‹ Les merveilles du monde: ou Les plus beaux ouvrages de la nature ..., Volume 2Chapitre 71 sur 134 · LES ILES DES GYCLOPES · texte numérisé non relu

LES ILES DES GYCLOPES

Entre Gatane et Yaci-Reale sont placées les Mes desCyclopes, nommées aujourd'hui FarigUone ddla Trizza, Elles sont au nombre de quatre ^

à peu près sur la même ligne, et à si peu de distance les unes des autres , qu'on avait imaginé de les unir en remplissant les intervalles qui les séparent , pour former un port avec le petit golfe qu'elles auraient renfermé ; mais les flots se sont joués des efforts des hommes.

lia plus étendue de ces îles , quoique la moins liante , est celle qui est le plus près de la côte : elle porte particulièrement le nom de File de la Trizza. Sa surface inégale ne s'élève qu'à cinq à six toises au-dessus du niveau delà mer; elle peut avoir un demi-mille de circuit. Une lave noire et une argile blanchâtre dans laquelle on trouve quelques cristaux , dont plusieurs raient le verre , la composent.

La seconde s'appelle l'île desCyclopes : elle a un sommet très pointu, et paraît de loin avoir la. forme exacte d'une aiguille pyramidale. Elle est formée par des colonnes de basalte verticales qui sont articulées , et dont l'assemblage présente un seul faisceau. Les plus hautes de ces colonnes peuvent avoir soixante pieds au-dessus du niveau de la mer, et vraisemblablement autant au-dessous , où l'œil peut les suivre verticalement à une grande profondeur.

La troisicmoe tle est un peu moins haute et moins pointue : elle est également formée de colonnes de basalte ; mais elles sont couchées , et présentent des deux côtés opposés leurs bases et leurs sommets tronqués pareillement. Sur les autres côtés de la montagne , on voit les pûsmes«

( ^79 ) poses sur leurs longueurs : les deux bouts des colonnes ne sont pas d'égal diamètre ; de manière que y dans leur entassement , elles ressemblent à des piles de bois , où les bûches , plus minces à leur sommet qu'à leur base, formeraient un tas qui serait plus élevé du côté du gros bout.

La quatrième enfin , qui est un peu plus basse que les deux dernières, est un assemblage de colonnes bien cristallisées , plus petites , mais entassées^, amoncelées dans plusieurs sens et dans plusieurs positions. Elles semblent être divergentesd'un centre commun , présentant extérieurementla partie la plus forte, et des sommets amincis- se réunissant vers le centre.

La formation, de ces îles présente une question intéressante et un phénomène infiniment curieux. Elles n'ont jamais eu de cratère , et par conséquent aucune d'elles ne peut être regardée comme un volcan particulier. Elles sont isolées , et ne dépendent d'aucun courant. Elles sont distinctes entre elles , et séparées de la cote et des montagnes qui la bordent , par un espace d'un mille , et baignées par une mer profonde. On ne. peut pas supposer l'intersection du courant auquel elles auraient appartenu , puisqu'il n'y en a point qui se dirige vers elles qui ait leur éleva-, tion , et qui soit formé des mêmes laves. Elles n'ont pu être façonnées par les eaux , à la manière de pics calcaires , parce que cela annoncerait un massif plus considérable auquel elles auraient appartenu y qui aurait fait corps aveela.

gr&iide montagne , et dont on ne peut pas même soupçonner l'existence. Il est donc vraisemblable qu'elles ont été poussée^ des fonds de la mer , et qu'ayant été formées par un jet de laves qui s'est jfait jour à travers le sol , et qui s'est élevé verticalement au milieu des eaux qui l'environnaient , elles auront jailli , à la manière de l'eau , par la pression d'une grande quantité de matière fondue , dont le réservoir , placé dans le corps de l'Etna ^ mais beaucoup plus haut, aura , par des canaux de communication, trouvé moins de résistance dans cette partie , et aura fait sa percée dans le fond de la mer.

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