JARDIN DES PLANTES
En avançant du côté du quai Saint-Bernard, on rencontre la ménagerie, qui est fort belle et magnifiquement installée dans un jardin anglais, coupé par une petite rivière qui répand une agréable fraîcheur et fait les délices des milliers de palmipèdes qui hantent ses bords.
L'hôte qui reçoit le plus de visites est, sans contredit, l'éléphant, qui , avec sa trompe , fait le bonheur des petits enfants qui se hasardent, non sans trembler un peu, à lui présenter un fruit ou un morceau de gâteau. Malgré sa physionomie impassible, il aime qu'on le flatte, qu'on lui prodigue les épithètes mignardes, et l'on voit alors s'agiter ses vastes oreilles en signe de plaisir, tandis que sa trompe se dresse devant le public comme un gigantesque point d'interrogation.
Son voisin l'hippopotame est le type parfait du gourmand gorgé d'aliments. Flottant à la surface du bassin qui lui est destiné, ses yeux abêtis regardent stupidement le public, cherchant à comprendre, mais en vain, l'empressement dont il est l'objet.
Mais les héros du jour, ceux qui attirent le public d'une façon irrésistible, ce sont les singes avec leurs tours de trapèze à faire le désespoir de Léotard.
La fosse aux ours ne manque pas non plus d'admirateurs : c'est de ce côté que l'on rencontre plus volontiers la bonne d'enfants avec l'inévitable pays. On comprend que le voisinage de ces hôtes velus doit faire taire les marmots, disposés à trouver trop longue la conversation du tr. oupier.
Le Jardin des Plantes a été créé sous Louis XIII, par les ordres de Richelieu, par Guy de la Brosse, médecin du roi, dont la statue, par Daviot, se trouve dans la cinquième salle du Muséum.
Protégé par les ministres, cet établissement, grâce au zèle de Fagon et de Valot, acquit une grande importance et en peu de temps de magnifiques collections en tous genres.