B LA NUTRITION
les plus ingénieuses ont en efTet été imaginées potir en donner une explication complète ; mais, après un règne plus ou moins long, elles se sont vues renversées par de nouvelles hypothèses qui, elles-mêmes, ont fini par éprouver un sort semblable *. Les efforts de la science ii'oht guère été plus heureux quand elle a voulu rendre compte d'un phénomène lié à la nutrition, en vertu duquel le corps se maintient dans la tenjpérâtdre qui lui est propre. Saîis doute, les physiologistes nous démontrent le dégagement de calorique, et^ par suite^ l'élévation de la température de notre corps, dus à la combinaison t^himique qui s'opère à chaque respiration entre le carbone du sang et l'oxygène de Tair; mais cela satisfâit-il parfaitement l'esprit? Et, d'ailleurs, qui nous expliquera le changement survenu dans la couleur du sang, dans son odeur, dans sa plasticité ou puissance formatrice, ainsi que dans son influence vivifiante sur le système nerveux, et, par lui, sur l'activité de la pensée ? Devant de semblables merveilles, nous commencerons par baisser humblement la tête ; puis, la
^ Ecoutons Faveu d'un savant physiologiste : « 11 y a dans la transformation des aliments un travail intime que les physiologistes chimistes n'ont jamais pu expliquer. On a tenté beaucoup pour avoir le secret de cette métamorphose. On a cherché surtout à prendre en quelque sorte la Nature sur le fait, en profitant des cas rares dans lesquels Testomac communique avec l'extérieur de Tabdomen, au moyen d'une ouverture fistuleuse. MM. Richerand, Lallemant, Bourdon, etc., ont eu l'occasion d'observer des cas pareils et de faire de nombreuses recherches. Chose singulière ! avec la digestion pour ainsi dire sous les yeux, ils n'ont pu constater que les changements progressifs des aliments. Le mode et l'essence de ces changements leur sont restés cachés, tellement la Nature est avare de ses communications dans les mystères qu'elle veut nous voiler. » (Brachet, Physiologie élémentaire, 2« édition, Paris, 1855, 2 vol. in-8.)
relevant bientôt vers le ciel , nous nous écrierons avec le philosophe de Ferney, ici plein de verve et de raison :
Demandez à Silva * par quel secret mystère Ce pain, cet aliment dans mon corps digéré, Se transforme en un lait doucement préparé ; Comment, toujours filtré dans ses routes certaines, En longs ruisseaux de pourpre il court enfler mes veines, A mon corps languissant rend un pouvoir nouveau , Fait palpiter mon cœur et penser mon cerveau , Il lève au ciel les yeux , il s'incline , il s'écrie : Demandez à ce Dieu qui nous donna la vie !
Médeein de Louis XV.