V.î«-^ *■*< .•.-v .-^ :rv^u\>îr grdce devant nos con
• •'?»",;■*> ;"* .^v'a-m:;: ^;u*il n'y a rien de profond
',.\ .• // ■ :*>,::;' *.o plus simple est tellement , -.^'y/x* ^'. /;V'*^''-'> *î"-^' '.expression delà physiono- V, -.^ .s: .;■::•;■.:<*. To no sort que palpes sur palpes, *^;;t^ r.v\ ":*,.' ;ro> sur mAoluMios. Voilà quelque chose lî'horriMo, ôo :-;rri:iant, qui ferait fuir le plus intropitle oliasseur. si le hannetm avait seulement la laille d'un gros ehien: mais précisément à cause de sa monstruosité, cette même tête monstrueuse est excessivement facile à disséquer. Ce qui nous aide, c'est la complication des parties. Nous nous sauverons en quelque sorte par la complexitii du problème. .
Xa tête d'une mouche, bien difficilement visible, ^^^ cependant préparée d'une façon très-simple à ' ^de d'une manœuvre singulièrement barbare ; [^ ous récraserons, j 'allais ajouter entre deux meu les, i ^ dois dire entre deux plaques de verre , après l-^avoir humectée d'une goutte d'eau.
Je voua engage à expérimenter par vous-même combien il est facile, avec un peu de délicatesse, de déchirer tous les téguments. En regardant à la loupe le produit de cette étrange trituration, vous serez effrayé de contempler tous ces orîçanes semés dans un désordre affreusement pittoresque, dont le cadavre des animaux supérieurs ne vous donnerait jamais d'idée. Les antennes , les mandibules, la trompe, les yeux, tout cela, pêle-mêle, semble dispersé par la colère, la vengeance de quelque divinité outragée I L'être a été réduit en poussière.
Heureusement une fine aiguille plantée dans un bouchon vous suffira pour mettre en ordre tout ce chaos.
Un jour viendra peut - être où les galeries des muséums auront des microscopes permettant d'admirer toutes ces merveilles. Un de mes amis, un original s'il en fut, voudrait qu'on sculptât en marbre la forme de ces organes si bizarres, si fantastiques. Il demande que l'on expose au moins des dessins immenses.
Il voudrait la goutte d'eau, la goutte de sang, Tarmure de l'araignée, les dards de la \^\3lÇ.^, U.
trompe de la mouche, présentés avec des proportions colossales, afin que le peuple vécût au milieu de toutes ces choses, qui sont, selon lui^ les objets d*art de la nature.
Cet ami tient parfois des discours étranges. Ayant appris qu'un professeur d'entomologie poursuivait une chaire consacrée à l'étude de l'homme. « Le malheureux, s'écriait-il, il aspire à descendre I »
Il ne pouvait comprendre comment les Français dédaignent l'étude de l'insecte. .
« On dit que nous sommes un peuple curieux de tout apprendre; amis de l'extraordinaire, parce que nous courons au-devant de Téléphant, de la girafe, de l'hippopotame I
« Est-ce qu'il n'y a pas deux siècles bientôt que le grand Hooker nous a prévenus qu'il y a des tigres, des lions, des éléphants, des girafes dans le monde des insectes ! Éléphants plus étranges, hippopotames plus monstrueux, tigres plus terribles?
« Non-seulement nous pouvons analyser la composition de leur corps, mais encore étudier leurs mœurs, sans qu'ils s'aperçoivent de la contrainte dans laquelle nous les faisons vivre.
« La fosse où les ours étouffent serait un univers pour nos petits citoyens du monde invisible. Avec quelques heureuses combinaisons de lentilles, notre œil suivrait partout leur liberté captive!
« Nous pourrions avoir nos combats de gladiateurs, terribles, acharnés, impitoyables, nous les
LA DISSBCnON DES INSBCTBS. 805
^emoos mettre en jeu les épées contre les tenailles, B8 cuirasses contre le dard, lancer le venin contre m venin, les trompes contre les trompes.
< Devant nous Tanimal se transforme, il prend les ailes, il change de robe, il n'a plus rien de ce m'il était, et cependant il est toujours le même. Somment se fait-il, direz-vous, qu'on n'ait pas de cnénageries d'insectes, et qu'on laisse encombrer la vallée suisse du muséum par les coûteux pré- Bents des monarques de FOrient? >
n ne tarit point à ce sujet, et si nous le laissions faire, il remplirait le volume de ses déclamations ; nais qu'il se taise, car dans ce monde les petits anroDt toujours tort.
Cj^
Un des services rendus par le microscope sera de rétablir une espèce d'égalité dans ranatomie de tous les êtres. Les écailles, les muscles, les nerfs, les trachées des plus petits hyménoptères sont aussi faciles à étudier dans leurs derniers détails que les vertèbres d'une baleine ou le tibia d'un éléphant. Je vous défie de citer une pièce de la cuirasse de la plus petite des fourmis, ou de la moindre des araignées, qui se dérobe par ses inappréciables dimensions à notre analyse microscopique.
Quel merveilleux enseignement pour le philosophe, quand il peut confirmer jusque chez les Lilliputiens la doctrine de Tunité de composition! Dans quel ravissement ne sera pas plongé le disciple de Geoffroy Saint-Kilaire, quand il verra que
anneaux du corselet du plus méprisable aptère
it les équivalents anatomiques des vertèbres de
baleine, quand le microscope lui montrera qu'il
te droit de dire peut-être que Téléphant n'est
•un ciron retourné ?
Même sans aborder ces théories sublimes, nous
en découvrirons pas moins des vérités qui paral-
3nt d*autant plus immenses qu'elles se montre-
•nt sur des êtres moindres.
Pas plus dans la nature que dans Tordre social,
petitesse n'est une garantie de simplicité ; c'est nsi que le gouvernement de Taïti dépasse en implication celui de la république américaine, ou 3 l'empire français. La mouche possède deux attes de plus que le cheval; pour se soutenir dans air, le hanneton fait vibrer deux fois plus d'ailes ue l'aigle. Cet humble coléoptère est quelque hose comme le composé d'un centaure et d'un draon volant 1
Est-ce que cette exubérance de formes bizarres e sera pas véritablement merveilleuse pour nietre en évidence les lois qui ont régi la construction 'animaux organisés sur un plan plus sobre et plus évère ? Évidemment la réaction des parties qui se •alancent pendant la période d'évolution de l'être, tqui se- font en quelque sorte concurrence penant toute la durée de la vie, sera d'autant plus fa- Ue à saisir que les membres seront plus nomfeux, plus rapprochés les uns des autres. Quand ous vous apercevez qu'un seul anneau d'un in-
socto ({uelconque a la force de donner à «luatro appendices distincts, deux pattes et ailes, vt)us pourrez commencer à tous idée de rinêpuisable richesse de la natnre.
Kn nii^nie temps vous devez vous conTajncn<iii0< cette uetivité formatrice n'est point indéfinie. Ai' ciHitruirt) elle est rigoureusement limitée par h constitution de Tètre et ne peut dépasser un ce^ tiiin total.
Kn etVet les pattes ne peuvent prendre nn direloppenient considérable qu'aux dépens des deox uiles. Ainsi c'est sur le premier anneau que se troovent gi^etTt^es les pattes les plus robustes, parce qoB sans aucun doute le premier anneau ne peut jamais donner d'ailes.
On peut même ajouter que cette concentration d'etVoits est un des grands procédés delà nature piïur arriver à (luelque chose de parfait, car ces deux pattes du premier anneau, d'où les ailes sont exclues, sont précisément celles qui s'élèvent à la dignité d'organes de préhension.
On pourrait dii*e, comme je ne sais plus quel naturaliste, que les insectes sont des fédérations ^*organes ; mais cependant, chose étrange, cette in- Ipendance relative des parties n'exclut point un ian général très-intéressant à analyser. * Le premier anneau du thorax, faisant contrepoids aux parties postérieures du corps, permet ^ l'insecte de garder pendant toute la durée du vol la position la plus commode pour le développe*
ment de ses ailes, qu'elles soient doubles ou quai dniples.
Le détail du vol offrira une foule de particularités étranges, montrant que la nature sait en quelque sorte réaliser l'indépendance des mouvements relatifs aux différentes fonctions. Ainsi Ton verra des insectes chez lesquels la partie antérieure du corps ne prendra en aucune façon part au travail de la locomotion aérienne. La tête et le premier anneau de ces Taleyrand semblent ne pas se douter de tout ce qui se passe derrière eux.
Grâce & un raffinement que la nature n'a appliqué à la construction ni du milan ni du faucon , la libellule n'a pas besoin d'interrompre un instant le mouvement de ses ailes pour dévorer sa proie.
Heureusement la nature a modéré par une sorte de loi somptuaire le choix de Téchelle destinée à régler l'exécution des organismes destructeurs. Presque toujours la taille varie en raison inverse de la puissance. Que deviendraient les passereaux si les aigles n'avaient pas besoin de retourner à leur aire pour se repaitre de leurs cadavres! Que deviendrions-nous nous-mêmes si les airs avaient été dévastés par des vautours portant des serres auHléssous de l'humérus.
Tout ce qui luit n'est pas or, dit le proverbe, qui a raison et auquel on pourrait ajouter : Tout ce qui est aile ne sert point à voler I
Souvent vous verrez qu'une paire de membranes a reçu une consistance comparable à celle de la
corne. Elle s'est changée en étui dont avaient besoin les vraies ailes construites en gaze mobile, dont la finesse dépasse la plus délicate dentelle.
Mais Télytre n'en est pas moins un objet admirable. Vous passerez de longues heures à regarder les merveilleux dessins dont la nature s'est seryie pour enrichir ces boucliers flottants, et vous conviendrez qu'ils dépassent parfois le bouclier d'Achille.
Que sont ces arabesques que la nature a gravées sur les élytres î Contiens-tu quelque devise hiéroglyphique , scarabée que les prêtres de la Grande Déesse vénéraient à 1 égal d'un dieu et qui, comme la grande Isis, avait aussi ses prêtres?
Ne vous arrêtez pas trop longtemps à étudier ces ailes diaphanes , ni aux mœurs riches en détails imprévus, car la beauté de ces tissas merveilleux, la perfection de ces formes , ne doit point empêcher de reconnaître la grande loi du progrès, l'évolution qui s'opère dans le monde au moyen de l'apparition d'espèces distinctes de celles qui ont déjà paru sur le métier éternel du temps.
Ce qui vous a frappé dans l'inspection de l'aile des oiseaux, c'est la présence de ces admirables plumes qui augmentent si bien les contacts avec l'air, et qui rendent le vol un jeu pour ainsi dire facile. La nature ne pouvait débuter par donnai des organes pareils aux insectes qui ont devance les oiseaux , comme les oiseaux eux-mêmes onl devancé l'homme .,dans la chaîne des âges.
^'oiseau est donc incomparablement mieux nrvu. Mais la nécessité qui a créé les plumes istait déjà dans notre monde. Aussi les plus pes articulés ont-ils dû avoir des organes de nature ^ satisfaire.
Si vous examinez à la vue simple, et par censément à plus forte raison au microscope, les ailes s insectes, vous verrez que généralement elles it été garnies par la divine ouvrière de ligaments astiques propres à plier les membranes lorsque ûle se referme, et à les tendre, au contraire, rsqu'elle se déploie. C'est bien l'office qwe remit la plume du faucon, de l'aigle et du colibri, ais la plume agit , s'il est permis de s'exprimer nsi, par sa construction même ; le jeu d'une inaité d'organes spéciaux semble avoir été rendu mtile par une disposition plus savante, par une )rte de synthèse.
Cependant ne croyez pas que nous soyons éloi- Dés de reconnaître que l'aile de mouche, dont ous venons de faire la critique, est en ellelême merveilleuse.
Je pourrais choisir un terme de comparaison plus racieux peut-être , mais il serait moins facile à lisir. lime semble voir 'deux minces enveloppes e gomme tendues sur des tubes creux, comme le iraient des manches de parapluie en- fer. Dans intérieur de ces tiges admirablement ramifiées, air et le fluide nourricier circulent avec une égale rofusion , de sorte que cet élégant tissu répare à
chaque instant les pertes et les fatigues qu'il éprouve.
En y regardant de bien près avec un éclairement oblique, vous parviendrez , j'en suis sûr, à comprendre au moyen de quels fils la nature a tissé cette dentelle. En effet vous reconnaîtrez les traces des différentes cellules qu'elle a fondues, amalgamées les unes avec les autres. De temps à autre nous rencontrerons comme de légers linéaments, jalons laissés pour indiquer la route que la grande ouvrière, à suivie dans sa féerique construction. Guidés 4)ar ces vestiges, nous pourrons peut-être nous élever jusqu'à la conception d'un des procédés employés par la nature. Nous saisirons comme un fil conducteur que nous tend une Ariane anonyme.
Orgueilleuse à bon droit d'avoir produit ces chefs-d'œuvre de grâce et de légèreté, la nature semble avoir pris plaisir à les couvrir d'objets dont le seul but paraît être d'exciter notre admiration. Les ailes d'un nombre innombrable d'espèces, appartenant à l'immense tribu des lépidoptères, vous offriront des dessins d'une richesse inouïe.
Je ne sais quel papillon vous indiquer de préférence, vous pouvez choisir à coup sûr et les yeux fermés. En effet, quand un de ces joyeux fils de l'air hume les trésors d'un nectar, votre embarras n'est point de trouver des merveilles à admirer, mais de dire quelle peut être la véritable
fleur! car vous trouverez que la livrée du petit vagabond porte des teintes dignes de rivaliser avec les lis, et même avec les roses.
Ne vous laissez pourânt point entraîner à refuser à Toiseau la supériorité qui lui incombe.
L'anatomie, la mécanique maintiendront les droits du vertébré à l'empire du monde I
En awarence, loiseau n'a qu'une aile de chaque côté, mais en réalité cette aile est un abrégé de plusieurs ailes. G*est une synthèse, comme la plume, qui n'a pu être réalisée par la nature qu'après l'épuisement du système d'ailes simples. Même la libellule, ce carnassier admirable, n'a que la menue monnaie des ailes du moineau franc.
Mais la nécessité de fabriquer deux paires d'ailes, procédé relativement grossier et rudimentaire, a introduit une certaine complication dont la nature n'a pu se débarrasser que par l'élimination des or-
ganes inutiles. Le progrès organique a <^té de remplacer les quatre ailes par une paire unique, capable de remplir leur office. Mais c'est après bien des siècles de prodigalité que la nature terrestre a semblé posséder la science suffisante pour diminuer le nombre des membres en augmentant la perfection de chacun d'eux.
C'eût été faire à la libellule un présent bien dangereux que de lui donner deux paires d'ailes sans la mettre à même de s'en servir à coup sûr. Qu'aurait-elle donc gagné, si elle eût été réduite à faire comme les rameurs inhabiles ? Aussi
a-t-il été nécessaire d'empêcher ces organes de se nuire l'un à l'autre.
C'est ce que la nature a réalisé d'une manière merveilleuse, et vous pourrez vous en assurer si vous prenez la peine d'étudier la voilure de l'abeille en employant un microscope. En effet, vous verrez que le bord postérieur de sa première aile porte des crampons, et que le bord postérieur de sa seconde est creusé de rainures destinées à recevoir des liens innombrables, à l'aide desquels les deux couples sont rendus solidaires.
Mais ce procédé lui-même laisse à désirer. Certes vous en auriez inventé un plus délicat si vous aviez été appelé aux conseils de la nature. Est-ce que la nature en sera restée à ce subterfuge que vous-même vous avez déclaré grossier? En aucune façon, car elle épuise touti Le type des insectes volants, la libellule est pourvue de deux systèmes complets -qui, vibrant comme une porte autour de ses gonds, et placés les uns au dessus des autres, ne peuvent jatnais se heurter, et permettent à l'insecte de diriger son vol avec une précision merveilleuse. L'inconvénient, quel est-il? C'est, il est presque inutile de le dire, que les ailes qui ne peuvent s'accrocher doivent toujours rester étendues. La libellule ne peut point les replier sur elles-mêmes, elle ne peut jamais carguer ses voiles admirables. Je ne sais si je préférerais être abeille, mais en tous cas j'aimerais mieux être colibri.
PATTES DE MOUCHES
Si les ailes de nos petits volatiles, sont inféïieures à celles des oiseaux parce qu'elles sont trop peu articulées, les pattes de ces êtres singuliers pèchent par un défaut contraire. En effet, Ton n'y compte pas moins de cinq segments, dont le dernier se compose quelquefois, à lui seul, d'une quarantaine de pièces distinctes.
C'est vous dire quelle épouvantable variété doit se trouver dans des organes plus nombreux que les membres des vertébrés et dont chacun se compose d'un plus grand nombre de segments parfaitement faciles à reconnaître.
Nous aurons du mal à comprendre d'abord comment les insectes s'y prennent pour se servir de leurs six pattes. Quelques-uns les font peut-être mouvoir trois par trois, comme s'ils i^i^XIvçùAÀax^»
£16 LE MONDE INVISIBLB.
une espèce d'amble à double effet. Qui sait s'il n'y en a pas, au contraire, qui ont contracté l'habitude de faire marcher individuellement les deux pattes de chaque anneau? Quelques-uns de ces derniers affectionnent peut-être une marche complexe participant de l'amble et du trot. Qui sait s'ils ne peu- ■ vent prendre le galop par-devant pendant que le derrière adopte une autre allure?
La patte se compose, comme la loupe vous le montrera, de finq parties distinctes, et vous pour-
rez constater par vous-même que la forme est merveilleusementappropriéeauxraouvements de l'être. Ainsi, lorsqu'il est nécessaire aux fonctions vitales que les membres puissent opérer une sorte de ro-
PATTES DE MOUCHES. 217
comparable à celle dont notre avant-bras est lÉpiptible, les membres sont fabriqués ad hoc. Us Mhrouvent terminés par une pièce globuleuse, kft de petite sphère logée dans une cavité destifev;. k la recevoir. On dirait un palier ajusté par . mécanicien pour recevoir un axe disposé par boorneur en fer. Quand au contraire les mouveittts doivent s'exécuter dans une direction tout à t invariable, la banche est .aplatie, embottée de lUodère à ne pouvoir broncher ni dans un sens
dans un autre. Quelquefois les pièces sont si bimement unies les unes aux autres qu'on a du feUde les distinguer. Dans ce cas vous pouvez être Saré que vous parviendrez à découvrir pourquoi
nature ne les a pas séparées et articulées de ^nière à en former une espèce de chapelet. Vous >xirrez examiner à loisir^ dans Tanatomie des laitrës nageturs, comment cette disposition a été Ulisée lorsqu'il s'est agi d'assurer l'énergie des louvements produits dans l'eau pour se mouvoir. a même variété de forme se fera sentir sur chaiin des segments qui composent la jambe, et de roche en proche la perfection se soutiendra jusu'au bout. Ainsi par des raisons dynamiques faîles à saisir, le second article aura un grand déve- >ppement, surtout chez les carnassiers , mauvais oiliers, qui mourraient de faim s'il ne leur était Possible de courir avec une énorme vitesse.
La cuisse ne vous fournira pas moins de reïiarçues curieuses, car vous verrez smv^ ^€\w^
âl8 LE MONDE INVISIBLE^
qu elle possède, chez les puces et les locastes, développement tel que vous auriez pu à leur i spection deviner les mœurs de ces sauteurs, qu'à la voir, il est facile de comprendre qu'elle a vie destinée à se débander comme un ressort.
I.e microscope vous donnera la clef de la codstruction d*epines, de rainures, de plaques polies, d'entailles, d'arêtes; il vous expliquera la raison do la construction d'une foule de parties quel'inlolligence la plus vive ne saurait jamais conce?oir. On peut dire sans paradoxe que le soin aveclequel |^ le monibro a été sculpté a augmenté à mesure qQ0 l'ouvrier invisible s'est approché de la "fin de «on œuvre !
Ainsi la loupe vous montrera que le bord extérieur do la jambe est garni de dents, de créneaui, chez los hyménoptères fouisseurs. Quelquefois cette spécialité est compliquée par des dispositions admirables, comme chez la courtilière, qui semble avoir reçu des jambes en faucille afin de pouvoir couper les racines qu'elle rencontre en creusant ses galeries. Les abeilles vous montreront au contraire des faisceaux de poils destinés à caresser doucement les étamines pour enlever la poussière fécondante qu'elles produisent. Les lépidoptères porteront un ergot pareil à celui des coqs*. 11 fallait bien que ces êtres, dont la bouche est garnie d'une trompe innocente, pussent trouver un moyen de défense, quelque imparfait qu'il fût.
^0 qui méritera eueuxe no\.x^ ^to^t^v^^^^^^^^^ta
PATTES DE MOUCHES
: membre de la ntouctie terminé par une e ventouse, merveilleux instrument de marche paradoxale, qui lui permet de se tenir sur des surraces lisses f et de eourir renversée la tête en bas! Lne autre fois la forme des ongles variera à son tour.
Ils seront destinés à remplir l'officede pinces, de tenailles, de serres, de tire-bouchon, suivant les mœurs et les habitudes du propriétaire.
Vous aurez encore de grandcsdécouvertesanatomiquesà faire dans les parties qui semblent le plus explorées, le plus vulgaires; ne craignez point que l'occasion de vous distinguer manque, même en étudiant des I insectes que chacunpeut
avoir en main tous les .tie d'abeille. jours. Personne ne sait
idiquerle motif de la singulière conforraai jambe des grillons. On ignore également îles cribr&ires ont les jambes MAfeT\ftMï%&
:ilâ( l.R MONDE INVISIBLE.
iranNi()rmi^(» on une sorte d*6cusson percé LnusN, c\ iNuiinnrahlo au tamis dont on faitu njur iru»: io> crains suivant leur grosseur.
i\<VN.\n> m. (in vous présente un insecte inco vrtiî> niMirrtv.. l'n ('>t.ndiant la forme de ses pa *h*!-*^uninp: soi. tfonre dévie, sans aucune chi .t: > .n:> :-onii»t»r. l»r mùme si on décrit devant »î*> ïi.ih n.iî^ *! nnr espèce nouvelle que vous n'a .;iiiur.> M»î . \.uî> pourrez devancer les indicatioDi ,ii nii."^i'ïs,MP: . ;T. admettant qfue vous ayez sufr >i.iiii:»:*i : i^i^vvirM \vs lois de la philosophie anato-
ir.iqnr, les règles invariables qd'
or: dû présider à la formation (b
: :rf . Vais combien t^ouv^t-on
:. r-r^sf: valeurs qui poursuivent
r. .,v c;.: dans cette multitude
/;::: .::" dt: ails? Combien sont-
s ,-:::\ .-;:;, cirldes parla grande
.;.:: :-: ".^ r.^::or.al:te du monde,
:r.ir:"..-: : "a nv!so:: de touîesceî
ir;c.:.: :rs ::ut- -e ^u'p:reooD'
■ -* ' -■ •=• 't^ ^'- : ' ■ ~ " « l'â\eu
:^bstrav::::r.s qi;i or.: ::e-::e ii' dieux de la Fable? Ir.terrOiTfivotn conscience, soudez Ics rr::cn'
dtursde votre pensée, tt vous verrez que li '^^^^
»ohie tombe d'accord avec la science de li idrure
le disciple de Raot parle comme celu: i
Fd::e d;î ••. . l;:..-:
PATTES DE MOqjljPBES. 221
3n n'échappe à l'invincible enchaînement, nonalement dans la forme de notre organisme, ais encore daniT l'essence de notre raison.
L'esprit soDlime qtff entrevoit Tinfini et l'absolu Ds un monde où tout semble fini et relatif, ne arait parvenir à se soustraire aux conditions gétrales de la vie. Ses conceptions les plus granoses portent la marque et l'empreinte du milieu LUS lequel il poursuit ses méditations. Est-il survenant du reste qu'il ne puisse soustraire ses insées à la domination de lois tellement puis- LBtes que dans ses œuvres les plus merveilleuses . nature elle-même ne saurait leur échapper un ml instant. On dirait qu'elle-même est esclave '^aine nécessité supérieure, trop élevée, comme les i«ux d'Épicure, pour que nous la puissions aperavoir.
TROMPES, ÂieUILLOIS ET MACHOIRES.
L6».système le plus simple que Ton puisse imiginer pour mettre un animal à même de dévorer sa proie est évidemment celui qui est réalisé (iex les vertébrés, et notamment chez l'homme. En effet, sa mâchoire se réduit essentiellement à une partie mobile placée au-dessous d'une partie fixée à la base du crâne, et offrant par conséquent à peu de frais un appui solide.
Les insectes sont bien loin d'avoir été également Ikivorisés dans l'organisation de la partie la plus isentielle peut-être de tout animal. Car l'empire lu inonde est sans doute aux êtres qui' mangent atec les meilleures mâchoires. Le mouvement de OlMau qu'ils impriment aux pièces osseuses qui tenninent leur tête est en quelque sorte l'enfance derurt*