L'habitude étant un besoin contracté par la
r-^pétition régulière des mêmes actes, les appels de
1 SÊ^ faim et de la soif se reproduisent deux , trois ou
c^'Kiatre fois par jour, selon l'appétit, et surtout la
t:y rannie de l'habitude acquise. A propos de la soif,
«ï ^imitez pas certains Orientaux, et particulièrement
l^s Musulmans , qui ne boivent qu'après le repas :
l^Uvez pendant et après, mais très-rarement entre
l^s repas.
a3. Combien faut*il faire de repas dans les vingts quatre heures? Quelle quantité d'aliments doit-on P>*endre à chacun d'eux? Questions auxquelles on ^^ saurait répondre d'une manière positive, tant il y a de différence dans la capacité, dans l'énergie, ^^ns l'exigence souvent capricieuse des divers esto- ^^acs. Le conseil le plus raisonnable qu'on puisse ^^Qner ici est encore la maxime triviale, mais aussi ^^orale qu'hygiénique, de Molière et de Beaumarchais : <c II faut manger pour vivre, et non pas vivre I^our manger. » Or, celui-là seul sait vivre, qui, habituellement, ne mange qu'autant qu'il y est sti- ^^ulé par l'appétit, et qui sait s'abstenir dès que la ^5itiété commence. Remèdes nécessaires à l'entretien ^e la vie, les aliments doivent donc être pris avec
modération, sinon, ils se changent en agents plus ou moins destructeurs : en effet, si un régime surabondant àélervame la pléthore et de dangereuses congestions, un régime insuffisant produit bientôt une faiblesse générale, l'amaigrissement, la pâleur de la peau, enfin la pauvreté du sang avec toutes ses triste&= conséquences.
24. Quant aux hommes de cabinet, si sujets ^ l'inappétence, ils se trouveront bien de faire précé der leur repas d'une promenade en plein air : ca le défaut d'exercice musculaire paralyse l'appétit tandis qu'en général on mange d'autant plus, et l'o"» digère d'autant mieux qu'on agit davantage.
a5. Les adultes malades ou convalescents ne d^ vaut être considérés que comme de grands enfanta il faut, autant que possible, s'abslenir de mangera leur présence. Chez les convalescents surtout, ^ désir de prendre de certains aliments est souvent ^ désaccord avec les forces de l'estomac.
26. Le repas en commun, que nous défendoK^ aux convalescents, nous le conseillons aux individc— en santé : c'est que, réellement, l'homme seul à tab 13 mange moins, avec moins de plaisir, et il digère moit bien que dans les repas pris, soit en commun, sodans la famille, et surtout que dans les petits festit ^ présidés par l'amitié *.
^ Dans son excellente Hygiène de la Digestion, que nous avons dé citée, le docteur Gaubcrt appelle convivialité ce besoin inné qui porte 1 hommes à manger réunis ; c'est Tune des formes de la sociabilité, et ui preuve de plus en sa faveur.
Gomme complément des conseils précédents, voir les pages consaci au bon goût dans ses rapports avec les usages de la bonne compagnie à tal ( Théorie morale du Goût, p. 268-280).
DK LA DIGESTION. 157
Terminons ces conseils par une citation empruntée au meilleur de tous les livres après la Bible, à V Imitation, dont bien des littérateurs ignorent que nous possédons une bonne traduction en vers :
Le boire, le manger et nos autres besoins, Font sur l'esprit fervent peser d'étranges soins.
De ces soulagements donnés à la nature Faites, Seigneur, que j'use avec tant de mesure , Que mon amour jamais, par leur chaîne arrêté , Ne soit à les chercher trop vivement porté.
Les abandonner tous, nous ne le pouvons faire , II faut donner au corps le soutien nécessaire ; Mais créer à ce corps des besoins superflus Et les raffinements qui le flattent le plus, Votre loi nous en fait la défense formelle : Autrement, à l'esprit la chair serait rebelle.
Entre ces deux écueils, conduisez-moi, mon Dieu, Afin qu'instruit par vous je garde le milieu.
[}Jlmiiat%on, 1. m, c. 26, trad. de Victor Ëdan.)