‹ Les merveilles du monde: ou Les plus beaux ouvrages de la nature ..., Volume 2Chapitre 68 sur 134 · TOMBEAU PRÈS DE PALERME · texte numérisé non relu

TOMBEAU PRÈS DE PALERME

Près de la ville de Palerme , en Sicile , est an couvent de capucins dont la célébrité est due à un caveau curieux qui sert de sépulture. C'est un vaste appartement souterrain divisé en larges galeries , et dans les murailles desquelles ou a pratiqué un grand nombre de niches semblables à celles où Ton place des statues. Toutes ces niches sont remplies de corps morts dressés sur leurs jambes , et attachés par le dos à l'intérieur. Ces morts sont revêtus des habits qu'ils portaient pendant leur vie : leur peau et leurs muscles sont secs et durs ; et, quoiqu'il y en ait plusieurs qui habitent depuis phis de deux cent cinquante ans ce séjour, on n'y voit cependant point encore de squelettes. Une préparation quelconque a dû nécessairement les conserver dans cet état.

Les habitans de Palerme se font un devoir d« rendre des visites journalières à leurs parens ou à leurs amas qui reposent dans ce caveau ; ils se familiarisent ainsi avec la mort. Il est même très commun de les voir choisir leurs niches, et essayer si leurs corps peuvent y entrer, afin qu'il n'y ait point de changement à y faire lorsque l'heure d'y être définitivement placés sera .:;venue.

^uant aux corps des princes et des grands, de

la coar, ils sont déposés dans de très belles caisses richement décorées : elles n'ont pas la forme de nos bières. Leurs clefs restent entre les •mains des plus proches parens du défunt.

L'utilité de telles catacombes pourrait être facilement démontrée : car, outre que les visites que Ton y fait journellement fournissent d'excellentes leçons d'amour, d'amitié, de reconnaissance et d'estime , l'orgueil et la vanité humaine y trouvent un frein salutaire dans Les sages réflexion^ qu'inspire la vue de tant d'êtres qui n'ont fait que passer, et qui ne sont déjà plus.

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GOZZO (l'île Di).

Cette ile , située à quatre milles de Malte , n'a d'autre célébrité que de passer pour l'Ile de Calypso; mais il faut qu'elle soit bien dégénérée du temps où cette déesse l'habitait , ou qu'Homère et Fénélon l'aient bien embellie dans la description qu'ils en ont faite. On chercherait vainement le long de la côte la grotte mystérieuse où Calypso aimait à se retirer : il en serait de même de ces prairies émaillées en tout temps de fleurs ; de ces arbres toujours verts , dont la tête se perdait dans les nues, et qui couvraient de leur ombre les bains sacrés de la déesse et de ses nymphes. Rien de tout cela n'existe, et l'on peut même assurer cm: iicn de tout cela n'a

( '69) existé , si ce n'est dans Timagination féconde des deux grands écrivains que nous venons de citer.

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