‹ Les merveilles du monde: ou Les plus beaux ouvrages de la nature ..., Volume 2Chapitre 81 sur 134 · SÉPULTURE DE DAVID , A JERUSALEM · texte numérisé non relu

SÉPULTURE DE DAVID , A JERUSALEM

Au sud-est de la ville de Jérusalem , et à cent cinquante toises de distance de la porte appelée Bed Dai^oud , Porlû^dc'DaM , on trouve un édifice qui ressemble à une ancienne église grecque. Dès qu'on y est entré , on tourne à gauche , et on arrive au sépulcre par un galerie au rez* de-chaussée , fermée de plusieurs portes et de plusieurs grilles en fer. Ce monument, qui occupe tout le mur du fond de la galerie , dont la largeur est environ de quinze pieds, e^ une es^

pèce de catafalque, couvert de belles étoffes en soie de différentes couleurs, et richement brodées.

LE KAMSIN , ou VENTS CHAUDS DU DÉSERT.

C'est le nom que Ton donne, en Egypte, à des vents du sud qui soufflent le plus fréquemment dans les cinquante jours qui entourent l'équinoxe, et que les voyageurs ont fait connaître sous le nom de vents empoisonnés. Jl faut avoir éprouvé la funeste propriété qui leur est effectivement particulière , pour pouvoir se faire une juste idée de ce phénomène. Mais on ne saurait mieux en comparer l'impression qu'à celle qu'on reçoit d'un four , au moment où Ton en retire le pain. Lorsque la tempête occasionnée par ces vents survient, la nature se bouleverse , le ciel, toujours si pur dans ces beaux climats , devient trouble , et le soleil ^ perdant son éclat , ne donne plus quiun jour terne et sans ombre ; l'eau ne réfléchit plus ses rayons , et paraît troublée ; sans être nébuleux , l'air est gris , et plein d'une poussière très déliée , qui ne dépose pas , mais qui pénètre partout ; un horizon jaune fait paraître les arbres décolorés ; des bandes d'oiseaux volent devant les nuages ; les animaux effrayés errent

( Ï99 ) dans les campagnes, et les habitans, qui les sui<vent en criant, ne peuvent pas les rassembler. Le vent, qui est toujours léger et rapide, n'est pas d'abord très chaud ; mais il droit en intensité à mesure qu'il prend de la durée. On le reconnaît promptement au changement subit qu'on éprouve dans tout son être. Le poumon , qu'un air trop raréfié ne remplit plus , se contracte et se tourmente ; la respiration devient courte , laborieuse ; la peau sèche , et l'on se sent dévoré par une chaleur interne. C'est en vain que l'on cherche à rétablir la respiration en buvant beaucoup d'eau. Cherche -t -on de la fraîcheur ? on est trompé par les corps qui on coutume de la donner ; le marbre , le fer et l'eau , malgré le voi}e dont le soleil est couvert , sont brûlans. Désertant les rues , les habitans des villes et des villages se renferment dans leurs maisons , et ceux du désert dans leurs tentes , ou dans des puits creusés en terre , où ils attendent la fin de cette espèce de tempête , qui dure ordinairement trois jours. Si ce terme se prolonge , il est presque impossible de la supporter. Mais c'est surtout aux voyageurs qu'elle peut être funeste : malheur à ceux qu'elle surprend en route , loin de tout asile. L'effet en est quelquefois porté sur eux jusqu'à la mort. Le poumon respirant â vide , on entre en convulsion ; la circulation se trouve dans les vaisseaux ; tout le sang , chassé par le cœur , reflue à la tête et à la poitiine , et cause l'hémorragie qui se manifeste par le nez et par

( aoo ) la bouche après la mort. Le cadavre reste longtemps chaud ; il enfle , devient bleu , et se déchire aisément. Pour prévenir ces sortes d'accidens , on se bouche le nez et la bouche avec des mouchoirs. Maisde tous les moyen s le plus efficace , s'il pouvait être employé , ce serait d'imiter les chameaux , qui enfoncent le nez dans le sable , et attendent paisiblement que la tempête soit passée.

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