ARC-EN-CIEL CONCENTRIQUE
C'est le nom que l'on peut donner à un phénomène qui se renouvelle assez souvent sur les m mtagnes du royaume de Quito , qu'on appelle Paramof. Il consiste en un arc-en-ciel entier et triple. Yoici la description que don Antoine de Ulloa a donnée d'un de ces phénomènes.
« Ce fut , dit-il , un matin , au point du jour , que la montagne de Pambamarca , se trouvant enveloppée de Jiuages épais, qui , dissipés par les rayons du soleil , ne laissèrent que de légères vapeurs que la vue ne pouvait discerner , que
( S6o) nous aperçûmes , du côté oppose à celui d'où le soleil se levait , et à environ dix toises de distance de l'endroit où nous étions , comme un miroir où la figure de chacun de nous était représentée , et dont l'extrémité supérieure était environnée de trois arcs-en-ciel , ayant tous les trois un même centre , et les dernières couleurs , ou les couleurs extérieures de l'un , touchaient aux couleurs intérieures du suivant ; et hors de ces arcs-en-ciel on voyait , à quelque distance , un quatrième arc de couleur blanchâtre. Tous les quatre étaient perpendiculaires à l'horizon ; quand un de nous allait d'un côté à l'autre-, le phénomène le suivait entièrement , sans se déranger , et dans la même disposition. Ce qu'il y avait de plus admirable , c'est que nous trouvant là six ou sept personnes ensemble , chacun voyait le phénomène en soi , et ne l'apercevait pas dans les autres. La grandeur du diamètre de ces arcs variait successivement à mesure que le soleil s'élevait davantage sur l'horizon ; en même temps les couleurs disparaissaient, et l'image de chaque corps devenant peu à peu imperceptible , le phénomène s'évanouissait entièrement. Le diamètre de l'arc intérieur , pris à sa dernièie couleur , était d'abord de cinq degrés et demi , ou environ , et celui de l'arc blanc extérieur, séparé des autres , était de soixante-sept degrés. Quand le phénomène commençait, les arcs paraissaient de figure ovale ou elliptique , comme le disque du soleil ; maif ils devenaient ensuite peu à peu parfaitement
(36i ) circalaires. Chaque petit arc était rouge ou incarnat ; mais cette couleur se passait , et la cou* leur d'orange succédait , et à celle-ci le jaune , ensuite la jonquille , et enfin le vert : la couleur extérieure de tous restait rouge. »
LE KASEMINE.
C'est le nom qu'on a donné au mausolée qui renferme les reliques des soixante-dix-neuf imans (pontifs) de la secte des maliométans Shiites. Le village où ce tombeau est élevé , est situé entre le Jézireb (Mésopotamie), à quatre jnilles nordest de Bagdad. Les maisons y sont plus belles qu^ celles de la ville. Il est entouré de remparts faits de limon desséché, et est liabité, en grande par? tie , par des étrangers venus de la Perse et de rinde. L'intervalle qui sépare Bagdad du mausolée étant très étendu , on trouve toujours à l'ouest du pont plusieurs centaines d'ânes et de mulets sellés et bridés , qu'on peut louer moyennant quelques petites pièces de monnaie. Ain» , à la porte d'entrée du Ka<;emine, on trouve une personne qui se charge de prendre soin de la monture.
Le dôme du mausolée a été rebâti et recouvert
de tuiles dorées, il y a quelques années > aux frais
de Mohammed-Khan- Kejac , empereur de Perse.,
La basse-cour , les mars, les portes et le ba^ar