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SAQOU DE POMME DE TERRE

i II S agit ici de la falsification très-grossière d'un aliment bienfaisant. 11 est très-facile de reconnattre

dans cet échantillon la farine des grains d'amidon provenant purement et simplement de la pomme de terre.

L'arroto-root est une de ces fécules récoDfortantes que l'on a intérêt à bien connaître, parce qu'elles viennent de loin, et sont par conséquent d'un prix élevé ; elles doivent leur propriété à leur texture,

aussi bien peut-être qu'à ledrs propriétés chimiques. On les obtient aux colonies et dans l'Inde en râpant les tiges souterraines du tharanta arun-

dinacea.

L'ŒIL DE LA JUSTICE

On peut dire que la soie est aux autres matières textiles, ce que l'or est aux autres métaux. Aussi ae pouvoDs-Dous nous dispenser de donner une figure exacte d'une fibre aussi précieuse. Tout le monde sait que la matière qui la constitue sort de la bou-

che du ver du mûrier en deux brins solides, continus, soudés ensemble. Vous pourrez vous assurer aisément de ce fait en faisant mouvoir les brins de soie dans deux sens opposés pendant qu'ils seront soumis au microscope.

tTOFFE DE UtINE-

Nous avons représenté une étoffe de laine avec un grossissement suffisant pour montrer les brins avec les caractères que nous signalons ailleurs. Un des éléments les plus essentiels pour l'appréciation de

la valeur de cette textile est sa finesse, qui se détermine avec un micromètre. Vous pouvez admettre que 1e diamètre des poils varie communément de ^0 à '^ de millimètre.

L'ŒIL DE LA JOSTiXE.

I Le microscope vous montrera dans la plus fine I batiste, des tubes vasculaires, tirés de la tige du l linum usUatùsimwi au moyen du rouissage. Ce procédé consiste à fairedissoudre la gomme quiretenait

ensemble ces filaments dont le diamètre ne dépasse pas un demi-centième de mîliimètre. Vous reconnattrez les tubes articulés, cloisonnésetcylindriques que nous avons cherché k représenter ici sous un grossissement de trois ou quatre cents diamètres-

Il est facile de voir queles fils de chanvre ressemblent au Gl de lin avec cette différence que leur diamètre est deux ou trois fois plus gros, et que leur apparence est beaucoup plus grossière. En outre, au

lieu d'être cylindriques comme celles du lin ces tiges sont presque quadrangulaire» Elles sont rudes au touclier Les fibres que 1 on voit avec Je grossissement dont nous disposons leur donnent un aspect velouté.

On ignore généralement de quelles étonnantes variétés est susceptible la toison humaine. Ainsi le savant anatomiste firoca a plongé les anthropologistes dans la plus vive surprise, en présentant à la Société de Paris une collection de chevelures d'hommes et d'enfants de toutes les races civilisées ou sauvages. Il avait réuni, ternes et confuses, il est vrai, pour la plupart, presque toutes les teintes de Tarc-en-ciel. Cependant son tableau ae contenait qu'une bien faible partie des échantillons que peuvent fournir les douze ou treize :ents millions de frères qui habitent en ce moment la surface de la terre.

Mais les artistes capillaires n'avaient point attendu cette séance. On m'a raconté qu'un coiflFeur ie la capitale, qui affectait des prétentions i l«.

science, faisait depuis longtemps une collection des cheveux de ses clients. Il les classait méthodiquement par grosseur, par couleur et par flexibilité.

Grâce à certains caractères que le microscope lui indiquait, notre coiffeur prétendait effectuer une sorte d'analyse phrénologique. tEn effet, disait-il avec la gravité d'un DesbaroUes, ces tiges tout imprégnées d'électricité vitale sont un prolongement de la personnalité, c'est l'âme qui s'épanouit au dehors l Coupez les cheveux, ce qui est entré n'en sort plus, vous avez donc emprisonné une portion de l'être vivant lui-même. Ceux qui aiment ne s'y trompent pas, ils connaissent bien le prix d'une natte. »

Lorsqu'il voulut choisir une femme, il se décida sur l'examen d'une mèche, dans laquelle il crut découvrir toutes les qualités qui distinguent une parfaite coiffeuse. Ce que c'est que d'avoir une foi absolue en son arti Notre homme, qui avait pris le microscope pour courtier matrimonial, tira un excellent numéro à la grande loterie du mariage.

Nous ne partageons point les opinions évidemment trop professionnelles de cet enthousiaste, cependant nous ne sommes pas de ceux qui s'imaginent que les cheveux doivent être considérés comme un inerte tégument destiné à tenir lieu d'un bonnet de coton.

Onne peut pas dire que les cheveux sont l'homme, mais peut-être sont-ils bien un peu plus la femme !

el orgueil les robustes Espagnoles laissent )ns du soleil se jouer avec leurs tresses , si noires, si luxuriantes I Au contraire, la beauté du Nord semble porter une cheveijours prête à rougir sous le souffle du zé-, DU dirait que ces nattes dorées vont elles-

s'évanouir sous le tilet qui les re.

iture n'aurait fait que sculpter veux d'une vierge, dit, je crois, dans un poëme peu connu en , qu'elle aurait dépassé l'art i autant que la vertu peut s'éle- -dessus de Thypocrisie, irait donc dit Tiliustre Persan, it pu voir au microscope les poils loble chauve-souris?

gr^. est enveloppée d'une espèce irette de membranes admirableangées; Ce sont des cornets emmerveilleusement les uns dans es. Leurs bords extérieurs sont îs avec une délicatesse qui ferait ^^^^ ^® ^^

chauve-souris.

nos élégantes. Jamais Leauté a B n'a porté de fichu aussi merveilleux. L'être ; hideux n'est donc pas tout laideur. Il y a ns et des recoins, dans lesquels les grâces se abusquées, mais il n'y a que le microscope sse les voir sourire, l'est point évidemœent pour doiiuex ^^\\^*

84 LE MOXDE IKYfilBLE.

faction à nos instincts artîstiqnas qœ la naton s'est donné tant de peine I SU en était ainsi, die nous aurait donné des yeux assez perçants pour nous passer des besicles du sage.

Quel est donc le spectateur intelligeiit à qui ces merveilles étaient destinées! Quel est donc l'être assez bien doué pour admirer sans lonettes les formes si fines qui échappent à rarsenal de Ne- | chct!

Voyez aussi la chenille incommode et naoséa- . bonde qui dévore le drap de nos vêtements. Elle ^ est couverte de poils formés par des cônes trèsgracieusement enfilés les uns ao bout des autres, formant comme un gracieux chapelet. La sor&ce de chacun de ces segments si délicats est elle-même hérissée de pointes beaucoup plus délicates encore, et sans doute également articulées d'une manière étrange. Contraste incompréhensible, le microscope df^couvre dans la parure de cet être immonde, vil insecte à peine ébauché, quelque chose qui fait songer à l'oiseau.

Mais les poils les plus merveilleusemeot travaillés sont peut-être ceux des rdts et des souris, dos plus petits mammilères. Il faut avoir foi dans riniuillibilité du microscope pour oser affirmer r|u*uii filament, dont l'épaisseur ne dépasse pas quiilques centaines de millimètres, est recouvertde plusieurs séries de plaques, très-finement sculptées et qui, par surcroît de luxe, ont été disposées en (|uinconceI

La laine des moutons, ces dociles tt indolents esclaves, n'a point été sculptée avec autant de délicatesse. Cependant que ces cylindres, que nous croyons unis, sont fouillés! Quel est le burin qui saurait détacher des centaines de franges dans la longueur d'un millimètre, franges si ténues que le cylindre a l'air uni comme s'il sortait du laminoir. Décidément l'art humain ne saurait consistera imiter la naturel Bornons -nous à profiter des trésors qu'elle met à notre disposition, sans chercher à lutter avec elle, et nous trouverons qu'elle ne fait rien qui ne soit susceptible de nous servir. Ainsi , ces franges, impossibles à imiter, servent admirablement dans l'industrie du feutrage. Des centaines, des milliers de crocs entrelacés lient les diverses tiges et forment un tissu qui n'est qu'un véritable buisson d'épines.

Ne nous imaginons point que les cheveux dorés, si doux, si ètincelants de séductions, soient fabriqués autre- P""' ■'^ '* ment que la laine onctueuse des brebis les plus vulgaires. Ces fils aériens qui semblent n'appaitenir pointa la terre, sont couverts de véritables écailles. On dirait des serpents mignons, si vous le voulez, mais enfin de véritables serpents. Le microscope vous montrerait une tête de Méduse 1 ■

Regardons maintenant les cheveux avec un i strmnent dou^ d'un assez fort pouvoir gro^issar

Rac ne dun hpv

nous découvrirons sans peine une foule de lacunt dont çoelques-unes sembXeïATeHvçUes d'une espè

'huile colorée. Nous pourrons compter sur leur corce une foule de rides^ de stries circulaires inalogues aux cicatrices que porte le tronc des palmiers; nous en compterons par milliers dans chaque centimètre de longueur, comme si la croissance de chacun de ces filaments, avait été mille fois interrompue pour reprendre mille fois son cours. Sans doute chaque fois que notre esprit se repose des misères de la vie, alors notre cuir chevelu se réveille I Les bulbes cachées dans la peau produisent un véritable flux de matière cornée. Que de causes troublent chaque jour la végétation de ces petits palmiers humains! Leurs racines sont I)ien voisines de la pulpe blanchâtre que nos passions entretiennent dans un état constant d'agitation. Est-ce qu'ils ne sont point entraînés dans le tourbillon de notre vie éphémère et tourmentée? Est-ce que nous ne les sentons pas se dresser comme autant de sensitives, quand une tempête éclate sous notre crâne? .

Supposons que le poil sorte de chair très-rapidement, il sera tout percé à jour, tant les lacunes ieviendront nombreuses. Alors, en vertu de la su- Dlime tendance de la nature à l'harmonie, on irerra ces mailles du tissiï capillaire se ranger en igné, comme chez la souris, qui possède de loAi;ues ûles de lacunes gracieuses.

Si l'activité de la sécrétion grandit encore, les rellules grandiront aussi ; à force de grandir, elles Bniront par se confondre, et les cloisons qvxv \çi^

séparaient les unes des autres s'abtmeront sous leur propre poids. N'est-ce point ce qui arrive chez les oiseaux, dont la vie organique, surexcitée par une respiration double, est poussée à une puissance supérieure.

Comme on le «voit par ce qui précède, le philosoplie peut rattacher par le microscope la fabrication de la plume à celle du poil. Les villosités, dont la présence nous a surpris sur les poils des moutons et des chauves- souris, semblent se retrouver chez l'oiseau, mais allongées par une espèce de force centrifuge que l'on suit d'espèce en espèce, et qui finit par donner naissance au duvet sans lequel l'aile frapperait inutilement l'air.

Vous aurez beau voltiger du paon à l'aigle, de l'oie au canard, vous ne découvrirez jamais dans leur plumage des éléments dont les analogues n'existent point en principe chez l'homme. Par cela seul que nous vivons au milieu d'êtres qui partagent notre patrie terrestre, nous devons reconnaître chez tous les traces de l'art employé par la nature qui nous a produits nous-mêmes. Le microscope nous apprendra à retrouver ces règles sublimes , dans les fonctions les plus humbles, dans les sécrétions les plus accessoires, où elles ne sont que plus frappantes.

Les naturalistes les plus incapables de rendre sérieusement hommage à la majesté des grandes lois générales, sont en quelque sorte préparés à confesser qu'il existe une liaison intime entre le

développement de la masse encéphalique et celui de l'instinct. Les plus ignorants sophistes confessent que la disposition du tube intestinal et celle du système musculaire agissent Tun sur Tautre. Il n'est pas besoin de lunettes, ni môme de loupe, pour comprendre que le paisible ruminant serait fort embarrassé d'avoir des griffes comme le lion ; que le lion mourrait de faim, môme avec ses dents terribles, si les extrémités de ses membres étaient emprisonnées par dts sabots pareils à ceux de l'antilope ; mais ce qui dépasse toutes les prévisions des plus sages, c'est de retrouver sous le microscope, dans des poils quelquefois invisibles à Toeil nu, la plus merveilleuse harmonie. L'organe même caché est toujours adapté à la fonction d'une façon si complète, qu'il est impossible de dire si c'est Tune qui a créé l'autre!

La plume couvre Toiseau, parce que l'oiseau peut développer une force musculaire suffisante pour l'utiliser. Si la force musculaire n'est pas inutile, c'est que la plume est un organe assez léger, assez résistant, doué de toutes les qualités requises pour la locomotion aérienne.

Soumettez au microscope les écailles des poissons, vous verrez par un autre exemple qu'il y a toujours unité dans le but vers lecjuel l'organisme semble toujours se précipiter.

Destinées à protéger des êtres qui vivent dans un milieu cinq ou six cents fois plus dense que l'air, les écailles ne peuvent recevoir la forme

déliée et flexible des plumes. Elles sont doQC repliées les unes sur les autres , disposées comme les tuiles ou les ardoises qui garnissent les toits de nos maisons. Quoique renfermées dans un repli de la peau ces concrétions cornées sont fixées individuellement par surcroît de précaution, et mieux sans aucun doute que ne le sont les plaques de nos frégates cuirassées.

Vous pourrez aisément constater que la matière qui compose ces petits boucliers s'est déposée par couches successives. Vous verrez une écaille mère située au sommet d'une série de gradins, car les lames débordent les unes sur les autres, de manière à laisser voir tous les feuillets qui sont venus se coucher les uns au-dessus des autres. Ce n'est pas tout ; car le microscope nous révèle également avec quelle merveilleuse harmonie la forme des parties influe sur celle des boucliers qui sont chargés de les protéger! Aussi pourrait-oa faire une curieuse collection , non pas seulement en réunissant les écailles des poissons de différentes espèces, mais en mettant à côté les unes des autres des écailles prises sur les diflérentes parties des mêmes individus. Notez que les difl'érences de coloration ajoutent un nouveau charme à ces changements de modèle; c'est de la variété à la deuxième puissance. Si les oiseaux l'emportent pour les formes, les poissons sont incomparable^ pour les nuances. Chaque être a donc, le micr^ scope vous le fera compreudre, son genre d

beauté particulier, tenant aux conditions spéciales de sa vie. Ces jeux de lumière sont dus à un pigment sans doute nécessaire pour maintenir Texclusion du liquide, et qui a peut-être son analogue dans la matière colorante particulière à la peau de l'homme. Ce pigment brille à travers Tépiderme nu, mince et lisse qui recouvre récaîllè, comme le ferait un vernis à la gomme laque. En le regardant du reste avec un instrument doué d'un fort pouvoir grossissant, vous verrez sans doute, qu'il se compose d'une substance onctueuse.* Mais cette substance onctueuse elle-même , quel est le microscope qui pourrait se vanter d'en effectuer l'analyse ?

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