COMÉDIE-FRANÇAISE
C'est du 25 août 1080, que date véritablement la création de la Comédie-Française. Louis XIV, en fusionnant les acteurs de la troupe de Molière, dite troupe royale, avec les comédiens de l'hôtel de Bourgogne, en fixant par une déclaration le nombre des acteurs, en partageant les gains suivant les talents, en réglant lui-même l'ordre intérieur de la nouvelle société, à laquelle il accorda une pension annuelle, introduisit pour l'avenir l'action souveraine du pouvoir dans l'administration du Théâtre-Français.
Tous les gouvernements qui lui ont succédé , même celui de la Terreur, ont entendu conserver la haute surveillance d'un théâtre appelé à exercer sur l'opinion publique une si grande influence.
En 1689, les comédiens, alors installés rue Mazarine, furent forcés, par la Sorbonne, de quitter son voisinage, et s'établirent rue des Fossés-Saint- Germain-des-Prés (de l'Ancienne-Comédie), vis-à-vis le café Procope.
Leur séjour dans ce théâtre, jusqu'en 1770, fut l'époque la plus brillante de la Comédie-Française. On y vit réunis, au milieu du dix-huitième siècle, Grandval, le Kain, Bellecour, Préville, Mole, Monval, les Dugazon, les Duménil, les Clairon, les Contât et tant d'autres. La salle étant devenue insuffisante par l'affluence des spectateurs français et étrangers, on en construisit une spéciale sur l'emplacement actuel de l'Odéon , et la Comédie-Française s'y installa en 1782 , après avoir joué pendant douze ans aux Tuileries.
La liberté des théâtres, en 1791, brisa les liens de la société qui unissait les acteurs. Plusieurs l'abandonnèrent pour la nouvelle scène de la rue Richelieu , asile actuel du Théâtre-Français. Attachée par des souvenirs de reconnaissance au gouvernement royal déchu , la nouvelle troupe fut rangée par le gouvernement de la Terreur dans la classe des suspects. Les acteurs furent arrêtés et jetés en prison