FONTAINE INTERMITTENTE PRÈS DE DIGNE
En sortant de Digne , et tout près d'un bourg appelé Colmars , on aperçoit une fontaine intermitfente dont les intervalles sont marqués avec une exactitude extraordinaire. Un murmure sensible est Tavant-coureur de l'appanrition de l'eau : ce n'est d'abord qu'un petit filet qui grossit graduellement, jusqu'à un volume conside'rable , et coule ensuite ainsi pendant quelques instans ; il décroît absolument de même , pour reparaître au bout de sept à huit minutes. La manière dont les savans expliquent ce phénomène de la na- , ture^ le rend facile à comprendre : ils supposent que les montagnes où sont situées ces fontaines ont deux réservoirs, l'un supérieur, l'autre inférieur ; que le canal par lequel ils communiquent ensemble a la forme du siphon , et que la branche la plus courte de sa courbure touche au réservoir supérieur, tandis que la plus longue arrive à l'inférieur. Il résulte de là que lorsque le pi:emier se trouve plein d'eau, elle s'écoule ,, par le siphon, dans le second, avec ,plu3 de rapidité que la source n'en met à remfilir le réservoir supérieur ; de façon que le moment arrive où le siphon doit attendre que le premier réservoir soit rempli de nouvean pour faire, coul'er l'eau qn^îl
contient dans le re'servoir inférieur. Cette opération , qui se renouvelle dans un espace de temps déterminé , produit les intermittences. Celles de la fontaine que nous venons de décrire reviennent sept à huit fois dans une heure. .