PLACE DE GRÈVE
pierre gigantesque fut embarqué avec de nombreuses difficultés sur le Nil, en décembre 1831, et fut seulement érigé par Le Bas en 1833 ; des dessins gravés sur le piedest il donnent le détail des travaux de cette érection.
Deux fontaines monumentales, semblables à celles qui ornent la place Saint-Pierre, à Rome, sont placées de chaque côté de l'obélisque. Une balustrade de pierre, ornée de colonnes rostrales et de candélabres d'un beau dessin, entoure cette place. Tous les objets de fonte ont été, dans ces derniers temps, recouverts, par le moyen de la galvanoplastie, d'une couche de bronze. Si les détails de la place de la Concorde peuvent donner prise à la critique, on doit reconnaître que l'ensemble a un caractère vraiment grandiose. Elle date du règne de Louis XV et porta pendant quelque temps le nom de ce monarque. Elle rappelle de tristes souvenirs : c'est là que, pendant la Terreur, l'échafaud fut en permanence et que Louis XVI et Philippe-Egalité, et bon nombre de personnages illustres furent exécutés. Elle prit, en 1799, le nom de place de la Concorde, qu'elle quitta sous la Restauration pour s'appeler place Louis XVI, et qu'elle reprit en 1830.(1'. page 65).
La place de Grève qui, dans l'origine, n'était qu'une grève que le fleuve couvrait de ses eaux, fut témoin de maints supplices, de maints faits révolutionnaires. C'est avec raison que Charles Nodier a dit que, « si tous les cris que le désespoir y a poussés sous la barre et sous la hache, dans les étreintes de la corie et dans les flammes du bûcher, pouvaient se confondre en un seul, il serait entendu de la France entière. »
C'est sur cette place que les deux régicides, Ravaillac et Damiens, souffrirent le plus horrible supplice; c'est aussi sur cette place, au coin de la rue de la Verrerie, que se trouvait la maison de cet épicier au coin de laquelle était