PORTS
préfet lui rendît en personne sa perruque, non qu'elle tînt à celle-là plus qu'à une autre ; mais elle tenait à montrer à M. Pasquier que s'il avait vu de faux cheveux, ce n'était pas qu'elle n'en eût de naturels qui seulement étaient d'une autre couleur. S' étant présentée dix fois chez le préfet sans pouvoir parvenir jusqu'à lui, elle lui écrivit et menaça de s'adresser à la justice. Ne sachant comment sortir de cette ridicule affaire, M. Pasquier chargea Piis, le vaudevilliste, qui était alors secrétaire général de la préfecture de police, de faire entendre raison à la terrible pharmacienne.
Piis n'était plus jeune; mais il avait conservé sa réputation de coureur de ruelles. 11 offrit d'abord le prix, puis trois fois, puis dix fois le prix de la perruque sans pouvoir obtenir une transaction.
La pharmacienne, charmée qu'on la vît en conférence avec un fonctionnaire décoré, ne voulait pas céder si promptement afin de faire durer le plaisir. Les visites se multiplièrent; le pharmacien s'en alarma, et peu s'en fallut que cela finît par un procès en adultère.... Quand on pense que toutes ces mièvreries sont de l'histoire!