‹ Les merveilles du nouveau Paris--Chapitre 25 sur 144 · PLACE DES VICTOIRES · texte numérisé non relu

PLACE DES VICTOIRES

nal. Un garde-du-corps arrive en ce moment, et sans plus de façon il saisit le journal, l'ôte des mains du jeune homme et s'assied tranquillement. Hugo se lève, s'approche de lui, et d'un de ses gants il lui fouette le visage.

• .Maintenant, dit-il, je suis à vos ordres; mais hâtez-vous, car je ne veux rester à Versailles que deux heures, afin de pouvoir aller dîner à Paris. — Ma foi ! s'écrie le garde-ducorps, l'aventure est trop drôle pour que je me prive d'en voir le dénoûment. Marchons, jeune homme. »

Ils se rendirent dans le parc. Chemin faisant, le garde rencontra deux de ses camarades qui consentirent à l'accompagner. On arriva à la pièce d'eau des Suisses. « Nous serons bien ici, à l'ombre de la charmille, dit Victor en s'arrêtant. — Mais, fit son adversaire, des promeneurs peuvent nous surprendre. — Bast ! cela sera si tôt fait ! »

Le garde du corps ne riait plus ; à la surprise avait succédé une secrète inquiétude.

Un des témoins présente son épée à Hugo qui avait mis habit bas. Les deux adversaires tombent en garde ; les fers s'engagent ; on ferraille, on se tâte, puis tout à coup Hugo se fend à fond; le coup est paré, et la riposte peut être terrible ; mais le poète se relève vivement en portant un coup de seconde, et cette fois son épée rencontre les côtes de son ennemi qui laisse tomber son arme. Heureusement l'arme, après avoir touché les os, avait glissé entre cuir et chair, et les témoins purent emmener leur ami. À six heures du soir, Hugo était de retour a Paris et dînait de grand appétit....

Ce qui prouve que ce méchant mot du monsieur qui avait parlé de virginité frisait fort la calomnie, et il esi permis de croire qu'il ne l'eût pas fait s'il n'avait ignoré cette anecdote parfaitement historique.

La place des Victoires, située dans la partie la plus mouvementée de la ville, à peu de distance de la rue Mont-

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