L^ASSISTANCE A LA MESSE SOURCE DE BIENS TEMPORELS ET SPIRITUELS
InquircnletDominum non tntnuenturomni bono.
« Cenx qui eberchent le Seigneur ne se^ ronl privés d'aucun bien. n(P8. sxxiii, 11).
Saint Isidore le laboureur, patron de la ville de Ma* drid, dont il est écrit que les anges labouraient son cbamp pendant qu'il assistait à la messe, avait coutume de dire que c le temps employé au service de Dieu était proûtable même poulies choses terrestres de cette vie. » Temptis servitio Dei impensum, etiam rébus terrenis inservit in vita. La vérité de cette sentence fut admirablement démontrée par ce qui arriva à un journalier.
Un pauvre vigneron qui entretenait sa famille à la sueur de son front, avait contracté la louable coutume d^assister à la messe avant de se mettre à son travail. 11 se rendit un matin au lieu où s'assemblaient les journaliers pdur attendre qu'on vînt les employer. Il venait d'arriver en ce lieu lorsqu'il entendit sonner une messe. il se rendit aussitôt à Téglise pour y assister et satisfaire sa dévotion. Soit que cette messe fût longue, soit que sa piété l'eût porté à en entendre une seconde,, lorsqu'il revint au lieu! susdit, il ne trouva plus per- M. s. K.
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soooe, tons les autres journaliers avaient été engtgét et emmenés par diverses personnes. €e brave homme, se voyant ainâ dans Fabandon, sW retournait vers sa maison Pair triste, en songeant qu^il avait perdu sa journée, lorsqu'il rencontra par hasard un homme ;jui paraissait fort à son aise. Celui-ci, voyant Pair cJiagrin du vigneron, lui en deiBanda la cause. < CTest que, dit-il, personne ne m*a denoé de travail aujourd'hui. » Et il ajouta qu'il était allé entendre la messe dans le moment où on avait coutume de venir louer les ouvriei^. Cette réponse du vigneron donna à penser au survenant que c'était un homme de bien et adonné à la piété, ^r quoi il tni dit : « S'il en est ainsi, laissez là votre noire tristesse : retournez à l'église, entendez la messe à mon intention et faites pour moi qudques dévotes oraisons. Je vous payerai comme mes propres ouvriers. » Grandement réjoui d'une si heureuse ren' contre, il rentre à relise, entend autant de mess6s qu'on y en célébra dans la matinée, et adressa au Ciel de ferventes prières pour son bienfaiteur.
Vers le soir il dirige ses pas vers la maison de celui-ci pour recevoir le salaire promis. On lui donna douze sous, prix de la journée d'un ouvrier à cette époque. Il retourne aussitôt à son propre logis, content de n'avoir pas perdu sa journée. Comme il approchait de sa maison, il voit venir à lui un personnage inconnu (c'était le Sauveur du mondé en personne, qui voulait faire récompenser plus largement la dévotion de cet homme pour le sacrifice de la messe) qui lui demande quelle somme il avait reçue pour sa journée ainsi passée dans les exercices de piété. Quand il apprit qu^on lui avait donné douze sous : « C'est peu, tépéta-t-il, c'est trop
pou pooT des œuvres si méritoires. Suivez nion conseil, allez trouver cet homme et dites-lui franchement que s'il n'ajoute pas quelque chose à votre salaire, ses affaires iront mal. i Le vigneron, cédant à ce conseil, retourne chez celui qui l'avait employé à prier Dieu pour lui, et lui raconte ce que lui a dit un grave personnage qu*il vient de rencontrer. Il ne se fit pas prier , et , mettant aussitôt la main à sa bourse, il lui donna cinq autres sous, et le congédia en paix. Le vigneron, fort satisfait de cette augmentation de salaire, s'en retournait joyeux, lorsque le même personnage déjà mentionné se présente à lui et s'enquiert de Taugmentation de la somme, c J'ai reçu cinq sous de plus, répondit-il. — Ce n'est pas encore assez, dit l'autre ; il faut que vous alliez encore trouver cet avare, pour lui signifier que, s'il ne donne pas une rémunération plus abondante, il n'a qu'à s'attendre à un malheur épouvantable. » Le pauvre vigneron, un peu intimidé et déconcerté de ce nouveau message, résolut, néanmoins, de l'accomplir, car il y était porté comme malgré lai. 11 se pré* sente donc devant le bojirgeois avec autant de respect que de confusion et lui répète ce qu'on Ta chargé de lui dire de nouveau. €et homme, touché intérieurement de la grâce divine, s'exécuta cette fois encore plus noblement que la première et donna au vigneron cent sous avec un habit neuf.
Vous admirez, sans doute, lecteur chrétien, et avec raison, la conduite de la divine Providence, qui voulait ainsi secourir ce bon campagnard et le récompenser dé sa piété et de l'esprit de religion qui le portait à entendre tous les jours la sainte messe. Mais plus admirable encore est la faveur que la souveraine miséri*
corde octroya à ce riche bourgeois qui avait envoyé ce brave homme entendre la messe et faire des prières .pour lui. La nuit suivante le Sauveur lui apparut durant son sommeil et lui fit connaître que, grâce aux messes que ce pauvre journalier avait entendues et aux prières qu'il avait faites pour lui, il était préserVé de la mort subite, qui devait le saisir en cette même nuit tout chargé qu'il était de nombreux péchés, et le précipiter d'un bond dans les supplices éternels. Ce formi-, dable avertissement le réveille aussitôt, et songeant an péril auquel il vient d'échapper si miraculeusement, il déteste ses péchés, rend grâces à l'infinie miséricorde du Seigneur et se livre aux saints exercices de la pénitence. Depuis ce moment il assista régulièrement tous les jours, à la messe, et donnait même d'abondantes aumônes à des pauvres pieux afin (Qu'ils pussent entendre la messe sans rien perdre du salaire de leurs journées. Enfin, après avoir mené constamment une vie sainte, il la termina par une mort heureuse.
N'est-ce pas ici le lieu et l'occasion de s'écrier avec saint Laurent Justinien (lib. de Ohed.) : t Que de biens découlent surabondamment de l'oblation du saint sacrifice I Le pécheur est réconcilié avec Dieu, le juste se justifie de plus eb plus, les anges sont dans l'allégresse, les vertus s'accroissent, les mérites sont portés à leor comble, les faibles prennent courage, les pauvres sont enrichis, s Quanta ex hujus oblatione sacramenli exuk^ant bonal Reconciliatur peccator Deo, justus adhuc justificatur, angeli lœtificantur, virtutes augerUur, cumw lantur mérita, débiles eriguntur^ pauperes ditantur.
{.Serin, in Promp. exempt, v. Labor,ea; 3. —Nie .LAGCB,mirac sacr. tr vi, dist. lO^de miss.c. 100).
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L^ASSISTÂNCB Â LA MRSSE PROCORE LE SÂLUT DE L^MË ET DU CORPS.
Sacrîfln'um laudit ftonorificiUtit «le, et ilUo ittr quo ostendam illi ialutare Dei.
ce Le sacrifice de louange m'honorera, et c'est la voie où Je lui montrerai le salut de Dieu. » (Ps. XLix, 13).
Nous irons présentement dans le nouveau-monde chercher une nouvelle preuve des merveilleux bienfaits qui proviennent de Tassistanceé la messe.
Lorsque Gonzalez Pizarre, premier conquérant du Pérou, et depuis rebelle au roi d'Espagne, fut défait et mis en déroute par Farmée royale, Gonzalve de Barcelone, qui était un des principaux fauteurs de la révolte, prit la fuite déguisé en simple soldat et courut se cacher dans les forêts. Mais, prévoyant bien qu'il était grandement exposé à être pourchassé, comme un vrai gibier, par les sbires du vice-roi, il erra longtemps par monts et par vaux, cherchant quelque lieu de refuge et n'en trouvant point. Un matin, vers Taurore, ayant entendu le son d'une cloche, il sortit de la forêt et se trouva tout près d'un hameau. Il y avait en ce lieu une église, et le curé se préparait pour y dire la inesse à an grand nombre de paysans. Il y entra comme les autres pour y entSindre la messe, selon la louable coutume qu'il avait conservée depuis son enfance, d'en-
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teodre la messe tontes le^ fois qo'il le pouvait. Et en cela Dieu voulait le convertir par an moyen fbrmidableniais efficace et salutaire. Le prêtre ajaot terminé le saint sacriGce^ ayant ^e retourner à la sacristie, ouvre une patente royale, se toome vers le peuple et lit à haute vois son conteoa, savoir qu*oo accordait un par; don général à tous les militaires (jui avaient pris part à la sédition, mais que pour les (aciers rebelles, el nommément G«>nsalve de Barcelone, tous et chacun avait ordre de leor courir sos, et que celui qsi ks livierait morts ou vifs enit^ les mains de la jastiœ recevrait une bonne récompense du trésor royal. Gonsalve, en entendant ces paroles de Tédit qui k aondamnait ainsi à voir dans tous les paysans de eetle contrée autant de fiersécuteurs et d^ennemis acharnés, fut à l'instant saisi d*un frisson et d^un tremUement qui s'étendait des pieds à la tète, et s'il n'eût en une âme fortement trempée, il serait tombé évanoui; ce qui Teût aussitôt fait connaître pour un des chds de la conspiration. Afin donc *de dissimuler la pâleur de son visage et l'agitation de ses membres, il alla prom[fement se mettre à genoux devant un autel de la très-sainte Vierge, se pia^^t de manière à tourner le dos aux assistants. Là il fit semblant de réciter quelques prières jusqu'à ce que la foule se fût écoulée. Mais la mère de miséricorde, à qui cet homme, même au milieu de ses déportements, n'avait jamais omis de payer je ne sais quel tribut de louanges, fnt émue de compassion pour lui, et obtint du Seigneur que ces prières telles quelles devinssent réelles et sincères. 11 se mit donc aussitôt à recourir à elle du fond du cœur, lui disant, entre autres choses: € très-miséricordieuse vierge Marie, vous avez entendu la coadajnoatioa.
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à mort de ce scélérat de Barcelone. Que va faire, que va •devenir ce laisérable, si tous ne venez à son secours ? » 11 répéta plusieurs fois cette prière avec larmes, afin de toucher le cœur de la divine mère, qui avait elle-mômv changé le sien. Dans sa maternelle pitié, elle lui inspira le Bioyen de fuir tout à la fois et la mort tempo- >relle et la mort éternelle. 11 sort donc secrètement de Téglise et rentre dans la forêt, le cœur contrit et humilié, se frappant la poitrine et invoquant, à chaudes larmes, la céleste clémence. Lorsqu'il fut arrivé vers le mîliea ée la farèt, ayant aperçu une grotte dans le.i rochers, ii résolut de s'y ensevelir tout vivant, afin de se transformer de rebelle et de meurtrier en ermite et en pénitent. En effet, avec des plantes rudes et piquantes il se Mniqua un âpre cilice qu'il portait sur la chair nue; ses aliments étaient des racines aipères et des fruits sauvages, son lit la terre nue à ciel découvert : sa principale occupation était une oraison continuelle, accompagBée ordinairement de beaucoup de larmes. Il persévérera longtemps dans ce genre de vie austère, mais qui n'était pas sans consolation : car son âme était souvent inondée de telles délices qu'il oubliait parfois de donner à son corps sa réfection ordinaire.
Mais Dieu, qui l'avait invité à la pénitence, non point pour son propre salut seulement , mais aussi pour le salut d'un grand nombre d'âmes, voulut le changer d'ermite en apôtre. Il reçut donc du ciel, soit visiblement par un ange, soit par une claire inspiration intérieure, l'ordre formel de quitter son désert et d'aller annoncer la parole de Dieu ^dans les pays abandonnés. Mais Gonsalve, se reconnaissant tout à fait incapable et indigne d'un si haut ministère, n'osaii se décider à
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commenoer aoe telle entreprise. Diea, c^ndant, qoi voulait lui ménager les moyens de contribuer au salât et à la sanctification de ses élas, lai fit manifestement connaître qu'il ne devait rien craindre, parce qu'il serait avec lui et l'assisterait de sa. grâce; que par cinsé' qaentil n'avait qu'à s'armer de courage et de constance. C'est ainsi que ce terrible guerrier, qui avait d'abord rempli le Pérou de terreur avec son épée, commença à porter à ces peuples le vrai salut avec la croix à la main et l'Evangile ^ur les lèvres. Sa parole fut si persuasive et ses travaux tellement couronnés de succès, qu'en peu de temps il forma une chrétienté nombreuse, qu'il maintint dans la foi à l'aide des fréquents mira*des que Dieu opérait par son moyen. La renommée ent bientôt répandu dans tout le royaume le bruit de ces merveilles ; elles arrivèrent même jusqu'aux oreilles da vice-roi, qui, dans son admiration pour une si grande vertu, bénissait la divine Providence, qui d'un guerrier, d'un séducteur, d'un rebelle, avait fait si subitement un pénitent,, puis un prédicateur et un apôtre. Il expédia un messager pour le féliciter de sa part et lui offrir son pardon, qu'il promettait de faire ratifier par l'empereur Charles-Quint, monarque de ces pays. Mais le missionnaire ayant fait témoigner au gouverneur sa reconnaissance pour son ofiEre courtoise, ne parut désirer autre chose que de pouvoir, en toute liberté, continuer à répandre la foi parmi les païens et à promouvoir, à entretenir la piété chez les fidèles. Quelque temps après quelques prêtres de la compagnie de Jésus arrivèrent dans cette province. Dès ce moment, Gonsalve, cédant à un profond sentiment d'humilité, cessa les fonctions apostoliques, qu'il croyait mieux convenir
aux Donveaux missioQûaires, aitenda qa^s avaient le caractère sacerdotal, qu'il ne possédait pas lui-même. Cependant, comme il était toujours animé de zèle et de charité pour le prochain, il résolut de se retirer dans un hôpital pour servir les malades. II y passa le reste de sa vie: ses soins, ses conseils, sa piété leur furent aussi utilQs pour la santé de Fàme que pour celle du corps.
Or, voici comment il raconta lui-môme l'origine et la cause de sa conversion. Le P. Joseph Âcosta, de la compagnie de Jésus, qui était pour lors provincial du Pérou et qui le confessait, émerveillé d'une conversion si étonnante, lui demanda un jour quel exercice de dévotion il avait 'pu conserver dans un genre de vie aussi licencieuse que la sienne. Il lui répondit avec une candeur admirable : i Mon père, je n'ai fait aucun acte de religion, excepté ce que mon père en mourant m'avait laissé en guise d'héritage, en me recommandant de ne jamais manquer d'entendre la messe quand je le pourrais, et d'avoir souvent recours à la mère de Dieu. Dieu m'a fait la grâce, malgré mes écarts, d'accomplir fidèlement ces avis de mon père mourant. » Puis il lui ra-* conta comment s'était opérée sa conversion, telle que. nous l'avons rapportée ci-dessus.
CNiERBHBEBC, Theoph, Marc, I. iv c. 38).
UN GRAND PKODJGE COxNDAMNE LA PRÉCIPITATION DES PRÊTRES EN CÉLÉBRANT.
Sacrfiieia et libamina rite ^elebrabili*.
tt Vous célébrerez eomme il est prescri* les sacrifices et les libatiuus. » (Nui. xxis, IS).
*Le prophète Jérémio reprend sévèrement les prêtres de l'ancienne loi qui dans Toblation des sacrifices transgressaient les rites et cérémonies prescrits dans le Lévitique; et saint Grégoire-le-Grand adresse de graves admonestations et de terribles menaces aux prêtres de la nouvelle alliance qui se rendent coupables de- négligences et d'omissions volontaires dans Toblation sacrosainte du Fils de Dieu. Qu'ils craignent donc la céleste justice ces prêtres, s'il en est encore, qui dans la plus grande, la plus divine action qui soit possiblvs aux humains, ne tiennent presque aucun compte des ritei et des cérémonies prescrits par la sainte Eglise, mais précipitent et confondent les gestes et les paroles, et semblent vouloir, comme on dit, expédier une messe eu un clin-d'œil. Ils agiraient, certes, autrement, pour peu* qu*ils voulussent r^échir qu'ils ont sous les yeux, qu'ils tiennent dans leurs mains celui devant lequel les anges se voilent la face, celui qui fait trembler les deux. Le vénérable Jean d'Avila, oe grand maître de la vie aso*»
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tique, ce prédic^ur vraiment apostolique, déplorait à chaudes larmes ces irrévérences, ces mépris outrageux, que Ton fait suMr au Fils du Très-Haut, et à roccasion il savait m témoigner toute son indignation. Voyant un jour un certain prêtre qui offrait le saint sacriflce avec une précipitation scandaleuse, faisant, au Heu de signes de cr(Hz,des mouvements de mains circulatoires, comme pour. frapper Pair, articulant à poine quelques paroles qu'on ne pouvait distingue1r,et'maniant la sainte hostie avec une inconvenance qu'on ne se permettrait même pas à table à Fégard du pain matériel ; transporté d'un saint zèle, il s'approche tout doucement du prêtre, comme pour lui dire quelque chose de pressé, et lui fait une douce correction en lui disant : « Je vous prie de le traiter avec honneur ; car c'est un enfant de bonne maison : du côté de son père, il est Fils de Dieu, et du côté de sa mère, c'est le Fils de la Vierge. Jugez par là quelle révérence on lui doit. » (Rho. de Euchar. c. 29) Mais veaons à un prodige qui fera encore mieux voir de quelle manière on doit célébrer l'auguste sacrifice de nos autels.
L'an 1444, à Waldurne, au diocèse de Wirtenberg, un prêtre célébrait la messe sans paraître s'occuper de la grande action qu'il faisait ; tout absorbé par la pensée de la terminer au plus vile, il ne se mettait nullement en peine de remplir lesi trois conditions essentielles exigées par les saints canons, savoir, une prononciation grave et distincte, l'exacte observance des rites et cérémonies, et Tapplication de Tesprit et du cœur à un si redoutable mystère. Aussi, en faisant tournoyer sa main sur le calice, au lieu de faire convenablement les signes de croix prescrits, il le renversa, et le précieux sang
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*fut répaQdn sar le oorporal. Malgré ia légèreté qn'â apportait à la célébration des saints mystères, ce prêtre fat consterné de ce fâcheax accident, et il en gémissait an fond de son imaT, lorsque tont à oonp û aperçoit des figures admirablement dép^ntes par ce sang sor le oorporal. On voyait an milieu Teffigie de Jésus crucifié suspendu à Tarbre de sa croix, et sur les côtés quelques images de la, tète du Sauveur couronné d'épines, d'unt parfaite ressemblance avec celle de la sainte face oa suaire de la Véronique. Toutes ces figures étaient représentées avec un art si merveilleux que le pinceau do plus habile peintre n'aurait pu parvenir à les imiter. Le prêtre fut saisi de terreur à un tel spectacle : mais en mémo temps il craignait que si on venait* à découvrir ce prodige, on ne Tattribuât à sa négligence ou à sa précipitation dans la célébration de la messe, et qu'il n'encourût par là même une grave peine canonique, il prit une résolution impie et insensée. Après la messe il souleva une des pierres de l'autel et y piaça secrètement le corporal ensanglanté, dans l'espérance que peu à peu il se consumerait de vétusté, sans que personne pût le découvrir.
Quelques années après ce prêtre éprouva une maladie mortelle qui altiut le faire disparaître de ce monde : mais son agonie était longue et pénible, et on disait qu'il ne pouvait rendre l'ûme. Il lui vint en pensée que cela provenait sans doute de ce qu*il tenait cachée la sainte relique du miraculeux corporal. Aussitôt il se décida à découvrir son secret à quelques prêtres. A peine avait-il fait cet aveu, que, touché d'un sincère repentir et plein de componction, il s'endormit doucement dans le Seigneur. On se rendit aussitôt à l'autel désjgoé,^ ei,
après en avoir é^rié la pierre, on retrouva le corporai intact et sans la moindre altération ; les couleurs des figures étaient aussi vives, aussi fraîches que celles d^un tableau récemment terminé. Les prêtres furent émerveillés du prodige qu'ils avaient sous les yeuz. Dès que la nouvelle de cette précieuse découverte se fut répandue, tout le monde accourut pour voir et admirer un spectacle si nouveau et inouï jusque là. Le brjuits-en répandit jusqu'à Rome et parvint ainsi aux oreilles da pape Eugène IV. Le pontife s'étant assuré par des témoignages irrécusables de la réalité du fait, envoya Tordre à Tévôque de faire décorer Téglise où il s'était * passée et de renfermer le miraculeux corporal dans un reliquaire de prix, afin qu'il y reçût, à l'avenir, le culte des fidèles.
Le Seigneur a sans dojate permis que cet accident arrivât et a daigné opérer un tel prodige pour nous apprendre et nous faire -comme toucher au doigt combien lui déplaît l'indigne précipitation des prêtres dans la célébration des saints mystères, et en même temps donner à entendre à ceux qui les consacrent et les prennent dans leurs mains non-seulement sans dévotion intérieure, mais encore avec un extérieur dissipé, ne faisant qu'à demi et comme en gesticulant les signes de croix et autres gestes prescrits^ balbutiant à la hâte les paroles, renouvellent d'une certaine manière la passion de notre Sauveur Jésus-Christ : Iterum cr ticifig entes sibi" melipsis Filium Dei et ostentui habentes, comme parle le grand apôtre (Hebr, vi, 6). Ils en rendront par conséquent un compte rigoureux devant le tribunal de la divine justice. Car, ainsi que nous l'enseigne le docte Suarez, et tous les théologiens après lui, i l'omission
d'uoe cérémonie est une véritable fftnte. i Vel unius cœremoniœ omissio culpœ reatum inducit (T. ni, in m part. , dist. 85, sect. 2). D'où il faut conclure qu'ils sont bien condamnables les prêtres qui, non pas une fois ou par une urgente nécessité, mais tous les jours et à toutes les messes qu'ils célèbrent font des omissions sans nombre : en quoi ils sont d'autant plus répréhensibles, qnlls ont contracté cette habitude pour la plupart dès les premiers temps de leur sacerdoce, parce que, faisant peu de cas des saintes cérémonies de l'Eglise, ils ont négligé de s en instruire, et se sont fait ainsi une routine de l'oblation eucharistique. Le vénérable Jean d'Avila, déjà cité, estimait que le souverain jngê des vivants et des morts deînanderait aux prêtres un compte plus sévère de la manière dont ils auront célébré la sainte messe, que de leurs antres actions. On vint uo jour lui annoncer qu'un jeune prêtre avait en le bonheur de mourir après sa pfemière messe. Le saint homme jeta un profond soupir et dit : c II a donc dit la messe? -^ Oui, répondit-oft, et il est mort sans maladie. • 11 répliqua : c II a donc eti un grand compte à rendre à Dieu, s'il a dit une messe I •
(N. Serrarics, RerwnMogunl.l. v — Liilkiis S Jmit. Chr. patient. I. vi, c. 9).