THÉATRE-DÉJAZET
Le théâtre du Luxembourg est appelé vulgairement Bobino, à cause du nom d'un paillasse, le Bobèche de la rive gauche, qui attirait jadis la foule par ses lazzis el grimaces qu'il exécutait à la porte de cette salle, avant l'heure des représentations d'acrobates, des jongleurs et d'équilibristes qui en firent à son origine une véritable baraque foraine.
Aujourd'hui, le Luxembourg est un vrai théâtre, et si la littérature n'y brille pas souvent d'un vif éclat, de temps à autre il sort aussi de cette scène des artistes distingués. Nous citerons Geoffroy, qui s'est essayé dans les rôles d'Alcide Touzez, Montdidier, enfin Clairville, qui a débuté sur cette scène comme acteur et comme auteur. Le Luxembourg, situé rue de Fleurus, réunit chaque soir les étudiants viveurs, ils viennent là passer leur soirée après avoir bien dîné, et c'est un grand plaisir pour ces messieurs quand, des avant-scènes, ils peuvent empêcher les acteurs et les actrices de garder leur sérieux dans une scène bien pathétique. Les observateurs aiment beaucoup Bobino.
Les Bouffes-Parisiens , théâtre concert, occupe l'ancienne salle de M. Comte, passage Choiseul; on y joua d'abord la pantomime, comme aux Funambules, mais avec cette différence que les costumes, l'orchestre et les décors satisfaisaient les critiques les plus difficiles. On chante aujourd'hui aux Bouffes des scènes, des chansonnettes comiques, et l'on y joue même de grandes opérettes. Mme Ugalde n'a point dédaigné de s'y faire entendre dernièrement dans Orphée aux Enfers, un des plus grands succès de l'endroit.
Les Folies-Nouvelles au Théâtre-Déjazet. — Le genre qu'on voulut exploiter à l'ouverture de ce théâtre fut absolument le même que celui des Bouffes. Heureusement Mlle Déjazet est venue le diriger et souvent on y applaudit maintenant la célèbre actrice dans des comédies mêlées de chant. C'est à