‹ Les messagers du roi. AllégorieChapitre 1 sur 9 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

" Quelqu'un m'a-t-il demandé pendant mon absence ?" dit M. Mertonn à son neveu Léonard, en rentrant cliez lui après sa visite paroissiale accoutumée.

"Personne," répondit le jeune garçon; "je suis resté dans le jardin avec Marie, et si quelqu'un était venu, je n'aurais pas manqué de le voir."

" C'est étrange," dit M. Mertoun ; " êtes-vous bien sûr qu'il ne soit venu personne?"

" Bien sûr," répondit Léonard. Mais il se reprit aussitôt et ajouta: "au moins personne d'importance, — un pauvre seulement^

Le ton dans lequel ces derniers mots avaient été prononcés, ainsi que la réponse en ellemême, choqua l'oreille de M. Mertoun. — " Un pauvre seulement,'' répétait-il; "pourquoi, Léonard, dites- vous seulement f Sa visite serait-elle sans importance ?" 1*

b INTRODUCTION.

Le jeune garçon demeura confus ; mais il tâcha de justifier sa première réponse, en disant : ^'Elle n'a d'importance que pour lui-même, mais je veux dire qu'elle est sans conséquence pour vous."

"Non, mon cher garçon," répliqua M. Mertoun ; " vous parlez maintenant beaucoup plus étourdiment que tout-à-l'heure. Sa visite ne saurait être l'un sans l'autre. Eappelez-vous qu'il n'est jamais plus important à un pauvre d'exposer ses besoins, qu'il ne l'est de les soulager, à ceux qui en ont les moyens. Pensezvous me comprendre suffisamment?"

"Je le pense, mon oncle," répliqua Léonard tout pensif. "Yous voulez me rappeler ce que vous disiez dimanche, 'que l'on est plus heureux de donner que de recevoir.'"

Par cette réponse, M. Mertoun vit qu'il avait amené la série de réflexions qu'il désirait, et il ne continua pas la conversation.

Mais les mots, un pauvre seulement^ revenaient continuellement à son esprit affligé. Son neveu et sa nièce n'étaient avec lui que depuis quelques jours, et cependant ce n'était pas la première fois qu'il avait remarqué en eux un manque de sympathie pour les pauvres. C'é-

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