LE PANTHÉON
d'une nécessité absolue. La jeune fille, qui avait été trop loin pour pouvoir et pour vouloir revenir sur ses pas, se laissa persuader; elle quitta la maison paternelle; mais avant de partir, elle écrivit quelques mots pour sa mère qu'elle savait très- indulgente, et qu'elle croyait instruite de la demande régulière que D*** avait faite. Le billet qu'elle laissa se terminait ainsi: « J'espère, ma bonne mère, que nous ne sommes pas séparées pour l'éternité; console-toi donc ; tu me trouveras à la Morgue. »
La pauvre femme ne doute plus que sa fille ait mis lin à ses jours; elle court à la Morgue, et à peine a-t-elle jeté les yeux sur les cadavres exposés que sa fille vient pour se jeter dans ses bras. La secousse que la mère éprouva fut si violente qu'elle tomba à la renverse et resta sans mouvement. On parvint à la rappeler à la vie; mais quand elle rouvrit les yeux, elle était folle. Elle mourut très-peu de temps après.
Sur la rive gauche, le Panthéon ou église Sainte-Geneviève est l'édifice le plus remarquable du siècle dernier. Commencé sous la direction de Soufflot, il ne fut achevé qu'en 1790. La disposition de ce monument semble répondre fort peu à sa destination primitive. En effet, ses formes sévères et grandioses rappellent les temples de l'antiquité romaine. Il figure une croix grecque. La façade se compose d'un portique qui se développe sur 42 mètres d'étendue; les colonnes corinthiennes de ce portique ont une hauteur de près de 20 mètres. Le fronton est l'œuvre de David. L'édifice est entouré d'une terrasse avec balustrade. Au milieu s'élève une tour surmontée d'un dôme dont le diamètre est à peu près de 24 mètres. Le dôme est terminé par une lanterne qui présente six arcades. A l'intérieur, la coupole s'élève aune hauteur de 58 mètres; elle est appuyée sur des colonnes corinthiennes. Les voûtes sont enri-