SAINT-THOMAS D'AQUIN
à Saint-Jacques quatre tableaux de Lesueur : la Foi, l'Espérance, la Charité et la Religion ; un Saint Pierre de Restout, et un Christ aux enfers de Gérard. Cochin, fondateur de l'hôpital de ce nom, et Cassini, l'astronome, sont inhumés dans cette église.
L'église du Yal-de-Grâce prit son nom d'un monastère fondé par Anne d'Autriche en 1624. En 1645, Louis XIV en posa la première pierre. François Mansart, qui fut son premier architecte, mena sa construction à douze mètres audessus du sol. Gh. Lemercier l'éleva jusqu'à la hauteur de la corniche, et Pierre Lemuet et Gabriel Leduc l'achevèrent en 1665.
Le dôme duVal-de-Grâce est une des imitations les mieux réussies de Saint-Pierre de Rome. A l'intérieur, la coupole de ce dôme a été peinte par Pierre Mignard ; elle représente la sainte Trinité, Anne d'Autriche, et les principaux personnages du catholicisme. Molière a fait dans un poëme l'éloge de cette peinture; mais on remarque encore d'autres œuvres d'art dans cette église : ce sont les peintures de Philippe de Champagne et les sculptures de Michel Augier, le sculpteur de la Porte Saint-Denis.
L'abbaye du Yal-de-Grâce fut supprimée en 1790 et rendue au culte en 1826. Elle contient les restes de la reine Henriette, fille de Henri IV et femme de Charles Ier.
L'église Saint-Thomas d'Aquin, située sur la place qui porte son nom, fut commencée en 1682 et terminée en 1740. Le portail, rebâti en 1787, par le frère jacobin Bullet, est surmonté d'un fronton orné d'un bas-relief représentant la Religion. Le plan du monument a la forme d'une croix grecque. On voit à Saint-Thomas d'Aquin une Transfiguration peinte à fresque, dans la coupole du chœur, par Lemoine; une Descente de croix, de Guillemot; saint Thomas
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apaisant la tempête, de Ary Schefler. Les peintures murales sont de M. Blondel.
La première pierre de Saint-Roch fut posée en 1735. C'est de l'escalier du portail de cette église que Bonaparte fit tirer le canon sur les sections insurgées, en vendémiaire, contre la Convention nationale.
La chapelle de la Vierge de Saint-Roch est d'un singulier aspect; on y remarque un Christ en croix, de Michel Augier, au milieu de soldats et de rochers en pierre enluminés.
Sur l'un des piliers de la galerie des orgues, on voit un médaillon de Pierre Corneille, avec une inscription rappelant son inhumation à Saint-Roch et le jour de sa mort arrivée rue d'Argenteuil, le 1er octobre 1684.
Parmi les morts illustres qui furent enterrés à Saint-Roch, on compte Mme Deshoulières, de Pontchartrain, le président Hénault, l'abbé de Mably et l'abbé de l'Épée.
L'abbé Olivier, qui fut longtemps curé de Saint-Roch et qui est mort évêque d'Évreux, était l'homme le plus doux et le plus tolérant qu'on pût voir; il aimait toutes les belles choses, et particulièrement la musique et les fleurs, et sa charité vraiment évangélique s'étendait sur tous et sur toutes. Comme un haut fonctionnaire de l'autorité civile lui représentait que la célébration de la messe de minuit dans une paroisse, où les courtisanes abondent, avait de graves inconvénients, et que ces pécheresses ne manquaient pas d'assister à toutes ces solennités nocturnes, « Mon Dieu ! répondit-il, je le sais bien; mais où seraient, s'il vous plaît, pendant la messe, celles qui n'y viendraient pas? C'est donc toujours quelque chose de gagné, et puis qui peut répondre qu'il n'y ait parmi elles quelques Madeleines ? »
Saint-Roch n'eut pas toujours un curé de si belle et de si douce humeur. Mlle Raucourt, une des artistes célèbres du Théâtre-Français, faisait de fréquents et riches présents