‹ Les merveilles du corps humain; précis méthodique d'anatomie, de physiologie et d'hygiène dans leurs rapports avec la morale et la religionChapitre 9 sur 70 · DE LA PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

DE LA PHYSIOLOGIE

La physiologie est l'étude des lois de la vie dans l'état de santé. Elle est appelée physiologie végétale^ humaine ou comparée y selon qu'elle s'occupe des phénomènes vitaux qui se passent dans les plantes, chez l'homme ou chez les animaux comparés au roi de la création.

Savante dissection, l'anatomie fait connaître le corps humain à V état passif dans lequel le réduit la mort, c'est-à-dire l'absence de l'âme son immortelle compagne; la physiologie observe les diverses parties du corps pendant qu'elles sont en actiifitéy afin d'expliquer le rôle que joue chacune d'elles sous l'influence du principe immatériel qui nous anime.

La série àes phénomènes ou actes merveilleux par lesquels la vie de l'homme se manifeste, sont le résultat de l'action combinée de l'âme et de certaines parties du corps : ces parties ont reçu le nom d'organes^ parce qu'on peut les regarder comme autant d'instruments (prgana). Ainsi, dans notre organisme, le corps est l'instrument de l'âme, comme l'âme est l'instrument de Dieu.

Plusieurs organes concourent-ils à produire un phénomène, cette réunion d'instruments reçoit le nom à^appareil; et l'on appelle fonction (du latin fungi^ s' acquitte!^ l'acte laborieux, le devoir que

* Ce nom, dont la signification est beaucoup trop vague, dérive du grec 9U01;, nature, et de Xo^c; , traité; sans la tyrannie de l'usage, on Tauralt probablement remplacé par celui de biologie (traité de la vie).

chaque organe, que chaque appareil est chargé d'accomplir.

Afin de metti'e phis d'ordre et de clarté dans l'histoire des fonctions dont l'ensemble constitue la vie, les physiologistes contemporains ont groupé en trois classes les divers actes de lorganisme qui tendent à un même but. Ainsi, sous le titre de fonctioivs de NUTRITION se trouvent réunis tous les acte^ qui servent à alimenter le corps : digestion, absorption, respiration, circulation, nutrition, sécrétions.

Sous le nom de fonctions de relation sont compris les actes nombreux qui nous mettent en rapport avec tous les êtres de la nature : les sensations, les fonctions intellectuelles, la locomotion, la i^ix et la parole, le repos, le sommeil, le somnambulisme, enfin le magnétisme animal.

Les fonctions de géni^ation, embrassent tout ce qui se rattache à la propagation ainsi qu'à l'amélioration physique et morale de l'espèce.

Des constitutions, improprement dites tempéraments^. Toutes les parties du corps, toutes les fonctions de l'économie, sont dans une dépendance ré-

^ Nous ravons dit ailleure : c'est à torl que Ton continue d'employer le mot tempérament pour désigner la constitution d'un individu. En effet , quand on parle d'un tempérament sanguin ou nerveux , on veut désigner la prédomi> nance du système sanguin ou du système nerveux sur les autres systèmes; mais , dès qu'il y a prédominance, il n'y a plus tempérament , expression qui, à la lettre, signifie modération, mélange en équilibre, comme le mot intempérance désigne un excès quelconque , il vaut donc mieux se servir du mot constitution, ainsi qu'on le fait depuis plusieurs années. Quant à la force de la constitution ou mieux encore de la complexion, elle ne consiste ni dans la supériorité de la taille, ni dans l'énergie des contractions musculaires, ni dans la belle proportion des formes ; mais dans l'harmonie persévérante de toutes les fonctions, dans l'aptitude à braver longtemps les causes physiques et morales qui tendent ù la destruction de l'organisme.

ciproque, se balancent ; et la santé n'est antre chose que le résultat de l'équilibre qui s'établit entre elles. Cet équilibre, toutefois, n'est jamais tellement parfait qu'on ne puisse observer dans chaque individu la prédominance de quelque appareil organique. De cette prédominance, quand elle coïncide à peu près avec l'état de santé, résulte ce qu'on appelait autrefois le tempérament et que nous préférons nommer la constitution.

Les anciens, qui admettaient quatre éléments^ quatre dgeSy quatre humeurs^ avaient cru pouvoir admettre aussi quatre tempéraments : \e flegmatique ou pituiteux^ le sanguin^ le bilieux et le mélancolique ou atrabilaire. Aujourd'hui, on ne croit plus, et avec raison, devoir limiter le nombre des tempéraments, et l'on reconnaît que la prédominance des principaux appareils organiques caractérise seule les innombrables constitutions.

On admet donc la constitution où prédomine l'appareil digestif et particulièrement du foie (tempérament bilieux des anciens) ; la constitution où prédominent les appareils de la circulation et de la respiration (tempérament sanguin) ; celle où prédomine le système nerveux (tempérament nerveux) ; celle où prédomine l'appareil de la locomotion (tempérament musculaire on athlétique); celle où prédomine l'appareil de la génération ; la constitution atonique, avec prédominance du tissu cellulaire et prépondérance des liquides blancs sur le sang (tempérament pituiteux des anciens, lymphatique des modernes; enfin, les constitutions mixtes^ les plus communes de toutes et dont le nombre est illimité ;

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elles étaient connues naguère sous les noms de tempéraments sanguin-bilieux, bilieux-nerveux, etc.

Les constitutions étant des prédominances organiques, sont déjà une prédisposition à des maladies en quelque sorte déterminées, maladies que nous sommes consciencieusement obligés de prévenir par tous les moyens permis. Une autre vérité dont la connaissance n*est pas moins importante, c'est que, en vertu de la solidarité de l'âme et du corps, notre caractère se trouve, jusqu'à un certain point, placé sous la dépendance de notre constitution, de même qu'il est influencé d'une manière plus ou moins fâcheuse par la maladie * : d'où découle la nécessité d'un régime hygiénique sagement approprié à notre constitution, afin de nous rendre plus forts et contre les maladies qui nous menacent, et contre les passions qui nous assiègent.

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