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sa pesanteur spécifique est de 1,049; '' ^ coagule avec la plus grande facilité.
Plus lentement coagulable , le sang v^eineux est d*un rouge brun et d'une odeur faible ; sa température ne s'élève qu'à 36 ou 38, tandis qti'il pèse i ,o5i . Tiré des vaisseaux, pendant la vie, et abandonné à lui-même, le sang se prend en une niasse de consistance gélatineuse, puis il se sépare peu à peu en deux parties : l'une, liquide, jaunâtre et transparente, c'est le sérum; l'autre, plus ou moins consistante, tout à fait opaque, et d'une couleur rouge, c'est le coagulum ou caillot, La portion séreuse est formée d'eau tenant en dissolution de l'albumine avec des sels de différente nature, et, en suspension, un nombre infini de globules, corpuscules lenticulaires^ composés eux-mêmes d'une enveloppe rouge à laquelle on a donné le nom tïhématosine et d'une matière qui semble fibro albumineuse.
Le caillot est constitué par de la fibrine, des gloi>ules et une certaine quantité de sérum.
D'après les recherches de MM. Andral et Gavaret, t ,000 parties de sang donnent à l'analyse : fibrine^ 3 parties; globules, 127; matériaux solides du sé*t^una, 80; eau, 790.
La proportion d'eau est généralement plus forte Cihez la femme que chez l'homme, et chez les individus lymphatiques que chez les sanguins; c'est le Contraire pour les globules. On appelle sang pauvre ^elui dans lequel le sérum domine d'une manière anormale, et sang riche celui qui offre relativement t>eaucoup de globules, un fort caillot.
A rencontre des Hébreux, qui plaçaient l'âme
dans le sang, les physiologistes modernes la mettraient plutôt dans le système nerveux, si toutefois l'âme peut avoir un domicile de prédilection !
De la transfusion. — Agent spécial de la nutrition, le sang ne se borne pas à réparer les pertes que stibissent les organes, il leur communique encore une excitation sans laquelle la vie ne saurait s'y maintenir. Ainsi, qu'on abandonne à lui-même un individu complètement épuisé par une violente hémorrhagie, il ne tarde pas à succomber. Si , au contraire^ on s*empresse d'injecter du sang humain dans ses veines, on verra quelquefois ce corps exsangue, cette ^pèce de cadavre, reprendre une teinte de vie, se ranimer, respirer librement, puis se mouvoir avec facilité, et bientôt exécuter toutes ses fonctions comme dans l'état normal.
Pour que cette opération délicate, désignée sous le nom de transfusion^ soit couronnée de succès, il faut que l'injection ait lieu avec le sang d'un animal sain et robuste, de même espèce que celui sur lequel on opère ; il faut surtout bien éviter l'introduction de l'air dans les veines. En arrivant dans les cavités du cœur, ce gaz atmosphérique s'y dilaterait, et mettrait à leur resserrement un obstacle mécanique qui ferait totalement cesser la circulation.
Quelques physiologistes pensent qu'à la suite d'une grande perte de sang, la circulation trouve dans l'absorption capillaire un réservoir providentiel, venant à son aide, sans attendre une digestion tardive qui laisserait succomber l'individu exsangue, avant de lui apporter les matériaux réparateurs dont il a besoin. Aussi, à leurs yeux, la transfusion étant
pour le moins inutile » ils la rejettent comme une opéralion dont les succès ne justifient pas la témérité, et que les revers condamnent.
§ II. Physiologie de la circuliilioii.
Où commence le cercle circulatoire, et où finit-il?
On l'ignore. Toutefois, pour jeter quelque clarté sur
I étude du cours du sang , on est convenu de le faire
commencer à l'endroit où ont lieu les plus grands
efforts d'impulsion. Ainsi, bien que ce soit dans les
poumons que le chyle est définitivement converti
en liquide nutritif, ce n'est pas de cet organe que
i'on part pour suivre le sang dans son trajet, mais
du cœur, dont les contractions, faisant Teffet de
roups de piston, le lancent avec régularité dans tous
nos organes.
Mécanisme de la fonction. — Ramené des différents points du corps par le système veineux, le sang âst versé par les veines caves supérieure et inférieure dans V oreillette droite du cœur. Dès que les mou- V'ements oscillatoires des colonnes charnues ont suffisamment agité ce fluide coagulable , la cavité se contracte sur lui, et le pousse dans le ventricule rlroit. Stimulé par la présence du sang , ce ventricule 5^e contracte à son tour, et le chasse dans V artère ^)ulmonaire, qui le distribue noirâtre dans les vais'^ .seaux capillaires du poumon. Après avoir traversé l'organe de la respiration, et s'y être revivifié au contact de l'oxygène de l'air, le sang revient au cœur par les veines pulmonaires, qui, par privilège, le ver-
202 FONCTIO^ïS NUTRITIVES.
seul cl' un ivuge rutilant dans Voreillelte gauche. Celle-ci, irritée et dilatée aussi par Tabord du liquide, le pousse dans le ventricule gauche y dont l'énergique contraction le lance dans Vartère aorte, et, |)ar ce canal, dans les diverses branches chargées de le distribuer à toutes les parties du corps. Là, ainsi que nous l'avons dit en commençant, le sang est repris par les radicules veineuses, et ramené impur, par les deux veines caves, dans l'oreillette droite, pour en partir de nouveau.
Dans ce trajet, qui se renouvelle, en moyenne, 70 fois par minute, c'est-à-dire 36,8i6,36o fois dans une vie de cinquante années, le sang décrit évidem* ment un double cercle ; aussi a-t-on appelé petite circulatioriy le cercle étroit qu'il parcourt dans les poumons, et grande circulation, sa course dans tout le corps. Quant à la circulation dite capillaire, c'est celle qui a lieu dans les petits vaisseaux de ce nom, servant d'intermédiaires entre les radicules artérielles et les radicules veineuses.
Admirons maintenant quelques-uns des merveilleux moyens pris par le suprême Ingénieur dans la construction de cette machine circulatoire. Et d'abord , outre la magnificence de leur distributioD, combien les vaisseaux qui chassent le sang ne sont* ils pas remarquables par le ix)li de leur paroi interne! C'est ce poli, qui, eh diminuant le frottement, conspire avec l'impulsion du cœur et les autres mouvements musculaires pour favoriser le cours du liquide. Mais , ce qui constitue la suprématie de nos canaux vivants sur tous les tuyaux dus à la science de la mécanique , c'est la double élasticité dans le
DB LA GlRCULATIOll. 203
sens de leur longueur comme dans celui de leur lai^ geur, avec ce caractère distinctif que les artères, moins extensibles que les veines, reviennent bien plus vivement sur elles-mêmes.
N'oublions pas non plus le rôle important que jouent les valvules tricuspides, sigmoïdes et mitraies, dont le redressement s'oppose avec tant de précision au retour du sang dans chacune des cavités qui viennent de s'en débarrasser en se contractant.
Le scalpel a-t-il ouvert l'un des ventricules du cœur , de quelle admiration n'est-on pas saisi à la vue des milliers de colonnes charnues, dont l'entrecroisement en tous sens compose ses parois ! Ce sont elles qui , lors de la dilatation de Torgane, forment les cloisons d'une multitude de cellules communi*. quant entre elles , et que le sang vient remplir en s'y subdivisant en globules imperceptibles. Puis, quand à la dilatation du cœur succède le resserrement de ses parois , c'est encore par ces colonnes que le fluide sanguin, ainsi tamisé, est soumis dans ses moindres particules à une agitation rapide qui prévient et sa coagulation et la précipitation de ses matériaux solides.
Il n*est pas jusqu'au mouvement et au bruit circulatoires qui n'aient été calculés pour notre plus grand avantage. Quel système admirable dans les contractions des quatre cavités du cœur! Les deux oreillettes se contractent et se dilatent ensemble; il en est de même pour les deux ventricules. Ainsi, en même temps que l'oreillette droite se dilate pour recevoir le sang noirâtre que lui apportent les veines caves, l'oreillette gauche est dilatée par le sang renvifié
que hii versent les artères pulmonaires ^ et toutes deux poussent simultanément le sang qu'elles contiennent dans le ventricule correspondant. Même accord de la part des ventricules : pendant que le droit envoie le sang veineux aux poumons, le gauche lance dans l'aorte le sang nutritif que cette grande artère doit porter à tous nos organes par ses innombrables subdivisions.
De ces mouvements réguliei*s du cœur, résultent^ des battements et des bruits marqués par troi*^ temps.
Premier temps ou systole : bruit sourd et profondes plus sensible à gauche qu'à droite, et coïncidant avecr: la contraction des ventricules. C'est en ce momenP' que le cœur, raccourci, se déplace, et va frapper dF=3 sa pointe la poitrine, entre la sixième et la septième cote.
Deuxième temps ou diastole : bruit plus clair^ plus superficiel, provenant de la dilatation des ven — tricules et de la contraction des oreillettes.
Troisième temps : silence, ou temps de repos, pen^ dant lequel ni la main ni l'oreille appliquées ne^ perçoivent rien.
On ne saurait comprendre l'énorme force dont laJ Providence a dû disposer pour l'accomplissement de^ cette fonction, si l'on ne se représentait la grandeur* du cercle que le sang est destiné à parcourir. C'est, du reste, à la forte impulsion donnée au sang par le ^ ventricule gauche , et communiquée par l'aoïte à toutes les artères , qu'il faut rapporter \epoub ^ cette pulsation artérielle traduisant l'état du cœur.
Certes, quand on a considéré le réseau vasculaîre