LE MONT^ERRAT
Cette montagne d'Espagne , également eélèbre par la singularité de sa forme , par le couvent et le grand nombre d'ermitages qui la couvrent , est à neuf lieues nord-ouest de Bareelonne , dans la province de Catalogue* Son élévation est de 3,3oo pieds au-dessus du niveau de la mer.
Du coté de Bareelonne , cette montagne offre un front escarpé et hardi ; mais à l'ouest , et (£u côté de Vacarisas , elle est presque perpendiculaire. L'art et le travail ont pu seuls y pratiquer une route tournante qut conduit au couvent, situé au milieu des rochers, dans Une retraite protectrice , à la moitié environ au milieu de U montagne. Le Lobrégat coule et mugit à sa base. Au-dessus du couvent,, elle se divise en deui^.
( 8i ) e4p«)4 à pic 4wt la forme est des plus gfotes^ queç. l^e méridional esl nommé V Orgue, à cause de la grande quantité de tuyaux ou de pointes qui le font en effet ressémUer à un f>rgue.
Quinze ermitages sont répartis $ur la crjoupe de la mpnlâgne, et occupent i'espace d^ près de deux lieues jusqu'à sou sommet. Les uns sont perchés sur le sommet des cônes, auxquelles on les croirait unis par la nature ; les autres sbpt dans des creux taillés dans le côté per-t pendiculaire de la montagne. Le plus élevé est celui de Saint-Xérôine. On y jouit d une vue magnifique qui s'étend sur des plaines immenses , des rivières dont on peut suivre le cours, des TÎUes, des iles et la-pleine mer. La nourriture des ermites qui l'habitent leur est envoyée cbaque jour du couvent. C'est un âne qui en est le porteur : ce pauvre animal a tdlemeiit contracté l'habitude de ses devoirs , qu'il s'arrête de lui^-^méme à la porte de chaque cellule , pour y ^poser les provisions dont il est chargé , et revient ensuite tranquillement à vide au moitasière. .
Mais Féduçation dé cet âne n'^t pas là seule qm ait été faite : les ermites, pour cham^r l^npin de leur solitude, se sont amusés à ap-rprivoiser les oiseaux qui iréquentent les ho\& yoir^ sins de leurs ermitages, et à venir se percher sur leurs tête , sur leurs épaules , et jusque sur leur poitrine , d'où ils étendent leur cou pour
(82) prendre dans leur bec la nourriture qui leur esf destina, et que les ermites tiennent dans leur bouche.
C'est sur la peLViie orientale de la montagne qu'est le couvent. Les crevasses qui se trouvent sur la ptàte-forme où il est bâti annoncent assez que les ravages de l'eau y ont exerce leur funeste empire. Les moines qui ITiabilent sont de l'ordre des bénédictins. Toutes les peisonnes qui. viennent en pèlerinage au monastère , pour y implorer Tasisistance de la Vierge, y sont logées et nourries pendant trois jours.
- L'église de Sainte-Cécile , dans laquelle les religieux célèbrent l'office divin , est au-^dessus du monastère, à' une distance assez considérable. Cet édifice est très obscur, et la dorure en est ternie par la fumée de quatre-vingt-cinq lampes d'argent de différentes grandeurs et de diverses formes , qui sont suspendues autour de la corni-* che du sanctuaire» Le cbœur est décoré dei sculptures en bois dont le travail est curieux : elles re^* présentent les principaux traits de la vie de JeàuSf Christ. , i .
Le Mont-Serrat abonde en plantes botanique»; M; Swinburne rapporte que, lorsqu'il le visita , Fapothicaire du couvent lui en montra quatre cent trente-sept espèces différentes , ainsi que plÙT sieurs arbres qui appaî* tiennent spécialement 4 «stte^inttéressante partie de l'histoire naturelle. .