CHAPITRE m
La respiration est ce temps merveilleux de la vv- TRiTiON, dans lequel le chyle, la lymphe et le sang veineux sont changés en sang artériel, liquide éminemment réparateur. Cette métamorphose digestive a lieu dans les poumons, sous l'influence de Tair atmosphérique, qui, revivifiant le sang, en fait instontanément une vraie chair coulante.
§ I. Appareil respiratoire, ou Anatonile de la fonetlon.
L'appareil de la respiration comprend des organes ^^térieurSy ce sont : les os, les cartilages et les muscles des parois de la poitrine; puis des organes '^teneurs, qui sont : la trachée- artère, les hronches, '^s poumons, et les plèvres ou membranes séreuses ÎUi les revêtent.
Le thorax ou poitrine représente une espèce de -^ge osseuse et cartilagineuse, destinée à abriter les ^t^anes principaux de la respiration et de la circu- ^tion. On le compare à un cône, aplati en avant -t en arrière, arrondi sur les côtés, et dont la base '^rait obliquement coupée de haut en bas et d'avant 'ta arrière, tandis que son sommet tronqué aurait ^îi obliquité en sens inverse.
Les OS qui concourent à former le thorax sont • en arrière, les douze vertèbres dorsales ; en avant, le sternum; puis, sur chacune des parties latérales, douze côteSy distinguées en sept vraies ou vertébrosternaleSy et en cinq fausses ou astemales, parce qu'elles ne s'arliculent pas comme les autres avec le sternum au moyen d'un prolongement cartilagineux. Les deux dernières fausses-côtes sont quelquefois appelées côtes flottantes, à raison de leur grande mobilité.
Une erreur grossière, vulgairement répandue, consiste à croire que l'homme n'a que onze côtes à. gauche, une de moiius que la femme.
Eu égard à leurs usages, les muscles thoraciques ont été classés en inspirateurs, tels sont les scalènesy les sous-claviers, \es grands dentelés ^ les pectoraux, les grands dorsaux, les dentelés -postérieurs - supérieurs, les intercostaux, etc., et en expirateurs : les petits dentelés postérieurs et inférieurs^ les triangu ^ laires du sternum, ainsi que les muscles du bassî^ qui viennent s'insérer au sternum et aux côtes, tel* que les muscles droits et obliques de l'abdomen, et^* Quant au diaphragme , le plus puissant moteur c^® la respiration , c'est un muscle impair, membre-' neux„ très-large, inégalement recourbé dans ses d^ vers points, et obliquement tendu à la partie iufés^ rieure du thorax, qu'il sépare à lui seul de la cavit-^ abdominale. Ses parties latérales, charnues, son courbées de manière que leur face supérieure offr^ une convexité , et leur face inférieure une conca-^*' vite; elles s'insèrent à la face interne des six der--^ nières côtes et à leurs cartilages, La partie moyenne,
W hk BfiSPlAATlON. i§9
cr^ntre phrénique ou aponé^rotique du diaphragme, n^essemble à un trèfle nacré, dont le pédicule serait remplacé par une échancrure. De chaque côté de ciBUe échancrure partent les deux jambes ou piliers du muscle, lesquels sont composés de faitceaux cl&amus et de quelques fibres tendineuses attachées aux premières vertèbres lombaires. Destiné à main* tenir Jes viscères thoraciques et abdominaux dans leur cavité respective, le diaphragme se trouve naturellement recouvert en haut par la plèvre et le péricarde; en bas, par le péritoine. Il présente des ouvertures pour le passage de la veine-cave inférieure, de l'artère aorte et du canal thoracique, de Tciesophage et des nerfs pneumogastriques, enfin, des cordons nerveux qui mettent les ganglions de la poitrine en communication avec ceu?c du bas-ventre. Chaque fois que ce muscle , qui forme une large cloison cintrée, vient à se contracter, ses fibres se redressent et déterminent son abaissement ; la poitrine est alors agrandie et l'abdomen diminué : il est donc éminemment inspirateur. Néanmoins, dans certains cas, diminuant la base de la poitrine, il change de rôle, et devient expirateur. On en verra plusieurs exemples à la physiologie de la respil'ation.
Du canal aérien. — La bouche ^ \es fosses nasales ^t le larynx forment sans doute le commepcement du canal qui conduit l'air dans les poumons ; mais, ^mme ils ont d'autres usages spéciaux, nous avons ^''u devpir en transporter ailleurs la description.
Trachée-artère. — Ce tuyau, conducteur de l'air, *^it suite au larynx ; il se termine au niveau de la
164 FONCTIONS NUTKITIVES.
troisième vertèbre dorsale, où sa bifurcation vient former les deux bronches. La trachée-artère est un conduit cylindroïde, composé de cerceaux cartilagineux, incomplets en arrière, superposés les uns aux autres, et retenus par une membrane fibreuse. Le prolongement de la membrane buccale, qui les tapisse intérieurement , présente un grand nombre de follicules muqueux, destinés à les humecter et à faciliter la souplesse de leur jeu.
Les bronches (de ^poyxoçy gosier) désignent aujourd'hui les deux tuyaux fibro -cartilagineux résultant de la bifurcation de la trachée-artère. S'écartant l'une de l'autre à angle presque droit, elles vont; s'enfoncer dans les poumons, où elles se subdivisent: d'abord en deux ou trois branches qui se bifurquent à leur tour, et dont les dernières ramifications finissent par communiquer avec les vésicules pulmonaires.
Poumons. — On nomme ainsi deux organes spongieux, vasculaires, de peu de densité, remplissant la cavité de la poitrine, dont ils suivent les mouvements, et destinés à modifier continuellement l'air et le sang qui les pénètrent.
Un médecin du iv^ siècle, Némésius, caractérisait parfaitement le tissu pulmonaire, en l'appelant une chair écumeuse,
La forme générale des poumons est celle d'u^* cône irrégulier, dont la base est tournée en bas, ^ le sommet en haut. Plus court, mais plus large, ^ poumon droit se trouve divisé en trois lobes inégaii^^ par deux scissures obliques; le poumon gauche r^ ^ que deux lobes et une seule scissure.
Ces organes sont séparés l'un de l'autre par une 1 oison membraneuse, appelée le médiastin ; cepen- 2int ils se trouvent réunis par les bronches, qui 'enfoncent dans leur tissu en s'y ramifiant à l'infini. ."*€tat spongieux et la légèreté de ce viscère tiennent la présence d'innombrables cellules aérifères, qui ommuniquentles unes avec les autres. Ces cellules, ites vésicules pulmonaires, recevant les extrémités les ramifications bronchiques, vasculaires et nerveuses, concourent à former un magnifique réseau, >rotégé de tous côtés par une enveloppe diaphane. Organes de la respiration, les poumons n'entrent en exercice qu'au moment de la naissance. Pendant les neuf mois de la vie intra-utérine, ils restent dans une complète inaction ; mais leur jeu, une fois com^ mencé, ne s'arrête plus qu'à la mort.
Plèvres. — Les plèvres ou pleures sont deux meùibranes séreuses, minces, transparentes, perspiïables, tapissant l'intérieur des parois thoraciques, d'où elles se réfléchissent sur chaque poumon. Chacune d'elles représente un sac sans ouverture, dont la face interne, en contact avec elle-même, exhale sans cesse de la sérosité, tandis que la face externe adhère aux côtes et aux poumons ; ce qui la fait distinguer en plèvre costale, et en plèvre pulmo^ ^ire.
De l'adossement des deux plèvres en avant et en arrière, sur la ligne médiane, résulte le médiastin^ cloison membraneuse divisant la poitrine en deux parties. Tune droite, l'autre gauche. Le médiastin, ^insi formé d'un double feuillet, s'étend de la colonne vertébrale à la face postérieure du sternum.
166 FONCnoîw NtrrttrnvEs.
L'espace triangulaire qu'il laisse près de cet os s'appelle le mèdiastin antérieur; il loge eti haut le thymus chez le fœtus, tandis qu'en bas il est rempli par du tissu cellulaire graisseuse communiquatit avec celui du bas-Ventre. La partie moyenne du médiastin est occupée par le cœur, le péricarde et l'origine des gros vaisseaux. Un autre intervalle triangulaire laissé près de la colonne vertébrale est retnpii par l'œsophage, la veine axygos, le canal thoracique, la fin de la trachée-artère et l'origine des bronches; il constitue le mèdiastin postérieur.
De rjir atmosphérique. — La description des instruments de la respiration doit être immédiatement suivie de quelques notions sUr l'air, l'aliment par excellence, l'aliment sans lequel la nutrition avorte et la vie s'éteint en quelques instants.
Entourant la terre d'une couche de plus de soixante kilomètres d'épaisseur, l'air constitue Xatmosphère qui nous environne. Cette sphère de vapeurs exerce continuellement sur tous les points de , notre corps une pression d'autant plus considérable que nous sommes à une moindre hauteur. Le barotnètre démontre en effet que la pression de l'air à la surface de la terre peut faire équilibre à une cfi" lonne de mercure de 76 centimètres, et que plus on gravit une montagne, plus cette pression diminue» les couches atmosphériques devenant moinâ denses et moins nombreuses. Le poids de l'air support^ par chaque homme a été évalué à plus de séisme mil^^ kilogrammes; ce qui ne saurait gêner en rien 1^ mouvements, les diverses parties du corps étant ret^ plies de fluides élastiques qui contre-balancent cet ^
DE Là ttBSPIBATlON. 16?
pression, exercée d'ailleurs dans des sens diamétralement opposés.
L*air atmosphérique est un fluide invisible en petites masses, inodore, insipide, pesant, compressible et éminemment élastique. Il se compose de 79 parties de gaz astote et de 2 1 d'oxygène. On y découvre en outre quelques atomes de gat acide carbonique^ ainsi que des quantités variables de vapeur d'eau et de fluide électrique. Une foule de matières qui se volatilisent à la stirface de la terre viennent encore compliquer sa composition, et cela, presque toujours aux dépens de l'acte respiratoire. Quant aux proportions d'azote et d'oxygène indiquées, elles sont essentielles : un excès d'oxygène, principe actif de l'air, consumerait bientôt la vie ; un excès d'azote, principe stupéfiant, ne tarderait pas à produire la suffocation.
§ n. PliyfiAologle de la rei|^lt>alloii.
Sous la double influence du nerf pneumogastrique et du grand sympathique, la respiration, ou digestion pulmonaire, s'effectue en deux temps fort courts, pendant lesquels s'opère, comme nous l'avons dit, la transmutation du chyle, de là lymphe et du sang veineux en sang artériel, si admirablement appelé par Bordeu une chair coulante. Dans le prêter temps, l'air entre dans le poumon, laboratoire ^vant qui s'approprie la partie réparatrice de ce fluide : c'est V inspiration ; dans le second temps, l'organe expulse le résidu aérien impropre à la nutrition ; ^*tit Vexpiration.
168 FONCTIONS NUTBITIVES,
Mécanisme de t inspiration. — Pour que Tair extérieur, introduit par la bouche, les fosses nasales, le larynx , la trachée-artère et les bronches, puisse pénétrer plus facilement dans les vésicules pulmonaires, il faut que la cavité de la poitrine s'agrandisse et que les poumons se dilatent par un mouvement d'ensemble. C'est précisément ce qui a lieu pendant le premier temps de la respiration. En effet, par l'action combinée des muscles inspirateurs, on voit les côtes s'abaisser en s'éloignant de l'axe du corps, et le sternum exécuter un petit mouvement de bascule qui porte son extrémité inférieure en avant et en haut. D'autre part, les portions charnues du diaphragme s'abaissent en se contractant, ce qui refoule en avant et en bas les viscères abdominaux. La poitrine se trouvant ainsi développée dans tous les sens, les poumons, contigus à ses parois, suivent graduellement cette dilatation; une colonne d'air se précipite alors dans le vide qui s'opère, s'échauffant et s'humectant dans les détours si bien ménagés de sou mobile canal.
Parvenu dans les vésicules pulmonaires par des tubes et sous des volumes excessivement déliés, l'air y séjourne quelques secondes, et, aussitôt, le sang noir ou veineux, avec lequel il se trouve en contact, apparaît converti en sang artériel , vermeil et écumeux. Que s'est-il passé dans ces courts instants? L'air et le sang veineux se sont mutuellement décomposés : à son entrée dans le poumon, l'air atmosphérique, sur loo parties, en contenait 79 d'azote, 20 à 21 d'oxygène avec quelques atomes de carbone; à sa sortie, il conserve bien les 79 parties d'azote, mais il
n'en a plus que i8 d'oxygène, et les trois parties qui ont disparu sont remplacées par une quantité équivalente d'acide carbonique, véritable gaz excré^ mentitiel de la respiration. C'est donc au mélange de l'oxygène avec le sang veineux qu'il faut attribuer ]a formation du sang artériel o\\ nutritif. Quant à la Tapeur aqueuse qui se trouve dans l'air expulsé, elle provient, ainsi que l'acide carbonique^ du sang qui traverse le poumon ; aussi, a-t-elle reçu le nom de transpiration pulmonaire : c'est l'humidité de notre haleine ternissant les corps froids sur lesquels on la dépose.
Les physiologistes attribuent cette métamorphose à l'exhalation des matières hétérogènes dont le sang s'est chargé dans le cours de la circulation, et à l'absorption de l'oxygène par les vaisseaux lymphatiques. Contrairement à cette hypothèse, qui compte en sa faveur Haller et Chaussier, l'opinion des chimistes est que le changement subi par le sang veineux est dû à la combustion instantanée de son carbone et de son hydrogène par l'oxygène contenu dans l'air inspiré : opération dont les poumons seraient en quelque sorje le laboratoire, et qu'ils regardent en même temps comme la cause productrice de. la chaleur animale.
Toutefois, le plus célèbre chimiste dont s'honore l'Angleterre, Davy, n'a pas craint d'avouer à Lordat et à Ânglada, << qu'après avoir employé deux années à rechercher la cause de la chaleur animale, il était arrivé à reconnaître que l'oxygénation du sang était une pure et gratuite hypothèse; que ce phénomène ne dépendait d'aucune loi physique ou chimique,
470 FONCTIONS mmUTlVES.
mais q!i*il démontrait l'intervention active de la t talité. 3» Ainsi, malgré les travaux les plus conseil^] deux, la cause productrice de la chaleur reste enco ignorée ; tout ce que peut faire la science, c^est d*a précier les causes diverses qui la modifient.
Mécanisme de l'expiration. — Aussitôt que lea mu clés inspirateurs, qui avaient dilaté la poitrine, cm sent d*agir, les muscles expirateurs se contractent leur tour. Alors les côtes s'abaissent, les espaces î tercostaux se rétrécissent, le diaphragme remonK puis, les parois thoraciques, comprimant de tout parts le poumon, aident ce viscère naturellemc élastique à se débarrasser de l'excédant de Pair co sommé et consumé pour l'entretien de la vie.
L'inspiration et l'expiration sont séparées par i intervalle équivalent à la durée de leurs deux temp C'est pendant le repos du soufflet pulmonaire que continuent l'élaboration et l'absorption de la petî quantité d'air échappée à l'action respiratoire, et r€ tée en réserve dans les milliers de lobules qui coc posent son tissu.
Le mode de respiration est-il tout à fait serablah dans les deux sexes ? Non. M. Serres a démontré qi l'homme respire surtout par les lobes inférieurs , < qui se voit au mouvement des nuiscles abdominau: La femme, au contraire, respire plutôt par les lob supérieurs^ ce que décèlent l'élévation et l'abaiss ment précipités de sa poitrine dans toute émotic violente. D'où le praticien, dans les fluxions de pc trine, pourrait tirer, en raison du siège de l'inflar mation, un pronostic bien différent pour chaci des sexes. Ainsi, dans tel cas où l'homme serait i
DE LA RBSPIHATIOll. 17l
danger de mort, là femme n'aurait presque pas besoin de médecins; dans tel autre où la femme devrait succomber, Thomme serait à peu près sûr de sa guérison.
Phénomènes dépendant de la respiration. — Nous ne ferons guère que définir certains phénomènes respiratoires, dont les uns se rattachent plutôt à l'inspiration, tels que le renifiement, le bâillement, le soupir, le /loquet; les autres à l'expiration, comme les cris, •a jpatvle, le sifflement, le soufflement, Véternument, la ioux, V expectoration ; tandis que d'autres résultent à la fois de ces deux temps : le ronflement et le rir-c, par exemple, puis le sanglot, sorte de soupir spasmodique et involontaire.
Heniflement. — Veut-on attirer dans les fosses nasales les molécules odorantes d'un corps, la bouche se ferme, et, les muscles inspirateurs se contractant, déterminent par le nez une inspiration vive, parfois saccadée et bruyante, appelée reniflement.
' — Le bâillement, ainsi nommé du latin balare^ bê^ ^^^y consiste dans une inspiration grande, forte, longue, involontaire, suivie d'une expiration bruyante ^t prolongée. Ce mouvement spasmodique, souvent accompagné d'un écartement démesuré des mâchoires et même de pandiculations, est pour l'ordinaire précédé d'une sensation de gêne dans la région d^ l'estomac ainsi que dans les muscles de la respiration et de la mastication. On pense que le bâillement ^st produit par un embarras dans la circulation pul* ^onaire, et on a cherché à expliquer son influence Contagieuse, parle souvenir intime du bien-être qu'il Pï*oduit en débarrassant la partie droite du cœur.
172 FONCTIONS NUTBITIVÇS.
lies causes qui le produisent le plus fréquemment:, sont : Tennui^ la fatigue, la faim, le besojn.de som--* meil, les sons monotones, enfin l'imitation, surtou-fc dans une réunion peu animée. Aussi, nonobstant 1^^ soulagement physique ou moral qui peut suivre 1^^ bâillement, la civilité, quand on se trouve en corn. — pagnie, exige-t-elle qu'on dissimule avec adress^^ cet acte physiologique , en général disgracieux ^=t malséant.
— Soupir, inspiration longue et lente , due a^ -A\ besoin de faire pénétrer dans la poitrine une granc masse d'air, pour rétablir l'équilibre entre la cir culation et la respiration. Si les soupirs qui ss produisent dans les maladies fébriles annoncenr" d'ordinaire une gène dangereuse dans les organe thoraciques, ceux qui ont lieu dans le cours habitu^^ -■ de la vie ne décèlent que Tinquiélude ou le chagrin -*^ ils ont pour but providentiel de soulager le trop pleiiv^ ^ du cœur.
Hoquet. — C'est le bruit instantané produit par 1^ ' contraction spasmodique du diaphragme et par X^^^ ^ resserrement simultané de la glotte, au moment où — ^ l'air s'y introduit. La cause la plus fréquente de ce phénomène est une grande distension de l'estomac,^ après un repas copieux ou pris avec trop de précipitation.
Signe très-dangereux dans les inflammations violentes de l'abdomen et dans la hernie étranglée, le hoquet est souvent le sinistre avant -coureur de l'agonie.
Sifflement. — L'action de siffler est due le plus ordinairement à l'expiration. Les lèvres, portées en avant.
étant froncées de manière a laisser entre elles une ouverture étroite, il n'y a plus qu'à pousser Tair, dont la vibration produit le sifflement. Veut-on siffler par inspiration, c*est-à-dire en attirant l'air à soi, on y parvient; mais on obtient un bruit moins net et moins intense.
— Le souffiement est encore un phénomène dû à l'expiration. Il diffère du sifflement en ce que les lèvres restant plus écartées, plus allongées en devant et plus molles, le passage de l'air ne saurait produire le même bruit. On peut à volonté souffler froid ou chaud ; dans ce dernier cas, le souffle prend le nom d ''haleine.
— Êtemument, mouvement convulsif des muscles
^:sipirateurs et des vésicules pulmonaires, par lequel
i^^iir chassé rapidement va heurter avec bruit les pa-
^CDis anfractueuses des fosses nasales, entraînant les
•>:iucosités qui tapissent la membrane pituitaire,
^^ompagnon du coryza ou catarrhe nasal, l'éternu-
^>^ent précède d'ordinaire l'éruption de la rougeole.
•1 est considéré comme un signe de bon augure
^ nand il survient au déclin des maladies aiguës : on
^^ it alors que le malade demande à sortir de l'hôpital.
-'^'habitude de àiv^ Dieu vous bénisse ou vous assiste
^^ une personne qui éternue doit son origine à une
^>:aaladie épidémique dans laquelle l'éternument pré-
^^geait une fin prochaine.
— Toux, suite d'expirations courtes et parfois sac-
^^^idées, dans lesquelles l'air produit un bruit parti-
^^tilier dû à l'occlusion momentanée ou au simple ré-
^ï'écissement de la glotte- L'air ainsi retardé s'échappe
^isiiite avec plus de rapidité, emportant au dehors
174 ; FONCTIONS NOTBIVÏVBS.
les mucosités amassées sur les divers poinU qu'il par
court. I^toux du croup et celle de la coqueluches^ diffèrent assez des toux ordinaires pour qu'une oreille-^^ exercée les reconnaisse aisément. Les douleurs dan< les flancs, qui surviennent après les iorts accès de^^ toux, dépendent de la secousse violente imprimée auB^ diaphragme et aux muscles expirateurs de Tabdo— * men. La- toux est constamment produite par Tirrita-^ tion directe ou sympathique de la membrane mu^ quause qui tapisse les voies aérienne^; son but e$p Texpulsion des corps inutiles à l'entretien de la vie» On la distingue en sèche et en humide, selon qu^elle est accompagnée ou non de crachats.
ExpectoratioriyexspuiHon et crachement — Le nonr à^ expectoration ne doit pas s'appliquer à la matière^ expectorée^ mais à l'action d'expulser de la poitrine {ex pectore) les matières qui y sont accumulées et qui gênent le jeu du soufflet pulmonaire. Vexspuitioi^ consiste uniquement à rejeter les matières amas— sées dans le pharynx et dans le larynx. Complément::: des deux actes précédents, le crachement est l'action^ par laquelle les joues, la langue et les lèvres coucou — rent à rejeter plus ou moins loin les produits de Tex-^ pectoration et de l'exspuition , avec lesquelles il n^faut pas le confondre.
Ronflement. — Ce phénomène et le suivaut sont produits par les deux temps de la respiration. Le ronflement consiste, en effet, dans le bruit rauque qui se fait entendre dans Tarrière-bouche et les fosses nasales du dormeur ou de l'apoplectique, pendant les mouvements d'inspiration et d'expiration,
— Le rire consiste dans un épanouissement des mus-
91 là aB^PUATiOfl. i7$
clés de la face et des lèvres, accompagné d'un roulemeot d'expiratious courtes, saccadées, incomplètes et plus ou moins bruyantes, succédant à une longue inspiration. Le rira estait excessif, les muscles du basventre deviennent douloureux à leur insertion ex-^ terne, ce qui oblige le rieur à se tenir hf côtes. Ce rire excessif se prolonge-t-il, la stase du sang veineux détermine la turgescence du cerveau, la coloration violacée de la face, avec menace d'apoplexie, d'où est venue l'expression rire à se pâmer. Dans les exemples très-rares de fous rires qui ont déterminé ta mort, elle était due soit à une apoplexie, soit à la rupture du cœur ou d'un gros vaisseau.
« Le rire de Tidiotisme n'a rieu de dangereux» dit je professeur Rostan. Celui qui survient dans les maladies aiguës du cerveau ou des méninges est fâcheux; il Test infiniment moins dans l'hystérie, l'hypochondrie, la manie. » >
Symptôme fréquent de l'inflammation du diaphragme et des maladies ataxiques, le rire sardonique est une sorte de contraction spasmodique des lèvres et des joues ; il a été ainsi ap|)elé parce qu'on l'ob* servait, disait-on, chez les individus qui mangeaient une espèce de renoncule commune ep Sardaigne.
Le rire qui n'est que l'épanouissement du cœur revêt deux caractères i l'un de joie bienveillante, l'autre de satisfaction maligne, moq^ueuse; et, il faut bien l'avouer, ce dernier caractère est le plus fré* quent.
Il y a des manières de rire si affectées ou si bruyantes qu'elles arrêtent la gaieté : le rire doit être franc et modéré, surtout en bonne compagnie.
176 rONCTIONS NUTIUTIVES.
Si le rire appartient seulement à Thoinme, les larmes apparliennent à tout être qui a souffert, même^ à Dieu : le Sauveur n*a jamais ri ; on Ta vu pleurer.
Quant au sourire^ tantôt il trahit une moquerie pleine de finesse, tantôt un dédain plus ou moins contenu par le savoir»vivre ; plus souvent encore, il annonce une douce satisfaction, une joie franche ou mélangée de tristesse ; il est surtout la touchante expression de la tendresse maternelle *.
On a observé que, depuis le xvi*' siècle, le rire de la franche gaieté s'était notablement ralenti en Europe. Il est certain qu'à dater des prédicateurs de Cromwell, \kjqjreuse Albion est devenue le séjour du spleen. En étendant sur ce pays un voile épais de tristesse, le puritanisme a réduit la plupart de ses poètes à pleurer, à gémir ou à blasphémer. De son côté, l'ancienne gaieté germanique, étouffée par les prédications sataniques de la réforme, n'a certes pas été ranimée par les aperçus nuageux de la philosophie allemande.
En Suisse, M. de Haller a pu constater que^ dans les cantons restés catholiques, les individus conservaient dans leur langage et sur leur figure une gaieté expansive qui avait disparu dans les cantons protestants.
Quant aux Français, bien qu'ils aient perdu beaucoup de leur native et folâtre gaieté, ils ne continuent pas moins de rire, de plaisanter de tout et sim ^ tout, même en face de l'ennemi.
* Fotr, à la fin da volume, la note D %urU rire et le sourire.
DE LA RESPIRATION. iT7
§ m. Hygiène de la respiration {Circumfusa).
De tous les aliments, Tair étant sans contredit le |d1us indispensable, quels soins ne devons-nous pas anettre à le coi>server ou à le choisir de bonne qualité ! Pour cela, nous Tétudierons sous le triple rapport de sa pureté, de sa température et de sa pesanteur.
Pureté de Vair. — Nous avons vu précédemmeitt cjuelle était la composition de l'air : Toxygène en constitue le principe vital, Tazote le principe mitigéant. Par une admirable prévoyance, ces deux gaz, ^e nature si différente, ne sont pas combinés chimi- <{uement dans l'atmosphère , Dieu les y a déposés à vn simple état de mélange, qui leur permet de se séparer chaque fois que l'acte respiratoire le dexnande.
Maintenant, voulons-nous conserver à l'air sa pureté , toutes ses propriétés réparatrices , un moyen fort simple s'offre à notre disposition : c'est de le renouveler souvent. Cette précaution hygiénique n'est pas seulement chose utile, mais chose indispensable, la respiration des animaux, la combustion des différents corps de la nature, ainsi que leur décomposition tendant sans cesse à changer l'air vivifiant en un mélange plus ou moins délétère.
A chacune de nos respirations , l'air atmosphérique cède une portion de son oxygène, et reçoit eu retour une certaine quantité de gaz acide carbonique. Que doit-il arriver si cet échange a lieu longtemps
178 FONGTlOfiS KUTRITIYES.
dans une pièce fermée et remplie de monde? L'hématose, la sanguification, deviendra de plus en plus difficile; puis des phénomènes d'asphyxie seront produits par la diminution progressive de l'air vital et par l'augmentation conlinue du gaz excrémentitiel. I^ renouvellement de l'air est donc de première nécessité, surtout dans les établissements où un g^and nombre d'individus se trouvent réunis. Mous ajouterons ici que la pureté de l'air, jointe à la sérénité du ciel, ne saurait manquer de contribuer à la sérénité de l'âme.
Les végétaux en fleurs, altérant l'air de la même manière que les animaux, on s'abstiendra de Jes laisser séjourner dans les appartements, surtout pendant la nuit : un jeime homme de dix-huit ans, en se couchant dans un cabinet fermée eut la malheureuse pensée d'effeuiller sur son lit un gros bouquet de roses ; on le trouva mort le lendemain matin : l'asphyxie avait eu lieu dans la nuit.
Les corps en combustion vicient également l'air, en absorbant son oxygène et en donnant naissance à des produits plus ou moins malfaisants. De toutes ces combustions opérées sans renouvellement d'air, la plus fréquemment mortelle est, sans contredit, celle du charbon et de la braise * .
L'acide carbonique, qui se dégage en abondance pendant la fermentation du vin^ du cidre et de la bière , expose les vignerons et les brasseurs à une
^ De 1836 à 18S0, la moyenne annuelle des inâhridns asphyxiés par Uf«u ou brûlés par accident est de 337, pour la France seulement.
Voir, à la fin du volume , la note E , sur les premiers secours à donner aux irtdinidus asphyxiés.
DB LA BBSPIUATION. i79
^isphyxie sourent mortelle en moins de trois minutes, lies onyrierd occupés dans les cavités souterraines , les fours à chaux et les fosses d'aisances , peuvent cîourir le même danger : ils ne sauraient donc s'en- "tourer de trop de précautions. On sait quelles fré- <]uentes et effroyables détonations abrégeaient la vie ^es mineurs avant Theureuse invention de la lampe c3e sûreté, due au grand chimiste anglais Davy.
Nous devons encore mentionner ici les miasmes ou émanations malfaisantes qui s'échappent parfois €5<» corps organiques , mais dont la nature intime iinous est inconnue. Les miasmes végétaux s'exhalent ^es eaux stagnantes, principalement de celles dont le limon est imprégné d'un abondant détritus de plantes. Ces émanations marécageuses produisent ^3haque année un grand nombre de fièvres intermititentes simples ou pernicieuses % suivant la tempérallure et d'autres circonstances atmosphériques, dont ^'analyse chimique ne saurait rendre compte. Les dessèchements opérés sur une grande échelle seraient 3e seul moyen efficace pour empêcher le retour de ces fièvres qui étiolent les habitants de plusieurs de nos départements. Les miasmes animaux sont d'autant plus dangereux, que les individus dont ils proviennent se trouvent réunis en plus grand nombre,
* Chose digne d'observation : les eaux stagnantes, qui produisent si souvent la fièvre intermittente ehei l'homme, coïncident presque toujours avec des épiiooties dont la marche est continue. Ce qui ferait penser que la périodicité des accès fébriles exige un certain développement des facultés Intellectuelles, c'est que la fièvre intermittente ne s'observe que très-rarement dras It première enfance et chez les nègres, plus rarement encore chez les ' Idiots, et presque jamais chez la brute. {Voir Xtxuàe sur la Périodicité, par le docteur Théodore Perrin; Lyon, 1851.)
et que les constitutions sont plus altérées par la misère, la malpropreté ainsi que parles affections morales tristes. Quant aux émanations cadavériques, elles donnent souvent lieu à des affections promptemeut mortelles; aussi doit-on éviter, autant que possible, [e voisinage des lieux d'où elles se dégagent.
En ce qui concerne les individus exposés à l'action des vapeurs minérales plus ou moins malfaisantes , ils s'efforceront de contre-balancer les effets de cette absorption, par de grands soins de propreté, une alimentation saine et tonique, et par les précautions réclamées pour chaque profession.
Pesanteur de l'air. — La pression atmosphérique ne laisse pas d'exercer un grande influence sur la fonction qui nous occupe. Le baromètre se soutient-il au beau fixe, à 28 pouces, maximum de la pesanteur de Pair, la respiration s'exécute avec une facilité qui rend le corps plus agile, la pensée plus active, l'âme plus gaie. La colonne de mercure vientelle à baisser beaucoup et subitement, la gène de la respiration ne tarde pas à faire éprouver un malaise général porté quelquefois jusqu'à l'anxiété. C'est surtout en été, par le vent du midi et à l'approche des orages, que le défaut de pesanteur de l'air laisse affluer à la périphérie du corps une exubérance de fluides qui , distendant par trop les vaisseaux , les muscles et la peau , jettent à la fois les membres dans le relâchement, et l'esprit dans la nonchalance*.
^ C'est à tort que, dans ces circonstances, nous accusons le temps d*élre lourd : c'est nous seuls qui devenons lourds, parce que ia pression atmosphérique se trouve trop légère.
DE LA BESPIRATION. iSt
Plus raréfié, et, conséquemment , moins lourd sur les montagnes que dans les plaines, Tair, plus sec et dIus froid, y active la respiration d'une manière notable : aussi les individus prédisposés aux maladies ^e poitrine et aux congestions cérébrales doivent-ils ;e garder d'habiter les lieux très-élevés, si favoraf>les tux constitutions lymphatiques et languissantes.
Au sommet des plus hautes montagnes, Tanhélaion ou essoufflement, ainsi ([ne la lassitude des v^oyageurs, ne tarde pas à être portée à un tel point, que le péril le plus imminent ne leur ferait pas faire quelques pas de plus sans s'être reposés. Dans une Note intéressante sur ces sortes d'ascensions, le docteur Brachet a démontré : i® que l'anhélation produite par le mouvement sur les montagnes élevées dépend du sang plus noir qui arrive aux poumons, et qui ne trouve pas, dans l'air raréfié qui y pénètre, une quantité d'oxygène suffisante pour se revivifier promptement ; 2" que la lassitude dépend de ce que le sang , ainsi bien moins hématose , ne porte plus aux muscles l'incitation normale dont ils ont besoin pour se contracter.
Température de F air. — Personne n'ignore que le froid et la chaleur sont promptement mortels dès qu'ils se trouvent portés à un degré excessif. Dans nos climats, l'air tempéré du printemps et de l'automne est celui qui maintient le mieux l'équilibre de la respiration : au thermomètre centigrade, il fait osciller la colonne de mercure entre 10 et 20 degrés au-dessus de zéro.
Le froid de l'hiver est fatal aux deux extrémités àe la vie, tandis que, favorisant la respiration de
l'adulte, il augmente son activité digestive, et, par suite, sa puissance musculaire. Plus dilaté, plus raréfié, Tair chaud de Tété contient par cela même moins de principes vivifiants; aussi, les poumons fonctionnent-ils alors avec plus de vitesse, comme pour regagner, par la fréquence des respirations, ce qui manque à la qualité assimilatrice de l'air absorbé.
Si le climat des pays méridionaux est peu favorable aux constitutions nerveuses et bilieuses, il est très-avantageux aux individus lymphatiques : il contribue puissamment à la guérison de certaines affections scrofuleuses, et peut retarder les progrès de la phthisie pulmonaire.
£n parlant de l'air atmosphérique, nous ne saurions passer sous silence les habitations destinées à nous abriter contre %e& intempéries. Lorsqu'on choisit une demeure, la première précaution à prendre est de l'établir loin de tous les lieux susceptibles de répandre l'infection, tels que les marécages, les égouts, les voiries, les abattoirs, les hôpitaux, les amphithéâtres d'anatomie, En second lieu, pour éviter l'humidité , cause d'un si grand nombre de maladies dans les villes aussi bien que dans les vil^ lages, on préférera une maison bâtie sur cave, depuis quelques années, et dont les fenêtres, en nombre convenable, sont exposées au midi.
Pourquoi, dans les grandes cités, la population aisée a-t-elle une tendance constante à se porter vers Xouesty abandonnant le côté opposé aux diverses industries? Cela tient à ce que, de tous les vents, celui qui fait le plus monter la colonne baromé-
DE LA lUSSHBATIQN. 185
trique étant le vent à'estj et celui qui l'abaisse le plus étant le vent d'ouest^ ce dernier, quand il souffle, a Tinconvéuient d'entraîner avec lui, sur les quartiers situés à Vestf tous les gaz délétères qu'il a rencontrés dans son parcours. Aussi, dans d'utiles Considéra-' lions sur la Salt/briêé des différents quartiers d'une ville y M. Junot conclut«il :
i" Que les f)ersonnes qui onr la liberté du choix, surtout celles d'une santé délicate, doivent habiter à Vouest des villes ;
2* Par la même raison, on doit concentrer à Vest tous les établissements d'où se dégagent des vapeurs ^ou des gaz nuisibles ;
3" En élevant une habitation en ville et même à Ja campagne, on doit encore reléguer à Vest la cuisine et tontes les dépendances, d'où peuvent se répandre, dans les appartements, des émanations nui* bibles ou simplement désagréables.
Nous ne terminerons pas ce qui a rapport aux habitations sans recommander d'y faire régner l'ordre et la propreté. Cette dernière surtout, si utile dans les temps ordinaires , devient d'une nécessité indispensable aux époques d'épidémie *. « Pour prévenir les funestes ravageas que produit le choléra , il faut recommander dans tous les villages de renoncer à ce système d'incurie et de malpropreté qu'on a de tout temps reproché aux campagnards. Dans l'intérêt général de la salubrité, pour eux comme pour
* Voir, à la fin du volume, note F, Tlnstruction du Conseil d'hygiène du département de la Seine, concernant les moyens d'assurer la salubrité dês habltatioDS.
iêh FOWCTIOIfS ffteTMTItfeS.
leurs bestiaux , il faut nettoyer plus souvent lés étables, en laver le pavé et les ttiangeoires , If s aérer plus qu'on ne le fait ordinairement, éiugnientèr les litières j retrousser et dresser les fiiniiëfs, faire écouler les eaux stagnantes, dessécher tes dt^aques, assaitiir tous les foyers d'infection, etitreteîiir avec soin les mares et les fontaines publiques.
* Il faut, à plus forte raison, tenir propre rintérieur des habitations , régler sa vie, renoncer à Testées du vin et des liqueurs spiritueuses dans les occasions oti Ton a ht mauvaise .habitude de s'y laisser ^ntt'aîner; éviter de se jeter impt^udem ment sur de mauvais fruits, souvent même avaiit leuf matuHté ) observer les moindres symptômes de déraiigement dans les fonctions de la vie ; appeler à temps les médecins^ dont on ne peut trop louer le zèle; et, làj où Ton est assez heureux pour avoir des Sœurs de charité, invoquer le secours de ces femmes admirables, qui toujours et partout justifient si bien le nom qu'elles portent : nom sacré qui ^ devant Dieu ^ comme aux yeux des hommes^ renferme tout tut éloge et devient le plus beau titre à ia reconnaissance publique.
« Il faut surtout relever le -moral des campagnei^. On a vu quelques habitants (en petit nombre , il est vrai) quitter letir domicile, délaisser leurs moissons^ oser à peine toucher à leurs malades, et s'éloigner de leur pays natal pour aller camper au loin et porter avec eux la terreur d'un mal qui , cependant , il faut le dire, atteint plus sûrement encore ceux qui s'anéantissent devant lui que ceux qui ont l'énergie de le combattre. » {Discours de M. Dupin pout
DE LA BESmtAtlON. 185
te Comice agfieole de Vurrondissetnent de Clamecy, en 1854.)
Au point de vite hygiénique, le séjour à ta dini- ^gne est bien préférable à celui des grandes cités, où la hauteur de^ maisoni^j rétroitesse relative des rues, et la petite^e des âppàrtetii^nts sont des causes incessantes d'étidlement pour les populations qui s'y entassent. Le voisinage d'une forêt est un lieu d'é* lection , à cause du dégagement d'oxygène qui y a lieUj et parce que les massifs viennent former un rideau sanitaire qui met à l'abri des grands vents et des émanations malfaisantes, apportées aussi par ces invisibles balais de l'atmosphère \ Certes, si les gens instruits voulaient bien se rappeler que l'on respire, terme moyen , \ 5 fois par minute, Ce qui forme un lotalde 11,600 respirations dans une seule journée^ ils Comprendraient toute l'importance qu'attache le médecin à la salubrité de l'air, et pouixjuoi il envoie beaucoup d'enfants et d'adultes convalescents respirer l'air pur des champs , de préférence à l'atmosphère plus ou moins viciée des grandes villes.
La vie des champs , si favorable au développement du corps et à la durée de l'existence, lie l'est pas moins au calme de l'âme ou au traitement des passions.
Les Comptes généraux de ta justice attestent que les habitants des campagnes commettent , porpt)r-
' On sait que l'emploi ordinaire des vents est de tempérer la chaleur exté- Tieiire et de purifier Fàtmosphète, en balayant au Ibin left miasmes qui le corrompent. D'après les données de la science, la vitesse du vent, qui est de 20 à 25 mètres par seconde dans une tempête ordinaire^est de 30 à 35 mètres dans lies violents outagans.
186 FONCTIONS NUTRlTrVfiS.
tionueltemçnt^ moins de crimes d&toute nature que les habitants des villes. Toutefois, on ne parviendra à préciser la criminalité relative des uns et des autres que quand le recensement quinquennal les aura. divisés en population rurale et en population uf^ bairke, pendant un certain nombre d^années. .
En attendant, honneur aux gouvernements qui ne négligeront rien pour arrêter la fatale corruption qu'on a laissée se répandre jusque dans les faanieaux: les plus reculés. Dans les grandes villes^ daqs. \^ capitale surtout, dit M. l'abbé Methivier, « la corruption, si profonde qu'elle soit, peut être comparée à ces maux de tête périodiques et inévitables qui accablent et ne tuent pa&. Dans les campagnes, \sl corruption, c'est la plaie purulente enyahissant \sl poitrine ; c'est le cancer s'attacbant à l'estomac et^ dévorant" ce précieux orgaue de la nutrition et de lat vie. » {Foir dans les Études rurales ^ i854, in-12^ )^ défense des intérêts matériels, moraux et religieui^ des campagnes.)
Du chauffage artificiel. — Pendant un bon iier^ de l'année, les habitations ne suffisant plus poui:^ nous garantir du froid, force a été de recourir au^^ poêles, aux cheminées, aux calorifères, voire aiBchauffage à la vapeur d'eau et au gaz d'éclairage.
Sans doute les /?oefe^ répandent beaucoup de cha-^ leur; mais, comme ils ne renouvellent pas l'air^ qu'ils le dessèchent trop, et qu'ils échauffent beaucoup plus les parties moyennes et élevées que les parties basses de la pièce où ils se trouvent, ils produisent «cuvent des vertiges, de la somnolence, de la sécheresse dans les voies respiratoires et même des
OB lA ISBFDUlLTIOlf» tST
suffocations portées jusqu'il l'asphyxie. Ils ont eu outre le grave inconvénient de prédispoftçr aux affec* tions catarrhales, en rendant par trop impressionnable à Tair extérieur.
Placés en dehors et au-dessous des pièces qu'ils doivent chauffer, les calorifères méritent leur nom, par une distribution savante et plus égale du calorique. L'appareil de chauffage et de ventilation conseillé par M. Péclet semble réunir tous les avantages désirables dans les collèges.
Quant aux cheminées, quoique les mieux construites ne chauffent ni autant, ni d'une manière aussi égale, elles auront toujours pour elles le précieux avantage de renouveler continuellement l'air ; sans oublier de dire qu'avec sa gaieté expansive, la chaleur du foyer nous acoquine moins, et nous rangote davantage.
En terminant ce qui est relatif à l'hygiène de la respiration , nous signalerons l'avantage , trop méconnu, que nous offre la double ouverture de la bouche et du nez, et le parti qu'on en peut tirer dans l'inflammation légère de l'un de ces conduits aériens. Sommes-nous affectés d'un commencement d'angine et forcés de vaquer au dehors à nos occupations, prenons la précaution de serrer les lèvres et de ne respirer que par les fosses nasales. Est-ce Un coryza qui provoque une succession fatigante d'éternuments, bouchons l'entrée des narines avec Xin peu de coton, en évitant d'avoir le front découvert ; ou, plus simplement encore, pinçons-nous les ïiarines pendant deux ou trois minutes, et ne respii7ons que par la bouche. Cette pratique, indiquée par
le bon sens, produira |)resqiiç toujours un heureux résultat, parce que, à défaut du repos absolu de l'organe malade, on lui aura apporté un air attiédi dans son parcours, et dont l'action est, par cela même, devenue moins irritante.