PONT DES ARTS
Change et le pont Saint-Michel que nous avons déjà eu occasion de citer; entin le pont Neuf qui longe la pointe occidentale de la Cité; ce pont a pris depuis une vingtaine d'années un aspect moderne par suite des réparations qu'on y a exécutées-, et par l'expulsion des Savoyards, tondeurs de chiens, etc., qui s'y tenaient. Le pontNeuf est célèbre dans l'histoire : c'est là que Jacques Molay et plusieurs templiers furent brûlés en 1 314 ; au dix-septième et au dixhuitième siècle il était le rendez-vous des marchands d'orviétan, des jongleurs, et fut bien souvent le théâtre de meurtres, vols, duels, etc.
En 1818, la Restauration inaugura la statue de Henri IV; elle est l'œuvre de Lemot. Elle a été faite aux frais d'une souscription, et le bronze dont elle est formée provient de la statue de Napoléon qui, sous l'Empire, surmontait la colonne Vendôme. On lit sur son piédestal une inscription latine, dont voici la traduction : « Ce monument, à lamémoire de Henri IV, roi de France et de Navarre, a été achevé et agrandi par le fils de Henri, Louis XIII, et rendu digne de la gloire de ce héros et de la grandeur de la France. Son Éminence le cardinal de Richelieu a exécuté ce que souhaitait la France entière. Deux trésoriers de l'épargne, de Bullion etBautillier, ont présidé aux travaux en l'année 1635.» Cette inscription est la copie de celle qui se trouvait sur la première statue. La statue de Henri IV, isolée sur le terreplein du pont Neuf, s'aperçoit sur les quais de la Seine, depuis le pont Royal. (V. page 90.)
Le pont des Arts, commencé en 1811, est situé plus loin que la Cité : il est destiné aux piétons seulement et relie l'Institut avec le Louvre.
A ce pont se rattache une anecdote peu connue.
Lorsque Royer-Collard lit à l'École de médecine sa première leçon sur l'hygiène, une émeute fut organisée, mais