TOMBEAU DE VIRGILE
Un des premiers objets de curiosité pour les étrangers qui voient Naples pour la première fois , est d'aller visiter le tombeau de Virgile , qui se trouve placé immédiatement au -dessus de la grotte de Pausilippe , et à soixante pieds d'élévation au - dessus du sol même du chemin. Ce tombeau , bâti en mattoni ou briques posées en losange , annonce qu'il a été construit du temps d'Auguste , puisque tous les antiquaires s'accordent pour dire que c'est à l'époque du règne de ce prince qu'on a fait le plus grand usage de cette manière de bâtir.
La croyance attachée à ce petit monument ruiné , parait fondée sur le rapport de plusieurs écrivains , dont le plus ancien , OElius Donat , grammairien célèbre qui vivait à Rome , en 354 » et qui dit , dans la vie de Virgile , que ses cendres ûixeut transportées à Naples par les ordres d'Au-
giiste(i), et déposées sur le chemin de Pouzzolé ( vers le deuxième mille ) , ce qui se rapporte assez exactement , quant à la distance , à la situa* tion de ce monument. Le Stace , poète latin , célèbre dans le premier siècle , dit , en parlant de Naples , sa patrie , que le tombeau de Virgile est , de tous les monumens de cette ville, celui qui l'intéresse le plus , et vers lequel il se plaît à aller échauffer son génie. Enfin , quelques autres auteurs , tels que Pietro Stephano et un évêque d'Ariano , assurent y avoir vu le sarcophage ou urne cinéraire de Virgile. Quoi qu'il en soit, il parait que depuis long-temps ce n'est plus qu'une masure informe dont le revètissement extérieur a été enlevé, ainsi que celui de l'intérieur, qui n'a aujourd'hui , pour toute décoration , que quelques niches pratiquées dans l'épaisseur des murs.
L'inscription qu'on lit aujourd'hui sur ce tombeau est du seizièine^jBiècle.
Qui cineres ? TumuU hœc vestigia ; conditur olim Ille hoc qui cecinil , pascua, rura , duces (3).
(1) Virgile mournt à Briadusiam , aujourd'hui Brinde« , dans la terre d'Otrante. Il revenait de Grèce , oîi il avait accompagne Auguste. Ce poète n''avait que cinquante-deux ans lorsqu'il mourut. Auguste le pleura , et ordonna que l'on portât ses cendres à Naples , parce qu'il sa^vait combien It séjour decette ville lui avait e'te' agréable pendant sa vie.
(a) Vous cherchez ici des cendres ? Vous n'y troaveres qae les vestiges du tombeau où repesait antrefoif celui qui a. dianté les prés^ les champs et Les gnerrier*.
Elle a remplacé celle attribuée à Virgile luimême :
Mantua me genuit , Calahri rapuére , tenet nunc Parthenope. Cecinipascua , rura, duces (i).
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