‹ Les merveilles du monde: ou Les plus beaux ouvrages de la nature ..., Volume 2Chapitre 78 sur 134 · LE COLISÉE A ROME · texte numérisé non relu

LE COLISÉE A ROME

Cet édifice , bâti en grandes pierres de taille , d'une forme ronde , est composé de trois étages , dont les arcades et les fenêtres sont très hautes et bien proportionnées, tire son nom du colosse de Néron , qui y fut transporté. Rien de plus imposant et de plus noble que son aspect. Audessus de ces trois étages s'élève une muraille II. 9

( >94 ) où Fon voit de distance en distance .des fenêtres qui ressemblent aux mansardes des maisons de Paris. Chaque arcade et chaque ienêtre sont flanquées de deux colonnes. Tous les ordres sont employés dans rarchiteclure de ce superbe monument, ï^e premier étage est d'ordre dorique , le deuxième ionique , le troisième corinthien , et le quatrième composite. Des <:orniches qui régnent autour de cet édifice , et qui en font un des plus beaux ornemens, indiquent ces quatre étages. Ce fut Flavius Vespasien qui jeta les premiers fondemens de ce fameux ouvrage , que Tite , son fils , acheva après lui. Trente mille Juifs , faits esclaves lors de la prise de Jérusalem , travaillèrent à sa construction. Infiniment plus vaste que le théâtie du grand Pompée , qui contenait près de quatre-vingt mille personnes , trois cent mille pouvaient prendre place dans le Cotisée , et y être même à Tabri des injures du temps , au moyen de grandes tentes soutenues par des poutres qu'on faisait entrer dans la corniche supérieure , où , pour les recevoir , on avait pratiqué des trous qui subsi|tent encore. Mais combien la vue de ce qui reste aujourd'hui de ce chef-d'œuvre que le temps, les barbares , et cinq à six embrasemens avaient respecté, nedonnet-elle pas de regrets lorsqu'on apprend qu'il a éjé sacrifié par un pape avare, Paul III, qui, voulant satisfaire la cupidité de ses neveux , leur permit de prendre et d'employer les matériaux du Colisée pour en construire deux palais ? Aussi

( 195 ) tous les habitans de Rome connaissent-Ils le proverbe suivant :

Quid nonfecerunt harbariyfecére Barberini (i).

On a pratiqué , il y a près d'un demi-siècle , dans l'enceinte du Colisée , des chapelles circulaires dans lesquelles sont représentés , comme au Calvaire près de Paris , les principaux traits de la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

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