les fruits comme la vigne ; mes fleurs sont des fruits de gloire et d'abondance. » (EccLi. XXIV, 23).

Les men-eiFes qui se lisent dans l'histoire de' l'apôtre saint Thomas relativement au sacriflce eucharistique sont si extraordinaires, si prodigieuses, que j'aurais longtemps hésité à les narrer si je n'y avais été excité par l'autorité irrécusable d'auteurs aussi graves que

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sagaees. Peu choisirai senlement deux oa trots qm \ m^ont le plus frappé, et qui, je Fespère, feront de plas en plas admirer Fineffable bonté dn Seignear dans Taaguste sacrement de qos antels.

La veille de la fête' de saint Thomas, c'est-à-dire au cœur même de la plos rigoureuse saison de Fanoée, Térèque du lien, nommé Esquilin, donna ordre à Tan de ses domestiques de lui apporter une branche de vigne sèche et aride, qu^il déposa, après compUes, dans Furne sépulcrale du saint apôtre ; ayant fait ensuite une humble prière, il se retira. Le lendemain matin il alla reprendre le cep : sa confiance avait été si grande qu*il ne fut point étonné de le voir non-seulement reverdi et couvert de pâmées, mais encore garni de nom-' breuses grappes bien mûres. 11 en exprima aussitôt le jus et le coula dans un vase bien net. Le vin qu^oneft tira aussitôt pour la*messe fut trouvé délicieux et d'une qualité supérieure. La nouvelle de ce prodige se répandit par toute la ville, et presque tous les habitants accoururent à Téglise pour entendre la messe de Tévôque, durant laquelle ils se sentirent remplis de la plus doaoe consolation.

Un autre miracle insigne attira l'admiration des fidèles et même des païens dans cette même cité de Saint-Thomas ou Thomé. L*évêque Jérôme Osorio nous apprend qu'il y avait dans Téglise une croix de pierre sculptée qui portait quelques taches de sang. Les trois extrémités supérieures étaient terminées par des fleurs de lis, et au croisillon on avait gravé l'image d'une colombe. On exposait cette croix sur l'autel à la fête de l'Expectation de l'enfantement de la très-sainte Vierge, qui tombe le i 8 décembre, trois jours avant la fête de

CXVI* MBRVBXLLB. 441

saint Thomas. La population se rendait en foule à réglise pour assister à la messe solennelle, qui s'y célébrait dès le matin, et pour être témoin d'un prodige qui se renouvelait chaque année. Pendant .Févangile cette croix commençait à distiller des gouttelettes de sang qui sortaient des parties rougeâtres dont nous avons parlé, mais en telle quantité que les linges avec lesquels le prêtre les essuyait en étaient tout imhibés : la croix aussi en ce moment resplendissait d'un éclat merveilleux.

Nous avons encore pour garants de ce prodige les pères de la compagnie de Jésus, missionnaires apostoliques dans les Indes orientales. Tous ils s'accordent à dire qu'ils ont observé le fait avec le soin le plus minutieux ; et que, tous les ans, en 1» fête de l'Expectation, il se renouvelait de la même manière, en présence de nombreux assistants. Lorsqu'on commençait l'évangile de la messe la croix changeait peu à peu de couleur, (elle était de pierre blanche) ; elle devenait pâle, puis noire et enûn elle prenait la couleur bleu -céleste : dès que la messe était terminée , elle redevenait blanche comme auparavant. Ils remarquèrent aussi que c'était au moment où elle changeait de couleur qu'on voyait appataltre les gouttes de sang. Admirable symbole, qui nous apprend que, dans l'action du divin sacrifice, la croix est un mystérieux arc-en-ciel, qui par ses couleurs variées et ses bienfaisantes influences nous 'manifeste les effets diversifiés et admirables qu'il produit

d'*ns les &mes.

(P. RiBAOCREiiU, Vit. S. Thomm, 31 dec).

44^ CXVII* MEAVSILLS^

LE SOUVENIR DE LÀ PASSION DQ SAUVEUR A LA MESSE EST TRÉS^AGRÉABLE A DIEU.

nor Mt rorfna meum. Obc fatiu in t comni' morutionem.

M Orci est mon eorps. Fuites cela ea mémoire de moi. » (1 Cet. ii).

Saint Ambroise bl^me avec raison la fausse humilité et le respect outré des prêtres qui, touj; en déplorant leurs fautes passées, se voyant encore sujets à des imperfections, ne veulent pas s'approcher du saint autel, aûn de faire pénitence. Sunt qui arbitrantur hoc esse pœnilentiam, si abstineant a sacramentis cœlestibus : ht sœviores in se sunt judices, qui pœnam prœscribunt sibi, déclinant remedium. (De Pœnit, l. ii, c. 8). Si ces graves paroles ne suffisent pas pour les délivrer de cette timidité inconsidérée et fort nuisible, peut-être se sentiront-ils plus touchés de Texemple des saints.

Saint Pierre, qui fut depuis pape sous le nom de Gélestin V, menait sur le mont Morone une vie fort austère, mais dont la rigueur était largement, compensée par les admirables délices spirituelles dont son âme était comme inondée, surtout dans la célébration des saints mystères. Mais le Seigneur, qui voulait sans doute réprouver et multiplier ses mérites en lui fournissant de» sujets d'affliction, permit que son àme fût

CXVIl*» MERVEILLE. 443

subiteinént livtée à des angoisses et. des scrupules qui le consternèrent et remplirent son àme d'aCmertomes. Un jour qu'il était occupé à considérer d'un côté la haute majesté du Seigneur qui réside dans son auguste Sacrement, et de Fautre, sa propre indignité , augmentée encore dps nombreuses fautes que son humilité exagérait à ses yeux, il fut frappé et comme atterré de la pensée que Dieu n'agréait point le sacrifice de la messe qu'il lui offrait si souvent, et qu'il devait s'en abstenir pour tranquilliser "sa conscience. Il fut confirmé dans cette pensée en se rappelant l'exemple des grands patriarches de la vie cénobitique, saint Antoine, saint Benoît, saint François d'Assise, qui n'avaient jamais osé offrir l'auguste sacrifice, ni même recevoir l'ordre sublime du sacerdoce. Dans cette perplexité accablante pour une âme aussi sainte qu'était la sienne, après avoir longtemps délibéré quel parti il devait prendre, il se résolut enfin de s'abstenir de célébrer, dans la crainte de manquer de respect envers la divine Eucharistie. Le trouble qui agitait cette âme sainte ne lui permit pas de découvrir les embûches que lui tendait l'ennemi du salut, lequel, même sous le faux prétexte de religion ou d'une plus grande pureté de cœur, cache trop souvent des pièges trompeurs, qui en détournant les âmes de la source de la vie^ produisent en elles des affaiblissements, des langueurs qui peuvent conduire à la mort spirituelle, comme l'observe avec raison saint Cyrille d'Alexandrie : Caveamus ne loco laquei damnosam religionemdiabolusnobisprœlendat.(InJoanA. iv. c. xvii). Cependant, comme il savait fort bien que personne n'est juge intègre dans sa propre cause, et que d'autre part; sa profonde humilité le portait à se défier de ses

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lumières personnelles, il résolnt de se rendre à Rome fNKir consnlter Toracle de la sainte Eglise, le souverain pontife, qui était pour lors le bienheareui Grégoire X, afin d'apprendre de sa bouche s'il était plus expédient pour la gloire de Dieu et pour le salut de son âme qu'il cessât d'offrir le saint sacrifice de la messe, ou du moins qu*il célébrât pfbs rarement. Il se mit donc en route Ters la capitale du mobde chrétien, et pliait Dieu de Féclairer dans ses perplexités en lui manifestant sa sainte volonlé, bien résolu à la suivre parfaitement, lorsque, au détour d'un chemin, il vit devant lui on saint abbé bénédictin, mort depuis quelque temps; c'était celui-là même qui l'avait revfttu de Fhahit monastique. Après avoir salué l'ermite Pierre, il lai dit : c Eh , mon frère, comme vous avez le visage triste et abattu I on dirajt que toutes les peines et angoisses sont tombées à la fois sur votre cœur. Mais, croyez-moi, laissez-là toutes ces chimériques perplexités, déposez tons vains scrupules, et sachez bien que le sacrifice de la messe est quelque chose de si grand, de si sublime, que ni un ange ni même un séraphin n'est digne de l'offrir à la Majesté suprême. Dieu a voulu que ce fût l'office des prêtres, bien que trop souvent sujets à des imperfections. 11 désire, il veut qu'on le lui offre fréquemment, et cela lui plaît infiniment. Sans doute les prêtres doivent être animés d'un grand respect pour cet auguste sacrifice et n'approcher de l'autel qu'avec nn saint tremblement : mais ce respect ne doit jamais les détourner d'une oblation qui plaît tant à Dien et à laquelle est attaché le salut du monde, puisqu'elle n'est que la rénovation et la continuation du sacrifice de la croix. Et si le Seigneur ue vovait continuellement son

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Fils uniqae offert et immolé dans presque tous les lieux de la terre habitable, croyez-vous qu'il pût laisser longtemps subsister devant sa face un monde aussi pervers, aussi coupable? Quant aux prêtres, qu'ils n^oublient pas que si la crainte inspire le respect, Tamour donne aussi la confiance ; qu'ils ne séparent jamais ces deux choses. Retournez donc dans votre ermitage et disposezvous à monter de suiie à Tau tel. i Encouragé par un avertissement aussi rassurant qu'imprévu, le bienheureux Pierre retourna immédiatement sur sa montagne, et prit la résolution de ne jamais laisser passer un seul jour sans offrir la victime sans tache.

Dieu, qui se complaît dans les &mes humbles et soumises, récompensa l'obéissance de son serviteur par de signalés miracles. Tandis que le saint célébrait les divins mystères, on entendit souvent les suaves harmonies des anges, qui faisaient, pour ainsi dire, chorm avec les religieux qui chantaient. Souvent aussi on aperçut une blanche colombe, Ûgure du Saint-Esprit, voltiger sur l'autel dans le temps du sacrifice : de là vient que l'oratoire où le saint disait la messe fut dédié au Saint- Esprit. 11 arriva aussi plus d'une fois que, tandis qu il célébrait, ce qu'il faisait dès l'aurore, on entendit, dans le pays, quoique l'ermitage fût très-éloigné de toute habitation, un concert harmonieux de plusieurs cloches, dont le son devenait plus vibrant et plus mélodieux au moment de l'élévation. Les habitants étaient tellement touchés de cette merveille qu'ils se livraient aux plus tendres sentiments de dévotion : plusieurs même, sans quitter leur logis^ furent alors délivrés de tentations importunes, et des malades recouvrèrent la santé. Finalement, comme il disait la sainte messe le jour de

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^a Pentecôte^ TEsprit-Saint lai révéla que le moment de sa mort était proche ; et Diea voulut la rendre glorieuse par un illustre prodige. Depuis qu'il fut descendu de Tautel après sa dernière messe jusqu'à Theure où il expira, on vit apparaître dans les airs au-dessus de sa modeste cellule une grande magnifique croix d'or étincdante de mille rayons de la plus vive lumière ; comme pour signifier combien le ciel avait eu pour agréable la célébration, qull faisait journellement du divin mystère de la croi^ et de la mort du Rédempteur, si admirable- , ment représentée dans le sacrifice de nos autels, selon - cette parole de Tapôtre : Quotiescumque mandttcabilù l panem hune et calicem bibetis, inortem Domini annunl liabilis. c Toutes les fois que vous mangerez ce pain et i boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur. »

(l Cor. ii).

(P. D'AiLLT, VU, S. Pétri Cœ/wt SuRits, 19 maii)

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