SAINT-GERMAIN DES PRÉS
La grosse tour carrée, simple et dépourvue d'ornements, qui s'élève à l'entrée et qui lui donne l'aspect d'une forteresse ou d'une prison, plutôt qu'un caractère religieux, est évidemment la partie la plus ancienne de l'église. Quelques savants ont cru qu'elle datait du temps de la fondation, c'est-à-dire du sixième siècle.
Les deux tours latérales, placées à l'autre extrémité de l'église, offraient un genre de construction différent de celui de l'intérieur, et leur architecture était plus recherchée. Elles paraissaient appartenir au temps de l'abbé Morard, au commencement du onzième siècle. En 1322 et 1823 ces tours, qui menaçaient ruine, ont été démolies.
Les piliers de la nef sont aussi du même temps : leurs colonnes engagées, leurs chapiteaux imités du corinthien, et chargés de figures et d'ornements bizarres, leurs bases dorique*, les doubles arceaux séparés et soutenus au milieu par une colonne qui leur est commune, signalent l'architecture du onzième siècle.
La construction du rond-point du chœur, dont les arches sont en ogives, est d'un temps moins ancien.
On a remarqué que l'axe de la nef et celui du chœur ne forment pas une ligne droite ; que l'axe du chœur s'écarte de celui de la nef d'une manière peu sensible, et incline du côté du sud.
Dans les journées des 6 et 7 prairial an vu (25 et 26 mai 1799), des fouilles furent faites sous le grand autel de cette église, oùMontfaucon et dom Bouillard indiquaient un tombeau intact qu'ils croyaient être celui de Gharibert, roi de Paris.
Le -26 février 1819, on transféra, en cérémonie, du Musée des monuments français, les cendres de Montfaucon, de Mabillon et de René Descartes, et on les déposa dans la chapelle dite de Saint-Krançois de Sales, où des tables en marbre noir ccrtent des nscriptions qui attestent l'é-