‹ Les merveilles du corps humain; précis méthodique d'anatomie, de physiologie et d'hygiène dans leurs rapports avec la morale et la religionChapitre 32 sur 70 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DE LA NUTRITION 'J.GONSIDËRÉE COMME COMPLIilMENT ET GOMME BUT DES FONCTIONS DIGESTIVES.

Voilà donc le grand acte de la nutrition accompli par le concours des cinq belles scènes physiologiques dont nous venons d'admirer le jeu : la Diges^ tioriy VAhsorptioriy \diRespirationy \2l Circulation et les Sécrétions. Aussi, commençons-nous à voir le but et le mécanisme des fonctions nutritives, depuis la digestion, qui prépare le chyle, jusqu'aux sécrétions, qui extraient du sang réparateur les matériaux encore propres à servir, et qui en rejettent les résidus inutiles ou nuisibles. Mais ici s'éteint le flambeau de la physiologie ; rien ne peut plus nous éclairer sur l'action moléculaire qui se passe dans la profondeur des organes, en incorporant le fluide nourricier à leur structure pour en renouveler les parties vieillies ou usées qui auraient fait indéfiniment accroître le corps. Toutefois, que doit-il résulter des deux mou-

^ « La nutrition, envisagée d'une manière générale, consiste dans la série des transformations successives qu'éprouvent lés substances nutritives, depuis le moment de leur entrée dans l'organisme jusqu'à celui de leur sortie.

« Le sang est le milieu de tous les phénomènes de nutrition : c'est lui qui fournit les matériaux de réparation que la digestion renouvelle sans cesse ; c'est lui qui reçoit les matériaux usés par le mouvement de la vie, pour les conduire vers les glandes, organes d'expulsion. >> (J. Béclard, Traité élémentaire de Physiologie.)

vemeiits opposés à^ assimilation et de désassimilation, d'absorption et d'exhalation nutritives, dans lesquels se résume tout le travail des cinq fonctions coopératrices que nous venons d'étudier ? C'est que ce travail renouvelant sans cesse nos organes, la totalité de notre corps se trouvera nécessairement changée après un temps plus ou moins long. t)es savants ont fixé cette rénovation matérielle à trois ans ; d'autres l'ont portée à une période de sept années ; mais il est probable que l'époque en doit varier pour chaque organe, en raison de sa vitalité particulière^ comme, pour l'ensemble de l'organisme^ sdoii l'âge^ le sexe, la constitution^ enfin selon l'atmosphère physique et morale dans laquelle il se troute. Du t-este, l'accroissement de la taille chez l'enfant, Tadolescent et le jeurie homme ; l'embonpoint du corps chez les adultes ; la prompte consolidation des plaies et des fractures chez ces derniers, annoncent assez qu'il existe en eux une prédominance marquée du mouvement de composition sur celui de décomposition. L'effet opposé a lieu dans la vieillesse aussi bieii que dans l'amaigrissement, dans l'atrophie et datis l'ulcération lente et spontanée des organes. Une expérience, facile à répéter^ démontre clairement la mobilité progressive de la matière organisée. Si l'on nourrit un animal avec de la garance, ses os se colorent en rouge ; que l'on cesse l'usage de cette plante tinctoriale, leis os reprennent leur teinte naturelle. On j)eut lire les travaux consciencieux de M. Flourens sur ce sujet intéressant.

J'ai dit que nous ne faisions qu'entrevoir le but et le n)écanisme des fonctions nutritives : les théories

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